‹ Notes photographiquesChapitre 8 sur 30 · ÉPREUVES SUR PAPIER ALBUMINÉ · texte numérisé non relu

ÉPREUVES SUR PAPIER ALBUMINÉ

Le papier brut pour la photographie est exclusivement livré par deux fabriques, celle de MM. Blanchet frères et Kleber, a Rives près de Grenoble, et celle de MM. Sleinbach, à Malmédy, en Prusse rhénane. Tous ces papiers ne sont pas parfaits; il faut donc se contenter de ce qu on peut avoir. Pour les épreuves de grand format on préfère généralement le papier de Malmédy, parce qu'il est très-fort et résiste bien à Tinfluence des bains ; le papier de Rives est choisi de préférence pour les cartes. En France, on se sert presque toujours du papier à 8 kilogrammes, pendant qu en Angleterre et aux États-Unis cest le papier à 10 kilogrammes à qui on donne la préférence.

Le papier brut est enduit d'une seule ou d'une double couche d'albumine. Le papier double albuminé donne des épreuves d'une très-grande satiété de ton et plus de transparence; il demande plus de soins lorsqu'on opère, surtout en été, car alors la couche épaisse tend à se casser en séchant trop vite, et à faire apparaître des ampoules dans les bains très-alcalins. Mais les résultats obtenus avec lui sont tellement beaux, que la plupart des grandes maisons dans tous les pays s'en servent.

La couche d'albumine reste blanche ou elle est colorée en rose, en bleu, en lilas.Le papier rosé clair est préférable au blanc, parce qu'il ne jaunit pas.

Souvent les acheteurs du papier albuminé aiment à recevoir du papier fraîchement albuminé. Mais c'est justement le papier frais qui donne le plus d embarras et qui ne fournit pas toujours les mêmes beaux résultats qu'un papier qui a été conservé dans un endroit sec.

40 BAIN d'argent.

Dans les climats chauds, aux Indes, au Brésil, le papier albuminé ne se conserve pas longtemps ; pour cette raison on enferme le papier bien sec par petites quantités dans des boîtes en fer-blanc qu'on n'ouvre que quand on en a besoin. Pendant le voyage sur mer, le papier doit toujours être emballé dans des boîtes en fer-blanc, pour le préserver des influences de l'humidité.

Le bain d'argent.

Tandis que dans un certain temps on trouvait dans les journaux photographiques une foule de recettes compliquées pour la composition des bains positifs, on est retourné à présent aux bains simples, parce qu'on a trouvé que la complication en photographie n'est jamais un avantage, et que les formules les plus simples sont aussi les meilleures.

Le bain d'argent est une dissolution d'azotate d'argent dans l'eau. Pour sa concentration, nous avons h considérer la qualité de la lumière.

Il n'y a pas de formules ([ui s'adaptent à tous les cas, sans exception. Dans un air pur, on se servira de bains moins concentrés que dans une ville. Pour les négatifs vigoureux, on se sert de bains plus forts que pour les clichés faibles. Un bain d'argent à 10 p. c. est le meilleur pour les travaux ordinaires; en été, on peut se servir d'un bain à 8p.c.: en hiver, un bain à 12 p.c. sera à préférer. Il a été prouvé qu'on peut obtenir de bons résultats avec un bain à 5 p. c, mais je ne conseille pas d'aller au-dessous de 7 p. c.

Les papiers fraîchement albuminés rougissent le bain d'argent; pour éviter cela, on ajoute au bain de la dissolution aqueuse de carbonate de soude tant qu'une petite quantité de précipité blanc (carbonate d'argent) ne se redissout plus dans le liquide. On laisse ce précipité dans le bain. Le bain ne doit jamais rougir le papier de tournesol.

Un autre moyen est de laisser le bain dans la cuvette et d'ajouter chaque soir o à 6 gouttes d'ammoniaque liquide en remuant. Le len-

PAPIER SlvNSlBLi: INALTÉUAlilJ-

demain on passe une bande de papier buvard sur le bain pour ôter lecume superficielle. Mais il faut se garder d'ajouter trop d'ammoniaque, qui pourrait dissoudre l'albumine.

Le papier albuminé simple nage trois minutes sur le bain d'argent ; il faut cherchera tenir l'épreuve à la surface du papier. En hiver, on fera bien de sécher le papier avant de le nitrater, tandis qu'en été on le conserve pendant un jour dans une cave humide ou dans une boîte dans laquelle on a placé un vase avec un peu d'eau.

En ôtant la feuille de papier du bain, lirez-la sur le bord de la cuvette, ou ôtez-la, si lentement, que peu de gouttes tombent.

En la retirant rapidemeni, on perd une grande quantité de solution argentifère.

Le papier double albuminé nage 5 à 6 minutes ; ce papier préparé sur un bain très-faible ne peut pas donner de beaux résultats, et il est disposé à faire des ampoules dans les bains. Le bain d'argent doit avoir le temps de pénétrer les deux couches d'albumine pour les coaguler, sans cela il n'y a pas de contact avec le papier.

Pour nitrater les grandes feuilles de papier, on peut se servir des cuvettes en papier mâché, qui ne cassent pas si facilement que celles en faïence ou en verre.

Papier sensible inaltérable.

L'amateur préférera un papier qui conserve sa sensibilité pour quelques mois. En ajoutant au bain d'argent 1 p. c. d'acide lartrique, on obtient un tel papier.

Tous les papiers se conservent bien en mettant chaque feuille entre deux feuilles de papier buvard qu'on a auparavant saturées d'une dissolution de bicarbonate de soude, et séchées.

Le châssis positif, le cliché et le papier doivent avoir à peu près la môme température que l'air de l'endroit où on fait l'impression. Si le papier séché dans une chambre chauffée est porté dans l'air

PAPIER ALBUMINÉ.

froid, il se plisse, et les épreuves ne seront pas neltes. On ne doit jamais employer du papier qu'on vient de sécher au feu.

Si le papier est trop humide, les épreuves sont ternes; elles sont dans la pâte du papier et non à la surface.

Il faut éviter de tirer au soleil. Un cliché de densité ordinaire ne supporte pas la force des rayons solaires, les demi-teintes sont tuées ou ne peuvent se développer que quand les ombres sont déjà trop venues, Les meilleures épreuves sobtiennent a l'ombre. Les clichés de beaucoup de photographes sont tellement transparents, que la glace du châssis doit être couverte de verre verdâtre ou de papier de soie pour obtenir une impression brillante, parce que sans ce moyen l'image serait mate et sans vigueur.

Si le cliché est dur, on expose le papier sensibilisé au jour avant de le mettre au châssis, jusqu'à ce qu'il ait pris une teinte visible; en mettant le pouce sur un des coins avant l'exposition à la lumière, on établit un petit endroit de comparaison. C est â M. Frank de Villecholle qu'on doit ce moyen, quelquefois précieux.

Pour tirer les épreuves format carte de visite, beaucoup de photographes se servent des pinces américaines au lieu des châssis positifs Voici la manière de placer les clichés

sur la table A B G D. La pression n'est pas assez forte pour les épi'euves de plus grande dimension.

Page 1