‹ Notes historiques sur la paroisse de Saint-Guillaume d'UptonChapitre 13 sur 98 · DE 1835 À · texte numérisé non relu

DE 1835 À

Avec l'érection de la première chapelle commença une ère de progrès et de prospérité pour les colons du Ruisseau-des-Chênes. Mgr Signay confia la desserte de la nouvelle mission, en même

temps que celle de la paroisse de Saint-David, à M. 1 abbé Joachim Boucher, jeune prêtre de talent et qui avait attiré l'attention de ses supérieurs,alors qu'il était vicaire à la paroisse de Trois-Rivières. Les nouveaux colons arrivèrent en grand nombre, non seulement des paroisses du

nord, mais aussi, de la Baie-du-Fèbre, de St-François,même de Berthier et de St-Cuthbert. Les récits des honorables vieillard, MM. Nicolas Bellehumeur, Léon DeSerre, Francis Maher, etc., renseignent très bien le lecteur sur cette époque reculée de l'histoire de St-Guillaume. Dans l'automne de 1846, M. l'abbé L.-Onésime Désilets remplaça M. le curé Boucher qui n'avait pas encore fixé sa résidence à Saint-Guillaume, ni à Saint-David, mais avait toujours demeuré au presbytère d'Yamaska, se contentant de venir visiter les malades et chanter des grands'messes, tous les deux dimanches, à Saint-Guillaume et à Saint-David, alternativement. M. le curé Désilets fut le premier curé résident et M.

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le curé Boucher fut chargé de la cure de Saint-David, où il fixa sa résidence. Le passage de M. Désilets à Saint-Guillaume fut surtout remarquable par des troubles sérieux qui divisèrent la population, soit pour un changement de site de la chapelle, soit pour la construction d'un presbytère.

Comme ces événements sont encore présents à la mémoire des vieux, il est inutile d'entrer dans des détails plus circonstanciés à leur sujet. Mais l'une des disputes les plus connues fut celle que suscita l'achat, par M. le curé Désilets, de certains vases sacrés : un ostensoir, un calice, un ciboire et des burettes, le tout pour la somme de cent piastres. Les marguillers, considérant les revenus de la fabrique insuffisants pour se payer un luxe pareil, refusèrent de ratifier cet achat. La boîte contenant ces vases était vulgairement appelée '' la chapelle dorée." Un jour que M. le curé Boucher était venu se promener chez M. Désilets, ce dernier n'ayant pas jugé à propos de mettre les " vases dorés " à l'usage de M. Boucher, il s'ensuivit une querelle intime, entre les deux curés, querelle qui dura une quinzaine de jours. M. Boucher repartit fort mécontent pour retourner chez lui, à Saint-David. Le dimanche suivant au prône, M. Désilets recommanda son confrère voisin aux bonnes prières de ses paroissiens. M. Boucher, ayant appris la nouvelle, en fit une colère qui eut du retentissement. Il accourut, le même soir, chez son confrère à qui il reprocha sa conduite, en termes fort épicés. A cette longue diatribe de reproches, M. Désilets répondit de la manière suivante : il se mit à agiter violemment une sonnette jusqu'au moment où la servante annonça que le souper était servi. M. le curé Boucher dût retourner chez lui sans avoir pu obtenir un mot d'excuses. Cependant, comme M. Désilets était d'un cractère très pacifique et qu'il ne voulait pas donner trop de prise à la critique, pour une affaire si minime, le dimanche suivant, en présence de toute la population réunie, il demanda pardon à ses ouailles pour le petit scandale dont il avait été l'auteur principal. Depuis, les deux bons curés vécurent en excellents termes tous les deux.

Le rang appelé Sainte-Julie, qui avait fait partie de la paroisse de Saint-Hugues jusque là, fut annexé à Saint-Guillaume le 27 septembre 1850; et, la paroisse de Saint-Bonaventure fut détachée de celle de Saint-Guillaume, par un décret en date du 28 février 1856.

En 1850, Mgr P.-F. Turgeon, évêque de Québec envoya une lettre pastorale invitant les paroissiens de Saint-Guillaume à construire un presbytère convenable. Dans les notes de AI. Kéroack on trouve ce qui suit, en rapport avec le presbytère en question : *' Ce presbytère n'a jamais été construit. Les maté- " riaux furent jetés dans la rivière David et il y eût, à ce sujet, '* un fameux procès qui dura plusieurs années et qui causa de " grandes divisions, dans toute la paroisse. M. le curé Desilets, ** fatigué de toutes ces tracasseries, demanda et obtint son rap- '' pel dans l'automne de 1855 ^^ ^^ ^^^^ remplacé par moi," ajoute M. Kéroack.

C'est ici le temps de parler de l'établissement du régime municipal, en vertu de l'ordonnance du statut 4 Vivtoria. chapitre 3. Voici ce qu'en dit AI. le notaire St-Amant, dans son " Histoire de l'Avenir " :

" Je n'ai trouvé qu'un seul procès-verbal d'assemblée tenue dans le comté de Drummond, en 1841, conformément à l'ordonnace 4 Vict., ch. 3, pour régler l'élection et la nomination de certains officiers dans les différentes paroisses et townships de cette province; c'est l'assemblée du 23 août 1841, tenue dans la paroisse de Saint-Guillaume.

" Disons d'abord un mot de la loi que l'on peut considérer comme l'embryon du système municipal actuel.

" Elle pourvoyait à la nomination de certains officiers municipaux dans toutes paroisses ou townships ayant une population de plus 300 âmes. Ces officiers devaient rester en charge jusqu'au deuxième lundi de janvier 1842.

" L'assemblée tenue pour fin de cette élection, était revêtue de certains pouvoirs ressemblant aux attributions des conseils municipaux de nos jours; elles pouvoient adopter ''tels règlements convenables pour la régie de toutes les communes, terres ou propriétés... pour 'établissement d'enclos publics pour y détenir le bétail..." prélever certaines sommes d'argent, etc. On devait y élire un greffier, un collecteur, des évaluateurs, des inspecteurs de voirie, etc.

'' L'assemblée du 23 août 1841, tenue dans la paroisse de Saint-Guillaume d'Upton, fut présidée par Thomas Vanasse. Voici quelques-uns des officiers éliis :

J.-D. Robinson, greffier ; Pierre Junot, Charles Doyon, E. Fradette, cotiseurs ; David Vanasse, conseiller ; Alexis Alilette, collecteur; Raphaël Marcotte, inspecteur des chemins et ponts, etc.

A l'assemblée du 10 janvier 1842, tenue encore sous la présidence de Thomas Vanasse, furent élus: Alexis Millette, con-

s-iller; Gaspard-T. Pelletier, greffier; Régis Millette, Louis Vanasse, Raphaël Marcotte, cotiseurs ; Révd Joachim Boucher, ptre, Michel Houle, Joseph Lemire, Alexis Milette, père, David Vanasse, syndics des écoles.

'' Le 30 juillet 1845 fut tenue la dernière assemblée en vertu de la loi primitive. On y passa un règlement imposant une taxe sur les marchands de liqueurs spiritueuses et les aubergistes. Une amende de pas moins de vingt chelins était imposée sur tous aubergistes qui '' vendaient des liqueurs spiritueuses les diman- " ches aux gens de la paroisse ou laissaient divertir les étrangers " pendant les offices divins."

*' Le 13 juillet 1846 eut lieu l'élection de deux conseillers en vertu de l'acte 8 Victoria, chapitre 40; les conseillers élus furent MM. Alexis Milette et Thomas Vanasse. Les procédés de cette assemblée sont signés par David Vanasse, mère.

" La loi de 1845 rapelait l'ordonnance passée par le conseil spécial et pourvoyait à ce que chaque paroisse ou canton formât une corporation municipale représentée par un conseil de sept membres élus par le peuple. Chaque conseil devait élire un président, maire, et avait à peu près les mêmes pouvoirs que les conseils de districts créés par Lord Sydenlam. Cette organisation par paroisses convenait mieux au peuple canadien, qui était habitué à régler en famille les affaires locales.

'' La loi de 1845 fut rappelée avant d'avoir subi l'épreuve nécessaire ; mais elle fut reprise à la session de 1855 et perfectionnée par l'honorable Drummond, député de Shefford. Cette dernière loi était un grand pas fait dans l'amélioration du système municipal.

" Voici ce qu'en dit Turcotte dans Le Canada sous F Union: Le système municipal a donné plus de force et d'extension aux libertés civiles. Il est le plus beau privilège qu'on puisse conférer au peuple, et a débarrassé la législature de la nécessité de s'occuper des questions locales. Il procure au peuple les meilleurs moyens d'apprendre comment se gouverner lui-même, et comment tirer partie des institutions libres dont on l'a favorisé."

Cette loi Drummond fut remplacée par l'acte de 1860.

Avant le régime municipal le gouvernement nommait des inspecteurs de voirie et ces derniers s'occupaient ensuite de la nomination des sous-voyers. En 1829 et 1830, M. Louis Desjarlais était inspecteur et M. Jean-Baptiste Delaunay. sous voyer. En 1835 et 1836, M. Alexis Milette. père, était inspecteur et les sous-voyers étaient: MM. Pierre Bibaud, Paul Melançon, Augustin Sicard, Régis Milette et Alexandre Bisson.

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