A LA BAIE JAMES
À peine Radisson était-il de retour dans la colonie, qu'il sonveait à s'élancer de nouveau, vers l'extrême Nord-Ouest. Les tribus inconnues, qui l'habituient et les plages inhospitalières de la Baie C’Hudson l’attiraient invinciblement,.
I dût attendre toutefois, le retour du printemps.
Dans sa dernière expédition, il avait rencontré un parti de Christineaux et en avait reçu des renseignements sur leur pays. Il n'ignorait pas, que la traite avec les nations du Nord, dût rapporter d’inmenses profits. Il y avait là, une véritable mine, dont les riches trésors miroitaient déjà, devant ses yeux.
Aussi, il avait eu la précaution de s'entendre avec
um, M M D
st dd en sé
aén LT ne
son beau frère Desgroseillers, pour ne dévoiler à personne, leur précieux secrêt.
Ils espéraient tous deux, entreprendre l’année suivante, une nouvelle expédition, pour aller receuillir la moisson qni les attendait.
Cependant, les riches fourrures, que les sauvages, qui les avaient accompagnés, venaient d'apporter à Québec, avaient allumé la convoitise du gouverneur et de son entourage. Leur secrêt transpira, par l'indiscrétion, paraitrait 1l, de la sœur de Radisson, épouse de Desgroseillers.
La rumeur en parvint jusqu'aux oreilles du gouverneur, qui fit mander Radisson. Il lui proposa, de lui donner pour compagnons de voyage, deux de ses serviteurs, avec l'entente que les profits de la traite, seraient partagés par moitié.
Radisson, ne se souciait guères, d’avoir des associés. Il n'était pas d'humenr, à céder une aussi large part des bénéfices, qui lui coutaient déjà tant de fatigues. 11 repoussa donc ces offres.
Il sentait bien cependant que le gouverneur, pour s'en venger, pouvait le gêner dans ses entreprises. Il était en effet, le dispensatenr des licences de traite. Ancun voyageur, ne pouvait s'éloigner de la colonie, sans s'être muni de son autorisation.
Le gouverneur en profita. Afin de le contraindre. à prêter une oreille plus attentive à ses propositions, il lui fit défense d'entreprendre aucun voyage.
Pour le fléchir, Radisson fit intervenir les Révérends Pères Jésuites. Ils firent une tentative en sa faveur. Le gouverneur refusa de lâcher sa proie.
Ilest bon de noter ici, le beau témoignage que notre découvreur, rend au zèle de ces saints missionnaires. Il vient d’un homme, qui avait été témoin de leur dévoûüment et qui les avait vus à l'œuvre dans leurs lointaines missions.
‘ Leur seul désir, dit-il, est l'agrandissement du ro- ‘‘yaume de Dieu, Ils font preuve d'une charité vraiment admirable, envers tous ceux qui travaillent et
‘qui, par leur conduite honnête, se montrent dignes ‘* d'être aidés. Ceci est la pure vérité. C'est la réponse
‘‘que je fais, à tous ceux, qui voudraient jamais préten-
Res Te
‘“dre le contraire. Je parle ici, avec connaissance de ‘{ cause.”
Au printemps, deux missionnaires partirent pour le Nord. Ils se proposaient, dit Radisson, de se rendre à la mer du Nord, en remontant le Saguenay, mais ils rencontrèrent de telles difficultés, qu'ils furent contraints de rebrousser chemin. |
Radisson, semble indiquer ici, l'expédition, entreprise en 1661, par les RR. Pères Dablon et Druillètes et dont faisaient partie, Michel Leneuf de la Vallière, Denis Guyon, Desprès Couture et François Pelletier.
Il ne savait trop, que faire, en face àes défenses formelles du gouverneur, lorsqu'arrivèrent, au mois d'août (1661) sept bateaux, conduits par des sauvages de l'Ouest. Comme ils avaient déjà eu des rapports avec lui, ils l'inviterent à les suivre. Ne pouvant plus y tenir, il résolut de braver le gouverneur et de partir quand nièême.
li fut donc décidé par Desgroseillers et Radisson qu'ils accompagneraient les sauvages, et s'éloigneraient clandestinement avec eux, afin de tromper la surveillance du gouverneur.
Ils donnèrent rendez-vous, à leurs compagnons, sur le lac St. Pierre, à 6 lieues de Trois-Rivieres.
Les sauvages, devaient se tenir cachés, dans des hautes herbes, sur le bord du lac, à un endroit canvenu, et attendre leur arrivée,
Desgroseillers, était à cette époque, capitaine à Trois-Rivieres et comme tel, il était en charge des clefs du fort.
Ils quittèrent le fort, vers minuit. La sentinelle qui montait la garde ce soir là, en voyint son capitaine, les laissa passer et leur souhaita un bon voyage.
Us étaient trois; Radisson, Desgroseillers eb un nommé François LaRivière.
Impatientés de leur retard, les sauvages avaient fini par quitter leur retraite. Nos voyageurs les rejoignirent à trois lieues du Fort Richelieu.
Ce pauvre LaRivière, n'alla pas loin dans cette expédition. Quelques jours après leur départ, ayant aperçu plusieurs canots Iroquois, ils se cachèrent dans un bois, et partirent pendant la nuit.
Lakivière, qui était peu habitué aux fatigues de tels
ce de
our le endre ais ils
con-
entrellètes lière, ler.
28 for'mois \vages pports t plus partir
disson raient ‘illan-
S, sur
s des ‘anve-
ine à s des
le qui e, les
st un
it fini igni-
exayant dans
e tels
ss 29
voyages, dor. sait profondément lors du départ de ses compagnons. Ces derniers ne s'apperçurent pas de son absence. Il ne se réveilla que le lendemain. Il erra pendant 14 jours, se mourant de faim. Des sauvages amis, le receuillirent et l’amenèrent à Trois-Rivières, où le gouverneur le constitua prisonnier, Les habitants lui rendirent sa liberté.
Nos découvreurs, rencontrèrent quelques jours après sept bateaux d'Octanacs, qui se rendaient eux aussi, au lac Supérieur. [ls ne pouvaient venir plus à propus. Ce renfort leur fut d’un grand secours. Il s'agissait en effet, pour eux, de briser la ligne d’Iroquois, qui rayonnaient tout autour de la colonie, et interceptaient partout les passages.
A cette époque, il était impossible de s’aventurer sur le St. Laurent, sans avoir maille à partir avec eux. Ils surgissaient de tous côtés, comme par enchantement, guettant le premier venu, pour lui courir dessus. Il ne se passait pas de Jour, sans que nos découvreurs apper-çussent quelques canots ennemis, silonnant le fleuve ou se hâtant de se porter sur la rive, pour les attendre au passage.
Afin de se protéger contre leurs traits, nos voyageurs avaient rangé, sur les bords de leurs canots, des peaux de castor, en guise de rempart. De temps à autres, lorsque les Iroquois se concentraient en forces trop considérables, il leur fallait débarquer, près du premier bois venu, se fortitier le mieux possible et sou tenir un siége qui durait quelquefois, plusieurs jours.
Ces petits engagements étaient souvent, assez meurtriers. C’est ainsi, que dans l’un d'eux, les Troquois, laissèrent 16 morts sur la plage.
Chaque fois, qu'un [roquois tombait entre leurs mains, les Octanacs s'empressaient de le dépécer et de faire bouillir sa chair, pour la dévorer avec un appétit féroce, En passant près de la chute Niagara, ils eurent la curiosité, à l'instar des touristes modernes, d'aller visiter les cavernes qui se trouvent sous la chute. Ils traversèrent le lac Erié, que Radisson appelle ‘lac des Castors”’ et remonterent la rivière Ste. Claire à laquelle Radisson donne le nom de ‘‘ Sorciers ”. Parvenu au lac Supérieur, il nous apprend, qu'ils purent