N« II
€ Nous avons été hier toute la journée sur le qui-vive, nous sommes restés jusqu'à 11 heures du soir dans une pénible attente. Le général Musnier qui était parti le matin pour Montluel avec ce que nous avons de troupes, et trois ou quatre pièces de canon, revint hier, sur les quatre heures du soir, en toute hâte avec son monde, persuadé par un avis, qui s'est trouvé faux^ que l'ennemi était à Mâcon et pourrait couper sa retraite. Hier, à 11 heures du soir, on a su positivement qu'il n'avait paru qae 12 hommes à cheval à Mâcon, qui, après avoir commandé àea logements pour six mille hommes, se sont retirés. On a réexpédié le courrier de Paris qui avait rétrogradé le matin, d*après un avis du Sous-préfet de Villefrànche ; et on lui a donné l'ordre d'aller jusqu'à ce qu'il eût la certitude de l'occupation de la route. Il n'est point encore de retour^ ce qui donne de l'espoir.
< Le général Musnier et sa troupe ont repris de nou- -I veau, dit-on, la route de Montluel. »
< Il y a plus de peur que de danger réel, d'une inyafflon à Lyon.
€ Une lettre du Maire de Mâcon annonce qu'il n'y a paru qae 12 hommes de cavalerie, qui ont demandé des logements pQur 15,000 hommes, qui n'ont pas paru.
€ On annonce que les forces qui ont occupé Bourg ne s'élevaient pas à plus de 1,500 hommes.
« Le maréchal Augereau a couché à Tarare la nuit dernière, et sera à Lyon ce soir.
« Le général Musnier est en partisan à Miribel et Mizimieux, avec 4,000 hommes de toutes armes et 2 canons; il a ordre de reconnaître l'ennemi.
« On a vu aux environs de Trévoux une patrouille de 12 hommes de cavalerie , tout prouve qu'ils ne sont pas en force.
« Le duc de Gastiglione a couché cette nuit, dit-on, à Rouane, et est attendu d'un moment à l'autre.
<c M. le cardinal Fesch avait ses voitures prêtes pour partir cette nuit, et n'attendait plus que l'arrivée de ses dépêches par l'estafette de Paris, pour monter en voiture, mais après leur réception, il a contremandé son départ. On ignore par quel motif. On espère toujours la paix. »
16 janvier 1814. — Par arrêté de M. le sénateur comte de Saint-Vallier, en date de ce jour, le général de Laroche fut suspendu des fonctions de commandant de la 7^ division militaire et fut remplacé par le général comte Marchand ; cette nomination rétablit pour quelques jours dans notre ville le calme et la sécurité.
17 janvier 1814. — Ensuite delà délibération prise ce même jour par le conseil de guerre réuni chez le comte de Saint-Vallier, ordonnant l'évacuation de l'arsenal de Grenoble, le baron Piereck, colonel directeur de l'artillerie dans cette ville, demande au préfet cent attelages à quatre chevaux, cinquante charrettes de pays conduites par trois ou quatre chevaux et vingt grands bateaux. Les jours d'arrivée à] Grenoble de ces moyens de transport furent ainsi axés : Les 19, 21, 23 et 25 janvier, cent chevaux chacun de ces jours destinés aux transports sur
Qap de pièces d'artillerie et de caissons ; le 27 et le 29 vingt-cinq voitures pour transporter de la poudre également sur Gap; enfin les 19, 20 et «21, les vingt bateaux pour conduire l'artillerie de siège à Valence.
Nous ne savons au juste la quantité de pièces qui furent enlevés de Grenoble ; cependant, pour donner une idée des transports effectués, nous dirons que le 21 janvier 4 bateaux, seulement, emmenèrent à Valence un matériel assez considérable, à savoir : une grosse pièce de siège et six pièces de 12 étrangères, sept canons de 8 longs^ huit de 12 ordinaires, deux de 8, deux de 16, un de 24, trois mortiers, deux pierriers, huit affûts de siège de 12, vingt- quatre boîtes à balles de 8 et vingt-quatre plateaux de noyer. Notons encore que la neige qui tombait journellement et que les glaçons que charriait l'Isère, ne permirent pas à la plupart des bateaux qui descendirent d'aller plus loin que Voreppe, où ils furent obligés de séjourner plusieurs jours.
Ce ne furent point là les seules réquisitions de transports qui furent faites à l'administration départementale ou municipale : le même jour, 17 janvier, le commissaire ordonnateur demandait encore immédiatement des attelages pour conduire à Ghambérj quatre pièces d'artillerie et deux fourgons de munitions, ainsi que deux voitures de rouliers pour transporter à Briançon des outils néceseaires aux ouvriers qui construisaient une route.
Quelques jours plus tard, il était encore requis 300 sacs pour enfermer les farines et le blé du magasin militaire de Grenoble et le nombre de voitures suflisant pour les transporter à Valence ; trois grands bateaux et douze voitures pour enlever les effets d'habillement et les papiers des diverses administrations militaires. Enfin le colonel de l'artillerie demandait douze cents aunes de serge ou autre étoffe en laine pour confectionner des sachets à poudre pour munitions de campagne ; et le commissaire ordonnateur quinze cents quintaux métriques de grains
pour la nourriture des troupes. Nous ne parlerons point dés réquisitions considérables de chanvre et fourrag3S qui furent faites en même temps , ainsi que celles de médicaments pour les hôpitaux, d'effets de literie et autres objets de toute nature nécessaires aux services des troupes stationnées dans le département.
20 janvier 1814. — On apprend par une lettre du maire de Pont-de-Beauvoisin que des éclaireurs envoyés en reconnaissance n'avaient pu dépasser le village de Saint-Thibaut-de-Gouz et que la ville de Ghambéry avait été occupée par Tennemi sur les dix heures du matin.
Aussitôt, le préfet prit un arrêté nommant M. Fiandrin, maire du Pont-de-Beauvoisin, et M. Guillermoz^ maire de Voiron, commissaires civils pour appeler et diriger les gardes nationales des communes de leurs cantons, et Tautorité militaire fit partir immédiatement de Grenoble 200 hommes d'infanterie, deux pièces d'artillerie et tous les douaniers disponibles sous les ordres du commandant Roberjeot. Cette petite colonne arriva à Voiron le 21 janvier à deux heures du, matin, en repartit quelques heures après renforcée de 800 gardes nationaux de Voiron et de quelques douaniers, mais arrivée à Saint- Lauront-du-Pont elle reçut contre-ordre et revint coucher à Voiron.
22 janvier 1814. — Le général baron de Barrai qui, la veille, avait été nommé par M. de Saint-Vallier commandant des troupes qui devaient défendre la route des Echelles, écrit à ce commissaire extraordinaire la lettre suivante qui fournit quelques détails intéressants sur les forces de sa petite armée.
€ «Tai reçu les trois lettres que votre Excellence a bien voulu m'adresser en date d'hier et je vais avoir Thonneur d'y répondre.
^ Par la première elle daigne me conférer le com-
mandement des troupes qui doivent concourrir aux mojans d'empêcher l'ennemi d'entrer dans la yallée de St-Laurent-du-Pont qui lui offrirait des débouchés sur Grenoble ou sur Yoiron : je la supplie d'agréer mes re-. merciements de cette marque de confiance ; — j'employerai tous mes moyens pour la justifier.
« La seconde et la troisième me font connaître le projet de détruire le chemin de la Grotte et de rendre impraticable celui qui est en constructioû par la percée de la montagne; pour son exécution j'adresse une circulaire à tous les Maires mis sous la dépendance de celui de Yoiron pour leur enjoindre de mettre à ma disposition sans perdre un instant la plus grande quantité d'hommes qu'ils pourront, et je leur prescris de me remettre en me les présentant la liste de ceux qui auront été convoqués afin que je puisse distinguer les fidôles et braves sujets de Sa Majesté d'avec ceux qui manqueraient à leurs devoirs envers leur Souverain et leur Patrie.
« Un estafette part pour aller à la recherche du détachement parti le 19 des Echelles pour Bourgoin, il est porteur d'ordres pour le commandant à l'efiet de se rendre sans délai aux Echelles, point général de rassemblement.
< M. l'inspecteur des Douanes envoie l'ordre à ses subordonnés qui sont aux Abrets d'arriver en diligence à Voiron d'où ils seront dirigés sur les Echelles où ils doivent arriver demain matin.
« Les deux pièces de canon et les munitions que M. Roberjeot a laissé hier à Voiron vont partir pour les Echelles avec les canonniers que Voiron pourra fournir.
€ Une lettre que je reçois à l'instant de ce commandant me prévient qu'il arrivera aujourd'hui à Saint-Laurent-du-Pont à trois heures après midi, je m'y trouverai demain matin et me rendrai de là aux Echelles avec sa troupe.
^ Il me reste à parler des hommes à requérir par les
Maires mis sous la dépendance de celai du Pont-de- BeauYoisin.
« n est à observer qu'un des Sous-Préfets du Mont- Blanc est en ce moment en résidence au Pont-de-Beauvoisin. Lie Maire de cette ville lui ayant communiqué ses instructions a dû s'attendre à le voir concourrir à leur exécution ; et en effet ce Sous-Préfet lui a d'abord paru plein de zdle, mais une beure après lorsqu'il a fallu requérir, le Sous-Préfet qui s'était sans doute laissé subjuguer par les habitants du Mont-Blanc (lesquels ne paraissent rien moins que disposés à défendre leur territoire) a dit que ses pouvoirs ne lui paraissaient pas s'étendre josques-lâ, qu'il craignait de se compromettre et autres défaites de cette nature, en sorte que je ne puis nullement compter sur le zèle, l'affection et les secours des ci-devant Savoyards.
« Voici donc à quoi paroissent se réduire les moyens mis à ma disposition :
1® Deux cents hommes de troupes de ligne commandés par M. Roberjeot, cy 200
2^ Deux cents douaniers dont dix à cheval, mais M. leur inspecteur ne croit pas en voir arriver à Voiron plus de cent cinquante, cy 150
3** Hommes fournis par le Maire de Voiron, par apperçu 250
4* Hommes fournis par le Maire du Pont-de- Beauvoisin, par apperçu 150
D'autres troupes pourront peut-être se réunir aux Echelles, mais seulement dans quelques jours, savoir :
5^ Les cent hommes de troupe de ligne présumés être à Bonrgoin.
6^ Les trois cents hommes que M« le baron de Raverat compte m'amener de Grémieu.
Reste donc un effectif présumé de 750
« Il serait bien à désirer, Monseignear, que le projet de Votre Excellence pût s*exécater dès demain 23, mais la troape de M. Roberjeot serait seule en état d'agir, et même cela n'est pas bien certain. D'autre part, je veux commander en personne l'expédition, et il faut cependant que je me trouve à Voiron lorsque les douaniers et les hommes à fournir par les communes y arriveront pour les animer. C'est pourquoi je crois devoir remettre l'expédition à après demain 24, pour le succès de laquelle je ne puis entrevoir rien de mieux que de rompre le chemin au-dessous de la Grotte et celui à Tentrée de la percée.
4: Supposons actuellement que les troupes qui ont paru devant Montmeillan n'auront fait qu'une fausse démonstration et qu'elles se trouveront en grande force en avant de la Grotte, en sorte que je ne pourrais pas protéger les mineurs. Dans ce cas je proposerais, Monseigneur, de couper de suite la route des Echelles à Lyon au pas de Chaille; de couper celle des Echelles à Voreppe et Grenoble en dessous du Gol de Placette près de Pommiers ; de couper les chemins de Raz, du gi^nd et du petit Grossey, de l'Echaillon et de Pierr^Ghave. Par ce moyen en garnissant les hauteurs de quelques postes on pourrait empêcher l'ennemi de s'avancer sur Lyon, Grenoble ou Voiron.
« Si je ne puis réussir au pas de la Grotte, je disposerai tout pour l'exécution de ce second projet que cependant je ne me permettrai pas d'effectuer avant d'en avoir reçu Tautorisation que j'attendrai aux Echelles où j'arriverai demain, 23, sur les dix heures du matin. »
23 janvier 1814. — Le général de Barrai fait occuper le passage de la Grotte des Echelles à dix heures du matin. Le soir du môme jour les troupes françaises étaient attaquées. Voici, à ce sujet, l'un des rapports adressés par le commandant Robergeot au général Daumas, commandant le département :
« De la Grotte, le 24 jantier, ^ à 8 heares da soir.
« Mon général,
« Il n\v a plus de doute qu'il n*j ait de Tinfanterie autriohitfnue sur U cbemin de Ghanîbérj. Trois prisonui<^ que nous avons fait aujourd'hui en sont la preuye. AH)oui\l*htti à 10 heures du matin le poste que j'ayais )ai;sisi^ hi«r à la Roohe perc^, lors de ma retraite de S^-Jmu» a M atlaqui^ par une compagnie hongroise forte dd 150 hommes* L» poste a 6dt la plus belle résistance ; il a t^it livi$ pn»>iiai«r$ et a blessé quatre honcpnes qmi o*t M <Nupcr<ê«. JV (k4 plus heureux aujourd'hui que U ttuil ^iK^uh^f^ attcvi booim^ D*a été blessé. Cette ap- ^vàruth>tt «t^ IVivMttû a «a pea retardé nos trayaax. Le (v:ul vt«i^ $l«>iar<i:t <^ «>.>ap^« Le chemin de la Roche l^^dw^ e<^ r^mitt ùttpcaû«ahl«» ]>efliain tout sera prêt ^\Hkr âtav :3taut^ eit «:a$ à^ Insoîa W cbemin de la Grotte vl ^«u^'iitsM^ ;à r^iuwm vi*T desceodK, si Tenyie lui en
^ h\' »;t*;)(n^W$ «^rct(^ ttoit i <2tr^ attaqué, j'ai pris mes t«thM«.i\)4 ^ >.V£t^Mt!«K'«^ J^e${.iki^^^ p^Q â peu mes solvta^ ;)L*^<i^*i:;:^/it!;« L ^«mt itfoDcntfcr^ ipae dans Tattaque J^ ^ ugt:^ i«^«k^ t:'<nta«»tti: ânt ;£u:sÈI p«r wa habitant de
^ .V^i'^i'^ '^^ jV ^^ ^urr^c <iik}«x âi^tbitants qui yeubiiti^i; >^ Chijtud>%^'M ; M îMi^ 4i. ôitt «^»fe£dm i M. le gé-
^"^ a.i**vvo ,o^( i. — Vïw l*j«» vâtBMW dut Pont- ,;^J:j^Mi*\xs^ii c'ouiHu^ |u«ù(tu!tii^ :! ^jMn ii pijuiMB iÉ B a»r les
», ^> '^^A«^ \^*4^ v^iw i^ii^s iv;m( jitor aiiitâ^ que des ^U|ii.Ws«««< vW«v-iM»vv ;v'g(<\ivù{ -.«i^^tiitiH^ 4U: ytlBi^ d^Aigne- ^V^Viib l >As»\ -t^'V hÎu c^m£>Mh3^iicmrâL <it «a bourg N^A^^^i^bii; w^^v^viv ^it«( À X .t^ jiiiiriMLift B a n al pour
qu'il m'envoya 200 hommes de ligne à l'effet de mettre le Pont-de-Beaavoisin à Tabris d'an coup de main.
€ M. le Général m'envoya 80 hommes qui arrivèrent i neuf heures du soir, en me disant qu'il ne pouvait pas disposer d'une force plus considérable, m'invitant de mettre sous les ordres de Tofficier expérimenté qui commandait ce détachement tous les gardes nationaux que je pouvais avoir au Pont. Cette dernière force arrive à 150 hommes, depuis hier, mais elle n'est point suffisante sur un point aussi important où viennent aboutir par une inûnité de coupures les trois déûlés d'Aiguebellette, Novalaise et le Mont-du-Ghat. Je vous prie donc, Monsieur, de solliciter, auprès de M. le comte de St-Vallier, de prompts secours pour arrêter la marche de l'ennemi sur
cette partie du département
Des hommes de conûance m'ont également rapporté que 30 hommes s'étaient présentés avant hier matin dans le village d'Aiguebellette ; qu'ils étaient entrés dans plusieurs maisons pour y boire et manger ; qu'ils avaient enfoncé une armoire chez le Maire pour y prendre du linge et en avaient fait autant dans la chaumière d'une malheureuse veuve. Ils ont fait fondre chez le Maire et avalé, entre douze, un pôt de beurre pesant 16 livres, en j trempant simplement leur pain. Ils se sont ensuite retirés avant la nuit pour reprendre le poste qu'ils occupent sur le revers de la montagne. Ils ont dit aux habitants que l'on enverrait le lendemain un détachement plus considérable pour marcher sur les Echelles »
La lettre suivante du général de Barrai, au général Marchand, datée des Echelles, le 29 janvier, donne un aperçu exact des dispositions prises pour couvrir le terrain qu'il était chargé de défendre :
< Pour vous faire connaître ma position actuelle je vous dirai que d'après les ordres de son Exe. le commissaire extraordinaire de sa Majesté, j'ai rendu le chemin de la Grotte impraticable pour la cavalerie etl'artillerie et que,
des murs éptis en pierres sèches de la hanteor de six pieds et manis d'un parapet ayant été établis dans le percé de trente en trente toises, j'ai facilité de défendre ce second passage avec pea de monde contre des forces inâniment sopérieares.
€ Cependant comme Tennemi pourrait détruire les obstacles qne je loi ai opposé, s'il n'en était empêché, et comme d'ailleurs les montagnes sont traversées dans cette partie par plusieurs sentiers, j'estime qu'il Êiut 200 homin<es |vur couvrir entierânent le passage de la Grotte et de ses environs.
€ Par ce moven, je pourrai me maintenir dans cette partie ainsi que vous me l'observez ; mais ces mesures ne so^^nt pis à beaucoup près pour empêcher l'ennemi de ùire ies :n>Hi:^ons du bassin du Bourget et de Ghambéry (dont il ^ maître <^ où il a de grandes forces) dans celui du Guier:s* que j\veupe avec 430 honmies de bonnes troupes de li^me et 290 dv?uaniers ou gardes nationaux, sur li^tteb il u*^t guèivs permis de compter ; et vous obâ^rYeres> mon Général^ que si Fennemi venait à occuper l^ h^^VL du Goiers. il s'étendrait facilement dans les arrOindi$$«^me£its de Gr^aoMe eS de la Tour du Pin.
« L'obstaele pricLcipal que La nature lui oppose consiste dau$ U moxilâ^irue de I*£piae qui s'étend depuis le chemin de k GroUe ju^squ^au Kai^M« Cette montagne est travers«$< ^>ar ti\>is principaux vvis : ceux d'Aiguebellette, de Nv^vatai$i» et vlu Mont^u^-Chat, tous praticables pour les ch<^Y;jtttX ; et de ce^ tzvis cols partent d« chemins qui tra- TiMr$>^ftt le b^^u dtt Guiers par de nombreuses ramification» : je ne p^le pa»s de plusieurs sentiers difficiles même P^.>ur le* piéîon^
^ M;i^ li^tte vie dé:ett$e sVtettd depuis le village de la Grvvtle> ju^u'i $tA^«ecù$ cù le Gaiers se jette dans le Rhv>ue> et U Y * 3 à 4 heures de marche depuis les KcheUeô et le Pv>ttt^e«Beauvoisiii jusqu'à mes postes tvaAQ<fe> ci^ qui «a «xi^ d autr^ ioLt^rmédiaires ; (»r, ju-
gez, si dans de telles circonstances, je «pourrais avec 720 hommes me maintenir dans le bassin da Guiers, tandis que l'ennemi débouchant sur plusieurs points ponr« rait me déguiser celui sur lequel il porterait ses principales forces.
« J'ai fait connaître à Monseigneur le Commissaire extraordinaire l'urgence d'emplojer au moins 1200 hommes pour la défense du bassin du Guiers, et j'espère mon Général, qu'en sentant la nécessité, vous vous concerterez avec lui pour y envoyer des renforts.
« J'occupe actuellement la Grotte, les Echelles, le Pont-de-Beauvoisin et le col d'Aiguebellette avec quelques postes intermédiaires ; et ne pouvant sans me compromettre occuper les cols de Novalaise et du Mont-du- Chat et lo bourg d'Yenne, je suis réduit à faire surveiller cette partie sur laquelle il se présente parfois des troupes ennemies qui menacent le bas Guiers et la rive gauche du Rhône.
€ Vous vojez, mon Général, qu'il ne s'agit plus ici de me maintenir au-dessus du poste de la Grotte, mais bien de défendre une ligne de six lieues épaisse de quatre à travers des chemins difficiles, par une saison rigoureuse, ce qui excède de beaucoup les^forces d'un vieillard, tout au plus bon pour le conseil. Or, comme un homme de guerre doit être sain d'esprit et de corps, j'ai invité Monseigneur le Sénateur ^à me remplacer. Si cette faveur ne m'est pas accordée, je vous prie, mon Général, d'être fermement persuadé qu'autant qu'il sera en mon pouvoir, j'employerai avec zèle le peu de moyens qui me restent pour exécuter les ordres qu'il vous plaira de me transmettre.
<r P.^S. — Je viens d'apprendre que 13 gardes nationaux ont déserté la nuit dernière du Pont- do-Beau voisin, et chaque jour il y a des douaniers et des gardes nationaux qui désertent avec leurs armes.
<( En considérant l'extrême faiblesse de mon détache-
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tlGEL.
Le séxinl de Bural battît en retraite et fit preadre pofixtîfiii i ses trcuptfy partie sa dâîlif de Gpoasejv pour eofirrir Tofroa, part» 2a col de la Iia«ette, pour défendre Yoreppe. Au cciamieiicaBeat de la retraite, linqéùieaT Carre- Yagniat, arrêté par les Aatrichiens, fat fort maltraité et resta ^nsonnier pendaat qadqœs heures, ainsi qa'ii le rappcrte loiniiéme dans an mémoire adressé le 10 férrier ffo'rant â l'ingémear en chef da département de VÎMére.
Diverses lettres adressées an préfet de l'Isère, fJoi^ssent quelques détails sur la marche et le nombre des ennemis, soit aux Echelles, soit dans les environs du Pontde-Beau voisin, et c'est à ce titre que nous en donâeèons les extraits suivants :
€ Pont-de-Beauvoisin, 31 janvier, 9 heures du soir.
« Ge que je vous ai annoncé depuis huit jours vient de se vériûer ; nous apprenons à Tinstant, par un détachement de gardes nationaux envoyé ce matin â la décodverte à Aiguebellette, que l'ennemi s'y est porté au nombre de 800 hommes, y compris 50 hommes de cavalerie ; qu'il a attaqué et mis en fuite le poste du château de Lépin, qui n'était composé que de 130 hommes. Nos jeunes gens, au nombre de 12, se sont trouvés coupés deux fois, ont essuyé plusieurs décharges, auxquelles trois ou quatre des plus braves ont riposté en se retranchant, mais à la fin ils ont cédé à la force et se sont échappés. Leur retour vient de produire une terreur panique qui nous sera funeste ; elle va paralyser nos 2O0 gardes nationaux qui sont sans expérience. Nous n'avons que 80 hommes de ligne â opposer à l'ennemi qui viendra peut-ôtre au Pont cette nuit ou demain matin.
« Le Maire du Pont,
« FlamdrIn. »
a Voiron, le 3 février, 7 heures du soir.
€ Des renseignements qui viennent de m'ôtre transmis et que l'on peut regarder comme certains, portent que l'ennemi n'était ce matin aux Echelles qu'au nombre de 200 hommes.
4: Hier soir on fit dire aux bourgeois des Echelles qu'ils eussent à se tenir fermés chez eux, que s'ils sortaient on ferait feu. Cet ordre avait pour but de masquer la re-9 traite de l'ennemi sur Ghambér^.
— 15fl —
« Toot annoDce tpe dans U joDrnée (faDJomdliDi Totsemi se sera porté sur Montmeillan et qoe nos troapes poarraient dtre attaquées demain.
t On peut coDjectorer de ces marches ^ contremarches que l'ennemi n'est pas aussi fort qu'on le pense. Son de»aein est d'attaqner et de s'emparer de Grenoble; il l'annonce asMi clairement.
< Oa n'a pas pn savoir posiliTemsit aux Bchellea la root« qu'avait prise l'ennemi -, cependant on regardait comm# conrtant qu'il s'était dirigé sur Ghamliêiy. Les Antri^'^iens disaient qu'il» avaient 1,000 honunes qni aTaiMii )ia!ji^ par la Novalaise pour se rendra an Pont-
* Le Maire de Voiron,
« Jlu quanior ç^éral de Vorej<pe, le S iérriet. i .V vioiis d"rtri^ prèTemi qu'une patronill* de hait
ïi.iWuicA .V cJtMiitcif i'Uat Lier sux Jûsniti, qa'^e n Mt ^;'i\>u\nr ni: luaiîv if k«« oùmmnne d«e vexatioDS 4».wW>*, çn'e^f iïii ji WffiTi ]es sabres uns isr la tête pendul à-Mt^^-^jf. '.V a^E :::\'Ât^aiT âe$ rL3if«ii:Ti«Dent8 sur y.M'i'MauMiiK'a: .^«« X'tT'i'W Xitïî.-iiiales. israir ta la eomikiU)^' :^ Y .-i-j.iii; SU' -îkiïfliïàrL:! <a s naUaî d« Montferrat
JhMfiaoJi ifftrt H'ioatatk >"iTai^KX ix <eSi« <des Bdielles «É lit» ruAdiM-BMwiwâiJi:. ùf ■ttiiBlto et Saixt-ValUdr, à ttraMWtth •» ' wlw:t fijL^ laas JT'rjuaeiajiL. Fs* de «as
Fiuis: ^ Aiijsinùi»' ifr ILirtimjt^ pour dt)' qfiMlqtWA b»(igt» «i.K^itc iiauDe. JL;-
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matin une entrevue avec le prince Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie. Ce dernier, prétextant de l'attitude alors plus qu'équivoque de l'armée napolitaine, de la défection du roi de Naples et du peu de troupes qu'il y avait dans le Piémont, voulut bien néanmoins expédier sur-le-champ, pour renforcer les troupes du général Desaix, campées à la Ghavanne, en face de Montmeillan, un petit corps d'infanterie fort de 600 hommes et quelques petits détachements de cavalerie et de sapeurs.
D'autre part, le 1®"* février, le comte de Saint- Vallier informait le maire de Grenoble des dispositions prises pour défendre cette ville :
« Monsieur le Maire, il est convenu qu'on ne défendra pas Grenoble, dans Grenoble.
« Il est sage de prendre des précautions et de faire à la position du Pont de Piquepierre, près la Buisserate, un retranchement. Cet ouvrage sera tracé demain de bonne heure par M. le colonel d'Hautpoul, qui prendra à ce sujet les ordres de M. le comte Marchand. Je vous prie. Monsieur le Maire, de vous concerter demain matin, avec M. le colonel d'Hautpoul, et de prendre les mesures nécessaires pour lui fournir le nombre d'ouvriers terrassiers qu'il jugera nécessaire. Ces ouvriers seront payés comptant par ses soins. Ils devront être au travail vers les dix heures du matin.
4: S. E. le Ministre de la Guerre ayant ordonné que Ton fît des travaux à Grenoble, il paraît que la position du Pont de Piquepierre est la plus propre à être mise en état de défense. Cette mesure n'est que de précaution. L'ennemi ne s'est pas avancé en deçà des Echelles, et tout porte à croire qu'il a voulu seulement se donner le cours du Guiers pour limite. »
Enûn, dès le 5 février, un détachement de 200 hommes occupait les défilés du côté de Saint-Pierre-de-Ghartreuse, et, à Grenoble, le général Marchand poussait avec vigueur l'organisation de compagnies franches.
6 février 1814. -^ Le comte de Stint-Vallier, accompagné da gënëral Marchand, du sons-préfet et da maire de Grenoble, passe en revue, sons la halle, la cohorte de la garde nationale, organisée en verta du décret da 5 avril 1813. Cette troope, placée sons les ordres de M. de Montai, se composait de quatre compagnies commandées par les capitaines Lavandan, de Ghichilianne, de Ghaléon et Hélie ; les autres officiers étaient MM. Rey , Alphonse Périer, Blanc et de Sinard, lieutenants ; Rivier, de Pina, Favier et Bernard, sous-lieutenants.
La garde nationale s'organisait également en régimei^t pour concourir à la défense de la ville de Grenoble ; dès le 1*' février, un arrêté en avait nommé les che& de bataillon, qai étaient : MM. de Lespinasse, ancien colonel d*aitilierie ; Gauthier-Descotes, ancien chef d'escadron ; Yjgnon, ancien chef de bataillon, et Duchon, ancien capitaine.
7 février 1814. — Une lettre du général Marchand apprend au préfet et aux habitants de Grenoble que la veille une affaire avait eu lieu près de Ghapareillan :
« Je crois que l'ennemi ne fait que des reconnaissances à la Tour-du-Pin. Il ne peut pas être en force de ce côté, d'autant mieux qu'il s'est présenté hier au nombre de quinze cents hommes devant Ghapareillan, et qu'il s'est emparé de ce village où nous n'avions qu'un avant-poste. Si nos troupes de Yoreppe étaient un peu plus solides, je leur donnerais l'erdre de marcher sur les Echelles pour s'en emparer et couper ainsi tout ce qui est au Pont-de- Beauvoisin ; mais on ne peut guère se âer à elles, et il ne convient pas de les éloigner trop de Grenoble.
^« Je n'ai cependant aucune inquiétude du côté de Barraux, où je ne pense pas que l'ennemi ose rien tenter; j'y ai envoyé un officier pour voir ce qui s'y passe. Pour le moment je ne crois pas que nous puissions nous occuper de la partie de la Tour-du-Pin. »
Le même jour, 7 février, nne lettre de M. Bravet, maire de Barraux, apporta, à Grenoble, des détails sur rengagement de la veille :
« Dimanche six da courant, dés les dix heures du matin, trois cents hommes d'infanterie ennemie, et quelques cavaliers, se portèrent au hameau de Bellecombe et se rangèrent en bataille autour de l'église et des masures d'un ancien château ; de là ils aperçurent un poste que M. le major Bois, commandant nos avant-postes, avait placé près d'un pont qu'il a fait couper sur le ruisseau de Gernon, pour intercepter la communication de Tennemi avec la commune de Saint-Marcel, au midi, sur laquelle il menaçait de se porter ; il s'engagea aussitôt entre ce poste et l'ennemi une fusillade très-vive. Ce poste fut suiv le-champ renforcé d'une compagnie et la fusillade redoubla de notre côté.
« Une gorge large, profonde et escarpée servant de lit au ruisseau de Gernon, nous séparait de Tennemi et n'était néanmoins pas assez large pour neutraliser les balles que l'on y échangeait ; le feu a duré de notre côté jusqu'à ce que nos troupes dans ce poste aient eu consommé toutes leurs munitions. Dès qu'on s'aperçut que le feu ralentissait de notre côté, M. le major jugea que ce ne pouvait être que par le manque de munitions. J'étais sur le terrain avec lui , il me demanda des hommes pour porter de suite des munitions à ce poste. Ils furent requis sur-le-champ et lui portèrent en toute hâte ces nouvelles munitions. Ges hommes furent suivis par nombre d'enfants qui, méprisant le danger, se chargèrent eux-mômes des paquets de cartouches et furent les déposer dans les gibernes et dans les poches des militaires. Des que ces troupes, descendues quelques pas après avoir brûlé toutes leurs munitions, en eurent reçu de nouvelles, elles remontèrent aussitôt et le feu recommença.
« Pendant que cette affaire se passait sur les deux rives de cette gorge, plusieurs colonnes ennemies, cavalerie et
infanterie, se poi taient les unes par le haut, les autres par le bas sur la commune de ChapareiUan et vinrent déboucher sur les dernières maisons, au midi de cette commune, pour y cerner 600 hommes environ qui s'y trouvaient log:i%. Une autre colonne arriva par la grande route, ayant le général Zegmeister à sa tête ; sitôt qu'elle parut sur la frontière de notre département, éloignée d'environ un mille du hameau de Gernon, où étaient nos troupes, elle lâcha une bordée de coups de canon sur ce hameau, mais comme elle n'avait que des pièces de trois, et que la distance était considérable pour du si petit calibre, ils n'ont fait aucun mal, quelques boulets ont frappé aux murs do deux maisons et ont à peine marqué. Nos troupes qui s'aperçurent du mouvement de l'ennemi, se retirèrent en onlre sur la position, au midi de la forêt de Servette et sur les terres de Gotanier au sud-est, d'où elles découvraient et gardaient toute la plaine jusqu'à l'Isère ; nous n'avons perdu dans cette retraite que trois hommes prisonniers ou déserteurs. L'ennemi occupa Ghapareillan Jusqu'à sept heures du soir et a pillé dans diverses maisons (les linges, denrées et ustensiles de cuisine, entre autres chez le sieur Bravet du Verger, dont la maison est situéo sur la frontière. Ils ont pris tout ce qu'ils ont trouvé dans cette dernière maison, jusqu'aux bêtes de somme du fermier ou meunier dudit sieur Bravet. Nous avons gardé nos dernières positions toute la journée, et les troupes y ont bivouaqué toute la nuit, ainsi que le mt^ov qui les commandait. Les reconnaissances que M. le major n fait pousser aujourd'hui sur la ligne ennemie ont rapporté qu'il était rentré dans les mêmes positions qu'il occupait lors des dernières opérations desquelles j'ai eu l'honneur do vous entretenir.
€ Nous avons eu dans cette journée, sur les divers points, trois hommes tués et de vingt à vingt-deux blessés dont deux ofSciers.
<i Les habitants de Bellecombe et Ghapareillan, où ces
diverses affaires ont eu lieu, ont rapporté que Tennemi avait eu sept hommes tués et de trentensix à quarante blessés.
« M. le major vient de faire occuper GhapareiUan par nos troupes.
€ Pendant ces diverses actions, le major Bois me demanda soixante hommes pour abattre les arbres qui con- Traient les chemins, par lesquels il craignait que Tennemi pût descendre pour le tourner, afin que le canon de la place pût tirer sans obstacles sur l'ennemi s'il se présentait ; ces hommes ont été requis et l'abatage exécuté surle-champ et au bruit de la fusillade. Dès que le bruit eut cessé, j'ai fait publier au bruit de la caisse une invitation aux habitants de ma commune de transporter sur-leehamp des vivres et du vin à toutes les troupes qui étaient sur la ligne, s'étant battues toute la journée sans boire ni manger, et chacun s'est empressé de satisfaire incontinent à cette invitation, de manière que le major a été trèSHsatisfait de leur dévouement. >
Le combat dont on vient de lire la description fut pour le moment le dernier où l'ennemi prit Toffensive.
Il était temps, en effet, que l'on vînt au secours de Lyon et du département de l'Isère : nos troupes étaient épuisées de fatigue. Le i^' février, l'hôpital de Grenoble renfermait 600 blessés ou malades, et comme cet établissement manquait de linge et de charpie, le maire fut obligé de faire un appel à la charité publique.
Napoléon conâa à Augereau la défense de l'Est ; ce maréchal arriva dans Lyon le 14 janvier ; il y fut bientôt rejoint par 10,000 hommes de vieilles troupes venant de la Catalogne ; le 12 février, il reçut Tordre de se porter sur Genève, en chassant l'ennemi du Bugey, de la Franche-Gomté et de la Savoie. Toutes les troupes placées sous son commandement, en y comprenant celles de l'Isère, pouvaient s'élever à 24,000 hommes d'anciennes et de nouvelles levées et de toutes armes.
Il les partagea en quatre corps d'armée, les trois premiers commandés par les généraux Masnier, Panneti» ^ Bardet, et le quatrième, par le général Marchand. Ge dernier corps n'avait pas de cavalerie et ne comprenait que 4,800 conscrits, en grande partie Dauphinois, soldats encore peu exercé, mais pleins d'ardeur. Marchand avait, en outre, sous ses ordres quelques bataillons de gardes nationaux mobilisés tenant garnison dans les places fortes des Hautes-Alpes. Il avait divisé ses tronpes en quatre fractions, placées : 1° dans les environs de La Toop-da- Pin, sous les ordres du conamandant de Raverat ; 2° dans les environs de Saint- Geoire, sous le conunandement da général Ghabert ; 3® entre Voiron et Voreppe, sous le commandement du général de Barrai ; enfin, 4* devant Montmélian, sous les ordres du général de division Desaix.
Voici une série de documents qui fourniront quelques détails sur les événements qui se passèrent alors dans VUère et dans la Savoie,
1* Rapport du baron de Raverat, en date de La Tour-
a«-Pin, lo 13 février:
€ Entre dix et onze heures du matin, ma reconnaiasance x\^ x^nxfiïévic composée de vingt hommes a été vivement attA*;»^ î*^r soixante cavaliers ennemis, qu'ils ont tenus en A-'h^"' tvndanî un çuart d'heure sur le mâne terrain <^n raissrt > Oi>;;p v^e satre^ L'officier de gendarmerie, ^rANv ot inlr^i-iv^e, r.;'a prouvé dans cette affidre qu'il était r>.s'n<^ ô.*"^ ti"^»-.!^ \nk o»->r.^ance.. que je Ini avais déjà donnée ^^1l.!e^^.^i fi M-. t.-^r.t ^r. s^ dofeiiiùtt Ti^-oni^ecsement, me •('.■^nv p.vx-^7.;; ,<i«9<'»E ti^t ôf oettf ittaqne; c©t expédient Mi'rt 1V.-.S ô.s..!t > ofts i'\" pTviîwTf :es njesares pour que la N>ho ,M-. ,^ suis r.W,î non à o;rii.ii±ne J'ai à regretter <ï^\.">i^v oiv^x-^v-ç KY»niîs.*rt'î^ (;iî< .Vif. Tîe présume qne blessés, li^Mii ,^>n\ v,Nr.1 ..x^;Â -.viîrj.^s 70-: : sf.n$ Ciitte perte, je serais i^MMïM.i oV xviï'o ?itîK,«<s i»ft:\v <^r/eiie ma mis i même de
reconnaître la bonne volonté de ma petite troupe, qui au premier coup de générale m'a suivi aux cris de vive r Empereur et chargeant leurs armes en marchant dans la position que je leur avais assignée,
« Je ne puis vous détailler en ce moment bien d'autres choses que j'aurais à vous dire. Je me borne à vous annoncer que tout le monde a fait son devoir en criant de marcher en avant, ce que je n'ai pas cru devoir entreprendre avant que d'avoir reçu des renforts d'infanterie de ligne et d*un peu de cavalerie, que je vous prie instamment de réclamer près de S. E. le maréchal Augereau: je crois ce renfort d'autant plus utile que l'ennemi, manquant déjà de vivres dans le Mont-Blanc, ne manquera pas^ j'en suis sûr, de revenir m'attaquer. »
2^ Rapport adressé des Echelles, le 15 février, à une heure de l'après-midi, au général Marchand par le capitaine d'état-major Bellar :
« Mon Général,
« Malgré l'envie d'exécuter vos ordres ponctuellement, nous n'avons pu arriver sur les Echelles qu'à 8 heures. Les eaux, la glace et les nombreux déûlés nous ont empêchés d'arriver plus tôt. La colonne Roberjeot nous a fait un peu attendre. 300 hommes du 18® ligne ont passé au gué sous le Villard et se sont portés sur la Grotte. Le reste a attaqué de front : les voltigeurs du 1" de ligne en avant. Le capitaine Gervais, avec 150 homines du même régiment, était en réserve. M. le Major, avec 300 hommes du 1®' de ligne, après avoir passé le pont Jean-Lioud, s'est porté à gauche pour tourner les Echelles et couper la retraite sur Ghaille. Nous avons traversé le Guiers en colonnes serrées, au pas de charge et aux cris de joie de toute la troupe qui a montré la plus grande ardeur. Malgré que nous eussions de l'eau jusqu'à la ceinture, il n'y eut pas la moindre hésitation. M. le Major et les officiers supérieurs avaient mis pied à terre et nous nous sommes
proprement mouillés.* L'ennemi, voyant toutes ces dispositions, n'a fait qu'une faible résistance et a fui à toutes jambes. Nous n'ayons pu prendre que quelques voitures de vivres qui montaient déjà la Grotte. Dans ce moment, on se fusille i la Grotte ; nous avons pris position à la coupure et n'avons eu que deux tués du 18^ et un voltigeur du 1*^. 150 hommes grimpent la gorge de Gerbais et tournent la Grotte. J'espère que ce soir nous aurons la Grotte ; nous allons communiquer avec le colonel Brun pour connaître ses opérations. Jusqu'ici elles n'ont eu aucune influence ; cependant on sait ici qu'il a fait treize prisonniers à Saint-Pierre-d'Entremont, et qu'il a attaqué Gorbel. Le général Ghabert (1) est vis-à-vis de Ghaille ; ses gardes nationaux ont marché avec gaieté. Nous n'avons pas encore de nouvelles de celles de la Tour-du-Pin qui ont marché sur le Pont. 150 hommes du 1®^ sont à Ghaille et occuperont demain le Pont ; les troupes sont trop fatiguées aujourd'hui. Un fort poste est sur la route de Lépin, à une lieue d'ici.
^ Il y avait ici en magasin 3,000 rations de pain, deux tonneaux de vin, de Teau-de-vie ; l'ordre de payer d'avance deux mois de contributions était affiché.
« Au milieu du feu, les habitants ont accouru au-devant de nous pour nous diriger ; ils nous appelaient leurs libérateurs, apportaient des rafraîchissements aux troupes et criaient : Vive r Empereur / k tue- tête. Leurs dispositions ne sont pas autrichiennes ; ils servent de guides à l'envi, portent les blessés et nourrissent soldats et officiers. »
On eut à regretter dans cette affaire la perte de M. Judey, capitaine d'infanterie. Un arrêté du préfet, du 15 mars suivant, accorda à sa veuve une pension mensuelle de 90 francs.
(I) Le général Théodore Chabert, né à Villefranche (Rhône), est décédé à Grenoble le 7 avril 1845.
3* Adresse du Maire du Pont-de-Beauvoisin au général Marchand, en date du 16 février :
« Monsieur le Comte,
« Vous avez pleinement justifié l'attente générale en débarrassant aussi promptement nos contrées de la présence de l'ennemi.
€ Je viens, au nom du Conseil municipal et de tous les habitants de la ville du Pont-de-Beauvoisin, vous prier d'agréer l'hommage de leur sincère et vive reconnaissance.
« Après quinze jours d'un joug odieux, si quelque chose peut ajouter au bonheur de notre délivrance, c'est de la devoir à un général compatriote, dont le nom est déjà si justement illustré.
« Je me félicite. Monsieur le Comte, d'être, dans cette circonstance, l'interprète des sentiments de mes administrés et de pouvoir vous offrir T hommage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, etc. »
4** Lettre adressée du Touvet, le 17 février, au capitaine Paris, commandant la compagnie des grenadiers du département de l'Isère :
« J'ai l'honneur de vous prévenir que l'ennemi a évacué les Marches et Montmélian cette nuit ; nos troupes se sont mises en marche pour le suivre ce matin à cinq heures ; on présume qu'il évacuera également Chambéry ; tel est le rapport d'une ordonnance qui m' arrive à l'instant de Barraux.
€ Je vais monter à cheval pour aller prendre des renseignements à ce sujet et je vous rendrai compte de ce que j'aurai appris, par la première ordonnance qui partira pour Grenoble. » •
5° Lettre du commandant d'armes de la place de Grenoble, au maire de cette ville, en date du 18 février :
« Il est très-urgent que la cohorte soit mise en activité pour remplacer la garde nationale dans une partie du ser-
yice de la place^ tttenda que la première est d'ane négligence et d'ane inexactitade telle, que la majeure partie de» postes qu'elle occupe sont toujours incomplets et que ceux que les gardes nationaux occupent le sont par des remplaçants, en partie des misérables, auxquels raisonnablement on ne peut confier la surveillance d'un magasin à poudre, ni celle de la tranquillité publique. Je vous prie donc, Monsieur le Maire^ de mettre en activité la cohorte le plus tôt possible ; il en résultera un bien infini pour la sûreté des citoyens et le maintient du bon ordre auquel ils sont tous intéressés.
€ Agréez, Bourgade. >
6** Lettre adressée du Touvet, le 21 février, au capitaine Paris, par le brigadier Tissot :
€ J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'ordonnance qui m'arrive de Ghambéry m'apprend que l'ennemi , qui avait tenu à garder hier toute la journée ses positions, les a abandonnées aujourd'hui et bat en retraite sur la route de Genève. Toutes nos troupes sont parties de Ghambérj; il n'y a plus que M. le général Marchand et ses ordonnances dans cette ville. »
7° Lettre du général Marchand, au sénateur comte de Saint- Vallier, datée de Ghambéry, le 22 février 1814 : « Monsieur le Gomte,
« J'ai fait faire hier au soir un mouvement pour menacer l'ennemi de le tourner par son fianc droit ; j'ignore si ce mouvement a donné des inquiétudes aux Autrichiens, ou s'ils ont eu quelque crainte du maréchal Ar.gor. an ; mais, à deux heures du matin, ils ont décampé et font leur retraite sur Annecy. Nous allons nous mettre en marche pour ies suivre, et. j'espère qu'ils ne s'arrêteront pas avant d'être arrivés à Genève. »
8° Autre lettre du général Marchand, au sénateur comte de Saint- Vallier, en date de Ghambéry, le 23 février :
« Je m'empresse de vous annoncer que nos troupes sont entrées à Aix. Notre cavalerie a exécuté une charge et pris cinq hussards ennemis. Les Autrichiens sont en pleine retraite. Je vais me rendre à Aix pour faire des dispositions et je compte revenir ce soir ici. Nos troupes prendront position ce soir à Alby.
« Les habitants d'Aix ont illuminé hier leur ville après notre arrivée. Les Autrichiens ne leur ont rien laissé. » -.
9° Autre lettre du général Marchand, au sénateur comte de Saint- Vallier, datée de Rumilly, le 25 février :
« Monsieur le Comte,
« Nous nous sommes emparés hier d'Annecy, qu'il a fallu enlever de vive force ; j'avais dirigé sur ce point M. le général Serrand avec 2,000 hommes, et quoiqu'il ait rencontré devant lui 3,000 Autrichiens dont 800 de cavalerie, il les a poussés vigoureusement devant lui et les a chassés successivement de trois positions très-fortes ; il s'est emparé d'une pièce de canon, et M. le major Mejer, du régiment de Kaunilz, ayant eu une jambe emportée, est resté prisonnier de guerre. La perte de l'ennemi est très-considérable ; la nôtre ne s'est élevée qu'à 70 hommes, tués ou blessés.
« Les Autrichiens, en abandonnant Annecy, se sont retirés à trois lieues plus loin, au delà du pont de la Caille ; de notre côté, notre avant-garde est tout près de Frangy, où l'ennemi n'a plus qu'une faible arrière-garde d'une soixantaine d'hommes, »
10° Autre lettre du général Maichand, au préfet de riaère, datée de Frangy, le 2 mars :
« II est possible que les événements de la guerre me forcent de m' éloigner de la division et m'entraînent dans la Franche-Cojité et l'Alsace. Je n'ai point de cartes de ces pays, et vous pourriez me rendre un grand service en me prêtant les feuilles de Cassini, qui comprennent tout le Jura, depuis Bourg, ainsi que la Franche-Comté, depuis
Dôle
€ La trop grande précipitation da général Desaix a failli DOOB être bien funeste. Il a engagé hier an combat fans m'en prévenir, quoique je loi eusse recommandé de n'en rien faire ; et, au bout du compte, nous sommes restés sans munitions (1), au point que nous aurions été obligés de nous sauver i toutes jambes si Tennemi nous eût attaqués aujourd'hui. Heureusement qu'il n'en a rien £ait, et qu'il s'est décidé i passer derrière l'Arve, où nous ne rinquiéteront pas jusqu'à ce que les munitions aient eu le temps de nous arriver.
€ J'ai pensé que nos compagnies franches (2) nous devenaient actuellement inutiles, et qu'il était temps de les licencier. D'ailleurs, elles ne valent pas l'argent qu'elles coûtent, et je me suis décidé à les renvoyer à Grenoble, où vous renverrez chacun chez lui. Il sera à propos de les payer jusqu'au jour de leur licenciement ; et peut-être vous jugerez convenable de leur laisser leur habit, afin de ne pas les renvoyer nus chez eux, ce qui produirait mauvais effet. En général, ce sont de mauvais soldats, et ils sont mal commandés; ainsi> il est instant de s'en défaire. S'il se trouve parmi eux quelques conscrits, on pourra les incorporer dans un régiment. >
(1) Ensuite des ordres du général Marchand, on réquisitionna à Grenoble 1,800 aunes de serge, propres à la confection de sachets à poudre pour munitions de campagne, et Ton expédia immédiatement sur Frangy une quantité de munitions et de pièces d'artillerie assez considérable.
(2) Ces compagnies, au nombre de trois, étaient dirigées par les capitaines Cousseau, Brun et Gruau. Cette dernière compagnie se composait de 107 hommes, dont 29 seulement avaient déjà servi ; la commune de CroUes en avait fourni 15; Lumbin, 8 ; Bemin, 4; La Buissière, 4; La Terrasse, 8; .Le Touvet, 15; Chapareillan, 7; Le Cheylas, 5; Domène, 13; Le Versoud, 3 ; Goncelin, 6; Tencin, 6; Pontcharra et Grignon, 8.
11<> Lettre du général de division comte Desaix, au préfet du Mont-Blanc, datée de Saint- Julien, le 2 mars :
a Mes avant-postes sont à trois quarts de lieue de Genève, et j'espère qu'au premier jour nous serons maîtres de cette ville. Nous avons eu hier une affaire très-chaude proche de Saint-Julien. L'ennemi nous a présenté une batterie de quatorze pièces, dont plusieurs de 12, et malgré cette grande supériorité^ il a perdu le champ de bataille et toutes ses positions. Nos soldats ont fait des prodiges de valeur. Un préposé des douanes a fait lui seul treize prisonniers. Un autre soldat en a fait huit. Les habitants sont si indignés des mauvais traitements que l'ennemi leur a faits, que nous avons eu beaucoup de peine à empêcher que l'on n'assassinât cinquante prisonniers.
< La perte de l'ennemi a été beaucoup plus considérable que la nôtre ; on nous assure qu'il fait sauter les ponts de Genève.
« Le fort de l'Ecluse est pris dès hier ; la colonne qui s'en est emparé était hier soir à deux lieues de Genève. >.
12° Lettre du comte de Saint- Vallier, au préfet de l'Isère, en date de Ghambéry, le 6 mars :
€ Nos troupes sont toujours à Garrouge, nos canons sont en batterie depuis hier, et prêts à foudroyer Genève. Les magnifiques seigneurs ont donné leur démission le 3 mars entre les mains du comte de Bubna,' et remis l'autorité au maire.
« La ville a été sommée le 3 par le comte Desaix.
€ Le 4, elle a envoyé en parlementaire le sieur Fabry.
« Il paraît que Genève sera occupé aussitôt l'arrivée à Nyon de la division Musnier.
€ Son Altesse Impériale le prince de Borghèse nous envoie, d'après les ordres de Sa Majesté, une division de neuf à dix mille hommes et douze mille s'il est possible. Un colonel aide-de-camp du Ministre de la Guerre va à Turin au-devant de ces troupes.
€ Il est propable que le maréchal dac de Castiglione va entrer en Suisse ; il est à Lons-le-Saulnier depuis trois jours. L'armée du comte de Bubna est en désordre. »
13° Extrait d'une autre lettre du général Marchand, au préfet de l'Isère, datée de Garrouge, le 11 mars 1814 :
« Dans la position où je me trouve, je suis obligé de conserver la compagnie de M. Gruau qui est bien organisée, et qui peut nous rendre des services. Vous devez penser que je ne suis pas en mesure de me dégarnir de la moindre troupe : mais si je parviens à me rendre maître de Genève, alors j# vous renverrai de suite cette 3® compagnie.
« Vous m'épouvantez lorsque vous me dites que vous avez reçu de nouveaux ordres pour la levée en masse. Quels sont donc les projets de l'Empereur ? Voilà qui est bien inquiétant. N'aurons-nous jamais de tranquillité ? Il y a longtemps que j'en suis convaincu, f t je m'efforce cependant pour Tentrevoir de quelque côté.
« Nous n'avons rien de nouveau à nos avant-postes, "et nous nous tenons assez tranquilles de part et d'autre. »
14° Bulletin reçu de Lyon, le 12 mars :
<c Notre ville est aussi tranquille aujourd'hui que les jours précédents. Les mouvements de l'ennemi ne peuvent point nous inquiéter ; d'ailleurs -on a beaucoup de confiance dans les opérations de notre maréchal. La 2® division de son armée est toute partie cette nuit. Lui-môme a quitté Lyon ce matin à six heures et demie. Nous sommes entrés hier à Mâcon après un combat assez sanglante» Grêche, petit village avant d'arriver dans cette ville. Nous avons eu des succès, mais ils ont coûté la perte de plusieurs denos braves. Il y a eu un assez grand nombre de blessés de part et d'autre. Quatre ou cinq cents prisonniers, deux pièces de canons, sont les résultats de cette journée. Parmi les prisonniers se trouve un officier de marque, aide-de-camp du général autrichien. Le 12® ré-
giment de hussards a fait une charge brillante et il avait pris un bataillon entier d'ennjgmis, où était le général autrichien, mais la cavalerie ennemie, infiniment supérieure en nombre à la nôtre, a repris ses prisonniers. »
15° Autre bulletin reçu de Lyon, le 13 mars :
« Jusqu'à présent nous ne savons rien sur les événements ultérieurs du côté de Villefranche. M. le Maréchal y était encore à deux heures du soir hier. Cinq cents prisonniers et deux pièces de canons sont arrivés hier au soir dans notre ville. Nous gommes toujours à Bourg, mais les craintes y sont grandes, au dire de notre courrier qui vient d'en arriver. Cependant on espère s'y maintenir.
« Les blessés vont être évacués sur Lyon ; on fait des dispositions pour les recevoir. Le colonel du 20* a été assez grièvement blessé ; il est arrivé ici, sa blessure ne paraît pas mortelle.
« Le courrier arrivé ce matin de Turin a annoncé avoir laissé en route la division de dix mille hommes dont on nous a déjà parlé à son départ de Lans-le-Bourg ; elle avait presque entièrement passé le Mont-Genis ; elle ne peut tarder d'arriver ; c'est un fait positif. >
i5 mars 1814, — On représenta pour la première fois, sur le Théâtre à^OrvenoïAQ^les Autrichiens à Montmeil" lan, ou Un quart d*heure aux avant-postes, opéravaudeville en un acte, composé par un jeune homme de notre ville, M. Alexandre -Pierre Barginet (1). D'excellentes intentions et quelques jolis couplets firent réussir cet ouvrage qui fut suggéré à son auteur par la nouvelle d'un avantage remporté quelques jours auparavant sur les Autrichiens. Ce fut probablement le souvenir du succès qui lui fut alors fait, qui décida, dans la suite, Barginet à embrasser la carrière littéraire.
(1) Né à Grenoble le 23 juin 1797, Barginet est décédé à Lyon, le 18 décembre 1843.
2î mars Î8Î4. — On apprend à Grenoble que les troupes autrichiennes se sont emparées de Lyon après an combat des plus sanglants et des plus opiniâtres, à rentrée du faubourg de Vaise, oâ les Français firent des prodiges de valeur et ne cédèrent qu'au nombre. Les autorités donnèrent de suite les ordres nécessaires pour établir les moyens de défendre Grenoble. Une redoute fut construite au pont de Pique-Pierre et une autre vis-à-vis, sur la rive gauche de l'Isère ; elles furent armées chacune de deux pièces de canon de douze.
22 mars 1814. — Une lettre du maire de Bourgoin^ au préfet de l'Isère, apprend que le maréchal Augereau se replie sur la route de Valence : « Une personne arrivée aujourd'hui de Vienne annonce que V armée du maréchal Augereau s'est retirée sur cette ville. L'ennemi a poussé des avant-postes à Saint'Laurent ^ route de Lyon à Bourgoin, Tapprends que les éclatreurs arriveront à la Verpilliére et à Saint-Quentin. Il est vraisemblable qu'ils arriveront ici demain ...»
Le même jour arriva à Grenoble, à trois heures de l'après-midi, venant d'Italie, Marie- Anne-Elisa, duchesse de Lucques et de Piombino, sœur de l'Empereur. Cette princesse descendit à l'hôtel des Trois-Dauphins, tenu par Labarre, et repartit le même jour, à sept heures du soir, pour Valence, où elle arriva le lendemain vers les neuf heures et demie du matin.
25 mars 1814, — Le sénateur comte de Saint- Vallier quitte Grenoble à trois heures de l'après-midi, pour se rendre à Valence.
Les six lettres suivantes, adressées par le général Marchand, au sénateur comte de Saint- Vallier et au préfet de l'Isère, sont intéressantes à plus d'un titre, aussi avonsnous cru devoir en donner la reproduction :
« Ghambéry, le 25 mars 1814.
« Monsieur le Comte,
< II me semble que ce serait le moment de penser à évacuer les malades des hôpitaux de Grenoble. Si nous avions quelque affaire, nous ne saurions plus où mettre nos blessés. Nous n'avons pour cette évacuation que la seule route des Hautes-Alpes, et on peut les envoyer par là jusques en Provence. J*espère que vous penserez ainsi que moi, qu'il faut garder le moins possible de malades, et agrandir les hôpitaux autant qu'on pourra.
« Je ne puis trop vous recommander aussi de faire faire des souliers. Cette dépense, suivant moi, doit passer avant la solde, parce que sans souliers nous n'aurions point de soldats, et qu'à toute force on peut se passer de solde. »
<r Chambérj, le 25 mars 1814.
« Monsieur le Comte,
< Dans la position où nous nous trouvons, nos
ressources vont devenir nulles, et nos dépenses vont aller
en augmentant. Je ne vois qu'un parti à prendre : c'est
de cesser de payer la solde. On payerait aux officiers des
régiments la moitié de leurs appointements et la totalité
aux officiers d'état-major, parce qu'ils sont obligés d'avoir
des domestiques pour soigner leurs chevaux, et qu'ils
sont par conséquent forcés de faire des dépenses plus
considérables que les officiers des régiments. C'est la
inarche qu'on a toujours suivie aux armées, et, si nous ne
l'adoptons pas, nous ne nous en tirerons jamais. Pourvu
que le soldat ait du pain, de la viande, un peu de vin et
des souliers, il peut faire la guerre. Je ne puis donc que
Vous engager à prendre de suite ce parti, et ce que nous
avons en caisse pourra nous mener encore pendant quelque
temps. Je désire bien que vous soyez du môme avis que
ïïioi. »
< Ghambérj, le 26 mars 1814.
« Mon cher Préfet,
« Je vous adresse différentes lettres que j'écrivais à Monsieur le Sénateur, et comme il est parti pour Valence, je vous prie de faire exécuter les dispositions que je lui demandais. Il est bien instant de vite faire évacuer nos hôpitaux sur Gap et la Provence, et je vous prie de ne pas perdre de temps pour cela.
€ Il paraît que l'ennemi inonde les Terres-Froides, mais je crois que ce n'est que pour approvisionner Lyon. Je vous prie de faire porter de la farine au Sappey, pour la nourriture d'un bataillon que je placerais à Saint- Pierre-de-Ghartreuse, dans le cas où je me retirerais. Ce bataillon serait de 600 hommes environ. »
^ Ghambérjjle 26 mars 1814.
€ Mon cher Préfet, je vous prie de ne pas manquer de donner des ordres à tous les maires des villages placés le long de l'Isère, pour qu'ils fassent enchaîner, sur la rive gauche, tous les bacs et bateaux qui pourraient se trou ver sur cette rivière dans l'étendue de votre département, au-dessous de Grenoble. Gette mesure me paraît de la plus grande importance. >
€ Ghambéry, le 26 mars 1814.
€ Mon cher Préfet,
« Nous venons d'avoir un combat fort glorieux du côté d'Annecy, où j'avais ordonné qu'on 'reprît la position de pont Brugny, qui avait été évacuée contre mon intention.
€ Le général Serrand, avec deux mille hommes et trois pièces de canon, a été chargé de cette opération. Il a rencontré auprès d'Annecy l'ennemi rangé en bataille au nombre de quatre mille hommes d'infanterie, quatre cents chevaux et huit pièces de canon. Le général Serrand n'a
pas hésité de Tattaquer. Le combat a été opiniâtre et sanglant ; mais la bravoure étant Co noti'e côté, la victoire s'est déclarée pour nous. Nous sommes entrés dans la ville pêle-mêle avec Tennemi ; on s'y est battu pendant quelque temps, et plusieurs maisons ont été incendiées. L'ennemi a été poussé sur un pont, où un grand nombre s'est noyé en voulant passer au gué. De là, il s'est rallié derrière le pont de Brugny, qu'il a barricadé, et a placé ses huit pièces de canon en batterie pour en défendre le passage. Cette position est réputée pour une des plus fortes de la Savoie. Nus braves conscrits ne se sont point laissés arrêter par tous ces obstacles. Ils sp sont précipités sur le pont et l'ont enlevé. Voilà un combat qui couvre nos conscrits de gloire, et surtout leurs braves chefs. C'est une des plus vigoureuses actions qui puissent avoir lieu à la guerre.
€ Nous avons perdu quelques braves gens, mais la perte de l'ennemi, en tués, blessés, noyés ou prisonniers, doit se monter à sept ou huit cents hommes. Nous avons loien fait aux environs de deux cents prisonniers.
« Malgré cela, je crains bien de ne pouvoir pas conserver longtemps Ghambéry, parce qu'on m'annonce qi^fs X'ennemi se montre en force du côté de la Tour-du-Pin, ^t qu'il faut penser à Grenoble, qui est le point impor- "tant. »
« Ghambéry, le 27 mars 1814.
« Mon cher Préfet,
« Je me suis décidé à me retirer de Ghambéry et à iprendre l'ancienne ligne que nous avions, excepté le Pont >t les Echelles que j'abandonnerai également. Demain deux ataillons seront rendus à Voreppe, un second à Voiron, e qui fera six bataillons dans ces deux points. Je ne srderai pas à eu envoyer un à Saint-Pierre-de-Ghar- J^euse ; ainsi il est nécessaire d'y faire porter des ^bsistances.
« Je vous recommanda bien de faire des magasins considérables de foin et d'avoine à Grenoble. Il en faut également à Barranx.
€ J'arriverai demain de ma personne à Grenoble, et nous organiserons tout du mieux qu'il nous sera possible. }>
28 mars 1814. ^^ On apprend, à Grenoble, que le maréchal Augereau, qui s'était replié sur Valence, avait fait couper le pont de Romans, sur l'Isère, pour se défendre de la poursuite de l'ennemi. On apprend également que les dépôts des 1" et 2® régiments étrangers, qui étaient en garnison i Saint-Marcellin, avaient évacué cette ville ; que le général Ordonan faisait couper les trailles et enchaîner les barques qui se trouvaient sur l'Isère entre Romans et Saint-Quentin ; que des éclaireurs ennemis, enfin, avaient fait leur apparition dans les cantons de Yinaj et de Saint-Marcellin.
29 mars 1814. — Le général Daumas, commandant le département de l'Isère, adresse au préfet la lettre suivante :
« Les bataillons établis à Voiron ont attaqué hier l'ennemi qui était à Ghirens, et l'en ont chassé vigoureusement. Il a éprouvé une perte d'une centaine d'hommes, parmi lesquels on compte 33 prisonniers. Le 2' bataillon du 18® d'infanterie légère, composé de conscrits du département de l'Isère, de 1815, s'est distingué dans cette circonstance. On ne peut donner trop d'éloges à la bravoure dont il a donné des preuves. »
30 mars 1814, -^ Le chevalier Bourgeois Saint- Paul, commissaire ordonneur par intérim de la 7® division militaire, invite le préfet de l'Isère à vouloir bien réquisitionner soixante voitures, pour assurer l'évacuation des objets de son administration.
3i mars 1814. -^ Le maire de la ville de Grenoble adresse aux habitants Tappel suivant :
« An mois de février dernier, je fis un appel à votre bienfaisance, et le succès a répondu à l'attente de vos magistrats ; les hôpitaux militaires ont reçu des secours en linge et'charpie.
« Les circonstances ont augmenté le nombre des malades. La situation de l'hospice, que messieurs les administrateurs viennent de me faire connaître, me met dans le cas de recourir de nouveau à la bienfaisance des habitants.
« Cet établissement manque de paillasses, de matelas, de traversins, de draps, de linge pour bandes et compresses, et de charpie. L'administration ne peut se procurer la totalité de ces objets nécessaires à un si grand nombre de malades, et malgré son zèle et ses sacrifices, on serait obligé de mettre chez les habitants une portion des blessés, si, comme au mois de février, on ne vient à son secours.
< Les personnes qui voudront bien venir, dans cette circonstance difficile, à Taide de l'hospice, sont priées d'envoyer leurs dons à cet établissement de bienfaisance, où ils seront reçus par M'"* la Supérieure des religieuses hospitalières, qui en donnera un reçu.
«c Fait en l'Hôtel de Ville de Grenoble, le 31 mars
€ Rbnauldon.
« p. "S. Les effets susceptibles d*étre rendus le seront, lorsque les circonstances ie permettront, sur la représentation du récépissé. > *
30 mars 1814. — Le bruit se répand dans Grenoble que Voiron a été occupé par l'ennemi après un engagement assez sérieux dans lequel nos troupes perdirent
beaucoap de monde, et qae le colonel Gubières, qai commandait la brigade française composée de quatre bataillons des 18* léger, 11* et 75* de ligne et de deax bataillons de gardes nationales mobiles, se repliait sur Yoreppe.
i^ avril 1814. — Le 1*' bataillon de gardes natio-* nales de Grenoble et une compagnie de voltigeurs du 20* de ligne, placés sous les ordres du colonel de Lespinasse, repoussent un parti autrichien qui se présente au pont de Saint-Pierre-de-Ghartreuse et lui tuent trois hommes.
Le môme jour, le colonel Gubières, qui avait dû se replier sur Yoreppe, fait exécuter à la hâte quelques travaux de défense. Un fossé avec levée [de terre fut creusé en travers de la plaine au delà du rocher des Bnissières, du odté de Moirans. Les berges du torrent de la Roize furent disposées de manière à servir de retranchement.
Deux pièces de canon furent placées sur la hauteur des Baissières,et deux autres au bas de la descente deYoreppe, non loin de la maison dite de la Poste. Gette petite artillerie était dirigée par le capitaine Joseph Debelle (1), alors en retraite et amputé d'une jambe.
Les troupes dont pouvait disposer Gubières se composaient environ de 1,200 hommes du 18* léger, de 1,000 soldats d'autres troupes de ligne, de 1,000 gardes nationaux mobilisés et douaniers, d'une trentaine de hussards et de 00 artilleurs gardes-côtes. En outre, deux bataillons, Tun du 18* léger, l'autre de gardes nationaux, commandé par le major Olivetti^ occupaient le déûlé de
(1) Joseph-Guillaume Debelle, frère des généraux Jean- François-Joseph, César-Alexandre et Auguste-Jean-Baptiste Debelle, né à Yoreppe en 1779, décédé dans la même localité le 19 juillet 1826.
Crossej et le col de la Pla cette. Ce poste avait été attaqué le dernier jour de mars par un détachement autrichien qui fut repoussé avec perte.
Le gros de l'armée Autrichienne, forte de quinze mille hommes, s'était porté en môme temps sur Moirans ou se trouvait le quartier général ; son camp était établi sur les hauteurs de Saint-Jacques. Le général ennemi Hardeck semblait hésiter s'il forcerait immédiatement le passage de Voreppe, attendant probablement le résultat de Tattaque du déûlé de Grossej et des hauteurs de Raz.
Sachant par des hommes dévoués, raeont* M. Alfoin Gras (1), que les Autrichiens se gardaient très-mal, Gubières conçut le projet hardi d'enlever leur général ; conduit par le fils du maître de poste de Voreppe, il s'avança pendant la nuit avec un bataillon; il fit un grand détour par la Buisse et Saint-Jean, mais il ne put complètement surprendre les troupes de Moirans. Toutefois, il s'introduisit dans ce bourg et pénétra dans l'appartement de Hardeck, comme celui-ci venait de le quitter. Le colonel saisit ses papiers, mais l'alerte était donnée ; il fallut se retirer. Cette fois on gagna la grande route pour n'être pas coupé et afin de résister à la poursuite de l'ennemi.
2 avril 1814, — Ce fut ce jour-là qu'eut lieu l'attaque de Voreppe, A une heure de l'après-midi, un coup de canon tiré des Buissières annonça l'approche de l'ennemi ; la fusillade et une vive canonnade se firent entendre dans la plaine; nos soldats^ trop éparpillés, ne purent se défendre longtemps, protégés seulement par une faible levée de terre; le 18* se replia et vint prendre
(1) Grenoble en 181 i et 1815 [Btaietin de la Société de Statistique de VIsèrCy 2« série, t. III),
position le long de la Roize oà Ton continna à se battre avec acharnement ; mais bientôt un régiment tout entier de dragons autrichiens traversa ce torrent près de son embouchure dans Tlsôre; on n'avait fait sur ce point aucuns travaux do défense, les Français allaient être enveloppés et les munitions commençaient d'ailleurs à manquer. Le colonel Gubi^res fit alors battre en retraite. Ce mouvement rétrograde se fit en bon ordre. Arrivés sur la hauteur du Ghevalon, nos pièces de canons furent mises en batterie et l'ennemi ne songea plus à in^éter les Français.
Il était près de quatre heures du soir quand les Autrichiens entrèrent dans Yoreppe.
L'attaque sur le pont du bourg avait été meurtrière pour eux, les batteries établies sur les Buissières leur avaient fait beaucoup de mal ; ils cro jaient avoir aperça des bourgeois parmi les combattants, et avaient même fait prisonnier un habitant de Yoreppe, dont les lèvres paraissaient noires de poudre. Ils étaient très-animés par ces circonstances et menaçaient d'incendier et de piller le bourg ; messieurs de Linage, alors maire de Yoreppe, Hector d'Agoult et Michoud, ses adjoints, intercédèrent auprès de leur général en chef et obtinrent non-seulement qu'ils se contenteraient d'une somme d'argent, mais encore qu'ils épargneraient la vie de leur prisonnier.
On a affirmé que les Autrichiens avaient eu dans cette affaire deux ou trois cents hommes tués ou blessés. Du côté des troupes françaises, la perte ne dépassa pas une cinquantaine d'hommes. Trois habitants du bourg périrent, et il y eut une maison incendiée. Les habitants de Yoreppe participèrent au combat et se défendirent avec courage. La commune de Yoreppe souffrit beaucoup de la présence des alliés \ indépendamment de là soitume
qu'elle eut â verser pour racheter le bourg du pillage, elle perdit en réquisitions, dégâts, prestations, etc., une somme évaluée officiellement à 262,200 fr 15 c.
Après le combat de Yoreppe, le détachement qui était à la Placette quitta son poste, qui n'était plus tenable ; il se dirigea pendant la nuit du côté de Grenoble, en passant par la montagne de Ghalais, et rejoignit, le Imidemain, Gubières, un peu au delà du Ghevalon.
Pendant ce temps, le comte de Biibna, après avoir occupé les montagnes de la Gbartreuse, sur la frontière de la haute Isère, essaya, mais en vain, de s'emparer du fort Barraux. Il voulut aussi attaquer le poste de la Ghavanne où se trouvait Desaix, mais il en fut empêché par la rupture du pont de Montmélian. Les Autrichiens remontèrent alors risère jusqu'au confluent de l'Arc et ils traversèrent la première de ces rivières sur des radeaux ; Desaix détacha quelques troupes pour garder le poste de Pontcharra et prit une position telle qu'il rendit inutiles tous les efforts de Biibna ; il couvrait la Manrienne et les communications avec Turin, où commandait le prince Gamille Borghèse.
Du côté de Grenoble, après le combat de Voreppe du 2 avril, le colonel Gubières abandonna bientôt le Ghevalon pour venir prendre position vers la Buisserate, au pont de Pique-Pierre, lieu où l'Isère se rapproche beaucoup du coteau. Une relation manuscrite de la retraite de Gubières, que nous avons sous les jeux, fournit les détails les plus tristes : le plus grand désordre régnait parmi les troupes françaises qui se portèrent à tous les excès, brisèrent les portes des maisons dont les propriétaires se trouvaient absents, cassèrent les meubles, défoncèrent les tonneaux et répandirent le vin dans les caves.
Gependant, après la première panique passée, on mit une plus grande activité à défendre la ville de Grenoble.
Une nouvelle batterie fut établie à la hâte,^ la jonction du Drac et de Tlsère ; celle du pont de Pique-Pierre fut augmentée de plusieurs pièces; des batardeaux furent établis dans Tlsère à la porte de la Graille et à la Citadelle pour faire refluer l'eau dans les fossés des fortifications ; les remparts, enfin, furent disposés pour recevoir des pièces d*aitillerie.
Plusieurs bataillons d'infanterie occupaient les hauteurs et s'appuyaient le long du ruisseau de Pique-Pierre, prêts à contenir l'ennemi. Nos avant-postes étaient à Saint- Robert. Les alliés hésitèrent plusieurs jours avant de songer à attaquer une position si difficile à forcer.
4 avril 1814. — Le général Marchand reçoit les deux lettres suivantes :
« Au quartier général à la ferme Lambert, le 4 avril 1814, près le Péage-de-Romans.
« Monsieur le Général,
« Son Excellence le duc de Gastiglione désire avoir de vos nouvelles et connaître votre situation ; devant nous l'ennemi occupe la rivîî droite de l'Isère, qu'il ne passera pas sans doute ; nous sommes d'ailleurs en mesure de le recevoir. Si vos occupations le permettent, donnez-moi, je vous prie, quelques détails particuliers sur vot re position ; je continuerai à vous tenir au courant de la nôtre toutes les fois qu'il «surviendra quelques événements.
« Agréez, monsieur le Général, l'assurance de mes sentiments distingués.
« Le générai de division ^ commandant la 2^ division de V armée ^
« G. D. Vedbl. »
« Saint-Romans, le 4 avril 1814.
^ Mon Général,
« Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait riionneur de m'écrire. Je vous assure , mon Général, qu'elle m'a fait le plus grand plaisir, parce que j'étais très-inquiet sur votre position. Je me suis empressé d'en envoyer copie à Son Excellence M. le maréchal Augereau.
€ Je quittais Romans le 2 de ce mois. Le général Estève m*y remplaça. Je ne fus pas à deux lieues de cette ville que l'ennemi Tattaqua et força nos troupes à l'évacuer. Le général Estève eut cependant le temps de faire couper le pont ; il perdit dans cette affaire une cinquantaine d'hommes.
« Je suis à Saint-Romans depuis le 2 au soir; mes troupes occupaient depuis Eymeu jusqu'à Saint-Qervais. Je fus moi- môme à Saint-Gervais, et si je n'avais pas reçu l'ordre de me replier sur Romans pour appuyer la brigade du général Estève, je serais allé ce matin à Grenoble pour vous voir. Un de mes bataillons tient encore Beauvoir et Izeron. Votre lettre m'a déterminé à rester ici jusqu'à demain dans l'espérance que Son Excellence, au lieu de me faire rétrograder, me fera au contraire pousser jusqu'à Saint-Gervais. Je désire de tout mon cœur recevoir cet ordre.
€ J'ai parcouru la haote Isère et me suis assuré que l'ennemi ne pouvait effectuer de passage qu'à Eymeu et entre la Rivière et Saint-Quentin.
« Je vous prie, mon Général, de me donner de vos nouvelles par le retour du porteur.
« Agréez l'hommage de mon respect.
€ Le général de brigade^ « Ordonneau. »
6 avril Î8i4. — Les autoritës de Grenoble reçoivent la nouvelle snivante :
€ Extrait de la lettre écrite au Directeur des Postes de Grenoble, le 5 avrili par M. Mouret, inspecteur A Gap.
« Le courrier Perier, arrivé d'Aix ce matin, a rapporté € que le contrôleur d'Aix lui avait dit d'assurer sur sa « route que les préliminaires de la paix sont signés.
€ Pour extrait conforme :
€ Le Directeur des Postes^
9 avril 1814. — La population de la ville de Grenoble apprend sur les quatre heures de Taprès-midi que les troupes alliées étaient entrées dans Paris le 30 mars.
11 avril 1814. — Le général Marchand se rend à huit heures du matin aux avant-poâtes de l'armée autrichienne, ensuite de Tinvitation qui loi en avait été faite la veille par le prince Emile de Hesse-Darmstadt, envoyé extraordinaire des troupes alliées. Dans cette entrevue, qui eut lieu sur la terrasse de la maisQn Chanel) i St- Robert, les deux généraux convinrent d'un armistice, leurs corps d'armée gardant leurs positions respectives. Par une bizarre combinaison de la fortune, le prince allemand servait, six mois auparavant, sous les ordres du général Marchand lui-môme, dans la grande armée impériale.
11 avril 1814. '^ Le prince de Hesse-Darmstadt vint rendre au général Marchand la visite qu'il en avait reçu la veille. 11 fit son entrée dans la ville à trois heures de l'après-midi, accompagné de deux officiers généraux et d'une escorte de dix cavaliers ; le général Marchand était
allé à sa rencontre jusqu'aux ayant-postes ennemis. Une foule innombrable couvrait la route depuis le pont de Pique-Pierre jusqu'à l'hôtel de la division, où il descendit. Le prince repartit à six heures du soir.
13 avril 1814. — Conformément à l'arrêté dû préfet, rendu en date de la veille 12 avrils le Conseil municipal de la ville de Grenoble, convoqué par le Maire, s'assemble à dix heures du matin en l'Hôtel de Ville, et vote, â l'unanimité^ la déclaration suivante :
« Au momeiit où les Habitans de la ville de Grenoble apprennent les grands événemens, qui, en prononçant la déchéance de Buonaparte, rendent le trône i une auguste famille qui fbt toujours l'idole des FrançaiÉ, et i^tii leur est devenue plus chère encore par ses malheurs, le Conseil municipal s'empresse d^exprimer, en leur nom, l'adhésion qu'ils donnât à une si heureuse restauration. Un autre sentiment remplit encore leurs cœurs, c'est celui de l'admiration et de la reconnaissance pour les illustres Souverains qui ont secondé le vœu de la France, comprimé jusqu'à ce jour, et qui aj9utent i tatit de magnanimité un bienfait non moins grand, celui de leur tendre leurs frères que le sort des armes avait mis en leurs mains. »
« Le Conseil mtmicipal at^rôté qtte là présente sera con«signée dans les registres, portée en corps à Monsieur le Préfet, qui sera prié de la faire parvenir an Gouvernement provisoire, et qu'elle sera dans le jofir imprîmée, publiée et affichée dans tous les lieux accoutumés.
« Vive Louis XVIII !
« Fait en l'Hôtel de Ville, à Grenoble, le 13 avril 1814. '
« Signés, Bernard, Revoly Piat^Lesvial, Vemey^ Charles'Joseph de Barrai, Borel-Satnt^ Victor,