‹ Notes historiques sur la paroisse de Saint-Guillaume d'UptonChapitre 12 sur 98 · LA PREMIERE CHAPELLE · texte numérisé non relu

LA PREMIERE CHAPELLE

Par les documents qui précèdent, on a pu voir que les premiers défrichements faits, dans Saint-Guillaume, l'ont été dans le

rang du Ruisseau - des - Chênes, encore dégné sous ce même nom. C'est la plus ancienne concession de la paroisse qui n'était, avant son érection canonique et dès

son origine, désignée que sous ce nom. Aussi, c'est à cet endroit que sont venus d'abord se fixer les pre-

Couvent des Sœurs de L'Assomption.

miers colons, les pères de la paroisse, les véritables fondateurs, partis de Maskinongé, de la Rivière-du-Loup, d'Yamachiche et d'Yamaska ; comme on le sait également, le Ruisseau-des-Chênes, faisait partie de cette dernière paroisse, originairement.

Le nombre des pionniers allant toujours en augmentant, grâce à la fertilité du sol que l'on regardait déjà comme supérieur à celui des vielles paroisses du nord, il fut question, dès 1827. de bâtir une chapelle et d'avoir le ministère d'un prêtre, dans la nouvelle paroisse, dont les défrichements se faisaient avec une étonnante rapidité. Eu 1830, le baron Grant fit bâtir un moulin à scie, sur les bords de la petite rivière David, tout près de l'endroit où fut érigée la première chapelle, à deux milles de l'église actuelle, dans un site enchanteur et sur une monticule qui domine les terrains avoisinants.

A plusieurs reprises les colons se réunirent pour mettre leur projet à exécution. Cependant, comme il ne se trouvait que deux ou trois colons à cet endroit, c'est-à-dire près du moulin Grant, les colons désiraient avoir la chapelle au rang du Ruisseau-des-Chênes. Mais, là comme ailleurs, une grosse difficulté s'élevait. Tous ces braves colons, plus rerriplis de courage, de bonne volonté, que le gousset garni d'argent, se trouvaient dans un grand embarras. Qui viendraient à leur secours pour les aider à mener leur patriotique entreprise à bonne fin? Ce fut le baron Grant lui-même, le propriétaire du canton d'Upton. Bien qu'appartenant à la religion réformée, ce personnage célèbre n'en comprit pas moins qu'une chapelle, près de son moulin, non-seulement donnerait une plus-value à son immeuble, mais serait tm moyen infaillible d'y grouper rapidement, un noyau de population. Pour encourager les colons à choisir son terrain, près du moulin, comme le site de la nouvelle église, il s'engagea à donner gratuitement, les clous, les vitres, puis à scier tout le bois nécessaire à la nouvelle construction.

En outre, M. Ignace Gill, son agent, prit l'engagement de faire ouvrir une route, depuis le Ruisseau-des-Chênes jusqu'à l'endroit de la future chapelle. Ces actes de générosité, suscités sans doute par des motifs intéressés, n'en pesèrent pas moins fortement dans la balance pour faire choisir cet endroit, comme site de la nouvelle église, de préférence à celui du Ruisseau, oii se trouvait établi le gros de la population.

Dès lors on s'occupa sérieusement de construire la chapelle. Le 19 mars 1832, Mgr Panet envoya le curé de Sorel, l'abbé J.-B. Kelly, pour choisir le site de la nouvelle église. Dans son rapport à l'évêque de Québec, M. Kelly raconte ainsi son voyage dans la nouvelle localité.

'* L'an 1832, 19 mars, à 9 heures du matin, je me suis transporté dans le township d'Upton, en conformité des notices publiées dans le dit township d'Upton, les paroisses de Saint-Guillaume et d'Yamaska. Le peuple y étant assemblé, je me suis arrêté auprès du moulin de Thon. C.-W. Grant, situé vers le centre du dit township ; ayant donné lecture de la requête présentée à l'évêque, en date du 27 décembre 183 1, etc.

*' Il y a déjà là une population de 440 âmes dont 212 communiants.

" Comme l'un des plus grands propriétaires, M. de Martigny s'est opposé au site proposé. De l'avis de M. Prime de Martigny, il y avait sept ou huit personnes seulement. Le site choisi a été sur le lot 25, en front de la 5e concession, à peu près un arpent et demie de la rivière, où une croix a été plantée.

" La chapelle sera construite en bois et aura 60 pieds de lon- .S^ueur, sur 40 de largeur, et le haut servira de logement au curé, lorsqu'il y en aura un résidant."

M. Prime de Martigny, mentionné plus haut, a laissé son nom au rang encore connu, aujourd'hui, sous le nom de rang de St- Prime. Il était le frère de Hugues Lemoine de Martigny, considéré comme le fondateur de la paroisse de Saint-Hugues, à laquelle il a laissé son nom. Prime et Hugues étaient, tous deux, fils de Jacques Lemoine de Martigny, seigneur de Varennes. Ce dernier était cousin germain du baron Grant, par son mariage avec la veuve de Charles Lemoine, baron de Longueuil. M. Prime de Martigny était le père de l'avocat Richmond de Martigny, de ]\lontréal, et Hugues de Martigny, le père de ISl. le Dr Adelstan Lemoine de Martigny, président actuel des inspecteurs des prisons et asiles de la province. Une sœur du Dr Adelstan de Martigny épousa M. le notaire Adélard Lemoine de Martigny, pendant de longues années caissier de la banque Jacques-Cartier. Une sœur du seigneur de Varennes, Jacques de

tigny, épou-

sa Louis Sanguinet, père des deux infortunés pat r i o t e s de 1837. et oncle d'Hermine Sanguinet qui épousa, le 30 mai 1847, à Saint- H u gués, M.

Athanase Lamoureux, père de M. le Dr Stanislas Lamoureux, maire actuel du village de Saint- Guillaume.

M. Prime de Martigny a joué un rôle prédominant à Saint- Hugues, dans le commerce de Bois. Des revers de fortune le ruinèrent presqu'entièrement. Cependant, sa succession put sauver du naufrage des sommes d'argent considérables, comme on va le voir par l'anecdote suivante, que M. le notaire Adélard de Martigny nous racontait, tout dernièrement. Il y a quelque

Résidence du Dr S. Lamoureux.

trente ans, la veuve de Prime de Martigny vint à Saint- Guillaume, en compagnie d'un neveu, le notaire de Martigny. En trois jours ce dernier collecta 24,000 francs d'arrérages de rentes seigneuriales. Comme on le voit la seigneurie de Ramsay a jadis pu rapporter de beaux revenus à son propriétaire.

Mais revenons à la construction de la première chapelle, qui fut bâtie, dans l'été de 1833. C'était une modeste bâtisse, en tout semblable aux autres construites dans les nouvelles paroisses. Le baron Grant, par une donation, en date du 19 septembre 1835, dota généreusement la nouvelle fabrique de Saint-Guillaume. L'acte de donation, et autres clauses, contenaient les suivantes :

'' Par devant les notaires publics pour la province du Bas- Canada, résidant l'un dans la paroisse d'Yamaska et l'autre, dans celle de Saint-David de Guire, soussignés.

" Fut présent Jean-Olivier Arcand, agent et procureur spécial à cet effet de Thon. C. W. Grant, un des membres du Conseil Législatif, propriétaire d'une partie du canton d'Upton, résidant à Montréal et de présent en Haut-Canada, suivant acte passé à Montréal, par N. B. Doucet, notaire, en date du 11 juin 1826.

" Lequel Arcand a cédé aux habitants fabriciens de Saint- Guillaume, pour l'usage de la fabrique, église, sacristie, presbytère et cimetière, entre les mains de Michel Houle, Louis Vanasse, Augustin Régnière, David Vanasse et Charles Doyon, élus syndics à cet effet.

" A savoir, un morceau de terre faisant partie des lots 24 et 25 du 4e et 5e rangs du canton d'Upton, où une chapelle est érigée, de trois arpents et demi de front sur quatre de largeur, et la profondeur sur deux arpents et demi, formant en tout huit arpents en superficie.

'* Donation faite à la charge, par la dite fabrique, de tenir en bon ordre une clôture autour, et entretenir les chemins qui pourront être ouverts.

(Signés) Jean-Olivier Arcand, agent, Benjamin Thérien, Pierre-Joseph Chèvrefils, notaires.

Au bas de cet acte, cité au long dans les registres de la fabrique, on lit la note suivante, écrite par M. le curé Kéroack : Comme on peut le voir, pour les actes précédents, et après informations prises, j'ai pu constater que la première chapelle a été érigée sur ce terrain, dans l'été de 1833. Elle fut détruite en janvier 1863, lorsque les paroissiens prirent possession de la nou-^ velle église, laquelle fut bénite, le 18 décembre 1862.

Page 1