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ÉMULSION A LA GÉLATINE

GÉLATINE SENSIBILISÉE

Dans les pages précédentes, nous avons vu comment on peut faire de bons clichés sans l'emploi d'un bain d'argent. Il y a une autre application du procédé au bromure d'aigent qui réussit bien, et qui même permet d'abréger le lemps de pose. Dans ce procédé, le collodion est remplacé par la gélatine.

On se sert de préférence de la gélatine opaque de Nelson. Pour préparer 120 d'émulsion, on dissout 2 g 50 de bromure d'ammonium dans 60 d'eau; on verse cette dissolution sur o gr. de gélatine, et, après quatre heures, on place le vase dans de l'eau chaude pour dissoudre la gélatine. Alors on dissout 4 gr. d'azotate d'argent dans 30 d'eau chaude, et l'on verse cette solution dans la gélatine bromurée; il faut verser lentement et par petites parties. Le vase contenant ce mélange doit rester pendant quelques heures dans l'eau chaude.

Pour éliminer le sel soluble, on verse l'émulsion dans une grande bouteille; on tient cette bouteille en position horizontale et en la tournant lentement, sous un jet d'eau froide, jusqu'à ce que la gélatine ait fait prise. On place un entonnoir à long tuyau sur la bouteille, et on laisse couler l'eau dedans pendant quatre heures. Après avoir laissé écouler tout l'excès d'eau, on pose la bouteille dans de l'eau chaude, où la gélatine se dissout de nouveau ; si on veut employer l'émulsion de suite, on ajoute de l'eau chaude pour arriver au volume de 120

GÉLATINE SENSIBILISÉE

On peut aussi verser la gélatine sur une glace épaisse et la laisser sécher pour s'en servir en temps voulu. La gélatine sèche ne s altère pas.

11 est de toute nécessité de faire la préparation avec aussi peu de lumière orangée que possible; sans cela, les clichés seraient voilés, la gélatine étant très-sensible k la lumière.

Quand on a de la gélatine sèche, on en dissout une partie dans

12 parties d'eau. Il ne faut dissoudre que juste la quantité nécessaire. L eau de fontaine ou de rivière donne presque toujours de meilleurs résultats que l'eau distillée. L'eau de pluie ne doit jamais ôl:re employée dans ce procédé.

On met la gélatine sèche dans un vase assez grand, on y verse Teau froide et on laisse reposer pendant un quart-d'heure ; alors on place le vase pendant quelques minutes dans de l'eau chaude pour faire dissoudre la gélatine ; on secoue bien et l'on filtre la dissolution au travers de la mousseline dans un aul:re vase. Elle est alors prêle h servir.

Lorsqu'on a un cabinet bien sec et tout-k-fait obscur, il suffit d'y établir une glace épaisse dans une position bien horizontale. I^e vase, qui contient la gélatine et; le paquet de glaces nettoyées, doit rester sur une boîle en fer-blanc couverte d'eau chaude. On a encore besoin d'une baguette de verre qu'on tient dans un flacon rempli d'eau ; ce flacon est également placé sur cette boîte.

On place une des glaces nettoyées sur le porte-glaces pneumatique, et on verse sur le centre une quantité suffisante de gélatine; avec la baguette de verre on le distribue sur toute la surface, et on laisse écouler l'excédant dans le vase. On place la glace sur la glace forte, où elle séchera en quelques heures.

Si la chambre contient de l'humidité, on fera bien d'employer une boîte a sécher, qui sert en même temps de réchaud, et dont la construction a été indiquée par M. Honikel.

R est un tuyau attaché a un entonnoir en fer-blanc; l'ouverture donne accès à l'air, L est une lampe a esprit de vin. Ce petit appareil chaufteur est placé au dessous du tuyau. Dans celte boîte il y a quatre planchettes horizontales. T est un thermomètre.

GÉLATINE SENSIBILISÉ

L'air chauffé parcourt la boîte dans la direction des flèches.

Quand on a gélatine ses glaces on les met à plat sur les planchettes ; on ferme les portes, et Ion allume la lampe. En quelques heures, les glaces seront sèches ; elles conservent leur sensibilité pendant un temps illimité, si elles sont gardées contre Tinfluence de la lumière et de l'humidité.

Le temps de pose est k peu près le même que pour le collodion humide.

On peut développer de suite ou longtemps après; la couche retient l'impression lumineuse pendant des mois.

On a besoin de trois dissolutions :

P. Acide pyrogallique 1 gr., eau 120 ce.

A. Ammoniaque liquide forte 1 gr., eau 16 ce.

B. Bromure de potassium 1 gr., eau 20 ce.

On immerge la glace dans une cuvette remplie d'eau où on la laisse* séjourner pendant cinq minutes. Le révélateur est préparé en mélangeant 15 parties d'acide pyrogallique (P) avec 1 partie d'ammoniaque (A) et 1 partie de bromure (B). L'image vient en 30 ou 40 secondes

GÉLATINE SENSIBILISÉE

et gagne en force ; lorsqu'elle a paru, on ajoute de temps en temps une on deux gouttes d'ammoniaque (A). On obtiendra par ce moyen une densité suffisante. On lave bien et on fixe à Thyposulfile.

Si on trouve qu'après le fixage le cliché est trop faible, on le lave bien et on le renforce avec le mélange d'acide pyrogallique et d'azotate que nous avons indiqué pour l'émulsion au collodion.

Je dois faire remarquer que la couleur du cliché est très-intense ; on doit donc se garder de pousser le renforcement trop loin.

Il arrive quelquefois que les bords de la couche se frisent pendant le développement; cela provient de deux causes: si la glace ou la gélatine ont été trop chauffées, ou si l'eau ne convient pas au procédé, surtout en été, si elle n'est pas assez froide. Employez beaucoup d'eau en lavant la couche, avant de développer; et si le défaut se montre, versez quelques cristaux de sulfate de magnésie dans le réservoir d'eau. On a aussi conseillé de verser une solution d'une partie de gélatine dans 200 parties d'eau sur la couche, entre le premier lavage et le développement.

Les clichés doivent être vernis avant de les tirer, parce que, s'il y a de l'humidité quelque part, le nitrate d'argent pourrait se combiner avec la gélatine et tacher le cliché.

PAPIER ALBUMINÉ

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