PRÉPARATION DE LA PELLICULE
La pellicule se compose de différentes couches de collodion et de caoutchouc ; elle reste attachée à une feuille de papier jusqu'au moment du développement du négatif^ ou môme pendant cette opération.
On prend une feuille de papier émail de la dimension voulue et on lentoure d'une ligne de vernis au bitume de Judée, qu'on trace avec un tire-ligne ou avec un pinceau. Cette ligne sert à attacher la pellicule au papier. Lorsqu'on veut préparer de grandes feuilles^ pour les couper plus tard, on tire ces lignes dans les dimensions dont on veut se servir.
Ceci fait, on plie les bords du papier pour en former une espèce de cuvette ; on pose le papier sur une glace et on le couvre de collodion normal, auquel on a ajouté une petite quantité de paraffine dissoute dans de l'alcool.
CLICHÉS SUR PELICULE.
Celte couche étant s6chée,oiiy verse de la même manière une solution de caoutchouc dans de la benzine. On fait encore sécher et on verse une seconde couche de coUodion composée de :
Alcool . . ... . 100
Ether 80
Coton soluble ... 3 gr.
Huile de ricin ... 3 gr.
Après avoir fait sécher, on verse une dernière couche de caoutchouc. Quand le papier est tout a fait sec, on y verse lemulsion, et la pellicule est prête à servir; elle conserve sa sensibilité pendant un an. On coupe la feuille suivant les dimensions voulues, et Ion préserve les pellicules en interposant des papiers jaunes.
Lorsqu'on a préparé une grande quantité de pellicules qu'on désire conserver, on les met par douzaines, avec des papiers jaunes interposés, entre deux morceaux de fer-blanc de la même dimension ; on coupe les bords avec un couteau pour les avoir tous exacts, et Ton colle des bandes de papier jaune autour des bords. Douze feuilles, avec les plaques de fer, forment un paquet de l'épaisseur d'une glace. On aura soin de marquer le coté du paquet vers lequel les couches sensibles sont dirigées.
Quand on veut se servir d'un des paquets, on ôte avec la pointe d'un canif la pièce de fer-blanc qui est en haut; on retire la feuille de papier jaune, et Ton met le paquet dans le châssis, comme on ferait avec une glace sèche. Si les ressorts du châssis étaient trop forts, il faudrait mettre une autre plaque de fer derrière le paquet pour garantir sa planitude.
Pour changer les papiers après chaque opération, il faut avoir un petit cabinet obscur. Je recommande à mes confrères la tente en caoutchouc inventée par M. Howard,
Cette tente est suspendue au-dessous de la chambre noire, etses coins sont fixés au pied, comme on vei'ra dans la figure ci-jointe.
CLICHÉS SUR PELICULE. 29
Elle esl formée de quatre feuilles de toile caoulehoulée combinées en forme pyramidale. L'une des feuilles est percée de trois trous. Ces Irous sont fermés : celui du milieu par un masque en velours noir, les deux autres par des manches en caoutchouc. On peut donc, en appliquant le visage contre le masque et en posant les mains à travers les manches, opérer dans l'intérieur de la tente et voir ce qu'on fait. La lumière a accès au moyen d'une fenêtre formée d étoffe orange, qui se trouve dans une des autres feuilles triangulaires. Cette tente permet de changer les glaces sèches ; elle est très-légère, prend peu de place, et ne coûte pas cher. Elle peut aussi servir au procédé au collodion humide, quoique, dans ce cas, l'espace soit un peu restreint.