CHAPITRE XIIL
SAINT-BONAVENTURE d'UPTON.
La paroisse de Saint-Bonaventure a été détachée de celle de
Saint-Guillaume par une proclamation, en date du 9 juin 1856, qui se lit comme suit:
" Elle comprendra environ sept milles de front sur cinq " milles de profondeur, et sera borné vers le sud-ouest, par une " ligne tirée depuis la seigneurie DeGuir, courant du nord au " sud, à travers la paroisse de Saint-Guillaume et passant entre *' les lots Xos 19 et 20 des 2e, 3e et 4e rangs et partie du 5e rang "du canton d Upton, jusqu'à son intersection avec le chemin de " fer de Sorel à Drummondville, et de ce point suivant le dit "chemin, jusqu'au canton de Grantham ; vers le nord-ouest, par " la seigneurie de DeGuir ; vers le nord-est, par la rivière Saint- " François; et vers le sud-est, par le canton de Grantham.''
Le 15 août 1866, en vertu d'une loi de la législature de Québec, la paroisse de Saint-Bonaventure a été détachée du comté de Drummond et annexée à celui d'Yamaska.
Enfin, à la session de 1903, par un acte du parlement du Canada, les paroisses de Saint-Guillaume et de Saint-Bonaventure ont été réunies au comté d'Yamaska, pour toutes les fins parlementaires.
Nous avons demandé à M. l'abbé Alexis Lesieur-Desaulniers, curé actuel de Stanfold, et qui fut le premier curé de Saint-Bonaventure, où il a demeuré pendant 21 ans, de nous écrire quelques notes historiques sur cette paroisse. \^oici sa réponse:
^lon plus vieux souvenir de Saint-Bonaventure date du 16 décembre 1865. Ce jour-là, l'église fut bénie solennellement, par M. l'abbé Napoléon Kéroack, alors curé de Saint-Guillaume. M. le chanoine ]^Iisaël Archambault, curé de Saint-Hugues, donna le sermon de circonstance.
T'avais, en cette circonstance, le bonheur de célébrer la première messe qui ait été dite dans la paroisse. Au cours de son sermon, se tournant vers moi. M. le chanoine Archambault s'exprima ainsi :
'' Le vicaire de Saint-Guil- " laume, M. Thomas-Alexis " Lesieur-Desaulniers, celui- " là même qui chante la mes-
L'abbé Alexis L.-Desaulniers,
1er curé.
" se est votre curé. Tout en continuant à remplir les fonctions " devicaire à Saint-Guillaume, il va commencer, de suite, à vous. *' desservir. A Noël, il viendra résider au milieu de vous.' C'est ainsi que j'ai appris ma nomination à la nouvelle cure.
Saint-Bonaventure a donc été érigée canoniquement, en 1865. La chapelle, qui existe encore, est très propre et peut servir au culte bien des années à venir. Elle fut construite au prix de $3,600 par feu Joseph Héroux, célèbre architecte d'Yamachiche. Dès l'année suivante, l'architecte Auguste LeBlanc, décédé à Saint Hugues, il y a déjà plusieurs années, a terminé l'intérieur, moyennant la somme de $3,000.
Le parterre qui embellit si bien, aujourd'hui, les alentours de l'église, n'a pas toujours été aussi joli qu'il l'est présentement. Dans le but d'avoir leur église au centre de la paroisse les colons avaient exprimé le désir de la voir construire là même où elle est encore, en 1904. Cet endroit était, à cette époque, un terrain très bas et fort marécageux. Tous les deux ans, les bons paroissiens faisaient une corvée pour niveler et rehausser le site de la place publique et combler ainsi le malencontreux marécage. Dès le premier automne, en 1866, je fis un appel général pour la corvée et l'on y répondit avec empressement, tout le monde se mettant à l'œuvre courageusement. Une fois, entr'autres, vers 1875, il arriva sur le terrain de l'église 80 voitures doubles. Ce jour-là, du petit matin au grand soir, c'est à qui ferait la plus grosse journée. Le lendemain, à la grande joie de tous, le marais était disparu sous un monceau de petites roches. Le curé était au milieu de ses paroissiens, s'occupant lui aussi, à culbuter les tombereaux de pierres et son exemple stimulait le zèle des travailleurs.
Le premier hiver, le bedeau d'alors appelait les fidèles aux offices avec un très peu harmonieux porte-voix. Ce pauvre garçon portait le nom de Guilbault ; il avait peu de misère à remplir son office de sonneur de cloche, ou mieux de souffleur d'instrument primitif. Hélas !son salaire n'était que de $20.00 par année !
Au printemps de 1866, grande réjouissance au sein de la population, dans toute la paroisse. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre, que le capitaine Louis-Adélard Sénécal, depuis l'honorable sénateur Sénécal, allait faire cadeau, à la paroisse pauvre et naissante, d'une cloche 310 livres (i). Elle fut bénite, quelques semaines après son arrivée, par le si regretté
(i) I<a fabrique de Saint-Bonaventure, en fin de compte, a payé la cloche en question.
grand-vicaire Thomas Caron, alors supérieur du séminaire de Nicolet. Cette cérémonie, toujours très imposante, eut lieu avec grand éclat. Les parrains de la cloche furent: MM. L.-A. Sénécal avec Aladame Joseph Bellemare, née Emilie Lesieur- Desaulniers, d'Yamachiche ; Antoine Lupien, maire de la paroisse, avec Madame Théophile Lemaire, née Julie Proulx, de Saint-Bonaventure ;M. l'abbé Napoléon Kéroack, curé de Saint- Guillaume, avec Madame Julie Nolin, épouse du notaire Gaspard Pelletier, de Saint-Guillaume. Deux jeunes demoiselles firent la collecte, pendant la cérémonie : ^Mesdemoiselles Joséphine Sénécal, aujourd'hui Madame veuve juge Charles Gill, de Montréal, et Marie Lesieur-Desaulniers, aujourd'hui Aladame Léon Lesieur-Desaulniers, d'Yamachiche.
Le curé de Saint-Bonaventure ne pouvait alors compter sur autant de revenus qu'aujourd'hui, les braves paroissiens étant, pour la plupart, plus remplis de courage, de bonne volonté et d'espoir en des jours meilleurs que le gousset garni d'argent. La recette, pour la première année du curé n'en fut pas moins de $400; celle de la fabrique, s'éleva un peu au-dessous de ce montant.
La seconde année fut désastreuse pour la jeune paroisse. Par suite des pluies trop abondantes, la récolte fut nulle, ou à peu près. Toute la population étant dans un état de gêne facile à comprendre, le curé ne retira, pour sa subsistance, que la piètre somme de $175. La paroisse, d'ailleurs, ne renfermait qu'environ cent quarante familles.
Ce sont les paroissiens eux-mêmes qui construisirent le premier presbytère, y mettant tous de la bonne volonté ; les uns apportant les bois de construction, les autres, se réunissant par groupes pour tailler les pièces, lever et couvrir la modeste bâtisse. Tout a ainsi été mené à bonne fin, sans bourse délier. C'est de la même façon si désintéressée que, plus tard, l'on procéda à l'agrandissement de la sacristie.
En 1885, le vieux presbytère fut démoli et, à sa place, l'on éleva la magnifique bâtisse actuelle, au prix de $2,800. Les mauvais jours d'autrefois étaient disparus pour faire place à l'honnête aisance d'aujourd'hui. Saint-Bonaventure ayant pris rang parmi les meilleures paroisses du diocèse, on pouvait se payer le luxe d'un beau presbytère neuf, sans obérer le budget de la fabrique, ni celui des particuliers. Lors de mon départ pour aller prendre charge de la cure de Stanfold, la nouvelle construction était à peu près terminée.
Née d'hier, la paroisse de Saint-Bonaventure n'en est pas
moins déjà l'une des plus enviables du diocèse de Nicolet, vu sa grandeur, sa population, la fertilité de son sol, et la prospérité réelle dont jouissent ses heureux habitants. Les terres peuvent rivaliser, d'une façon très avantageuse, avec celles des autres paroisses de la Province. Pour n'en mentionner que quelquesunes, disons que celles du rang de l'église à celui de Saint- Joseph, ne le cèdent en rien à celles de la grande et riche paroisse de la Baie-du-Fèvre.
Dès 1866 et 1868, le blé y était cultivé et récolté en grande abondance. La qualité en était même si bonne que les gens du nord, d'Yamachiche même, y venaient faire des achats de ce blé pour ensemencer leurs terres, et cela pendant plusieurs printemps consécutifs.
Ajoutons qu'il a toujours régné au sein de cette brave population, im esprit d'union, d'entente, et de conciliation qui a constamment fait la joie des curés appelés à y exercer leur saint ministère. Bien rarement, l'on a vu là de ces malheureuses divisions qui, d'ordinaire, ne se règlent que devant les cours de justice et qui sont si préjudiciables au progrès matériel et surtout, au progrès religieux et moral d'une paroisse. Cette bonne entente atoujours été, pour moi, un sujet réel de consolation, dans les longs jours d'isolement. La bonté et la droiture des paroissiens me charmaient au-delà de ce que je puis dire aujourd'hui. Dieu a constament béni cette honnête population.
Ayant vécu près d'un quart de siècle au milieu des paroissiens de Saint-Bonaventure, j'ai été à même de voir de près les débuts de ces braves colons, comme ensuite leurs succès définitifs; j'en parle donc en parfaite connaissance de cause. Aujourd'hui encore, bien qu'éloigné de ces excellentes gens, depuis 1886, je ne puis reporter ma pensée vers cette honnête et si chrétienne population, sans éprouver de bien douces émotions. Mon long séjour à Saint-Bonaventure comptera pour la plus belle époque de ma vie. Enfin, pour bien rendre toute ma pensée intime, j'ajouterai si je puis m'exprimer ainsi, que j'ai laissé là une partie de mon cœur, bien que je coule encore des jours tranquilles et heureux à Stanfold, où je suis présentement, de par la volonté de mon évêque, le vénérable et toujours si regretté Mgr Elphège Gravel.
Les premiers marguillers élus à St-Bonaventure, ont été MM. Jean-Baptiste Brousseau, Alexis Neveu et Bruno Paulhus ; les deux premiers sont morts depuis, et le dernier vit . encore, au même endroit qu'il habitait, en 1866. Le premier maire du conseil fut M. Antoine Lupien, qui vit encore, mais est allé se re-
poser au village de Saint-Guillaume. En 1866, il n'y avait qu'un seul marchand dans la localité, M. Amant Turcotte, et un seul propriétaire de moulin à scier le bois et à moudre le grain, M. Olivier Salois. Ce dernier est encore en pleine santé et vit tranquille et heureux, après avoir occupé touts les charges municipales de sa paroisse : secrétaire du conseil, des écoles, voire même maître de poste de longues années durant; ce dernier emploi lui ayant été enlevé, par le gouvernement actuel, à raison, tout probablement de ses seules opinons politiques, car c'est un fort honnête citoyen sous tous les rapports.
Les trois premiers mariages célébrés à Saint-Bonaventure furent ceux de M]\I. Joseph Forcier avec Rose-de-Lima Forcier; Olivier Salois avec Agnès Lavallée, et Philorome ^lartel avec Marie Desruisseaux.
Il me semble que j'aurais bien d'autres souvenirs à évoquer, en écrivant ces notes sur la bonne paroisse de Saint-Bonaventure. Mais, je n'ai plus le temps, ni les aptitudes nécessaires pour faire une narration qui pourrait davantage intéresser le public. C'est donc avec un certain regret que je clos ce récit, espérant toutefois, qu'il sera lu avec un certain intérêt par. au moins, ceux qui, à Saint-Bonaventure, m'ont toujours témoigné un sincère et constant attachement.
Un mot de plus et je finis. La paroisse de Saint-Bonaventure a vu le passage de cinq curés, dans l'ordre suivant :
L'abbé Alexis Lesieur-Desaulniers, de 1865 à 1886; l'abbé Edmond Grenier, de 1886 à 1893; l'abbé Edmond Buisson, de 1893 à 1894; l'abbé Joseph-Adophe Blondin, de 1894 à 1903; l'abbé Philippe Bourassa, curé actuel.
Rien d'exagéré en affirmant ici que tous ces prêtres ont laissé la paroisse de Saint-Bonaventure avec un vif regret ; que tous en gardent le meilleur souvenir. C'est du moins, la conviction bien profonde de celui qui trace ces lignes destinées à le rappeler à la mémoire de ses anciens paroissiens de Saint-Bonaventure d'Upton. Puissent-ils toujours conserver de lui le bon souvenir qu'il a constamment gardé d'eux, depuis qu'il les a laissés, en 1886.
M. Antoine Lupien
Est originaire de la paroisse de Saint-Léon, comté de Maskinogé, d'où il est parti le 18 mai 1842, en compagnie de son père Epiphane Lupien et de son frère aîné Simon, ce dernier mort
aux Etats-Unis, tout récemment, en 1903. La traversée du fleuve Saint- Laurent, de la Rivière-du-Loup à Yamaska, se fit en simple canot. C'est assez dire que les meubles et effets étaient peu considérables. Mais n'anticipons pas. Deux jours après, tous les trois arrivaient au Ruisseau-des- Chênes, chez Régis Milette, cousin germain d'Antoine Lupien, par la femme de ce dernier et les Rivard-Laglan- If^ derie, déjà rendus là, depuis quelques '^ années. Ce sont ces derniers qui avaient engagé M. Epiphane Lupien à M. Antoine Lupien. tenter la chance, au sud du fleuve,
pour y trouver des établissements à ses deux fils. Le lendemain de leur arrivée au Ruiseau, M. Epiphane Lupien et se deux fils partirent à travers les bois, pour se rendre au lot No 102 du 5ième rang d'Upton. Depuis, ce rang fut désigné sous le nom des Lupien. Le 4ième rang d'Upton s'appelait déjà le rang des Parenteau. Ce sont aujourd'hui, les deux plus anciens endroits colonisés de la paroisse de Saint- Bonaventure. En 1842, un nommé Joseph Joyal est venu travailler au défrichement, en face du lot choisi par M. Epiphane Lupien pour ses deux fils, de l'autre côté du chemin. Inutile de raconter les misères et les privations endurées par les deux jeunes Lupien. Un seul fait fera connaître leur triste position, dès leur début, à Saint-Bonaventure.
Trois ans après leur arrivée leur mère, Louise Dupuis (i), vint les voir chez Régis Milette, au Ruisseau. Ayant manifesté le désir de visiter les défrichements faits au 5ième rang d'Upton par ses deux fils, ces derniers l'y conduisirent, en passant par le chemin de Drummondville. Pour traverser les ornières du coteau, Simon et Antoine Lupien portèrent leur mère sur leurs épaules, l'espace de vingt-cinq arpents. En arivant au chantier qui leur servait de logement, Âladame Lupien, apercevant cette rustique cabane, éclata en sanglots. Cette épisode mériterait d'être dite avec maints détails. Malheureusement, comme les mêmes choses ont dû se répéter ailleurs, dans toutes les paroisses nouvelles, il vaut mieux s'en tenir au bref récit de M. An-
(i) Fille de Simon Dupuis et de Marguerite Rivard-Iyaglanderie. Voir tome III des Vieilles Famille!; de Yamachiche, page 96. I^ouise Dupuis était la grand'mère de M. l'abbé Epiphane Dus-;ault, de l'évêché de Trois-Rivières.
toine Lupien. Et, cependant, depuis trois hivers, les deux jeunes colons n'avaient pas eu d'autre abri pour se protéger des gros froids de l'hiver ou des grands soleils de l'été. La première année, ils retournaient chez Régis Milette, tous les samedis, pour entendre la messe le dimanche, et s'y reposer de leurs durs travaux. Pendant ces trois années, nous a dit J\I. Antoine Lupien, notre unique nourriture, ou à peu près, ça été des crêpes à la farine d'orge, le matin, le midi et le soir! Toujours cela!
En 1845, Léon et Edouard Côté, de la Baie, achetèrent aussi des lots, dans le rang des Lupien ; mais, le défrichement à faire fut long et pénible; car ces deux braves pionniers étaient obligés d'aller gagner de l'argent dans les vieilles paroisses, pour pouvoir acheter des vivres et se faire aider par des biicherons. Un nommé Grondin, venu de Saint-Barthélémy, comté de Berthier, vint aussi s'établir près des Lupien, vers le même temps. La veuve de ce Grondin, après la mort de celui-ci , épousa Xavier Houle, de Saint-Cuthbert. En 1903, elle était encore vivante, à Saint-Bonaventure, âgée de 82 ans.
Peu d'années après arrivèrent successivement, à Saint-Bonaventure, les colons suivants : Charles et Edouard Tessier, Louis Gaucher, Bruno Paulhus, William Danis, Théophile et ]\Ioïse Lemaire. Le père Olivier Labonté, marié à Marguerite Lalancette, avait acheté un lot, avant les frères Tessier ; mais, il ne commença pas à faire des défrichements de suite. Il venait de la paroisse d'Yamaska.
Pendant qu'il était maire de Saint-Guillaume, Antoine Lupien obtint plusieurs dons des gouvernements de cette époque. Par l'entremise d'Ignace Gill, alors député d'Yamaska, il obtint $300. Plus tard, par le concours du célèbre Eric Dorion, surnommé VBnfant Terrible, il put avoir $600 pour travaux à faire à la route du fameux coteau de houille du 4ième rang. Cette route était alors un endroit qu'il était à peu près impossible de traverser, même pour les piétons. Plus tard, il obtint $450 pour des traverses de bois, sur le même coteau, afin de permettre aux voitures de le traverser siàrement. Enfin, on lui accorda, ensuite $200 aux mêmes fins. En tout: $1,550. Un violent incendie, qui ravagea le coteau, causa des dommages considérables à ces divers travaux. Avec les $200 que AL Lupien avait encore en sa possession, pour cette fin, il fit charroyer de la terre sur les traverses de la route du coteau. Toutefois, cette fameuse route ne devint bien carrossable que plusieurs années après. Elle est, maintenant, aussi bien entretenue que les meilleurs chemins de Saint-Bonaventure.
8o SAINT-GUILLAUME
Pendant qu'il était maire de la paroisse de Saint-Guillaume de 1864 à 1867, M. Lupien obtint du gouvernement la somme de $700, à titre d'intérêts, comme indemnité aux paroissiens, après l'abolition de la tenure seigneuriale. Pour la paroisse de Saint- Bonaventure, qui formait alors partie de Saint-Guillaume, on lui accorda pour la même fin, en plus $200 afin d'acheter du grain de semence à être distribué aux colons.
Pour donner une idée de l'augmentation de la propriété en valeur, dans la paroisse de Saint-Bonaventure, M. Antoine Lupien raconte le fait suivant, qui vaut la peine d'être cité : en 1842, son pèr% Epiphane Lupien, acheta du Dr Pinard, de Saint- David, les deux terres colonisées par ses deux fils, Antoine et Simon Lupien. Le prix convenu, dans l'acte notarié, était $460. En 1903. la terre de Simon a été vendue $4,000, et celle d'Antoine Lupien est évaluée à $8,000. Ce que cette augmentation considérable, en valeur réelle, a dii coiàter de fatigues, de travaux et de sueurs, aux deux colons Simon et Antoine Lupien !
Le même jour que M. Antoine Lupien nous donnait sa version, sur les anciens temps de Saint-Bonaventure, un autre brave colon, venu là plus tard, mais qui a bien aussi son mérite, nous faisait son propre récit. Le voici:
Alexis Courchêne
Est né à Saint-David et est l'un des anciens de Saint-Bonaventure qu'il a toujours habité jusqu'à ces dernières années, où il vint se fixer au village de Saint-Guillaume qu'il habite encore, en 1904. M. Courchêne, en arrivant à Saint-Bonaventure, acheta une partie des lots 16 et 17 du 5ième rang d'Upton. Ce terrain avait été primitivement vendu, le 22 octobre 1837 par feu Ignace Gill, au nom de l'honorable Chs. W. Grant, à Dominique Charland, grand-père des Mrs. Charland de Montréal. L'acquéreur Charland, qui était marié à une Nadeau, revendit le même terrain à Charles Dandonneau de l'Isle-du-Pads, le 19 septembre 1845. Deux ans après, le 20 octobre 1847, Dandonneau céda le terrain à Pierre Lemire qui transporta la propriété à son père François Lemire, le 17 février 1855. A la mort de François Lemire, M. Courchêne épousa sa veuve et acheta a terre des héritiers Lemire.
La première vente par Grant, avait été faite pour la somme de I livre, 13 s. et 9J d. de rente. Trois ans après, Dominique Charland racheta le terrain pour les prix et somme de 22 1., 20 s.
SAINT-GUILLAUME 8l
et 10 d. En 1845, ^- Charland vendit à Dandonneau la moitié du même terrain pour la somme de $325. En 1887, M. Courchêne vendit ce terrain à Domtail Gaucher-Forcier pour $3,300, et ce dernier en fit don à son fils, Albert Forcier, qui en est le possesseur actuel.