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DEUXIÈME PARTIE

L'inventaire de M. Le Carpentier, qui nous fait connaître dans son entier le premier de ces deux fonds , comprend quatre cahiers; le premier fut présenté aux administrateurs du district de Rouen , le 17 prairial an III de la République La commission temporaire des arts , adjointe au Comité d'instruction publique, à laquelle ils le transmirent, s'en montra satisfaite, et , dans sa séance du 25 pluviôse an III , elle demanda qu'il fût fait mention au procès-verbal de la clarté du catalogue et de l'intelligence du commissaire-artiste. Peu de temps après , M Le Carpentier fut en mesure de présenter les trois autres cahiers ; ils sont beaucoup moins soignés que le premier ; les provenances n'y sont plus aussi souvent déterminées, et, parfois, le même tableau y est désigné sous trois numéros différents Quoiqu'il en soit , ce catalogue, supérieur à tout ce qui a été fait depuis, est un document intéressant, puisqu'il nous permet de dresser la statistique des tableaux existants, avant 1789 . dans les communautés religieuses du district de Rouen , soit par rapport aux auteurs , soit par rapport aux lieux d'où ils proviennent II serait trop ong et trop difficile de l'examiner au premier point de vue ; je me bornerai à cette remarque générale , qu'on n'y peut signaler qu'un très petit nombre de tableaux des écoles étrangères , aucun non plus de Le Brun , Lesueur et Poussin. Mais Philippe de Champagne , Lahire . de Troy , Bourdon , et nos compatriotes Daniel Halle , Sacquespée, Le Tellier, Jouvenet, Dudot , Restout , Deshays , Lemonnier , y étaient représentés par des œuvres nombreuses ou capitales,

La Cathédrale de Rouen avait fourni au Musée bon nombre de statues et des sculptures , entr'autres les tombeaux du sénéchal de Brézé et des cardinaux d'Amboisc , les bas -reliefs des autels du jubé, en outre 11 tableaux , à savoir :

La Naissance de J.-C. dePh. de Champagne, 10 pieds 9 pouces sur 6 pieds 10 pouces (1), n<>64, catalogue Le Carpentier.

Les Adieux de Paul et de Silas allant au martyre , de Le Tellier, n° 65, catalogue Le Carpentier ; n° 105, catalogue 1846.

Le Christ mort , étendu sur un linceul, la Madeleine à ses pieds , de Bourdon.

L'Assomption de Dudot 5 pieds 11 pouces sur 4 pieds, n° 68, catalogue Le Carpentier. « Tableau peint sur toile . d'un faire large et moelleux , attaché sur un parquet de chesne , assez bien conservé. » Note de Le Carpentier.

Le Nunc dimittis , de Detroy le fils , n° 73 , catalogue Le Carpentier, n° 161 , catalogue 1846

L'Ascension, de Blanchard, 8 pieds 8 pouces sur 5 pieds 6 pouces, n° 74 , catalogue Le Carpentier.

Une Vierge tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux , de Lahire , 4 pieds 10 pouces sur 3 pieds , n° 89 , catalogue Le Carpentier.

Saint Jean assis sur une pierre , d'Annibal Carrache . iv 103 , catalogue Le Carpentier. « Ce tableau , sur toile , a beaucoup souffert, et est très repeint.» Note de Le Carpentier.

Le Baptême de Jésus, de Sacquespée , 6 pieds 3 pouces sur 5 pieds 9 pouces, n° 104 , catalogue Le Carpentier.

(1) Dans l'indication des dimensions, la première mesure désigne !a hauteur et la seconde la largeur.

La Vue de la Ville et du Port de Rouen , de Léger , 4 pieds sur 9 pieds 7 pouces, n° 514 , catalog. Le Carpentier.

Une Vue de Paris, prise du Pont-Neuf, du même.

Le premier de ces tableaux fut fait et livré en l'année 1644 et payé à son auteur 650 liv. , par la confrérie de N.-D. établie à la cathédrale de Rouen Voici , du reste , l'extrait de compte (1) qui y est relatif et que j'ai transcrit avec le même plaisir que l'acte de naissance d'un homme célèbre :

« Payé au sieur Champagne, maître peintre à Paris , qui a fait le tableau qui est enchâssé dans le contre-autel de la chapelle de la Vierge , contenant l'histoire de la Nativité de N.-S. , suivant sa missive , en forme de quittance , la somme de six cent cinquante liv. , cy . . . vrc L lb

Pour la quesse et toile où le tableau a esté apporté , cinq livres , cy v 11

Pour la voiture et port de lettres v 1. x s.

Plus , a esté envoyé six boettes d'escorce de citron à monsieur Joly , chanoine , en action de grâces de la peine qu'il a prise pour la conduite du tableau et lettres qu'il a escriptes , les dictes, six boettes pesant six livres à trente sols la livre , valent rx 1.

Payé à un peintre de Rouen, qui a passé le pinceau sur une partie de la toile du tableau qui n'estoit peinte t quarante sols , cy . h lb. »

Cette toile magnifique fut réclamée par la fabrique de la Cathédrale , et lui fut accordée par le préfet en l'an XI , à condition de la réintégrer à son ancienne place , c'est-àdire dans cette riche contrectable , qui ne fit pas autrefois moins d'honneur au talent du sculpteur Jean Racine , que le tableau n'en avait fait au génie de Ph. de Champagne ;

(1) Arch. dép. Compte de la confrérie N.-D. ( fonds du Chapitre),

à condition , en outre , de veiller à ce qu'il ne fut endommagé ni par l'humidité , ni par les flambeaux de l'autel ; l'ingénieur en chef fut même chargé de faire opérer le placement sous ses yeux.

Le tableau de Le Tellier, les Adieux de Paul et de Silas , est de l'année 1680 , comme l'indique la signature. C'est peut-être celui qui fut commandé par la fabrique pour la chapelle de la sainte Vierge , à la Cathédrale , et payé 67 1. 10 s. (1). « Ce tableau a été peint à Rome et c'est , sans contredit , un des plus beaux de ce maître. Il est du meilleur style et digne de l'école d'Italie. » Note de Le Carpentier

C'est peut-être à lWssomption de Dudot que se rapporte l'article suivant du compte de 1655 : « A René Dudot, pour un tableau à la sacristie , 60 1 » (2).

Ces mêmes comptes nous apprennent que Jean de Saint- Igny, dont Adrien Pasquier et Guilbert placent, on ne sait pourquoi , la mort en 1630, exécutait, en 1639 , des peintures à la chapelle de la Vierge. C'est donc postérieurement à celte date qu'il faut rechercher l'époque de la mort de cet artiste rouennais . que M. Ph. de Chennevières-Pointel , dans un savant et élégant ouvrage , a fait connaître au public (3).

Quant à l'époque de la naissance de Saint-lgny , je ne saurais la préciser ; les registres de compte de la

(1) Arch. départ. Compte de la fabrique de la Cathédrale.

(2) René Dudot fut reçu maître du métier de peinture , en la ville de Rouen , le ?5 mai 16)3, en vertu de lettres de monseigneur le duc d'Orléans, en faveur de l'heureuse naissance du dnc de Valois. Voir le registre de maîtrise aux archives du Palais de Justice de Rouen.

(3) Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux de l'ancienne France , t. I , p. 163.

confrérie de la Résurrection (1) nous le montrent payant xxx s comme apprenti peintre, en 1614. Il est donc présumable qu'il naquit dans les dernières années du xvie siècle. De plus , nous devons conclure qu'il n'était point fils de peintre , puisque , d'après les statuts , tout fils de peintre n'était tenu de payer à la confrérie qu'une somme de xv s pour son apprentissage. Jean de Sainl-Igny était , en 1635 , maître de la confrérie de S. -Luc, fondée par les peintres-sculpteurs à S.-Herbland de Rouen (2).

L'Archevêché fournit au Musée 9 tableaux de Hubert Robert , à savoir : les Vues du Havre , de Dieppe , de Rouen, du Château-Gaillon , et de la Roche-Guyon ( tous de 9 pieds 6 pouces sur 12 pieds 8 pouces , n° 30 , 33 , 34 , 35 , 36 , catalogue Le Carpentier ) ; quatre paysages représentant des ruines d'Italie , 3 pieds 3 pouces sur 4 pieds 3 pouces ; une Chute d'eau à travers les rochers , 3 pieds 3 pouces sur 4 pieds 9 pouces ; un Port de mer au soleil levant , 3 pieds 3 pouces sur 4 pieds 7 pouces ; un Escalier et un Obélisque , 3 pieds 3 pouces sur 4 pieds 9 pouces (n03 137, 138, 139 , 140) , catalogue Le Carpentier. « Ces quatre tableaux étaient placés dans la salle de l'évêché , où ils servoient d'attiques. » Presque tous ont été restitués à l'Archevêché , en l'an X , sur la réclamation du peintre lui-même.

L'Ascension de N.-S. , de Jouvenet ( n° 129 , catalogue Le Carpentier, n° 119, catalogue 1846), provient du Chapitre de la Cathédrale , auquel M de La Roque-Hue,

(1) Archives départem. Fonds de la Madeleine.

(2) Voyez les statuts des peintres-sculpteurs, etc., donnés par M. le bailly de Rouen , le 22 de novembre 1507. De l'imprimerie de Ch.-P. Cabut. M. DCC XV. Rare livret , dont je dois la communication à l'obligeance de M. André Pottier.

haut-doyen , l'avait donné en 1725 1). Ce boa u tableau ornait primitivement la chambre de ce généreux chanoine. M. l'abbé Langlois, dans ses Recherches sur les Bibliothèques des Archevêques et du Chapitre de Rouen , a indiqué les portraits dont était ornée la bibliothèque capitulaire i 2 . Les plus remarquables étaient ceux du cardinal d'Amboise ( 2 pieds sur 1 pied 7 pouces ; tableau fort ancien , et que Le Carpentier croyait avoir été fait en Italie , du vivant du prélat, n° 569 . catalogue Le Carpentier) ; de Robert de Croixmare , offert au xvme siècle , par un membre de sa famille ; du cardinal de La Rochefoucauld , par Drouais ; le portrait de M. de Seraucourt qui figure aujourd'hui au Musée sous le n° 92 , et deux autres qu'on ne saurait trop regretter; les portraits de MM Acarie et Jean Le Prévost ,

(1) On tit au bas du tableau la signature du peintre J. Jouvenet, 1716, et ces mots : « Ex dono D. D. de La Roque-Hue , canonici et clecani tcclesie Rothomagensis , anno 1725. » On lit dans les statuts de la confrérie Saint-Luc :

« Jean Jouvenet l'aîné , pensionnaire de Sa Majesté , reçu peintre à Rouen , le 21 janvier 16J8 » , et dans les registres des maîtrises , année 1658.

« 26 Janvier. Gardes alors, Laurent Jouvenet , Pierre Allais , Jean Racine et Pierre Busquet. Après qu'il nous a été attesté par maistres Laurent Jouvenet , Pierre Allais, maîtres et gardes année présente de l'art de paintre-sculpteur, que Jean Jouvenet était fils de niaistre-sculpteur et suffisant pour estre reçeu maistre dudit mestier ; en conséquence, et du consentement du procureur du roy en ce bailliage , nous a*ons, ledit Jouvenet, juré et reçeu dudit art de paintre-sculpteur en cette ville de Rouen pour , par luy , en jouir bien et comme maistre dudit art.

Dudit jour Noël Jouvenet, aussi fils de maistre , a été juré et reçeu maistre dudit mestier de paintre-sculpteur en cette ville de Rouen. »

Cette note est importante pour fixer l'époque des débuts de notre célèbre compatriote.

(2) NOS460, 463, 567 , 569 (catalogue Le Carpentier ) .

faits l'un et l'autre en 1649, par Vander Borcht ou Vandrebosc , peintre d'origine flamande, naturalisé rouennais (1).

L'église de l'abbaye de Saint- Amand était remarquable par les tableaux qu'ell • renfermait (/étaient l'Education de la Vierge , de Laurent de La Hire ( n° 55 , catalogue Le Carpentier). «Sainte Anne, assise sur ie milieu du tableau , est occupée à faire lire la Vierge encore enfant ; derrière elle et un peu plus haut , on aperçoit Joachim debout près d'un obélisque ; plusieurs anges portés sur de très beaux nuages sont occupés à former une guirlande de fleurs, dont deux anges debout, sur le devant du tableau, terminent l'extrémité. Les figures sont de grandeur naturelle. 10 pieds sur 7 pieds. Ce tableau est sur toile et de forme ceint rée II offre une scène charmante , tout y est gracieux et d'une touche large et moelleuse ; un beau fond de ciel , des nuages d'une belle forme concourent à en faire une composition fort ingénieuse. »N° 179, catalogue 1834, accordé, le 6 mars 1838, à l'Asile des aliénés.

La Circoncision, de Bassan (2). « Le Grand Prêtre est monté sur plusieurs degrés ; l'enfant sur un autel ; il est accompagné de lévites; la Vierge, à gmoux, à côté de lui ; sur le devant une jeune figure de femme vue de profil et à genoux. De l'autre côté, plusieurs figures d'hommes dont un appuyé sur une cage sur laquelle sont un coq et un canard, un panier d'œufs et deux pigeons sur les bords du tableau ; un fond d'architecture termine cette composition , 8 pieds 8 pouces sur 5 pieds 3 pouces. » N 81 , catalogue

(1) Voyez Registre de comptes de la fabrique de la Cathédrale , aux archives départementales.

François Vandrebosc fut élu garde de l'art de peintre-sculpteur, le 26 janvier 1647. Voyez registre des maîtrises.

(2) Plus tard, on a considéré ce tableau comme n'étant qu'une copie. Je rapporte les indications de Le Carpeutier, sans en garantir l'exactitude.

Le Garpentier ; nG 17 , catalogue 1834. Accordé le 6 mars 1838, à l'Asile des aliénés.

Saint François en extase , d'Annibal Carrache (n° 50 , catalogue Le Garpentier (1) ; n° 314, catalogue 184-6).

Enfin , le tableau désigné sous le n° 252 du catalogue de 1846 (n° 48, catalogue Le Garpentier ), représentant une Vierge tenant l'enfant Jésus , portée sur des nuages au milieu d'un ciel d'azur semé de têtes d'anges. Comme ce dernier tableau ressemble , d'une manière frappante, à la Madone Saint-Sixte de la galerie de Dresde, on l'a , pendant longtemps, attribué à Raphaël. L'auteur du catalogue de 1834 a cru , selon ses propres termes , trouver dans son origine la preuve évidente de son originalité. D'après des Mémoires, qu'il eût été prudent de citer et qu'on ne cite pas, cette toile aurait été apportée à Rouen du vivant même de Raphaël, en 1515, et aurait été commandée en 1513, par le cardinal d'Amboise, archevêque de Rouen. Il semble assez naturel de supposer que ce prélat, qui avait, comme son oncle, un goût prononcé pour les arts, ait honoré d'une pareille faveur cette illustre abbaye, que tous les archevêques visitaient en prenant possession de leur dignité , et où leur corps était déposé quelque temps, après leur mort. L'existence, dans l'église de l'abbaye , de tableaux deRassan et de Carrache donne d'ailleurs lieu de penser qu'un chef-d'œuvre encore plus précieux de l'art italien a pu y être apporté et survivre au pillage des Huguenots. Je doute cependant que ces raisons satisfassent pleinement. Il nous faut convenir que les religieuses ne se doutaient aucunement de l'origine glorieuse attribuée à leur tableau ; elles auraient ainsi oublié également et l'auteur et le donateur. M. Le Garpentier, qui

(1) Le Garpentier l'attribuait ;i Michel-Ange de Caravage.

était à portée de consulter la tradition sur ce point, se contente d'indiquer un maître inconnu de l'école de Lombardie. D'autre part , voici ce qu'on trouve dans un inventaire des titres de Saint-Amand (1) , fait avec un soin tout particulier par le P. Guillaume Austin , supérieur de la maison de Saint-Antoine et directeur de cette abbaye : « Ce fut la mesme abbesse (Léonor de Souvré) qui feist faire les contretables des deux chapelles avec les tableaux qui sont d'une assez bonne main, représentant , celui qui est à droite , une Assomption avec saint Amand et sainte Barbe ; et celui qui est à gauche , sainte Anne qui enseigne à la sainte Vierge. Ce fut en Ifi.. et tant, mais c'a esté l'abbesse Madeleine de Souvré qui a fait dorer les dictes contretables en 1676. » Le second tableau signalé par Guillaume Austin n'est autre que le tableau de La Hire ; il dut être fait entre 1651 , année de la nomination de l'abbesse Eléonore, et 1656 , année de la mort du peintre. On devrait rapporter la date du premier entre 1651 et 1672, année de la mort de notre abbesse, si toutefois le témoignage du P. Austin, confirmé par celui de l'Histoire de Rouen (édit. du Souillet) , paraît suffisant pour rejeter une opinion accréditée depuis une trentaine d'années, mais bien affaiblie aujourd'hui. J'avoue qu'il ne me semble point à dédaigner , d'autant mieux que ce religieux composait son inventaire vingt-cinq ans après la mort d'Éléonore de Souvré , et ne fit sans doute que consigner un renseignement fourni par les titres ou par les anciennes sœurs de la communauté.

S'il y a eu doute sur l'origine de ce tableau , il n'y en a pas eu moins sur les deux personnages qui sont à genoux aux pieds de la Vierge. On ne peut croire que ce soit sans

(I) Archives départ. Fonds de Saint-Amand.

motif que le peintre ait mis un évêque au lieu du pape qui figure dans le tableau de la galerie de Dresde. L'auteur du catalogue inséré dans le rapport des travaux du département du mois de novembre 1792 au 1er brumaire an IV considère ces deux figures comme représentant saint Guillaume et sainte Catherine ; il est plus sûr d'y voir, avec Guillaume Austin , saint Amand et sainte Barbe, puisque saint Amand était le patron de l'abbaye et que sainte Barbe est clairement désignée par son emblème ordinaire.

Inconnu. Un Christ mort en croix, 13 pieds sur 9 pieds 9 pouces , n° 195, catalogue Le Carpentier.

Paroisse Saint-Amand. — Le Tellier. Annonciation, 4 pieds 2 pouces sur 4 pieds 3 pouces , n° 152 , catalogue Le Carpentier «rentoilé depuis peu en bon état, très finy et d'une perspective admirable. » Accordé à la Cathédrale

Idem. Purification ; anciennement de forme cintrée , n° 152, catalogue Le Carpentier; n° 107, catalogue 1846. Le nom de Le Tellier reparaît fréquemment dans le catalogue de Le Carpentier ; le nombre de ses productions atteste à la fois sa vogue et sa fécondité. Malheureusement, on n'a que fort peu de détails sur sa vie; je me fais un devoir d'en ajouter quelques-uns à ceux que M de Chennevières a réunis dans sa biographie. On voit par les registres de maîtrises qu'il fut reçu maître du métier de peintre, en la ville de Rouen, le 9 janvier 1654, en vertu de lettres obtenues de Sa Majesté le 7 juin 1653, en faveur de la joyeuse et première entrée faite par le roi en sa province de Normandie. Ce peintre arrivait sans doute de Rome, où il reçut les leçons de l'illustre Poussin, dont il était peut-être le parent. En 1664, il fut élu garde du métier de peintre-sculpteur avec Louis Retour 7

en compagnie de Le Pilleur et de Nicolas Gugu, gardes anciens. En 1656 (le 26 janvier), un nommé Jacques Le Tellier avait été juré-apprenti sous Nicolas Gouet (1),

Saint-André de la Porte-aux-Fèvres. — J.-B. Deshays. Le martyre de saint André ( n° 164 , catalogue 1846) ; n° 27 , catalogue Le Carpentier. « Ce tableau peut être regardé comme le chef-d'œuvre de ce peintre , qui le fit pour l'honneur de sa patrie, à son retour de Rome; il fut agréé à l'Académie sur ce morceau, qui lui méritera toujours une place parmi les artistes célèbres de la France. Il est d'une grande force de couleur , d'un dessin mâle et du faire le plus facile et le plus large, en même temps bien conservé. »

J.-B. Deshays. La Flagellation de saint André ( n° 150 , catalogue de 1846 ) ; n° 28 , catalogue Le Carpentier.

Idem. Saint André mis au tombeau , n° 29 , catalogue Le Carpentier. Aujourd'hui à Saint-Nicaise. — Le premier de ces tableaux fut commandé pour prix de 1 ,000 liv , du consentement de la fabrique , par le curé et par M. Marye , trésorier. Il devait servir d'ornement à la contretable faite par le sieur de France , architecte , pour l'établissement de laquelle on avait démoli les meneaux , vitreries et autres ornements gothiques. Ces tableaux de saint André , qui sont au nombre des chefsd'œuvre de Deshays , firent , il nous l'apprend lui-même , une partie de sa réputation à Paris, et lui valurent le nom de peintre de saint André. Comme Deshays est encore un Rouennais , je crois qu'on verra avec plaisir les deux lettres suivantes , relatives à ces tableaux , dont deux figurent aujourd'hui dans le Musée de celte ville :

(1) Archives du Palais-de-Justice, reg. des maîtrises.

A Monsieur , Monsieur Marye , maire de ville , demeurant rue du Gros-Orloge , à Rouen.

Monsieur ,

En arrivant de campagne, j'ay l'honneur de vous informer de la réception de l'argent que vous m'avez fait toucher à Paris. On ne peut rien de plus obligeant que la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrîre. Je suis charmé que le second tableau de S. André aye eu votre approbation. Je vous avoue naturellement que jétoits inquiet de son suxès à Rouen , n'en attendant pas parlé ; mon père pourtant m'en écrivit ; mais vous sçavez que nos parents sont toujours portés à nous flater. L'on m'acuse de mettre écarté de la mesure ; il ni a rien de plus facile de si renfermer , puis ce qu'il ne dépent que de la hauteur. L'on peut totalement le priver de la gloire qui n'est qu'accessoire au sujet, et qui n'a esté mise que pour remplir une forme très incrate. J'ay appris aussi par monsieur Couture que ces tableaux estoit afreu sèment éclairez : cela n'encourage pas un artiste ; il est fâcheux que vous ne vous intéressez pas plus à l'église de Saint- André. Vous leur procureiiez les moyens de faire brier la dépense que fonts messieurs vos frères sûrement en serois charmé , et moy, Monsieur, qui conoît votre goûx pour les arts vous en auroit toute l'obligation, estant avec tout le respect posible, Monsieur , votre très humble et très ob. serv. Deshays.

Ce 3 sept, 1760.

Le même au même.

Monsieur , je vous faits mille remercîments des soins que vous avez prie pour me faire payer de Mrs les trésoriers. J'ai esté recevoir l'argent samedi comme la lettre de change le portoit ; je suis charmé que vous soyez géné-

ralement satisfaits des tableaux que j'ay faits pour Saint- André ; il onts faits une partie de ma réputation a Paris , et monts aquis le nom de paintre de Saint-Andrée.

J'aurais prie la liberté de vous écrire dans le courant de l'année , si je nus conté avoir l'honneur de vous voir à Rouen. Je profite de cette occasion pour vous assurer de la plus parfaite reconnaissance avec laquelle j'ay l'honneur d'être , Monsieur, v. t. h. et t. ob. serv. Deshays*

Ce 2 décembre 1761 (1),

Annonciades. — Deshays. Sainte Jeanne , à genoux devant un autel , n° 117, catalogue Le Carpentier; n° 153, catalogue 1846.

Grands- Augustïns . —■ Le Tellier. Le Repos de la sainte Famille, n° lit , catalogue 1846 ; n° 157, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau , peint sur toile , d'un style très savant et d'un dessin pur , est en tout digne du Poussin dont il était l'élève et le neveu ; c'est un de ses plus beaux ouvrages Bien conservé. » Ce tableau porte pour signature: P, Le Tellier inv. et pinx., 1658. Quelques lignes inscrites sur le tableau indiquent qu'il fut donné à l'église des Augustins par noble homme Antoine de La Mare , seigneur de Chesnavarin , conseiller à la ( hambre des comptes de Normandie , en 1658.

Adrien Sacquespée Saint Mathurin exorcisant une impératrice romaine , 8 pieds sur 10 pieds 2 pouces , nc 23 , catalogue Le Carpentier. « Ce tableau a été restauré fort bien , et est en bon état ; il tient en général du genre de Lesueur. Ce maître , qui a passé la plus grande partie

(!) Archives départ. Fonds de Saint-André de la Portc-aux- Fèvres.

de sa vie à Rouen , y a laissé , ainsi que dans les environs , beaucoup d'ouvrages qui lui font honneur; il était facile, mais sa couleur, en général , tire sur le rouge. Ce maître est inconnu à Paris » Accordé à l'église Saint-Ouen , 4 novembre 1807.

Idem. Martyre de saint Adrien, nJ 156, catalogue Le Carpentier. « Saint Adrien , assis entre les mains de plusieurs bourreaux , a une jambe posée sur une enclume ; un bourreau , la hache à la main, est prêt de la lui couper. Sa femme, à genoux à côté de lui , l'encourage à souffrir le martyre. Ce tableau , sur toile , a du mérite , et tient beaucoup de l'école de Vouet , dont cet artiste paraît avoir été l'élève. Il s'est peint lui-même enveloppé d'un manteau rouge. » Accordé à l'église Saint-Nicaise , le 6 novembre 1838. Ce tableau porte 1 mètre 48 centimètres sur 1 mètre 8 centimètres.

Adrien Sacquespée n'est guère mieux connu que Le Tellier. Il était fils d'Isaac Sacquespée, peintre nommé dans les registres de la confrérie de S.-Maur. Il fut reçu maître du métier de peinture , en la ville de Rouen , la même année que son compatriote Le Tellier, en 1654. Il ne dut point faire à Rouen son apprentissage , puisque la réception eut lieu en vertu de lettres obtenues du duc d'Orléans , oncle du roi , le 15 novembre 1653 , en faveur du litre acquis à monseigneur le duc de Valois. Je croirais donc, contrairement à l'opinion de M. Ph. deChennevières, qu'il fit ses études à Paris , où deux de ses tableaux ornent présentement une église. Il fut élu garde du métier, en 1660 et 1671 Pierre Sacquespée , maître de la confrérie de S. -Luc en 1705 , était sans doute son fils.

Ecole de Vouet. Saint Roch , saint Sébastien et saint Adrien, 5 pieds sur 4 pieds, n° 439 , catalogue Le Carpentier « Fort joli tableau d'un charmant pinceau. »

Ecole française. Saint Roch , peint sur bois, 4 pieds 10

pouces sur 1 pied 7 pouces , n° 439 , catalogue Le Carpentier.

J. Restout. Présentation. Tableau placé à l'autel principal des Augustins , et peint sur toile , en 1732 , n° 8 , catalogue Le Carpentier; n° 106 , catalogue 1846

Belle fonds {Prieuré de). — Monestier. Assomption, 8 pieds sur 5 pieds , n° 59, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau , peint à Rome , en 1678, est d'un maître peu connu ; il y a du mérite , et cet artiste a paru s'être attaché à l'étude des ouvrages de Raphaël. »

Le Tellier. Saint Benoît et sainte Scolastique avec beaucoup de religieux et de religieuses de son ordre , rangés sur deux lignes, une gloire d'anges portant des couronnes. La foudre brille dans les airs , 6 pieds sur 4 pieds , n° 419, catalogue Le Carpentier.

Deshays. Assomption , 12 pieds 7 pouces sur 6 pieds 8 pouces , n° 39 , catalogue Le Carpentier. Ce tableau fut payé 600 liv. comme on le voit par la quittance suivante : « Je reconnois avoir reçu la somme de six cents liv. , de madame de Belfonts, pour un tableau que je luy ay fait. Ce dix-neuf octobre mil septs cents cinquantehuite. D.-C Deshays. »

Inconnu. Saint Benoît donnant la règle à des religieux et à des religieuses de son ordre , rangés sur deux lignes , 6 pieds 8 pouces sur 5 pieds 7 pouces, n° 199 t catalogue Le Carpentier.

Inconnu. Ecole française. Saint Benoît debout avec deux religieux de son ordre , 4 pieds 3 pouces sur 2 pieds 3 pouces, n° 373 , catalogue Le Carpentier.

Bonne-Nouvelle (Prieuré de). — Pomponio Maltheo. Sujet désigné sous le titre de Messe au temps de la Ligue , n°102 , catalogue Le Carpentier; n 319, catalogue 1846.

Laurent de La Hire. Vierge de douleurs. Saint Benoît, vu de profil, paraît à genoux, et dédiant une église qu'il porte dans sa main , 6 pieds sur 4 pieds 10 pouees , n° 53, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau , d*un précieux fini... avoit entièrement souffert , et a été remis sur toile par les soins du département. » Accordé à la chapelle du Collège.

Bon-Pasteur (Couvent du).~~ Lemonnier. La Madeleine en pleurs , 5 pieds sur 3 pieds 4 pouces.

Capucins. — Le couvent des Capucins , riche en beaux manuscrits qui ont enrichi notre Bibliothèque , ne Tétait pas moins en tableaux.

Maître inconnu ( Manière de l'école lombarde. ) Saint François d'Assise malade et soutenu par des anges » dont plusieurs jouent des instruments , 6 pieds 2 pouces sur 7 pieds 2 pouces.

Idem. Même sujet, 5 pieds sur 7 pieds 10 pouces, n° 443 , catalogue Le Carpentier.

Les Saintes Femmes au tombeau de N.-S. , d'une belle couleur ; un ange vêtu d'une robe à fleurs leur apparaît , 7 pieds 2 pouces sur 10 pieds 10 pouces, n°41, catalogue Le Carpentier.

Blangus. Saint Sébastien attaché à un tronc d'arbre et percé de flèches . no 110 , catalogue Le Carpentier. « Ce tableau sur toile , bien conservé , tient beaucoup de la manière de Crayer ; il est peint en 1624. » No 272, catalogue 184-6.

Inconnu , de l'école de Flandre, peut-être de Gaspar de Crayer. Le Couronnement d'épines ; plusieurs figures de soldats plus grands que nature , 7 pieds 3 pouces sur 7 pieds 2 pouces , sur toile , attaché sur un fort parquet de bois , n° 44 , catalogue Le Carpentier.

Idem, Le Portement de croix. Le Christ devant Pilaîe,

— Un quatrième tableau relatif à la Passion , nos 46 , 47, 48, catalogue Le Carpentier.

L. de La Hire. Descente de croix. Tableau placé à la contretable du principal autel de l'église des Capucins, en l'an 1655. Avant la Révolution , c'était un des tableaux les plus renommés des églises de Rouen (1). N»4 , catalogue Le Carpentier ; no 33 , catalogue 1846.

Idem. Portrait du Père Fidèle de Fribourg , capucin ,

3 pieds sur 2 pieds 5 pouces.

Jouvenet. La Mort de saint François , n° 51 , catalogue Le Carpentier. « ! a chronique de la peinture donne ce tableau à Restout , et Ton assure qu'il a été repeint en entier par Jouvenet, son oncle ; c'est un des beaux ouvrages de ce maître ; il avait beaucoup souftért par le temps , et a été rentoilé et remis dans le meilleur état. »

Restout Un pape à genoux sur un tombeau sur lequel est saint François debout ; le pape est accompagné de plusieurs cardinaux. Le tableau est éclairé à la lumière portée par un capucin. La scène se passe dans un souterrain, 6 pieds 7 pouces sur 5 pieds 2 pouces, nc 83, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau, peint sur toile, paroît être du même temps que la Mort de saint François , dont il faisoit pendant dans la même chapelle. »

Inconnu. Saint François en pied. 7 pieds sur 3 pieds

4 ponces , n° 194 , catalogue Le Carpentier.

Idem. Autre saint du même ordre , même proportion , même numéro.

Idem. Portrait du Père Félix , capucin , n° 320, catalogue Le Carpentier.

Capucins de Sotteville. — Jean Jouvenet. Annonciation.

(1) Histoire de Rouai , c<ï. du Souillet , 4e partie, p. 312.

Tableau signé et portant la date de 1686 , n° 37, catalogue 1-e Carpentier. Ce tableau fut prêté quelque temps à la chapelle du collège ; il fut remplacé au maître-autel par l'Ascension , de Le Tellier, et rentra au Musée , où il figure aujourd'hui sous le n° 56 , catalogue 1846.

Dumont des Gobelins. Assomption , 6 pieds 8 pouces sur 10 pieds , n° 20 , catalogue Le Carpentier. Accordé à l'église Saint-Ouen ,' 4 novembre 1807.

Idem. Mariage de la sainte Vierge (pendant du précédent) , il" 21, catalogue Le Carpentier. Accordé à l'église Saint-Ouen, 4 novembre 1807.

Capucins du Havre. — Huret. Adoration des Mages, 10 pieds 7 pouces sur 8 pieds, n° 488 , catalogue Le Carpentier. A la Madeleine.

Carmes de Rouen. — Le Tellier. Une Vierge assise sur des nuages : l'enfant Jésus est sur ses genoux ; un Carme, vu de profil , est à genoux , à la gauche du tableau. 6 pieds

6 pouces sur 4 pieds 8 pouces , n° 81 , catalogue Le Carpentier. « Tableau sur toile , de forme cintrée et d'un précieux fini ; couleur vraie et touche moelleuse »

Idem. Vierge sur des nuages : au-dessous, deux religieux à genoux et recevant des scapulaires , 6 pieds sur 4 pieds 6 pouces, n° 336, catalogue Le Carpentier.

Carmes déchaussés . — Bréard , peintre de Rouen Denis Berthelot (natif de Honfleur), de l'ordre des Carmes, martyrisé à Sumatra, 3 pieds 7 pouces sur 2 pieds 8 pouces , n° 277, catalogue Le Carpentier.

Coustel (de Rouen). S mit Louis débarque au mont Carmel , où il est reçu au bord de la mer par des Carmes,

7 pieds 6 pouces sur 8 pieds 2 pouces , n° 177, catalogue

Le Carpentier. « Le sujet principal est un paysage où les figures ne sont qu'accessoires et très petites. » (1).

Inconnu. Guerrier mourant , étendu aux pieds d'une femme, 6 pieds 2 pouces sur 7 pieds il pouces , n° 193 , catalogue Le Carpentier.

Chartreuse Saint- Julien. — Sacquespée. Messe de Chartreux , 8 pieds 5 pouces sur 5 pieds 10 pouces , n° 24, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau , sur toile , bien conservé , tient beaucoup du goût de Lesueur ; il est peint d'une manière mâle et vigoureuse, et peut être regardé comme un des beaux de ce maître. »

Idem. Ananie et Saphire punis de mort , 7 pieds 10 pouces sur 6 pieds 8 pouces , n° 25 , catalogue Le Carpentier.

Idem. Saint Bruno en prière , n° 132, catalogue Le Carpentier; n° 132, catalogue 1846.

Idem. Chartreux enseveli sous la neige, dans les montagnes du Dauphiné, n° 155, catalogue Le Carpentier. a Ce tableau , digne de Lesueur, dont l'artiste a voulu suivre la manière , est sans contredit un des plus beaux ouvrages de ce maître. » N' 136, catalogue 1846.

Pierre. La Résurrection (à la contretable de l'autel principal), n 5, catalogue Le Carpentier.

Jollain. Trois tableaux : l'Annonciation , le Baptême de Jésus , un Cœur au milieu d'une gloire d'anges, n a75 , 76, 88 , catalogue Le Carpentier.

Barthélemi. Trois tableaux : Saint Pierre , saint Vincent, saint Joseph, nos 171 , 172, 173, catalogue Le Carpentier. Le tableau de saint Joseph a été accordé à l'église de Romilly-sur-Andelle.

(1) Jean Coustel, reçu maître du métier de peinture, à Rouen par suffisance, le 29 octobre 1694.

Inconnu. Saint Bruno à genoux, en extase, dans un paysage rude et couvert de rochers, 6 pieds 10 pouces sur 4 pieds 7 pouces , n° 275 , catalogue Le Carpentier.

Sainte-Claire de Rouen. — Le Tellier. Sainte Claire à genoux devant un autel ; un ange et saint François sont debout devant elle ; le Père Eternel , la Vierge et Jésus sur des nuages , dans une gloire, 5 pieds 3 pouces sur 3 pieds 6 pouces n° 134, catalogue Le Carpentier.

Cordeliers de Rouen. — Jouvenet. Ex-voto, n° 38, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau, de forme ogive.... a été remis sur toile et fort bien restauré par les ordres du département. » N° 1 , catalogue 1846.

Le Tellier. Saint Joseph portant dans ses bras Jésus enfant ; peint en 1665, n° 56, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau , sur toile , est d'un faire large et fin , et offre de belles draperies et un dessin couvert qui tient du goût du Poussin, son maître et son oncle. » N° 128 , catalogue

Dudot. Sainte Famille endormie, 8 pieds sur 4 pieds 4 pouces , n° 106 , catalogue Le Carpentier. Accordé à l'église Saint-Gervais , 9 décembre 1837.

Idem. Baptême de Jésus avec des anges , 7 pieds sur 4 pieds 4 pouces , n° 107, catalogue Le Carpentier.

D'après Van-Dyck , le Christ mort aux pieds de sa mère en pleurs , tableau donné par Anselme Van-Hanfruic , de Malines , au commencement du xvne siècle . et passant anciennement pour une des plus rares pièces de peinture qui fût à Rouen. 6 pieds 2 pouces sur 4 pieds 11 pouces, n° 444 , catalogue Le Carpentier.

Saint -Igny. Deux tableaux décrits par M. de Chennevières, T\doration des Bergers et l'Adoration des Rois. Après avoir séjourné quelque temps à Saint-Ouen et à

Saint-Godard , ils furent transportés à la chapelle Saint- Yon , où ils se trouvent actuellement. Ils sont désignés sous les nos 2 et 39 du catalogue des tableaux déposés dans l'église Saint-Ouen, 30 juillet 1792.

Sainte-Croix-Saint-Ouen. — Paul Farinatto Adoration des Mages, n° 158, catalogue Le Carpentier; n° 297, catalogue 1846.

Bourdon. Le Christ mort aux pieds de la Vierge , 3 pieds sur 4 pieds 3 pouces, n° 136 , catalogue Le Carpentier. « Sur toile , de forme cintrée , bien conservé. »

Saint-Denis de Rouen. — Le Tellier. Ecce Homo; un ange en pleurs soutient Jésus , 4 pieds 6 pouces sur 2 pieds 5 pouces , n° 130 , catalogue Le Carpentier.

Idem. Un Christ mort avec une Vierge debout en pleurs , 4 pieds 6 pouces sur 2 pieds 5 pouces , n° 131 , catalogue Le Carpentier.

Idem. Beau Christ mort en croix , 7 pieds 8 pouces sur 5 pieds 2 pouces, n° 43, catalogue Le Carpentier. « Sur toile et bien conservé , d'un précieux fini. » Accordé à l'église Saint-Godard de Rouen.

Idem. Trois Anges en pleurs, demi-figures, 3 pieds i pouce sur 3 pieds , n° 223 , catalogue Le Carpentier, « Sur toile , attaché sur parquet ; beaux caractères de tête. »

Saint-Eloy*. -~ Sacquespée. Adieux de Paul et de Silas allant au martyre, 5 pieds 1 pouce sur 4 pieds, n° 174, catalogue Le Carpentier.

Deux tableaux d'un maître inconnu , n,s 187 , 188, catalogue Le Carpentier.

Emmurées. — Le Tellier. La Vierge sur des nuages, entourée d'anges; un Jacobin à genoux à la droite du tableau.

cl de l'autre côté une femme et son fils, 5 pieds sur 3 pieds 10 pouces, n° 254, catalogue Le Carpentier.

Idem. Adoration des Bergers : la Vierge à genoux , et vue de face , sur la droite du tableau , découvre le nouveauné ; plusieurs bergers , les uns à genoux et les autres debout, regardent cet enfant avec surprise ; Joseph paraît debout derrière la Vierge , 8 pieds 3 pouces sur 6 pieds 3 pouces, n* 79, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau, sur toile, du faire le plus large et le plus moelleux, est peint en 1675, et peut être regardé comme un des beaux de ce maître. » Accordé à l'église de Bonsecours , le 9 avril 1820.

Saint-Etienne-des-Tonneliers. — Genre de Ribera. Saint Sébastien mort dans les bras des saintes femmes , 3 pieds 10 pouces sur 3 pieds 1 1 pouces, n° 335 , catalogue Le Carpentier.

Eu [Abbaye d"). — Genre de Vanloo. Fondation de l'abbaye par Robert , comte d'Eu , 6 pieds 6 pouces sur 5 pieds 6 pouces, n° 487, catalogue Le Carpentier.

Feuillants de Rouen. — Le Tellier. Saint Bernard à genoux devant une Vierge qui tient l'enfant Jésus; saint Joseph est derrière , 4 pieds 8 pouces sur 3 pieds 7 pouces, n° 92, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau, peint sur toile , est de la plus belle couleur, d'un beau fini et très bien drapé. »

Feuillants d'Ouville. — Baptiste Monnoyer. Deux tableaux de fleurs, n°247, catalogue Le Carpentier; nos 89 et 93, catalogue 1846.

Mola. Agar dans le désert , 2 pieds 1 pouce sur 2 pieds, nQ 556, catalogue Le Carpentier.

Genre de Mola : Paysage. Jésus sur le devant avec deux

apôlres et la Madeleine à genoux à ses pieds, 1 pied 10 pouces sur 2 pieds U pouces , n° 558 , catalogue Le Carpentier.

Ecole flamande. Sujet de nature morte, représentant une épaule de mouton et des accessoires de cuisine , sur bois , 2 pieds 3 pouces sur 2 pieds 9 pouces , nG 328 , catalogue Le Carpentier.

Genre de Breenberg. Paysage avec fabriques et ruines, 2 pieds sur 3 pieds, n 331, catalogue Le Carpentier. ce Ce tableau a été restauré et remis sur toile depuis un an. »

Saint-Georges-de-Boscherville. — Dudot. Le Christ descendu de la croix , soutenu par un ange ; la Vierge et saint Jean sont debout ; à droite , la Madeleine est à genoux aux pieds du Christ ; des anges , dans le haut du tableau , terminent cette composition d'un coloris brillant, n° 42, catalogue Le Carpentier. « On voit dans la ville de Rouen et aux environs plusieurs ouvrages de ce maître , dont le pinceau est large et moelleux. On serait tenté de croire qu'il a été l'élève de Bourdon , dont il a suivi la manière. Ce maître est inconnu à Paris , et il paraît avoir passé une grande partie de sa vie à Rouen , dans le siècle dernier. » Accordé par le préfet à l'église de Boscherville , sur la demande de M. Dornay.

Gravelines. — Maître inconnu de l'école du Crotonne. Adoration des Bergers. On a ajouté sur le premier plan un saint François et une religieuse de l'ordre des Gravelines. 9 pieds sur 5 pieds 10 pouces , n° 54 , catalogue Le Carpentier.

Le Tellier. Saint Alexis mort sous une voûte , près de sa maison , et étendu sur une natte ; deux hommes sur le troisième plan , dans l'attitude de la surprise. Le fond du tableau est terminé par une belle architecture. 5 pieds

sur 3 pieds 9 pouces, n° 90 , catalogue Le Carpenlier. « Ce tableau , peint sur toile , d'une composition simple , est un des beaux ouvrages de ce maître ; on y trouve toute la simplicité de Lesueur et une science profonde de la perspective. » Accordé à l'église du couvent de la Visitation.

Idem. Vision de saint Bernard, n° 94, catalogue Le Carpentier; n° 94, catalogue 1846.

Lely. Jésus en croix ; deux figures habillées de noir, à la mode du temps , 5 pieds 9 pouces sur V pieds 8 pouces, n° 98 , catalogue Le Carpentier. « Peint sur toile , avec beaucoup de légèreté , dans la manière de Van-Dyck. »

Idem. Un Christ mort en croix ; deux figures à la mode du temps , vêtues de noir, sont à genoux sur le devant du tableau, 4 pieds 3 pouces sur 3 pieds, nK' 164, catalogue Le Carpentier.

Inconnu, de l'école d'Angleterre Trois portraits de femme et d'enfants, n°s 314, 494, 4i)7, catalogue Le Carpentier.

Inconnu. Martyre de saint Jean -Porte-Latine , 3 pieds 8 pouces sur 5 pieds 7 pouces , n° 309 , catalogue Le Carpentier.

Jacobins. — Inconnu. Jésus étendu sur un linceul , n° 358 , catalogue Le Carpentier.

Saint- Jean de Rouen. — De Troy le fils. Ascension , n° 118, catalogue Le Carpentier; n° 2, catalogue 1846.

Idem. Assomption, n° 119, catalogue Le Carpentier; n° 144, catalogue 1846.

Hôpital de Saint-François. — Heraux (1). Christ en croix , 8 pieds 3 pouces sur 4 pieds 1 0 pouces , sur toile t

(l) Peut-être Nicolas Hérault , juré apprentif sous Pierre Léger, le 25 septembre 1703.

n° 302 , catalogue Le Carpentier. « D'un bel effet, avec un beau fond. »

Hospice de l Humanité (Lieu- de-Santé). — Vincent. Aveugle guéri à la porte du Temple , 1 0 pieds 4 pouces sur 8 pieds 1 0 pouces , n° 15, catalogue Le Carpentier. « Tableau peint par cet artiste à son retour d'Italie , exposé au salon du Louvre. »

Idem. Le Paralytique guéri à la piscine , même proportion que le précédent , n° 1 6, catalogue Le Carpentier. Accordés à l'église de la Madeleine.

Saint-Lô ( Prieuré de . — Verdier. Saint Jean dans l'île de Pathmos , 6 pieds 8 pouces sur 4 pieds 6 pouces, n° 21 2, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau était placé à une chapelle de cette église ; c'est une fort belle copie de Le Brun. »

Saint-Lô ( Paroisse de). — Genre de La Fosse. La Résurrection, 5 pieds 4 pouces sur 7 pieds 8 pouces, n° 307T catalogue Le Carpentier. Accordé à la chapelle du collège.

La Londe (Paroisse de). — Jouvenet. Purification, n° 58 , catalogue Le Carpentier « Ce tableau , de forme cintrée , est sur toile ; il diffère pour sa composition de celui que l'on connaît du même artiste , gravé par Desplaces , et qui était autrefois dans l'église du collège des Jésuites de Rouen, lequel a été vendu pour l'Angleterre il y a quelques années (1). » Le tableau de Jouvenet, de

(1) Serait-ce îe tableau dont Le Carpentier annonçait la découverte en ces termes, dans une lettre du 28 frimaire an II de la République : « Je me hâte d'annoncer à Lemonnier que le voyage que je viens de faire à La Londe a été des plus fructueux , puisque j'en rapporte un superbe et magnifique tableau de notre compatriote Jouvenet, lequel s'y est peint lui-même et sa fille en 1692. Ce tableau a 10 pieds de hauteur sur 6 de largeur. Il est un des plus capitaux ■dé ce maître, et fait pour être l'ornement du Musœum. »

l'église dos Jésuites, fut cède pour 900 liv. ; le graveur Bacheley en avait offert 600.

Saint- Louis (Prieuré de) — Copie d'après Jouvenet. Saint Louis supportant la eroix portée par des anges, 6 pieds sur 3 pieds 10 pouces.

Saint-Maclou de Rouen. — Sacquespée. Mariage de Clovis , 3 pieds 8 pouces sur 6 pieds 9 pouces , n° 1 65 , catalogue Le Carpentier.

Idem. Clovis promet de se faire chrétien avant la bataille de Tolbiac , 3 pieds 8 pouces sur 7 pieds 10 pouces, n° 166, catalogue Le Carpentier.

Idem. Baptême de Clovis , 3 pieds 9 pouces sur 7 pieds 10 pouces, n° 167, catalogue Le Carpentier. Ces trois tableaux ont été accordés à l'église de Saint-Légerdu-Bourg-Denis , le 22 mars 1821 .

Idem. Clovis entouré de guerriers et donnant un anneau à l'un d'eux ; dans un côté du tableau Clotilde fait l'aumône à une femme, 3 pieds 3 pouces sur 7 pieds 8 pouces, n° 168, catalogue Le Carpentier. «Ces quatre tableaux décoraient une chapelle de la paroisse de Saint- Maclou de Rouen; ils sont peints sur toile et n'ont pas le fini que met ordinairement ce maître ; ils sont d'un coloris tirant sur le gris. »

Saint-Martin- du- Pont. — Copie d'après Raphaël. Sainte Famille, 6 pieds 9 pouces sur 4 pieds 10 pouces, n° 52 , catalogue Le Carpentier. « L'original de ce tableau, fait pour François Ier, est assez connu ; il suffit de dire ici que cette copie est du plus grand mérite; on la croit de Mignard ; elle a été remise sur toile. »

Mathurins — Léger, né à Rouen , élève de Jouve-

net (1). 8 pieds sur 14 pieds 6 pouces , n° 19, catalogue Le Carpentier. « Le meilleur tableau de cet artiste.... peint sur toile et en bon état ; tableau d'une riche composition et qui eût fait honneur à des peintres de l'Académie. L'œil du spectateur y est attiré malgré lui. » Accordé à l'église Saint-Léger-du-Bourg-Denis , le 22. mars 1821.

Sacquespée. Religieux Mathurin en pied, de grandeur naturelle , 5 pieds 4 pouces sur 3 pieds 6 pouces.

Idem. Autre religieux du même ordre, même proportion.

Idem. Sainte Jeanne d'Aragon , de l'ordre de la Trinité, 6 pieds sur 4 pieds , n° 351 , catalogue Le Carpentier.

Saint-Michel. — Halle le père. Naissance de Jésus, n° 1 05, catalogue Le Carpentier; n* 62, catalogue 1846. Ce tableau fut composé en 1669 , d'après un dessin approuvé par les trésoriers de la paroisse et par le père Petit , de la Compagnie de Jésus ; il coûta à la Fabrique 315liv.

Minimes. — Mignard. Une Vierge , demi-figure , tenant l'enfant Jésus sur ses genoux , 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds , n° 57i , catalogue Le Carpentier. « Tableau restauré et remis sur toile par ordre du département. »

Mont-aux- Malades ( Prieuré du). — Portrait de l'abbé Perot , prieur du Mont-aux-Malades , 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds, n° 325, catalogue Le Carpentier.

Saint -Niçoise. — Le Tellier. Ascension de Notre-Seigneur au milieu des douze apôtres, 8 pieds 10 pouces sur 5 pieds 8 pouces , n° 57, catalogue Le Carpentier. Ce

(1) Pierre Léger fut reçu maître du métier de peinture le 2i février 1683, et garde en 1702.

tableau était à la contretable du chœur. Accordé à la chapelle du Collège.

Saint -Nicolas. — Le Tellier. Jésus donnant les clés à saint Pierre , 4 pieds sur 2 pieds 5 pouces , n° 242 , catalogue Le Carpentier. « Ce tableau ; d'une composition fort sage , tient beaucoup du Poussin ; le Christ surtout a un caractère frappant de majesté. »

Idem. L'Adoration des Bergers , n° 243 , catalogue Le Carpentier.

Idem. La Résurrection , n° 244 , catalogue Le Carpentier (1).

Notre-Dame-de- la- Ronde. — Copie du Poussin. Saint Pierre guérissant les boiteux à la porte du Temple , tableau cintré, sur toile, 6 pieds sur 4 pieds, n° 334, catalogue Le Carpentier.

Nouvelles Catholiques. — Gazes. Jésus au milieu des docteurs. On trouve dans un ancien inventaire de ces religieux la note suivante , relative à ce tableau : '« Un grand tableau du mystère de l'enfant Jésus trouvé au milieu des docteurs , lequel doit être dans le fond de la contretable , lequel a été payé et donné par MUe Goujon (lisez Guyon), supérieure. » N° 22, catalogue Le Carpentier; n° 19, catalogue 1846.

Oratoire. — De la Fosse. Le Sermon sur la montagne, grande et superbe composition, 15 pieds 6 pouces sur 8 pieds 2 pouces, n° 6, catalogue Le Carpentier, « Ce ta-

(1) On trouve , dans le registre des comptes de la paroisse Saint- Nicolas, année 1657, cette indication : « Item , payé à M. Le Tellier, paintre, la somme de deux cens livres pour quatre tableaux mis aux deux costez du grand autel. »

bleau était à la contretable de l'église des Pères. Ce tableau , peint sur toile , a dû être d'une belle couleur et d'un bel effet ; mais le temps l'a entièrement noirci , et on y voit très peu de chose. »

Genre de La Fosse. Jésus parmi les docteurs, le Sermon sur la montagne , la Samaritaine , Jésus chez Marthe et Marie; tableaux cintrés, sur toile, 4 pieds 11 pouces sur 7 pieds 1 1 pouces , n° 377 , catalogue Le Carpentier. « Ces quatre tableaux sont parfaitement dans la couleur de La Fosse, et paraissent avoir été retouchés par ce maître, dont la même église possédait un fameux tableau à sa contretable. »

Copie d'après Dominiquin. Martyre de saint Sébastien.

Saint-Ouen. — Daniel Halle. Multiplication des pains, n° 1 , catalogue Le Carpentier. On lit dans le Livre des choses notables du couvent de Saint-Ouen , que ce tableau fut fait à Paris, en 1665, par M. Halle , natif de Rouen, et qu'il coûta 800 livres , sans y comprendre le cadre et les rideaux avec la ferrure. Ce témoignage d'un contemporain nous autorise à considérer Daniel Halle comme un de nos compatriotes. Les lignes suivantes, que j'extrais d'un registre des maîtrises , confirment ce témoignage et prouvent de plus que ce peintre a fait à Rouen ses premières études de peinture : « Dudit jour, mardi 4 novembre 1631 , Daniel Halle a été jure apprentif du mestier de paintre-sculpteur, soubz Rollin Runel , maistre dudit art , pour le temps de cinq ans, suivant l'ordonnance, pendant lequel temps ledit maistre sera tenu quérir à son Bit apprentif boire , manger, feu , lit et hostel , et luy monstrer bien et deument ledit mestier , moyennant les pactions et acort faits entre eux , présence de Jean Bury, Jean Gaillard , Estienne Mazeline et Jacques Léger, maistres et gardes année présente. » La Multiplication

des pains sn trouvait, avant la Révolution, au réfectoire du couvent ; elle orne maintenant la chapelle de la Sainte- Vierge , à Saint-Ouen. Cette vaste basilique ne fournit aucun autre tableau de prix, si ce n'est les portraits de Newton , du père Laneau , nos 299 et 393 , catalogue Le Carpentier; l'ouverture de la Porte-Sainte, de Mauviel, peintre rouennais(t). Ce dernier tableau coûta 200 livres ali cardinal de Bouillon. Accordé à l'église Saint-Ouen.

Saint- Patrice. — Martin de Vos « Huit tableaux de l'histoire de Jacob, peints sur bois et ornés d'une infinité d'animaux , de vases et d'ustensiles précieusement peints, ornés de fonds de paysage à la manière de Breugel. »

Rachel donne à boire à l'envoyé d'Abraham , 3 pieds sur 6 pieds 1 pouce ;

Rachel reçoit les bijoux , 3 pieds 7 pouces sur 6 pieds ;

Jacob vient demander Rachel en mariage , 3 pieds 3 pouces sur 5 pieds 8 pouces ;

Rencontre de Jacob et d'Esaù , 3 pieds 7 pouces sur 5 pieds 5 pouces ;

Mariage de Jacob, 3 pieds 6 pouces sur 5 pieds 5 pouces ;

Retour de Jacob , 3 pieds 6 pouces sur 6 pieds ;

Adieux de Rachel à son père , 3 pieds 6 pouces sur 5 pieds 5 pouces ;

Noces de Rachel , 3 pieds 6 pouces sur 5 pieds 6 pouces, nos 120-127 , catalogue Le Carpentier.

Ecole de Lahire. Visitation , 3 pieds 3 pouces sur 5 pieds 8 pouces , n° 311 , catalogue Le Carpentier.

(1) Vby. Livre des choses notables du couvent de Saint-Ouen , archives départementales. — C'est à tort qu'on attribue généralement l'Ouverture de la porte sainte à Léger. Jean Mauviel fut garde du métier de peinture en 1695 et 1696.

Dudot. Cinq tableaux représentant le portement de croix , 4 pieds 4 pouces sur 10 pieds 9 pouces ;

La Flagellation , 4 pieds 4 pouces sur 5 pieds 6 pouces;

La prise de Jésus , même proportion ;

Jésus au Jardin des Oliviers , 4 pieds 4 pouces sur 6 pieds ;

Jésus présenté devant Pilate , 4 pieds 4 pouces sur 5 pieds 4 pouces, nos 112 et 116, catalogue Le Carpentier.

Saint-Pierre du-Châtel. — Sacquespée. Apparition de Jésus à saint Pierre, 6 pieds 4 pouces sur 4 pieds 7 pouces, n° 108, catalogue Le Carpentier; n° 135, catalogue 1834.

Idem. Le Père Eternel, de forme ovale, 3 pieds 3 pouces sur 2 pieds 8 pouces , n° 326 , catalogue Le Carpentier.

Saint-Pierre- l'Honoré. — Ecole de Rubens. Adoration des Mages, tableau sur toile, d'une riche composition, n° 196, catalogue Le Carpentier.

llêcollets. — Vouet. Des Religieux Récollets à genoux devant deux anges debout qui leur présentent un livre ouvert, 11 pieds 7 pouces sur 7 pieds 9 pouces, n° 17, catalogue Le Carpentier. « Ce tableau a été rentoilé par ordre du département , il y a deux ans ; il est dans le plus bel état de conservation ; coloris frais et belle pâte. » Accordé à Saint-Ouen , 4 novembre 1807

Idem Des religieux en extase au-dessous d'une gloire sur laquelle sont le Père Eternel et la Vierge ; dans le coin du tableau , un religieux cardinal à genoux , tenant en sa main un soleil en or ; mêmes dimensions que le précédent Accordé à Saint-Ouen, 4 novembre 1807.

Luc Recolet. Notre-Dame des Anges , de grandeur naturelle , 1 1 pieds 5 pouces sur 8 pieds 3 pouces , n° 7 ,

catalogue Le Carpentier. « Tableau placé à la contretablc de leur église. » Accordé aux dames Ursulines.

Dudot. Saint François à genoux , et le Christ et la Vierge sur des nuages ; un ange couronné de fleurs, à genoux sur la gauche du tableau , 1 1 pieds 8 pouces sur 8 pieds , n° 191, catalogue Le Carpenlier. « Tableau assez large, mais dur et outré de couleur. »

Liébault. Portrait d'un Religieux Récollet, 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds , n ■ 278 , catalogue Le Carpentier.

Grand-Séminaire. — Lemonnier. La Peste de Milan, n° 9, catalogue Le Carpentier, n° 20, catalogue 1846. Ce tableau , qui fut exposé au salon du Louvre , fit la réputation de son auteur.

Idem. La Présentation au Temple , n° 10 , catalogue Le Carpentier, n° 142, catalogue 1846. — Ce tableau fut , comme le précédent, exposé au salon du Louvre.

Le premier monastère de la Visitation possédait un grand nombre de portraits allégoriques. En 1697, le roi et la reine d'Angleterre, à la considération de la R. M. Louise de Croiset , avaient donné leurs portraits en saint Louis et en sainte Hélène. Cet exemple fut contagieux : le marquis et la marquise de Beuvron donnèrent le leur en saint Henri et en sainte Geneviève ; Mlle de Beuvron , une des bienfaitrices les plus considérées de la communauté, donna le sien en sainte Elisabeth de Hongrie et une seconde fois en sainte Cécile pour le noviciat ; Mme la présidente de Franquetot offrit celui de Mme de Courvaudon en sainte Barbe ; ajoutons-y les portraits de Mme Desneval en sainte Catherine, de Mrae de Franqueville en sainte Madeleine , du roi Louis XIV en saint Charlemagne. On retrouve une partie de ces tableaux dans le catalogue de Le Carpentier, notamment celui de sainte

Cécile sous les traits de Mlle de Jteuvron , peint par Jouvenet, 8 pieds sur 5 pieds 4 pouces. On doit regretter les portraits de saint Henri, de sainte Geneviève et de saint Charlemagne ; l'allégorie n'était point sans doute assez voilée pour qu'on n'y pût reconnaître les royales figures de Jacques II , d'Henriette de France , et de Louis le Grand. Dès lors ces portraits devaient périr. Le Carpentier signale encore comme provenant du premier couvent de la Visitation , l'Apothéose de saint François de Sales , 6 pieds 1 pouce sur 5 pieds ; une Apparition de N -S. à Jeanne de Chantai, 5 pieds 3 pouces sur 5 pieds 3 pouces, de Le Tellier , nos 87 et 257, catalogue Le Carpentier ; une autre Apothéose de saint François de Sales , 6 pieds 5 pouces sur 4 pieds 10 pouces, et une Guérison de malades à son tombeau , 10 pieds sur 5 pieds 6 pouces , de Sacquespée ; nos 491 et 91 , catalogue Le Carpentier. Un Ange gardien , tableau cintré , 9 pieds 2 pouces sur 4 pieds 2 pouces, et une Annonciation, 9 pieds 4 pouces sur 4 pieds 2 pouces, de Deshays ; nos 398 et 107, catalogue Le Carpentier.

Le deuxième monastère de la Visitation avait fourni au musée quatre tableaux de Deshays : la Visitation, tableau d'une riche composition , 17 pieds 6 pouces sur 10 pieds 8 pouces, n° 2, catalogue Le Carpentier, «placé à la contretable du deuxième monastère de la Visitation , peint au moment du départ de l'artiste pour l'Italie et tenant beaucoup de l'école de Boucher dont Deshays était élève et dont il a souvent conservé la manière ; on doit cependant rendre la justice à cet artiste d'avoir été un des meilleurs dessinateurs de l'école française , et d'avoir eu une facilité de pinceau dont il y a peu d'exemples »; Saint François de Sales donnant la règle de la Visitation à des religieuses à genoux , 10 pieds sur 5 pouces (sic) ; Saint

Joseph tenant Jésus l'enfant par la main , 8 pieds sur 2 pieds 4 pouces; Saint Augustin, même proportion, n 3, catalogue Le Carpentier.

Le Tellier. Saint François de Sales à genoux tenant en sa main un cœur enflammé. Le Père éternel et Jésus sur des nuages au haut du tableau , 2 pieds 3 pouces sur 1 pied 10 pouces , n° 285 , catalogue Le Carpentier.

Inconnu. Saint François de Sales porté sur des nuages par des anges , k pieds 8 pouces sur 3 pieds, n° 259 , catalogue Le Carpentier. « Sur toile, largement peint par un maître de Técole française du dernier siècle. »

Du couvent des Ursulines provenaient un tableau de Deshays représentant sainte Ursule en extase, n° 215, catalogue Le Carpentier ; et trois tableaux de Lemonnier : la Sainte Famille, 13 pieds 6 pouces sur 7 pieds 9 pouces, n° 1 1 , catalogue Le Carpentier ;

Jésus au milieu des docteurs, 9 pieds k pouces sur 7 pieds 9 pouces, n1 12, catalogue Le Carpentier ; Jésus appelant à lui les enfants, n" 13, catalogue Le Carpentier; n« 71 , catalogue 184-6.

De Saint- Vigor de Rouen , le Baptême de Clovis, de Sacquespée ; 5 pieds sur 3 pieds 5 pouces, n° 378, catalogue Le Carpentier.

De la Bibliothèque des religieux de Saint- Wandrille , le portrait du célèbre Pierre de Marca ; 2 pieds 1 pouce sur 1 pied 10 pouces, n i73, catalogue Le Carpentier.

De la Bibliothèque de V Académie de Rouen, les portraits de MM. de Cideville et de Miromenil, de Voirot , le portrait de Fontenelle par un maître français, n03 169, 556 et 477., catalogue Le Carpentier, n08 8ï , 112, 114, catalogue 1846.

De la Chambre du Parlement , le Christ mourant en croix , de Natoir , 8 pieds 6 pouces sur 4 pieds 3 pouces , n° 67 , catalogue Le Carpentier ; le Christ mort en croix , par Monnet, 9 pieds 10 pouces sur 3 pieds 9 pouces, n° 69 i catalogue Le Carpentier.

De la Juridiction consulaire (salle d'hiver), le Christ mort en croix , de Dumont le Romain , 6 pieds 8 pouces sur 3 pieds 10 pouces, n° 71 , catalogue Le Carpentier. « Accordé aux Consuls. »

Une Vierge portant Jésus debout sur ses genoux , de Carie Vanloo ( chapelle de la Juridiction) , n° 70 , catalogue Le Carpentier; n° 173, catalogue 1846.

De la Salle d'audience du Bureau des finances, le Christ mourant en croix , de Jouvenet ; 7 pieds 6 pouces sur 5 pieds 2 pouces , n° 83 , catalogue Le Carpentier.

Parmi les tableaux inscrits au catalogue de Le Carpentier , sans indication de provenances , les suivants m'ont paru mériter une mention spéciale:

N° 82. Le Tellier L'Ascension. (Accordé à l'église du collège le 22 mars 1821 )

N° 94. Sacquespée. Le Portement de Croix , plusieurs figures, 2 pieds 9 pouces sur 6 pieds.

Idem. Jésus au tombeau, mêmes proportions. Accordé à l'église paroissiale de Canteleu.

N° 109. Le Guide. L'Apparition de Jésus à la Madeleine. Un ange, debout , tenant un drapeau ; Jésus à moitié nu, à moitié couvert d'une draperie blanche ; la Madeleine est à genoux, 6 pieds 9 pouces sur 4 pieds G pouces.

N° 1 V 1 . Albert Durer. Nunc dimittis, composé de plusieurs figures , 2 pieds 9 pouces sur 3 pieds.

N° 142. Idem. Jésus guérissant une femme malade; une jeune fille la soutient ; ces deux tableaux dé l'école aile-

mande , sont peints sur bois et fort bien conservés ; ils sont des plus curieux.

N 148. Franck. Le Portement de Croix. Sujet composé d'une infinité de petites figures, n° 179, catalogue

N° 151 . Subleyras. Portrait de Benoit XIV , n° 295 , catalogue 1846.

N° 160. Le Tellier. Adoration des Bergers. Accordé à l'église de Bonsecours , le 9 avril 1820.

N° 229. Houde Kooter. Poules et oiseaux de différentes espèces et de différents pays , avec une corbeille de fleurs sur le devant , 5 pieds 10 pouces sur 6 pieds. Ce tableau charmant a été entièrement repeint par les mains de l'ignorance et est dans un délabrement presque désespéré.

N° 255. Rodolphe Schoane. Jésus au tombeau, accompagné de plusieurs figures ; manière fort large , 3 pieds 6 pouces sur 4 pieds 11 pouces. Tableau sur toile du xve siècle, à restaurer.

N° 371. Le portrait de Galilée, sur toile, demi-figure,

3 pieds 4 pouces sur 2 pieds 8 pouces. Ce portrait , d'un grand effet , est fort curieux ; il est habillé de noir et affublé d'une espèce de draperie blanche.

N° 380. Genre allemand du xve siècle. L'Entrée dans Jérusalem, sur bois, beaucoup de figures.

N° 415. Ecole de Lombardie. L'Assomption, sur toile, joli petit tableau, 3 pieds 5 pouces sur 2 pieds 6 pouces. Ce tableau intéressant paraît du xive siècle.

N° 431. Ecole flamande du xme siècle (sic). Jésus mis au tombeau par les anges , sur bois , 1 pied 9 pouces sur

4 pieds 3 pouces.

N° 442. Ecole d'Italie. Une Gloire, avec beaucoup de saintes, sur toile, fort jolie composition, figures sveltes; d'un couvent de religieuses de Rouen. Ce tableau, fort curieux, est très ancien.

N°498. Lucas de Leyde. N.-S. au tombeau. Joli petit tableau, sur bois, de forme cintrée, avec ses deux volets , 1 pied 7 pouces sur 1 pied 2 pouces « Ces trois petits tableaux qui n'en font qu'un, étant ouverts, est (sic) très curieux à cause de son ancienneté ; il est assez conservé. »

N°503. Holbein. Le portrait d'une jeune femme vêtue de noir, sur bois, très précieusement fini ; 1 pied 7 pouces sur 1 pied 3 pouces.

N° 504. Jean de Maubeuge, en 1400. UnEcceHomo, avec quelques figures de Juifs, sur bois; de chez un prêtre déporté. Ce tableau , d'un précieux fini , est fort curieux pour le temps où il a été peint. Son auteur n'est guère connu que dans la vie des peintres flamands, et ce tableau est le seul qui soit ici Son nom est signé en latin , en lettres d'or , au bas du tableau. Il est un des premiers peintres flamands qui ait peint à l'huile.

N° 575. Van-Dyck. Une Madeleine, demi-figure, la main appuyée sur une tête de mort. 2 pieds sur 1 pied 10 pouces, d'une abbaye de bénédictins de Rouen. Ce tableau intéressant, qui est un peu pâle quoique avec de grandes beautés de détails, a été aussi remis sur toile en 1792. On le croit de Van-Dyck ou de son école.

N° 576. Le Titien. La Pièce de monnaie, deux demifigures, 2 pieds sur 1 pied 10 pouces, sur toile ; d'un couvent de Rouen ; n° 256, catalogue 18^6.

Une partie notable de ce premier fonds n'existe plus au musée. « Le musée, disait, en l'an XIII, le Conseil générai, dépourvu de presque tout ce qu'il avait de bon , soit pour la décoration du palais de l'archevêché, soit pour meubler quelques églises, est réduit à peu de chose, et se placera dans une galerie qui fera partie de la bibliothèque.» Il y a certainement de l'exagération dans ces paroles ; elles sentent le regret et le découragement. Tout en faisant une

largo part aux églises , au moyen de dons et surtout de prêts, continués jusqu'à nos jours, on avait conservé à la ville une collection encore remarquable et digne de ses soins; un don du Gouvernement, sollicité depuis longtemps, vint bientôt remplir les vides qu'y avaient faits des restitutions nécessaires . commandées à la fois par l'intérêt général et par la justice. Un lot de trente-huit tableaux (1), la plupart de premier choix , fut mis par le ministre de l'intérieur à la disposition de la ville de Rouen , moyennant qu'elle s'engageât à payer les frais de restauration et de transport. L'offre fut acceptée à cette condition. M. Lemonnier trouva de nouveau l'occasion de signaler son dévoùment à son pays ; il surveilla les restaurations qui furent entreprises par les sieurs Michau, Hacquin, Nadreau, et fit tous ses efforts pour faire substituer à quelques tableaux du n ° 5 d'autres , dont la possession lui semblait plus désirable , notamment une ou plusieurs compositions importantes de Poussin. Voir dans son musée chéri la statue et quelques-uns des chefs-d'œuvre immortels du plus grand peintre de la France et d'une des plus nobles gloires de la Normandie, était son vœu le plus ardent ; et on ne saurait imaginer avec quelle persistance il en poursuivit l'accomplissement , tantôt auprès du préfet dont il provoquait l'intervention , tantôt auprès du ministre Le musée impérial, vaincu par tant d'instances, ne se dessaisit qu'avec peine d'un seul tableau de Poussin; c'était un Saint Denis couronné par un ange, provenant d'une église de Paris. Cette toile a disparu du musée ainsi que le Concert d'anges en présence de- Dieu le père, de Ph. de

(1) Je dois à l'obligeance de M. Anatole de Montaiglon la communication d'un état des tableaux délivrés par le Gouvernement au département de la Seine-Inférieure.

Champagne (1). Plus heureux que le département de la Seine-Inférieure , le département de l'Eure avait obtenu , en l'an XII . une production de Poussin , Coriolan apaisé par sa mère , pour être placé dans le monument qu'on projetait d'élever à la mémoire de cet artiste, aux Andelys.

Avec ces tableaux nous furent envoyés :

L'Adoration des Rois, de L. de La Hire (provenant des Capucins de la rue Saint-Honoré ) ; n° 51, catalogue 1846.

L'Adoration des Bergers, attribué à Van Tulden (provenant d'une église des Pays-Bas), n° 190, catalogue 1846.

La Visitation de la Vierge , de Guerchin ( provenant de Bologne), n° 291, catalogue 1846.

Saint Barnabe guérissant les malades, de Paul Véronèse (provenant de Mantoue), n°311, catalogue 1846.

Le Christ au bas de la croix, entouré de sa famille. Ecole flamande. (Provenant de Belgique.)

La Conjuration de Catilina, de Salvator Rosa. (Provenant du palais Pitti.)

Un Ecce Homo, de Mignard ( provenant du musée de Versailles), n° 73, catalogue 1846.

Le Couronnement d'épines , de Palma le jeune ( provenant du musée de Versailles).

Mars et Vénus de Lanfranc (même provenance, ancienne collection) , n° 263, catalogue 1846.

Le Christ en croix de Van-Dyck (provenant d'Anvers).

Un Extase de saint Augustin, du même auteur ( même provenance).

Le Christ devant Pilate , aujourd'hui attribué à Gérard Honthorst, n 210, catalogue 1846.

(1) Ce tableau fut, je crois, accordé à l'hospice des Aliénés, le 6 mars 1838. Le conservateur du musée l'attribuait à Coypel. 11 provenait d'une église de Paris.

L'Apothéose de saint Louis, de Simon Vouet (provenant d'une église de Paris) , n° 95, catalogue 1846.

Le Christ dans la gloire , Saint Sébastien et saint Roch , de Paul Véronèse (provenant d'Italie), n° 249, catalogue

Ananie tombé aux pieds des Apôtres , de Aubin Vouet (provenant de Notre-Dame de Paris).

Le Martyre de saint Sébastien , de Lubin Baugin (provenant d'une église de Paris). Accordé à Saint-Nicaise.

La Charité d'après Van-Dyck , n° 195, catalogue 1846.

Un Concert, de Giorgion (provenant de Milan , biblioth. Ambrosienne), n° 303, catalogue 1846.

Les Filles de Niobé, de Lemonnier (dépôt de l'Académie), n° 146, catalogue 1846.

La Toison, de Bassan (ancienne collection), n° 316 , catalogue 1846.

Sainte Anne et la Vierge , de Stella (provenant d'une église de Paris).

La Madeleine , de Otto Vinius , aujourd'hui attribuée à Hubert Goltzius, n° 178, catalogue 1846 (provenant de Munich ).

Un Portrait de femme (demi-figure , de Christophe) .

Un Portrait d'homme , tenant d'une main un bâton ; de l'école flamande.

Les deux Marie, d'après Daniel de Vollerre (provenant d'un émigré).

Le Christ en croix, la Madeleine et autres figures , d'un inconnu.

L'Ange apparaissant à Abraham , de Tinsonnier.

La Sortie de l'Arche (école de Boulogne).

La Résurrection de Lazare , de J.-B. Corneille (provenant d'une église de Paris), n° 5, catalogue 1846. Une Bataille, d'un inconnu.

Un Repos , d'un inconnu.

La Mission des Apôtres, de Lemonnier (provenant du musée de Versailles) , n° 55, catalogue 1846.

Temple et Allégorie chrétienne , d'un inconnu.

Le superbe tableau que le catalogue de 1846 désigne sous le titre impropre de « la Vierge présidant une assemblée de jeunes filles (1) , » qu'il attribue à Van Eyck, était attribué à Hans Hemmelinck , dans la lettre d'envoi du Ministère. Cette attribution paraît douteuse ; mais il est certain que ce chef-d'œuvre faisait partie du musée royal et provenait de l'émigré Millioti ; n° 196 , catalogue 1846.

La Résurrection de N.-S. , l'Adoration des Rois, le Baptême de Jésus nos 269. 270, 271, catalogue 1846, furent d'abord attribués à Mantegna. M. Lemonnier qui partageait cette erreur s'efforça de les faire effacer de la liste. Ils y furent maintenus fort heureusement pour nous, puisque ces petits tableaux qu'on aurait tort d'attribuer plus longtemps à Raphaël, appartiennent à son maître, Pérugin Ils proviennent de l'église des bénédictins de San Piétro de Pérouse.

Plusieurs de ces tableaux, déjà décrits par M. de Chennevières (2) , étaient le fruit de nos victoires ; quand les alliés vinrent en France ; quelques-uns furent réclamés. Le Salvator Rosa fut encaissé et envoyé au secrétaire général du musée royal à Paris, en 1815, pour être remis à la disposition du grand-duc de Florence. Vers le même temps , des commissaires du roi des Pays-Bas enlevèrent de vive force les tableaux de Van-Dyck , soustraction peu

(1) Dans lelot des tableaux envoyés par le musée impérial, ce tableau est encore plus improprement désigné sous ce titre : « Généalogie de la Vierge et l'enfant Jésus tenant du raisin. »

(2) Bévue de Rouen , an 1848. — Notes pour servir au prochain catalogue du musée de Rouen, p. 462.

justifiée, puisque le musée de Bruxelles avait été enrichi sous l'Empire, en même temps que le musée de Rouen, de chefs-d'œuvre français qu'il ne nous a point restitués. Le comte de Pradel, directeur général de la maison du roi Louis XVIN , réclama , en outre, sept tableaux, parmi lesquels nos trois Pérugin et la Vierge prétendue d'Hemmelinck , pour les tenir à la disposition dos puissances* étrangères, en cas de réclamation. Mais on fit valoir les sacrifices que la ville s'était imposés pour les restaurer, et le ministre de l'intérieur ,• M. Laine, ayant égard aux observations du maire de Rouen et du chancelier de France, ordonna au préfet de ne donner aucune suite au projet d'enlèvement, et d'arrêter V effet de dispositions qu'il considérait comme désastreuses pour V étude des arts dans ce pays .

De nombreuses acquisitions et plusieurs dons sont venus augmenter nos richesses. Je me borne à mentionner l'achat de deux Vernet , pour 2,400 fr., en 1808 ; l'achat des collections de MM. Descamps et Lemonnier. en 1818 et 1822, et le don de la belle toile de Valentin par M. de Martainville. L'usage que l'on a adopté d'indiquer sur la bordure la date d'acquisition des tableaux nouvellement entrés au musée, me dispense de plus longs détails ; mais il ne serait pas juste de passer sous silence le service éminent que rendit à notre ville un homme aussi distingué par son érudition que par son goût délicat pour les arts , en signalant les fâcheux inconvénients d'un projet de vente qui n'embrassait pas moins de soixante-quatorze tableaux de notre collection publique (1). Je finis , en souhaitant qu'un artiste éclairé , reprenant ce sujet que je ne pouvais

(1) Revue de Rouen , second semestre 1836, p. 215 et suiv. « De la nourvelle classification du musée et de la suppression de 74 tableaux. » (Art. de M André Poîtier.)

qu'ébaucher, unisse à l'appréciation et à la description exacte des tableaux, l'exposition des faits et surtout l'indication des provenances , s'il est vrai, comme je le pense, qu'elles ne peuvent qu'éclairer la critique et prêter un nouveau charme à des œuvres qu'on ne se lasse point d'admirer.

Extrait Un Précis de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, année 1852-185:}.

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Rouen. - Imp. de A. Pérojy.

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