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RETOUCHE

Retouche.

La retouche des épreuves à surface brillante est faite pendant qu'elles sont encore sur les glaces. Elle est alors enfermée entre lepreuve et le papier de transport.

Le pupitre sur lequel on retouche est formé d une grande feuille de verre opale enchâssée dans un cadre accompagné de quelques supports en bois qui le retiennent dans un plan incliné. Du reste, tout pupitre à retoucher les clichés répond à ce but.

On peut retoucher avec des couleurs à l'huile, ou avec Testompe. Pour la première méthode, on mélange du noir, sépia et carmin, ou enfin d'autres couleurs, suivant la nuance du papier au charbon ; on applique la couleur avec un pinceau fin, en la diluant avec un peu d'essence de térébentine. Si on veut colorier T épreuve, on se servira des couleurs à l'albumine, auxquelles on ajoutera une petite quantité d une solution concentrée de chrome-alun et de fiel de bœuf avant de les employer. Il faut les appliquer en couches minces. Un autre moyen de fixer la retouche contre l'effet de l'eau pendant le transport est de verser du collodion dilué sur l'épreuve coloriée.

LE TRANSPORT DE l'ÉPREUVE.

S'il s'agit de renforcer les ombres, ou de donner plus de vigueur au fond, on retouche avec l'estompe et les couleurs en poudre. On mélange de la terre d'ombre et du carmin avec du noir de fumée; le tout doit être pulvérisé et passé au tamis. Ceci est appliqué avec l'estompe en papier ou en cuir aux partiesde l'épreuve qu'on désire avoir plus foncées. Si la surface de l'épreuve ne relient pas assez de couleur, on peut ajouter un peu de poudre de graphite; ou on verse sur l'épreuve, tandis qu'elle est encore humide, un mélange de 1 partie de glycérine et de 25 parties d'eau, et on fait sécher.

Le transport de l'épreuve.

Le papier de transport double est coupé un peu plus petit que la glace avec les épreuves. On l'immerge dans de l'eau chaude jusqu'à ce que la couche de gélatine soit ramollie, ce qu'on sent facilement en frottant l'un des angles du papier entre les doigts pendant qu'il est dans l'eau chaude. Avec une éponge on enlève les bulles d'air.

Alors on immerge la glace portant les épreuves, pour un moment, dans de l'eau froide, on la met sur une table, on retire le papier de transport de l'eau chaude, on l'applique sur la glace, le côté gélatiné en bas, et on passe la raclette dessus pour chasser l'eau et les bulles d'air, s'il y en a. 11 va sans dire qu'il faut cette fois employer une autre raclette que celle qui a servi après le bain de bichromate et qui jaunirait l'épreuve. 11 n'est pas nécessaire de couvrir le papier de transport d'une toile caoutchoutée.

Quand le papier est complètement sec, on le détache de la glace. En séchant dans une trop forte chaleur, il peut arriver que la cire fonde et qu'on ne puisse plus détacher le papier sans le déchirer.

Je n'ai pas indiqué le degré de température pour l'eau chaude qui doit ramollir le papier de transport ; il dépend entièrement de l'âge de ce papier, car la couche gélatinée qu'il porte devient de plus en plus insoluble. Ainsi, pour un papier fraîchement préparé, un bain à 30 degrés est suffisant, pendant que le papier vieux demande une température de 40 ou 50 degrés. Si on employait de l'eau trop chaude, la

LE TRANSPORT DE l' ÉPREUVE.

gélatine pourrait se dissoudre et le papier ne collerait plus à l'épreuve; et si elle n'est pas suffisamment ramollie, tous les contours des blancs de répreuve deviennent plus luisants que le reste.

S'il se forme des ampoules entre l'épreuve et le papier de transport, cela indique que le papier n'a pas été assez longtemps dans l'eau chaude ; cinq minutes sont nécessaires pour le ramollir.

11 ne faut pas verser de l'eau chaude sur l'épreuve que porte la glace ; même l'eau froidejSi elle y reste trop longtemps, produit une espèce de grenu.

L'épreuve détachée de la glace possède une surface très-brillante et qui ressemble à celle des épreuves émaillées. En la montant sur bristol de la manière ordinaire, elle perd une partie de son luisant. Si on veut le conserver, on applique la colle aux bords seulement. Mais généralement on colle le carton sur le papier de transport pendant qu'il est encore humide, une demi-heure après son application sur la glace. On ramollit le carton entre quelques feuilles de papier buvard humide et on l'enduit avec de la pâte d'amidon. Le papier de transport reçoit aussi une couche de colle. On presse les deux surfaces l'une contre l'autre et on met une glace forte dessus. Au lieu d'enduire le carton de colle d'amidon, on peut l'immerger dans une dissolution chaude de gélatine (1 partie de gélatine pour 6 parties d'eau).

Le séchage doit se faire dans un courant d'air, et lentement. Si le carton sèche trop vite, il se détache par un coin, et le brillant de l'épreuve est inégal. Ce défaut est évité quand on enlève les bords de la couche de collodion avec un chiffon qu'on a prélablement trempé dans de l alcool avant d'appliquer le papier de transport. Dans ce cas, il faut, après le séchage complet, inciser les bords avec un canif. En détachant le carton trop tôt, on n'obtient pas le beau brillant.

Quelques opérateurs forment du carton sur la glace même en appliquant trois ou quatre feuilles de papier de transport sur l'épreuve et en raclant chaque fois. D'autres prennent le papier de transport un peu plus grand que la glace et rabattent l'excédant sur l'autre côté de la glace; alors ils y collent trois ou quatre feuilles de papier blanc ; ces papiers doivent être bien mouillés.

On obtient aussi une surface très-line en opérant de la manière sui-

LE TRANSPORT DE l'ÉPREUVE.

vante : Lorsque le papier de transport est parfaitement sec, on immerge la glace dans de leau froide et on enlève le papier au-dessous de Peau ; on coupe 1 épreuve, on la monte sur bristol et on la fait sécher. Alors on la frotte avec un linge trempé dans de la dissolution alcoolique de savon blanc, et on la fait passer par la machine à glacer.

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