CHAPITRE XIV
l'éducation à SAINT-GUILLAUME. — LES DEPUTES.
Après avoir parlé des progrès matériels accomplis dans la paroisse depuis 1861, il est juste d'ajouter quelques notes sur les progrès intellectuels. Comme on va le voir, au moral comme au matériel, tout a marché vite dans cette étonnante paroisse, née d'hier.
Un enfant de Saint-Guillaume, M. Tabbé Pierre Arpin, professeur des hautes sciences au séminaire de Nicolet, va intéresser le lecteur, par les lignes suivantes, reçues à la dernière heure, et que nous publions avec empressement :
** La loi de vie pour l'homme, c'est le progrès : tout esprit judicieux l'a observé.
Vivre, en effet, croître, c'est se développer. D'autre part, le moyen universel que Dieu nous a donné pour développer et fortifier notre être, c'est l'éducation.
Aussi bien, tout homme, tout groupement, toute institution qui aspire au progrès ne peut, pour aucune considération, se désintéresser de cet " élément de vie " qui éclaire et affermit l'esprit, purifie et élargit le cœur, forme et dirige la conscience. Les premiers défricheurs de Saint-Guilaume, tout illétrés qu'ils fussent, eurent, pourtant, comme l'intuition de cette vérité d'expérience historique.
La paroisse et ses écoles furent fondées simultanément, et on peut dire que celles-ci n'eurent pas d'enfance.
A l'heure présente, outre un pensionnat pour jeunes filles, dirigé par les révérendes Sœurs de l'Assomption de la Ste- V^ierge, et un collège pour l'enseignement commercial des garçons, sous la direction des Frères du Sacré-Cœur, on y compte 14 écoles élémentaires dont 2, les externats du collège et du couvent, sur le pied d'écoles académiques.
Pas moins de 25 enfants de la paroisse sont actuellement dis-
perses dans les universités et les différents collèges classiques de la Province pour y revevoir l'enseignement supérieur.
Bon nombre de leurs prédécesseurs, déjà, se sont créé dans les professions libérales des situations dont l'éclat, rejaillissant sur toute la paroisse, fait apprécier à leurs concitoyens l'efficacité des sacrifices imposés pour cette œuvre de l'éducation.
Toutefois, parce que c'est dans la religion — la plus active manifestation de la source intérieure de vie — que s'accuse davantage la puissance victorieuse de l'esprit progressif. C'est en vain qu'une paroisse canadienne-française revendiquerait l'honneur d'un dévouement plus qu'ordinaire à cette cause de l'éducation, si l'Eglise n'a pu, chez elle, faire une abondante moisson de sujets choisis.
Certaines paroisses, sans doute, peuvent se glorifier d'être représentées, dans les rangs du clergé, par un plus nombreux contingent que celui fourni par Saint-Guillaume ; c'est un honneur qui revient de droit aux plus anciennes : Yamachiche, Saint-Jacques, la Baie-du-Fèvre, etc.
Bien peu, croyons-nous, pourraient citer avec une plus légitime fierté douze prêtres, deux ecclésiastiques de ses enfants se dévouant avec zèle et distinction à l'œuvre sacrée de l'Eglise.
Voici, avec celui de leur prédécesseur, Messire François- Xavier Vanasse-Vertefeuille, les noms de ces généreux ouvriers du Seigneur :
AI. Frs-Xavier Vanasse, né le 6 novembre 1832; ordonné prêthre à Nicolet, le 5 aoiàt 1860; vicaire à la Baie; en 1863, curé de Saint- Janvier et de Saint-Olivier, puis de Saint-Romain de Windslow et de Saint-Gabriel ; en 1868, de Saint-Romain du Lac Aylmer; en 1871 d'Actonvale; en 1878, de Sainte-Anne de Sorel ; puis,, en 1888, de Saint-Marc-sur-Richelieu, oti il est encore, en IQ05.
M. Pierre Champagne-Beaugrand, né le 20 octobre 1839, ^^s de Pierre Champagne et de Claire Ayotte ; ordonné à Sainte- Monique, le 22 septembre 1867; vicaire à Saint-Guillaume et à Saint-David; chapelain des zouaves canadiens, qui voulaient alors fonder une colonie, à Piopolis, aujourd'hui Sainte-Agnès, Lac Mégantic, puis il est allé exercer le ministère, en Californie. Il est mort le 20 novembre 1895, à Alinneapolis, Min.
Rév. P. Eugène Lefebvre, fils de François Lefebvre et de Marguerite Maloin-Rinfret; a fait ses études classiques et théologiques au collège de Saint Hyacinthe, puis, après être entré chez les Jésuites, y fut ordonné prêtre le 19 mars 1888. Il est actuellement missionnaire-curé à Chapleau, district d'Algoma, diocèse de Sainte-Marie.
M.Deusdedit Boucher, fils d'Onésime et d'Elise Coulombe; entra, en 1881, au collège de Nicolet; fut ordonné prêtre en 1892 et nommé au vicariat de Saint-Christophe. Il mourut peu d'années après et fut inhumé sous les voûtes de Téglise de Saint- Guillaume.
M. Adonaï Saint-Laurent, fils de Georges Saint-Laurent et de Josephte Boulanger ; après son cours d'études alla étudier la théologie à Rome et se dévoua aux missions américaines, dans les états du Sud. Présentement, il exerce le ministère à Baltimore.
Rév. P. Dolphis Hénault, né en 1871, fils de James Hénault et de Philomène Girard; entra bien jeune chez les Pères Oblats; fit ses cours classique et théologique à Ottawa, puis fut ordonné le 8 juin 1896. Après avoir exercé le ministère, à l'église de la paroisse Saint-Pierre, à Montréal, il fut envoyé à la nouvelle mission que les Oblats possèdent au Cap-de-la-Madeleine, diocèse de Trois-Rivières.
M. Rémi Généreux, fils de Joseph Généreux et de Julie Clair- Houde, naquit le 22 aoiit 1868; a étudié à Nicolet où il fut ordonné, le 26 juillet 1895 ; en 1896, au séminaire ; puis, successivement vicaire à Arthabaska, Bécancourt, à la cathédrale de Nicolet et, finalement appelé, en 1903, à la nouvelle cure du Précieux- Sang, paroise en grande partie formée par le démembrement de Saint-Grégoire, diocèse de Nicolet.
Rév.P. Constant Doyon, dominicain, né Victor Doyon, fils de Charles Doyon et d'Audile Chaussé: a commencé ses études classiques à Saint-Hyacinthe, étudia ensuite à Nicolet, de 1894 à 1896, puis il entra chez les religieux Dominicains, au couvent de Saint- Hyacinthe, oii il fut ordonné, le 22 décembre 1901 ; actuellement chargé de l'administration des Annales du Rosaire.
M. Théophile Melançon, né le 25 décembre 1875, ^^s d'Emmanuel Melançon et de Sophie Vincent; ordonné le 6 juillet 1902; étudia à Nicolet ; professeur de méthode dans cete maison, en 1902 et 1903, puis vicaire à Saint-Pierre de l'Avenir.
AL Pierre Arpin, né le 21 janvier 1877, fils de Charles Arpin et de Philomène Bourret; étudia à Nicolet de 1892 à 1899; ^t ses études théologiques au grand séminaire de Québec ; successivement professeur de théologie dogmatique et de littérature au séminaire de Nicolet, depuis son ordination, le 17 mai 1903.
M. Ar^vmir Labranche, fils de Jean-Baptiste Adam-Labranche et de Alarie Trudel : ordonné le 25 juillet 1903 ; successivement vicaire à Saint-Guillaume, à Sainte-Sophie de Léonard et à W^arwick, où il est encore en 1905.
M. Albert Clair-Houde, fils de Albert Clair-Houde et de ]\Ia-
thilde Généreux; ordonné le 25 juillet 1903; professeur à Nicolet, l'année suivante, puis vicaire à Sainte- Anne-du-Sault, en juillet 1904; maintenant au vicariat de Pierreville, en 1905.
Voici, maintenant, d'après l'Histoire du Collège-Séminaire de Nicolet, par Algr Douville, une liste des élèves de Saint-Guillaume, qui ont étudié à Nicolet :
1854, Salois Olivier, cultivateur.
1855, Vanasse F.-X., prêtre.
1859, Dupuis Pierre, boulanger.
186 1, \^anasse Fabien, avocat.
1862, Champagne Pierre, prêtre. X (i) Pelletier Guil.-Upton, médecin.
1864, Dupuis, Onésime, instituteur,
1865, Ethier Lindor, avocat.
1868, Clément Georges, X
1875, St-Laurent Paul, cultivateur.
1878, Lavallée Atchie, cultivateur.
L'Heureux Ephrem.
1880, Gauthier Alexandre, comptable.
René Adélard, médecin.
1881, Boucher Deusdedit, prêtre, X Boucher Honoré, notaire.
Côté Hylas, cultivateur.
Saint-Laurent Adonaï, prêtre.
1882, Vanasse Théodose, notaire.
1883, Aiaher Napoléon, agent de commerce.
1884, Taillon Zoël, cultivateur.
1886, Lesieur Hugues, aux Etats-Unis.
Smith Joseph, aux Etats-Unis.
1887, Dupuis Amable, aux Etats-L'nis.
]\Ielançon Edouard, tanneur.
1891, Clair x\lbert, prêtre.
Labranche Argémir, prêtre, ^lelançon Alphonse, médecin.
i\ielançon Théophile, prêtre.
Vanasse Samuel, médecin.
1892, Arpin Pierre, prêtre.
]\Ielançon Héliodore, cultivateur.
1893, Doyon Victor, prêtre (Dominicain). Bélanger Deus, étudiant en médecine.
(i) I^e signe X veut dire décédé.
Gauthier Ernest, clavigraphiste.
Labranche George, cultivateur.
1894, Lefebvre Arthur, étudiant en loi.
Lessard Nicéphore, ecclésiastique.
Melançon Wilfrid, notaire.
Milette Napoléon, peintre.
1895, DeSerre Achille, étudiant en médecine. Lafleur Célestin, cultivateur.
1896, Falardeau Joseph, ecclésiastique.
1897, Labranche Joseph, commis.
i8g8, Melançon Georges.
1900, Côté Adjuteur.
Melançon Antoine.
Robida Hector.
Sylvestre Harry, commis.
Doyon Alphonse.
Labranche Alphonse.
1902, Bélisle Edmond.
Dupuis Eldège.
Viens Emile.
1903, Falardeau Adonaï.
Lavallée Donat.
Touzin Domptail.
Meek Victor.
Rainville Joseph.
1904, Vincent Adélard.
Touzin Adélard. Saint-Laurent Donat.
Saint-Laurent Eugène.
Lafleur Alphonse.
D'après la même Histoire du Collège-Séminaire, par Mgr Douville, voici la liste des élèves de Saint-Bonaventure, qui ont étudié à Nicolet :
1867, Tessier Charles, médecin.
1870, Lemaire Eugène, cultivateur.
Rivard Napoléon, X 1872, Tessier Edouard, prêtre. •
1874, Champagne Damiino, prêtre, S. J.
1876, Lemaire Charles, médecin.
1877, Lemaire Hermann, négociant.
Tessier Léon, Frère de Ste-Croix.
Tessier Pierre, cultivateur.
1878, Courchêne Adélard, cultivateur.
Lemaire Michel, cultivateur.
1879, Paulhus Georges, cultivateur.
Trempe Prime.
1893, DeSerre Anatole, étudiant en médecine. Tétreau Alfred, ecclésiastique.
1892, Desrosiers Joseph, étudiant en loi.
1894, Salois Roméo, ecclésiastique.
Tessier Etienne, cultivateur.
1895, Lemaire Elie, cultivateur.
1900, Joyal Wilfrid.
Labonté, Auguste.
Lemaire Conrad, X 1902, Dionne Alphonse.
Plante Onias.
1904, Briàlé Stanislas.
Allard Albert.
Les listes qui précèdent ne renferment que les noms des élèves, sortis de Saint-Guillaume, qui ont étudié au collège de Nicolet. Bon nombre d'autres, ayant étudié ailleurs, leurs noms ont été omis. Pour ne citer que quelques noms, MM. Argémir Bélisle, Ernest L.-Desaulniers, Gonzalve L.-Desaulniers, etc., ont étudié au collège de Saint-Hyacinthe. Les deux derniers sont avocats à Montréal, et vivent honorablement de l'exercice de leur profession. L'un d'eux surtout, M. Gonzalve L.-Desaulniers s'est acquis une belle renommée dans les lettres canadiennes et il est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en parler ici, plus longuement.
La paroisse de Saint-Guillaume a fourni à plusieurs communautés religieuses, tant d'hommes que de femmes, un grand nombre de sujets qui lui font honneur. Il a été impossible de faire, même incomplète, une liste de toutes ces personnes qui comptent Saint-Guilaume pour le coin de terre toujours aimé, où ils ont vu le jour. Cette lacune est d'autant plus regrettable que la famille de Nicolet, toute au complet, figure dans le présent chapitre.
Un dernier mot. Nous publions, ailleurs, d'excellents portraits du collège des Frères du Sacré-Cœur et du couvent des Sœurs de l'Assomption. Ces deux belles constructions, toutes deux situées dans les limites du village même de Saint-Guillaume, font grand honneur à la générosité, comme à l'esprit de foi, des paroissiens de la localité. Le collège surtout, superbe bâtisse à quatre étages et toute en pierre, ne déparerait pas nombre d'édifices du même genre, dans nos grandes cités. Quant au cou-
vent des Sœurs de TAssomption, il va être reconstruit entièrement, dans un avenir très prochain. L'importance toujours croissante que prend cette institution, nécessite cette amélioration qui contribuera encore à embellir le village de Saint-Guillaume. L'ancienne demeure de feu M. le Dr Barolet, agrandie pour les fins du couvent, va faire place à un superbe édifice, si l'on en juge par les plans de la bâtisse projetée.
Tout annonce donc le progrès,., dans Saint-Guillaume. Puissent les excellents paroissiens être toujours' animés du même esprit d'union, d'entente, de foi profonde, qui a toujours prévalu parmi les descendants des braves colons du Ruisseau-des- Chênes.