‹ Notes historiques sur le culte de la sainte Vierge dans le diocèse de LimogesChapitre 8 sur 9 · PRIÈRE A LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

PRIÈRE A LA SAINTE VIERGE

Regina celi aima ,

Tocius orbis Domina ,

Virgo humilis et pia , .

E.sto michi propicia.

Tuum immortalem sponsum ,

Spiritu Sancto conceptum ,

Genuisti Jesum Christum ,

Cujus saiictissima membra Aluistiif ô Domina ,

Tua carne mundissima.

O ! quam es admirabilis ,

Pulcra es , laudabilis ,

Que portasti in uterum ,

Regem ccii et Dominum I

(1) Extrait des arcliivcs de la préfecture, registre manuscrit des Statuts de la confrérie, des Pauvret à vêtir et des chaises (de la cofreria deut poutres vistir et de la chieyras ) , rédigés en 1395. — Celte prière se trouve écrite sans ordre entre une prière adressée à N.-S. Jésus-Christ et une antre adressée à l ange gardien. Toutes les trois précèdent les statuts.

Tu CS enim Virgo tola ,

Et post Piliutn intacla.

MuUis plagis sauciatus ,

Ad le fugio, Domina ,

Quia tu es racdicina Que cuncta sanas vulnera.

Conceplus sum in delictis , El nutritus in peccatis , Omnibusquo reus membris , Et imundus mullis modis , In vinclis orrende morlis, Absolve me, impecatrix.

Exlremurn diem metuo ,

Et in imum expavesco ; Suspiro corde intime,

Quia morti adproprio Quam fugere non valeo.

Infelix, quid sum diclurus , In extrema mortis hora, Quando erunt manifesta Mei cordis abscondita?

Tune loquentur piacula Que modo sunt quasi muta.

Heu michi miserimo!

Quo fugio tanta mala ?

Recessit delectacio,

Et rcmansit contricio.

Scd tu , Virgo gloriosa ,

Que, post Christum, es spes sola Et consolacio niaxima ,

Aufer a me piacula ;

Etenim , morti subdita ,

Tua sancta clemencia ,

Tuum exora Filium Utrenovet corpus meum ; Purificet et cor meum ,

Tantis plagis vulneratum.

Amen !

Traduction.

Reine du Ciel, bienfaisante Souveraine de l’univers. Vierge humble et pieuse, soyez-moi propice.

Vous avez miraculeusement conçu de l’Esprit-Saint , et vous avez enfanté votre immortel époux Jésus-Christ , dont vos mamelles virginales ont nourri le corps adorable , ô ma Souveraine.

Oh I que vous êtes admirable et belle , et digne de toutes louanges , vous qui avez eu l’honneur de porter dans vos chastes flancs le Roi du Ciel votre Dieu !

Oui, vous ôtes complètement pure et vierge encore après avoir enfanté Jésus. Aussi , ma Souveraine , je me

réfugie près de vous , moi couvert de tant de plaies hideuses ; n’aVez-vous pas le privilège de guérir toutes les blessures ?

Je fus conçu dans l’iniquité et nourri dans le péché|; •tous mes organes ont été des instruments d’offense; je me suis même souillé de mille manières , et tout cela mérite l’inévitable châtiment qu’apporte la mort, dont j’ai horreur. O vous qui n’avez pas péché , obtenez mon pardon !

La pensée du dernier jour m’épouvante. Mes entrailles frémissent douloureusement , et mon âme gémit, parce que la mort approche , et que je ne puis la fuir.

Malheureux que je suis ! qu’aurai-je donc h dire â cette dernière heure? Alors les plus secrets replis de mon cœur seront â nu ; alors tant de fautes que j’oublie moi-méme parleront pour m’accuser.

Hélas! infortuné, quel lieu pourrait me soustraire aux terribles châtiments de Dieu? Les vains plaisire du monde se seront évanouis comme des ombres ; il n’en restera que le repentir.

Vous du moins , Vierge glorieuse , vous qui , après le sauveur Jésus-Christ, êtes notre seule espérance et notre ferme consolation , purifiez-moi, et ne me laissez pas en proie h la corruption du tombeau; je vous en conjure par votre clémence ineffable. Suppliez votre Fils de ressusciter mon corps , et qu’il daigne aussi purifier ma pauvre âme , que tant de tristes blessures rendraient hideuse h ses yeux.

Ainsi soit-il !

Page 1