‹ Notes pour servir à l'étude des traditionsChapitre 4 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’anthropologie, science éminemment française, faisant de jour en jour d’immenses progrès, j’ai cru devoir porter ma pierre à l’édifice en groupant de mon mieux les traditions, croyances et superstitions de la Gironde, espérant que l’ethnographie traditionnelle et la littérature orale de ce département qui, comme toutes les antiquités, tendent à disparaître, pourraient, à un moment donné, être de quelque utilité aux folkloristes, ou, pour me servir d’une expression plus longue mais moins britannique, aux disciples de la Mère VOije .

J’ai éprouvé certaines difficultés pour recueillir mes matériaux L’emploi du questionnaire, que j’ai placé ci-contre, à titre de renseignement, me paraît peu pratique, car les nombreux exemplaires que j’ai distribués, depuis 1884, n’ont pas répondu à mes espérances. Cependant, ce questionnaire pourra être utilisé comme aide-mémoire par ceux qui voudront prendre des notes.

Le meilleur moyen pour recueillir des documents est de vivre à la campagne parmi les indigènes, presque tous croient

encore aux sorciers, au merveilleux, au surnaturel et il en est très peu qui aient le courage d’avouer leurs faiblesses à cet égard.

Aussi, quand ils ne mettent pas leurs croyances sur le compte d’autrui, ils ne les livrent qu’avec hésitations ou le plus souvent qu’à leur insu.

Il m’a été très difficile, dans cette monographie, de séparer les traditions locales de celles qui ont dû être importées depuis peu de temps, surtout pour le pays situé sur la rive droite de la Dordogne et de la Gironde : le Blayais, le Bourgeais et le Cubzaguais où l’on ne parle patois qu’à une petite distance du rivage, la partie nord de cette contrée étant habitée par les Gabails (gavaches) et les Saintongeais.

Certaines circonstances ont fait que mes recherches ont été dirigées d’une façon plus particulière sur l’arrondissement de Blaye. Cette notice est donc en quelque sorte plus spéciale à ce pays.

Je suis heureux d’adresser ici mes remerciements à tous ceux qui m’ont fourni des matériaux , mais plus particulièrement à mon collègue M. Paul Sébillot, et à mon excellent ami, M. Emile Lalanne.

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