AU TEMPS DE LA GRANDE PESTE
0 Sainct Rocit de Dieu bien ayrné Par tant de grâce qu’il t’a faicte Du peuple deuot réclamé,
Chasse de l’air la peste infecte :
Comme en terre tu fis iadis Soulage le du Paradis.
Pendant l’épidémie de 1720, les Marseillais adressaient à saint Roch l’invocation suivante :
Grand Saint Roch, nous ne craignons rien,
Et rien ne nous sera funeste Si vous êtes notre soutien.
Secourez ce peuple chrétien.
Et venez apaiser la colère céleste;
Mais n’amenez pas votre chien.
Nous n’avons pas de pain de reste.
Etait-ce là réellement une prière, comme l’admet. Franklin (2)? Je croirais plutôt qu’il s’agit d’une pièce postérieure à la peste, écrite par un humoriste, mais évidemment à l’occasion de celle-ci : les deux derniers vers, sous leur forme plaisante, s’accordent mal avec les terribles angoisses qui affolaient alors la population.
La peste dans l’art.
Nombre de peintres se sont inspirés des horreurs de la peste et les ont retracées à l’aide de leur pinceau, ainsi que les traits d’héroïsme qui se sont si souvent manifestés au cours des épidémies. Charcot et Richer ont consacré à ces œuvres d’art une étude si sagace et si complète (3), qu’il serait téméraire de songer à moissonner après eux dans un champ qu’ils ont si habilement fauché : tout au plus peut-on espérer y glaner quelques épis oubliés du délaissés par eux.
(1) Les vertus et proprietez de l’herbe dite Scordion , autrement l’Herbe de S. Roch, singulière contre la peste. Paris, i vol. de 16 p., 1623; cf. p. 16.
(2) Loco citato, p. 238, note 3.
(3) J. M. Charcot et P. Richer, Les difformes et les malades dans l'art. Paris, in-4° de vi-162 p., 1889 ; cf. p. 89-408.
Dans son célèbre tableau des Philistins frappés de la peste , qui se trouve au Louvre, Nicolas Poussin a suivi pas à pas le récit de l’Ancien Testament, ce qui ne l’a pas empêché d’accomplir un pur chef-d’œuvre. Ce tableau fut peint vers 1630, puis gravé par G. Audran. U est intéressant de constater que le peintre y a placé çà et la des cadavres de Rats : indication précieuse pour nous, car elle nous montre à quel point était déjà répandue, à son époque, la notion que les épidémies de peste sont toujours précédées ou accompagnées d’une excessive mortalité des Rats (1) : la découverte du microbe de la peste et de la façon dont il se propage nous a expliqué tout récemment cette étrange coïncidence, qui jusqu’ici était totalement incompréhensible.
N. Poussin a encore peint une Peste d’Athènes. L’original se trouve en Angleterre; J. Fittler l’a reproduit par la gravure. Il n’est pas inutile de rappeler ici que la « peste » d’Athènes, dont Thucydide nous a laissé un récit magnifique, n'était point la peste bubonique, mais vraisemblablement, suivant l’opinion de Littré, une maladie infectieuse inconnue aujourd’hui.
La Peste d’Epire , de Pierre Mignard (1610-1695), est également consacrée au souvenir d’une grande épidémie ayant ravagé l’antiquité. Ce tableau remarquable est encore connu sous le nom de Peste en Judée, parce que, au-dessous de l’estampe qui en a été gravée par G. Audran, se lisent les paroles prononcées par le roi David, lors de la peste qui a décimé son peuple : « Qu’a fait ce peuple. Seigneur ? C’est moy qui ay péché; Cest moy qui ay faille mal. Tournez, je vous conjure, vôtre main contre moy seul ».
Citons encore la Peste à Rome, par Delaunay. Des cadavres jonchent les rues de la ville ; des malades implorent la statue d’Esculape, cependant que l’Ange exterminateur frappe la porte des maisons condamnées à être la proie du fléau.
(1) Les relations des Rats avec les épidémies de peste sont, peut-on dire, connues de toute antiquité. Chez les anciens Egyptiens, la peste était symbolisée par un Rat; à Thébes, dans le temple de Ptah, le dieu de la destruction était représenté avec un Rat dans la main. L’Ancien Testament raconte que l’ange exterminateur mit à mort en une seule nuit 185 000 hommes de l'armée de Sennachérib. La tradition égyptienne donne de ce fait une tout autre version : les Assyriens, ayant envahi l’Egypte, durent regagner Ninive à marches forcées, parce que Ptah avait envoyé, une nnée de Rats dans leur camp. De nos jours, on donne à la peste, dans le Yunnan, le nom de « maladie des Rats ».
R. BLANCHARD
Rubens a peint, en 1630, des Pestiférés invoquant saint lioch ; le saint est accompagné de son Chien ; leChrist, apparaissant au milieu des nuages, lui donne mission de soigner les pestiférés. Ce tableau se voit dans l’église Saint-Martin, à Alost, en Belgique ; suivant Porquet (1), il s’en trouve une copie à l’HOtel-Dieu de Vire.
La même idée est exprimée par David dans un tableau qui se trouve à la Santé de Marseille, Sa-mt Roch intercédant pour les pestiférés .
Mais ce sont là des compositions qui ne concernent aucune épidémie en particulier et qui ne sont intéressantes qu’au seul point de vue artistique. Les suivantes sont, au contraire, non seulement. des œuvres d’art plus ou moins remarquables, mais aussi des pages d’histoire.
La peste de Florence en 4348, si admirablement décrite par Boccace dans le Décaméron, a inspiré plusieurs peintres. Dans le cloître de l’église San-Marco, à Florence, se trouve une fresque de F. Dandini représentant saint Antonin secourant les pestiférés : l’un des malades porte un bubon à l’aisselle gauche, ainsi que des traînées de lymphangite à la partie interne de l’avant-bras. L’église de l’Impruneta à Galazzo, près Florence, fjossède un tableau datant du XVII e siècle et visiblement inspiré de ceux de Mignard et Nicolas Poussin. On voit de même, à l’église de la Miséricorde, à Florence, une toile de Cigoli (loo9-1613).
La peste de Milan, en 1576, au cours de laquelle saint Charles Borromée, alors évêque de la ville, s’est rendu à jamais célèbre par son dévouement envers les malades, a donné lieu à des compositions picturales plus remarquables. Jakob van Oost le vieux (1600-1671) a au Louvre un Saint Charles Borromée pendant La peste de Milan (n°2067). On doit à Mignard un Saint Charles communiant les pestiférés : ce tableau est détruit ou disparu, mais il nous est connu par la gravure que Fr. de Poilly en a faite. Charcot et Richer citent encore une toile de Gabriel Lemonnier, actuellement au Musée de Rouen ; une fresque de l’église Saint-Sulpice, à Paris ; un tableau de Fr. Gossi, dans l’église dei Poveri, à Bologne ; un autre de Fr. Baldassane, dans l’église des Barnabites, à Pescia ; un autre de Cigoli. dans l’église de Santa-Maria Nuova, à Cortone ;
(1) Loco citato, p. 182.
NOTES HISTORIQUES SUR LA PESTE ggg
enfin, un tableau de Carie Vanloo, qui se trouvait autrefois à Notre- Dame de Paris.
La peste de Naples, en lfio6, a été peinte par Miceo Spadaro, en une œuvre remarquable qui est conservée au Musée national de Naples (1).
La fameuse peste de Marseille, en 1720, a été célébrée maintes fois par les peintres. Michel Serres, qui avait assisté à cette terrible épidémie, a su en retracer habilement toute l’horreur. On conserve dans la galerie Czernin, à Vienne, une Peste de Marseille de Nicolas Poussin. L’héroïsme de l’évêque Belzunce a été exalté, dans des tableaux bien connus, par Fr. G. Mansiau et par le baron Fr. Gérard ; celui du chevalier Nicolas Roze, faisant jeter à la merpar des forçats les cadavres recueillis dans les ruelles étroites de la vieille ville, Pa été J. Fr. de Troy dans une toile remarquable, qui date de 1722, puis par Paulin Guérin ; Gérôme a peint lui-même une Peste de Marseille. Les tableaux de David, de Gérard et de Guérin sont conservés à la Santé de Marseille ; ceux de Mansiau et de J. Fr. de Troy au Musée de cette même ville.
Il en est de même pour une toile de Tanneur qui représente la frégate la Justice venant de Constantinople et ayant à bord des cas de peste; l’événement se passe l’an IV de l’ère républicaine.
L’une des compositions les plus connues est assurément le tableau du baron Gros, qui figure au Musée du Louvre et représente les Pestiférés de Jaffa. La scène se passe le 21 ventôse an VII (11 mars 1799), pendant l’expédition d’Egypte : le général Bonaparte touche du doigt le bubon qu’un militaire porte dans l’aisselle droite; le soldat a le bras levé, non pour saluer son général, comme l’ont prétendu certains critiques d’art, mais bien pour mettre son mal en évidence.
Cette scène, toute à l’honneur de Bonaparte, est-elle rigoureusement historique? Le comte d’Aure, ordonnateur en chef de l’armée d’Egypte, la raconte en ces termes (2) :
« Le général en chef Bonaparte, accompagné du D r Desgenettes,
(1) Nous connaissons l’existence à Naples de deux tableaux relatifs à la peste de 1636 : l’un est au Musée Carlo Cappola; l’autre au Musée de la ville, où il porte le n° 80. C’est sans doute ce dernier qui est dû au pinceau de Miceo Spadaro.
(2) Comte o’Aure, Bourrienne et ses erreurs volontaires et involontaires, I, p. 44.
H. BLANCHARD
médecin en chef de l’armée, et d’une partie de son état-major, visita cet hôpital dans le plus grand détail; il fil plus que de toucher les bubons ; aidé d’un infirmier turc, le général Bonaparte souleva et emporta un pestiféré qui se trouvait au travers de la porte d’une des salles ; cette action nous effraya beaucoup, parce que l’habit du malade était couvert d’écume et des dégoûtantes évacuations d’un bubon abcédé. Le général continua avec calme et intérêt sa visite, parla aux malades, chercha, en leur adressant des paroles de consolation, à dissiper l’effroi que la peste jetait dans les esprits, et termina sa longue visite en recommandant aux soins des officiers de santé les pestiférés auxquels il avait témoigné tant d’intérêt. »
Le premier Consul commanda le tableau à Gros, qui fit une première esquisse conforme au récit ci-dessus, d’après des renseignements que lui avait donnés Denon. Cette esquisse passa ultérieurement en la possession du baron H. Larrey, puis fut reproduite par Charcot et Richer (1). Le tableau, que chacun connaît, fut exécuté finalement d’une façon bien différente : il fut exposé au Salon de 1804 et excita un enthousiasme incomparable, bien moins à cause des événements glorieux qu’il rappelait à la mémoire des patriotes, qu’en raison des innovations audacieuses qu’y affirmait l’artiste.
Quelle créance, après le récit du comte d’Aure, qui fut témoin oculaire, doit-on accorder à ceux qui tendent à accréditer l’opinion que Bonaparte aurait manifesté envers les pestiférés des sentiments beaucoup moins charitables? La critique historique élucidera sans doute cette question. Chaptal (2) raconte, en effet, que le général fit empoisonner 87 soldats malades de la peste, à l’hôpital de Jaffa. « On essaya d’abord de l’opium, qui ne produisit pas d’effet ; on employa ensuite le sublimé corrosif. »
On trouve aussi dans l’œuvre des graveurs un certain nombre d’estampes se rapportant à la peste. L’une des plus intéressantes, sans contredit, est une composition de Martin de Vos, gravée par
(1) Charcot et Richer, « Les pestiférés de Jaffa » par Gros. Nouvelle iconographie de la Salpêtrière , IV, p. 246, 1891.
(2) Chaptal, Mes souvenirs sur Napoléon, p. 303. — G. de Grandmaison, Napoléon et ses récents historiens, Paris, in-18 de ix-349 p., 1896; cf. p. ai.
Johann Sadclcr; nous en donnons une reproduction en phototvnie (pl. XI).
Martin de Vos vivait à Anvers, de 1531 ou 1532 à 1603 (1); c’était un peintre fameux. Il a représenté, en une allégorie harmonieuse, les horreurs de la guerre, de la famine et de la peste, « les quelles' dit de Lérisse (2), volontiers s’entresuyvent, car de la guerre procède la famine et de la famine la peste. » Johann Sadler ou gadeler, chef d’une longue série d’habiles graveurs, vivait à Bruxelles de 1550 à 1600 ou 1610 (3).
Marc-Antoine a gravé une admirable composition de Raphaël, la Peste en Phrygie, inspirée de l’Enéide et généralement connue sous le nom d’il morbetto. Rigaud a représenté Mgr de Belzunce pendant la peste de 1720 (4).
La chalcographie du Louvre possède un dessin du Tintoret (1512- 1594) représentant la peste. C’est, il faut bien le dire, une étude d’un assez médiocre intérêt.
Les sculpteurs nous ont aussi laissé plus d’une œuvre relative à la peste. Le Musée national de Florence renferme des hauts-reliefs " en cire, d'un réalisme saisissant, modelés par G. J. Zambo (1656- 1701). Dans un premier tableau, un homme à moitié nu transporte les cadavres au cimetière, où il les entasse pêle-mêle ; un bandeau, appliqué sur le nez, le met à l’abri des odeurs épouvantables qui s’échappent de ce charnier. Les deux autres tableaux représentent: la putréfaction des cadavres abandonnés en plein air.
On voit encore à la Santé de Marseille un remarquable bas-relief de Puget, représentant saint Charles Borromée pendant la peste de Milan; le saint bénit les pestiférés et implore le Ciel en leur faveur.
( 11 Cf. G. K. Nagler, N eues allgemeines Künstler-Lexicon, XIX, p. 534,1849. ~ Carel van Mander, Le livre des peintres, traduit par H. Hymans, in-4», II, p. 92, 1883.
(2) G. DE L’Erisse, Méthode excellente et fort familière pour gùcvrir la peste et se préserver d’icelle, avec un opuscule contenant l’ordre qtt’oti doit tenir pour désinfecter les villes quand- elles sont infectes et pour éviter que la peste ne fasse progrès en icelles. Grenoble, 1608.
(3; Cf. Nagler, Logo citato, XIV, p. 138.
(4) Un fac-similé se trouve dans P. Lacroix, XVIIP siècle. Institutions, usages, et costumes. France, 1700-1789. Paris, 1878, p. 167.
R. RLAXCHAItn
La peste dans la numismatique irançaise.
Il est peu d’événements historiques dont le souvenir ait été consacré par la numismatique avec autant de fréquence et de variété que ces grandes épidémies de peste qui, pendant de si longs siècles, ont été la terreur de l’Europe. Médailles commémoratives, frappées en action de grâces ou pour perpétuer le souvenir d’événements aussi tragiques, et amulettes préservatrices, devant conjurer le fléau, telles sont les deux formes que revêtent les pièces métalliques dont nous parlons. Pfeiffer et Ruland (1) en ont fait une étude générale très complète, avec d’autant plus de succès que la très grande majorité de ces pièces est d’origine allemande.
'« In memoria dell’ ottenuto ristabilimento délia salute vennero coniate alcune inedaglie cou epigrafi e simboli a quel fatto allusivi. » Ainsi s’exprime Frari (2)-, au sujet de la cessation de l’épidémie de 1631. On connaît en effet, de cette date, une médaille relative à la peste d’Urbino ( Pestilentia , n° 287) et quatre médailles concernant cellede Venise (n os 288-291). Toutefois, ce ne sont point là les premières pièces frappées ou fondues à l’occasion des épidémies de peste; cet usage avait déjà plus d’un siècle d’existence.
C’est, en effet, vers 1527, puis en 1528, 1531, 1338 et 1539 que parurent les célèbres Pestthaler de Wittenberg, en commémoration de l’épidémie qui sévit de 1323 à 1330. Quelques-unes de ces pièces sont d’un grand intérêt artistique ; elles ont été frappées en grand nombre : Pfeiffer et Ruland en décrivent 63 variétés, dont un bon
H) L. Pfeiffer und C. Roland, Pestilentia in nvmmis. Geschichte (1er grossen Vàlkskra/nkheiten in numismatischen Documenten. Ein JieHrag zur Geschichte der Medicin und der Cultur. Tübingen, in-8° de 189 p. avec 2 planches, 1882. — Gét ouvrage contient la description de 500 médailles concernant les diverses épidémies et calamités publiques : famine, inondations, peste, variole (variolisation et vaccine), fièvre jaune, choléra, etc. Les pages 72 ü 123 sont relatives à la peste; on y trouve la description de 164 médailles (n os 220 à 372) dont un grand noihb®e constituent des raretés numismatiques de premier ordre (a).
(a) Dans ce nombre sont comprises les 11 pièces supplémentaires indiquées aux pages 184 et 183.
L. Pfeiffer und t3. Ruland, Die deutschen Peslamulete. Zugleich ein Nachtrag Zur « Pestilentia in nummis. » Dentsches Archiv fur Geschichte der Medicin und medicinische Géographie, VIII, p. 463-497, 1885.
(2) Frari, Loço citato, p. 419, en note.
KOTKR historiques suis la peste
nombre figurent, dans ma collection. Ces pièces, d’ailleurs, n’ont j)}is toutes été fabriquées a Wittenberg; quelques-unes, reconnaissables au dialecte de leurs légendes ou à la marque du chef d’atelier, viennent de Saxe ou de Westphalie.
En 1574, on frappe également à Leyde des médailles commémoratives de la peste {Peslihmtia , n°« 273-276) et c’est seulement en 1576 que cet usage s’établit en Italie, comme le montrent une médaille frappée à Milan (n° 277) et trois médailles frappées à Venise (n°* 278-280).
il est difficile d’ajouter quelque chose d’important aux publications de Pfeiffer et Huland. Ma collection particulière renferme pourtant un certain nombre de médailles, jetons ou amulettes qu'ils n’ont point connus (1), et je sais qu’il en est de même poulies collections de mes deux collègues en numismatique médicale, le J) r Brettauer, de Trieste, et le D l H. Storer, de Newport, R. I; Le temps et l’espace me manquent actuellement pour compléter la série des pièces relatives à la peste. Je veux me borner aujourd’hui adonner la liste des pièces françaises appartenant à cette catégorie. Cette liste est d’ailleurs très courte : tant médailles que jetons et amulettes, elle ne comprend que neuf pièces ou plus: exactement douze pièces, puisqu’un même type (n° 7) comporte quatre variétés ; une seule (n° 4) a été signalée par Pfeiffer et Billaud.
Peste de Valenciennes, 1008.
1°. — Valenciennes délivrée de la peste l’an 4008 *. —Inscription circulaire, en deux lignes, dans un cercle intérieur : consécration
DK L’ÉGLISE LE 4 MAI 1864. j TRANSLATION DES OBJETS SACRÉS LE 5 MAI.
— Vue d’une basilique.
H. — NOTRE DAME DU SAINT CORDON PRIEZ POUR NOUS La
Vierge, assise sur un nuage et accostée de deux anges volants, domine la ville de Valenciennes. Elle tient dans chacune de ses mains un cordon que soutient l’un des anges et qui tombe à terre. Au premier plan, en avant de la ville, un moine est à genoux, dans l’attitude de l’extase; l’un des cordons vient s’attacher à sa ceinture. .
(1) Cf. la courte note La peste et l’art, parue dans lu Chronique médicale, VI, P- 535, 1899. •
U. BLANCHARD
Médaille moderne, en bronze, module 3J. imn . — Mo collection ; collection Bretlauer.
Peste en Champagne, 1631.
2°. — FOÜRNEUAT CURÉ A rc RAY MAIRE. - A. l’exergue : L. COUTANT.
— Façade d’une chapelle.
R. — Souscription | bailly j ouverte pour réparer | la Chapelle Saint Jaques j de Ricey Haute Rive j Fondée apres L’epidemie | de 1631 j 1854. — Inscription en huit lignes sur champ uni.
Médaille en plomb, 53 mm . — Collection Camille Honnet, à Troyes.
Peste de Paris.
3°. — * YRBIS PRÆS1DIVM. — A l’exergue : 1702. — Sainte Geneviève debout, auréolée, tient un cierge de la main droite et une clef de la main gauche. A sa gauche, deux Moutons. Derrière elle, la Seine, puis une vue de Paris avec Notre-Dame.
R. — nec. nos. labor. ISTE. g R av a bit. — La châsse de la sainte est portée en procession et escortée d’une foule nombreuse. Au premier plan, des malades agenouillés ou couchés prient et implorent du secours.
Jeton en argent, 29 mnj . — Collection Brettauer.
Peste de Marseille, 1720-1722.
4°. — lüdovicus xv. d. g. fran et nav. rex. — Sur le bras du buste : du vivier f. — Buste de Louis XV jeune, tête nue, tournée à droite, cheveux longs et bouclés, couronné de laurier, col nu, costume à l’antique avec draperie sous le bras.
R. — salus provinciaru.m. — A l’exergue : pestilkntia coercita 1 m.dcc.xxhi. — Au-dessus de la plinthe à droite : c.n.r. filius (C. N. Roëttiers fils). — Un génie debout, les ailes éployées, drapé'd’une écharpe fleurdelisée, couvre de l’égide de Minerve et du bâton d’Esculape les provinces de Provence, de Dauphiné et de Languedoc, représentées par trois femmes couchées, avec les écussons de leurs armes, dans l’attitude de l’allliction.
Médaille en bronze, 4t raIn . — Ma collection ; collection Bretlauer.
Pestilentia innummis, p. 122, n° 363. — Médailles françaises , p. 219, n° 43.
3°. — h. f. x. de belzunce évê° né en 1671 moût en 1756. — Buste
tourné à gauche, cheveux longs bouclés, petite calotte, rabat et étole portant la croix de Saint-André. Au-dessous : x>. chardigny f.