MELPOMÈNE
Eh! pourrais-je mieux le porter?
20 janvier 1813» — Le conseil municipal de Grenoble, après avoir voté la somme nécessaire pour offrir à l'Empereur seize cavaliers montés et équipés, rédige l'adresse suivante :
Sire, Le premier vœu de la France est de se montrer digne
de vos soins et de votre génie, et de conserver la gloire que vous lui avez acquise.
L^histoire retracera les tentatives inutiles et insensées de quelques factieux que la clémence de Votre Majesté avait épargnés ; elle rappellera la défection honteuse d'un général étranger qui trahit Thonnear et la patrie ; mais elle opposera à ces crimes particuliers l'exemple éclatant de la nation française, et le souvenir des sentiments généreux qui animent les citoyens et les guerriers.
Les habitants de la v^le de Grenoble ont toujours donné au souverain des preuves de leur zèle ; avec quelle ardeur ne doivent-ils pas répondre à l'appel fait à leur courage et â leur fidélité, lorsqu'un héros préside au^ deatinées de la monarchie ? De tous leurs devoirs, c'est pour eux le plus sacré et le plus doux à remplir.
Ils s'empressent de présenter à Votre Majesté seize cavaliers, qui seront orgueilleux de combattre sous ses aigles victorieuses.
Une offre aussi modique ne peut ôtre considérée comme un sacrifice ; elle n'aura dé prix que si Votre Majesté daigne la recevoir comme un témoignage de lenrs sentiments.
Daignez, Sire, agréer aussi l'hommage de notre inviolable fidélité à votre personne sacrée et à l'auguste héritier de votre Empire.
Nous sommes avec le plus profond respect. Sire, de V. M. , les très-humbles , très-obéissants et fidèles sujets. .
Renauldon, maire ; de Lavalette, !•' adjoint ; Beyle, 2* adjoint ; Piat^Desvial, de Pisançon, Durand (Charles), de Langon, Pasquier aîné, Flauvant, Vernay, Mérand aîné, Vallier, Gagnon, Revol, Ghampel, Barthelon, Borel-Saint- Victor, Allier, Ducruy aîné, Breton, Giroud, de Barrai (Gharles-Joseph), Bonin, Pçrier (Augustin), Arthaud, Alleman-Dulauron , membres du conseil.
Le département de Tlsère répondit avec enthousiasme
à l'appel adresse à la nation par le décret du 4 janvier 1818 et fournit volontairement à l'Etat 2T7 cavaliers et 312 chevaux, qui furent dirigés, durant le mois de mars solvant, sur différents corps de la garde impériale, les hussards et l'artillerie légère. Du nombre des corpcMrations ou particuliers qui répondirent i cet appel, nous mentionnerons : la Oour de Grenoble, qui vota 6,000 fr. ; la Chambre des notaires de l'arrondissement de la même ville, qui donna 1,000 tr. ; le directeur et les employés des contributions indirectes qui se cotisèrent pour offrir deux chevaux harnachés; M. Renard, payeur de la 7^ division militaire, qui ût présent d'un cheval équipé, et M, Gharvet, maître de poste à Grenoble, qui donna une superbe jument.
23 mai 1813. — En suite d'une lettre que lui avait adressée, le 11 du môme mois , l'Impératrice régente, l'évéque de Grenoble célébra dans l'église cathédrale un Te Dei/mt, en actions de grftce de la victoire de Lutzen, aaqo^ asaistèreDi toutes les autorités de la ville.
19 juin 1813. — Départ de Grenoble d'un premier détachement de quarante gardes d'honneur, qui se rendaient à Lyon, lieu de rassemblement du 4* régiment de cette arme. Un second détachement quitta la même ville le 4 juillet et le dernier détachement partit le 21 du même mois. Du nombre des jeunes gens qui s'enrôlèrent dans cette arme après s'être équipés à leurs frais, nous mentionnerons MM. Billon-Duplan^ Couvat-Duterrail, Ghabart de Fondville, Fournier de Montbert, de Revel-Duperon, Tercinet, Yallier, etc.
21 juin 1813. — Julliet, comédien ordinaire de l'fimpereur, attaché au théâtre Feydeau, arrivé depuis quelqaeft jours à Grenoble, fisdt ses débuts sur la scène de cettd ville par Grégoire dans Les Visitandines et Simo-
nin dansJL^ Traité nul. Il joua successivement, les jours suivants, les rôles de Michelli dans Les Deucc journées, de Germond dans La Jambe de bois, de Marcé dans Une heure de mariage, d'Ambroise dans L'Erreur d'un beaU'pêre, de Francisque dans Une Folie, de Jocard dans Les Trompeurs trompés, de Maurice dans Héléna et de Dugravier dans Les RendeZ'-vous bourçeois. Il quitta Grenoble le 28 juin, emportant les applaudissements de tous les connaisseurs.
2î septembre 18 i3, — Décès de Henri Gagnon, docteur en médecine, né à Grenoble en 1727. Après avoir fait ses premières études dans sa ville natale, il alla à l'Université de Montpellier, où il fut reçu docteur à l'âge de 24 ans. Il revint ensuite à Grenoble^ mais des ordres supérieurs l'obligèrent d'aller à l'armée, ainsi que plusieurs de ses collègues de la môme ville, à la suite de l'affaire connue sous le nom de V assiette. Rentré définitivement à Grenoble, il devint successivement secrétaire perpétuel de l'Académie delphinale, membre du bureau du Collège royal, du jury de l'Ecole centrale, président de la Société des sciences et des arts, et de celle d'agriculture et d'histoire naturelle^ associé de plusieurs Académies étrangères, doyen du collège des médecins, membre du jury de médecine, administrateur des hôpitaux et directeur des cours de l'Ecole de chirurgie établie à Grenoble en 1802.
La Bibliothèque publique, le Cabinet d'histoire naturelle et le Musée de peinture de Grenoble le comptent au nombre de leurs premiers souscripteurs. Il pratiqua avec Villars fils les premières inoculations varioliques qui furent faites dans le département de l'Isère.
Du nombre des mémoires qu'il a publiés, nous citerons : un Sloge historique de Déodat Dolomieuœ, une 2bpographie médicale de Grenoble et une Histoire abrégée du galvanisme. Pendant plusieurs années il
inséra dans les divers journaux de la localité un bulletin d'observations météorologiques.
Au nom de la Société des sciences et des arts, M. Hippoljte Billon prononça un dernier adieu sur la tombe de cet homme de bien.
Novembre 1813. — A la nouvelle de la défaite de l'armée française à Leipzig, le conseil municipal de la ville de Grenoble envoie à l'Impératrice-régente l'adresse suivante :
€ Madame,
< Organes de tous les habitans de la bonne ville de € Grdftoble, nous nous permettons d'exprimer à Y. M. « les sentimens qui les animent dans les circonstances « actuelles.
< Il n'existe aucun de ses habitans qui ne s'empress&t « de se dévouer pour la gloire du nom français, insépa-
< rable de celle de son auguste monarque. Nul effort, « nuls sacrifices ne peuvent être pénibles à des hommes « prôts à immoler, pour une si noble cause, leur vie qui,
< sans rhonnenr, n'aurait aucun prix à leurs yeux.
« S'il était possible que leur attachement inviolable
« envers Je souverain et la patrie, leur ardeur pour les
€ défendre, fussent encore augmentés, ce serait par Tin-
« dignation que leur inspire une des trahisons les plus
«c frappantes dont les fastes de l'histoire doivent conser-
« ver le souvenir : un Français comblé des bienfaits de
« son Empereur met en oubli toute reconnaissance, et
< abjure hautement l'amour de sa patrie. Ce n'est point « à nous qu'il appartient de voir de sang-froid une con- <( duite aussi coupable : la cendre de Bajard est sous nos « jeux, elle nous rappelle toujours les dernières paroles 4L de ce guerrier au connétable de Bourbon.
« Si des Français servent encore sous les drapeaux de « Suède, sans doute un appel généreux va les exciter à « rentrer dans leur patrie. S'ils se montraient rebelles à
€ r^npire sacré de leur deToir, s'ili demeuraient Boords « à la Yoix paternelle de leur monarfue légitime. Bons € ne craindrions pas d'inToqner contre eux tonte la sé- « vérité des lois.
€ Tels sont, Madame, les sentimens dont nous nous £ed- « sons gloire. Admis an pied du trône, nons osons prier « y. M. de faire parvenir l'expression de oes sentimens < au plus giand des souverains qui aient régné sor la « France.
4c Nous sommes, etc.
< Renauldon, maire ; Allier, Girond, Bonin, « Borel-Saint-Yictor, Ghanrion aîné, Breton , « Arthaud, Bernard, Didier, Yallier,'V^mey, « Barthelon, Piat-Besvial, Mérand, Beyle, € adjoint. Barrai, Durand, Flauvan. »
8 novembre 1813. — Ge jour-là, Martin, artiste distingué du théâtre Fejdeau, premier chanteur des concerts particuliers de l'Empereur, joue au théâtre de Grenoble le rôle de Gulisan dans l'opéra du môme nom et celui de Gomtois dans Le Mari de circonstance. Les jours suivants il se fit applaudir dans les rôles de LuUj, dans Lully et Quinault, Frontin dans Ma Tante Aurore, B^ontin dans Les Visitandines , Garlin dans Une Folie, Ordicaldo dans Le Magicien sans magie, Scapin dans L'Irato, Alibour dans Èuphrosine^ et enfin Dermont dans Maison à vendre. Il quitta Grenoble le 17 novembre.
10 décembre 1813. — Un premier détachement, comprenant une partie des trois mille prisonniers anglais internés à Briançon et dirigés sur l'intérieur de la France, séjourne à Grenoble ; neuf autres détachements semblables se succédèrent de deux jours en deux jours, escortés par la garde nationale des communes où ils passaient et qui se relevait d'une étape à l'autre.
25 décembre 1813. — La Légion Portugaiseï dont le dépôt était en garnison à Grenoble depuis le 18 septembre 1808, et dans laquelle avait journellement lieu de nombreux cas de désertion^ est désarmée par ordre du Gouvernement. Cette troupe quitta notre ville le surlendemain 27 décembre et fut dirigée, sans armes, sur la ville de Bourges.
26 Décembre 1813. — La nouvelle que les Autrichiens s'avançaient sur Genôve Jette l'alarme dans la ville de Grenoble. Les magasins des dépôts^ des 5^ et 11* régiments d'infanterie de ligne et ceux du 18* régiment d'infanterie légère, en station dans cette ville, reçoivent l'ordre d'évacuer leurs effets sur Valence, et toutes les troupes disponibles de la garnison sont sur-le-champ dirigées sur le département du Mont-Blanc.
Lemême jour, le Préfet de risôre, prit l'arrêté suivant pour organiser la garde nationale sédentaire :
4C Considérant que plusieurs circonstances ont éloigné « de ce département une partie des troupes de ligne qui € s'y trouvaient stationnées et employées pour le maintien « de l'ordre, que divers branches du service public exi- « gent^ et que leur désir unanime autant que leur premier « devoir est de concourir à l'exécution de tous les ordres « du gouvernement de Sa Majesté.
< Qu'il est nécessaire qu'il existe dans chaque com- € mune une force armée à la disposition de l'autorité mu- « nicipale pour la répression du vagabondage^ la conser- « vation des propriétés ; que cette force doit être princi- « paiement conûée à ceux qui ont le plus d'intérêt à ce € qu'on l'exerce légitimement et au maintien de l'ordre € intérieur :
« Art. l*"". — Il sera procédé sans délai dans toute « l'étendue de ce département, à l'organisation de la « Garde Nationale sédentaire.
« Art. 2. — Les Maires des communes sont spécia-
< lemait ehargët de cette arganintîoii ; ils Teffectiieroiit 4 eonformëment aox loû génénies ; ils désigneront
< eox-mémes, sanf à l'approbation nlt^eore des auto-*
< ritéa administratiTee et de Son Exeelleaee le jÉGnistre € de llntérienTy les citojem» les ploa propres à remplir « les grades de soos-ofSciers et officiers. Cette organisa- 4 tion géDérale est indépendante des ordres qni Tont être « donnés en exécution d'an décret spécial, poor la for^
< mation des compagnies de grenadiers et d'artiUenrs « dans les yilles de Grenoble et Vienne.
€ MM. les Sons-Préfets se feront rendre compte snr- € le-cbamp da résolut de cette opération municipale ; ^ ils la dirigeront et la rectifieront an besoin, et i dé- € faut de fusils de calibre, les citoyens seront armés de € fusils de chasse et autres armes que l'on pourra réunir « pour la sûreté des personnes, la conserration des pro- € prié tés, la perception des contributions, la circulation
< des subsistances, les r^lements de police municipale € et le maintien de l'ordre public. >
Le lendemain 27 décembre, sur Tordre du baron de La Roche, général commandant la 7^ division militaire, dont le siège était à Grenoble, M. Bourgeois de Saint- Paul, commissaire des guerres, faisant fonctions d'ordonnateur, invite le Préfet i faire approvisionner le fort Barraux pour dix jours et pour une garnison de trois cents honmies.
Le surlendemain 29, l'approvisionnement de la même place était réclamé pour un mois et pour cinq cents hommes, et enfin, par un nouvel ordre du 7 janvier, il l'était pour trois mois et pour six cents hommes.
28 Décembre 1813. — Le commissaire des guerres, précédemment nommé, informe le Préfet qu'il reçoit Tordre de faire réquisitionner à Grenoble et dans ledépar^ tement de TIsôre toutes les denrées nécessaires à Tapprovisionnement des différentes places fortes du département des Hautes-Alpes.
Le mdme jour, le Préfet prit divers arrêtés qui témoignent de tonte l'inquiétude où Ton était alors plongé. Par un premier arrêté, il conûa à M . Thiebaut, commandant la compagnie de réserve, le drapeau donné à la garde nationale de Grenoble par l'Empereur, lors de son couronnement, et charge cet officier <c de prendre toutes les mesures de précaution que sa prudence lui sug^ gérera pour éviter que le dépôt confié à ses soins ne tombe entre les mains de l'ennemi, » — Par un second arrêté^ il charge M. Savoje des Grangettes et M. de Ghalvet, conseillers de préfecture, de réquisitionner les objets d'équipement nécessaires au 18® régiment d'infanterie légère, ensuite d'une lettre du général de La Roche, datée de la veille. — Par un troisième arrêté, il enjoint au chefs de division de l'administration de choisir les papiers de comptabilité, les plans, cartes, renseignements topographiques et statistiques ^importants, les notes et renseignements personnels, les registres de conscription, procès-verbaux du conseil, correspondance officielle, lettres confidentielles des ministres, et de les remettre à un commissaire désigné à cet effet, et qui était chargé de préparer les moyens de transport propres à assurer l'envoi de tous ces papiers hors de la partie du territoire envahi par l'ennemi. — Enfin, par un autre arrêté, M. Bravet, maire de la commune de Barraux, est nommé commissaire spécial pour recevoir à leurs arrivée les denrées requises pour l'approvisionnement du fort Barraux et en donner récépissé aux divers fournisseurs.
29 Décembre 1813. — Deux arrêtés, pris par le Préfet ce jour-là, méritent d'être mentionnés :
Par le premier, M. Didier, auditeur au Conseil d'Etat et Sous-Préfet de l'arrondissement de Grenoble, est chargé de procurer dans cet arrrondissement, ou même s'il en est besoin, dans toute l'étendue du département, par voie de réquisition, les divers objets d'approvisionnement réclamés par le commissaire ordonnateur.
Far le eecond, M. Beaafort, secrétaire général de la pr^ectoroi est chargé de correspondre chaque jour avec les sooa-préfets^ pour les informer des faits officielle^' ment ou vraisemblablement connus, concernant le service de V Empereur et Vintérêt de ses sujets et résultant de la marche de Vennemi dans les cantons suisses, « Le but de cette correspondancoi ajoute l'ar-
< rêté| est de donner aux fonctionnaires exerçant l'ad- « ministration dans les arrondissements, les moyens de
< dissiper les bruits faux et exagérés, et de leur faire « connaître ayec autant d'exactitude qu'il sera possible la « Traie situation des choses^ les mesures prises par
< l'administration générale dans le département de l'Isère € et la direction qui doit être suivie par tous les fonc- € tionnaires de l'ordre administratif. »
30 Décembre iSiS. — Le Préfet, par l'intermédiaire de son collègue du Mont-Blanc, reçoit copie d'une lettre écrite de Genève, le 29 décembre, par le secrétaire de la légation française en Suisse :
« M. le général Jordis vient d'apprendre par un piquet € de cavalerie qu'il a envoyé cette nuil pour reconnaîu*e « la position de l'ennemi, qu'il est résulté de ce rapport « que l'ennemi est à quatre lieues de Genève ; il peut^ € d'après ces renseignements, se présenter aujourd'hui <c ou demain matin 30 du courant, devant Genève. M. le «c général Jordis opposera à l'ennemi des moyens de dé- € fense avant de capituler, mais cette résistance ne sera « pas de longue durée, parce qu'il n'a sous son commande dément que 900 hommes environ, tant cavalerie qu'in- « fanterie. Je lui ai dit que 800 hommes environ des « 79® et 81* régiments se dirigeaient sur Genève. »
Le même jour, 30 décembre, le général de La Roche informa le Préfet de l'arrivée du comte de Saint- Vallier, comme commissaire extraordinaire dans la 7® division militaire :
< J*al rhonneor de vomb prëyenir que par une lettre de « Son Exc^ence le Bfinistre de la Guerre, en date du « 27 courant^ je riens d'être informe que par décret de ^ l'Empereur du 26,Sa Majesté a nommé M. le comte de € Saint-Yallier, sénateur, son commissaire extraordi-
< naire dans la 7^ division militaire, où il doit se rendre « sans délai. M. le commissaire extraordinaire est « cliargë de pleins pouvoirs pour mettre les places en m bon état^ sous le rapport de leur armement^ de leur 4: approvisionnement et de leur garnison^ de prescrire « toutes les mesures nécessaires pour la défense de la « frontière, d'ordonner la levée des Gardes Nationales^ « et leur placement sur les points qu'il jugera convexe nable, d'activer le départ des conscrits pour rejoindre « leurs corps, etc.^ etc« L'instruction de Sa Majesté étant
< que M. le commissaire extraordinaire soit reçu avec m tous les honneurs dus à son rang et que sa mission soit « annoncée avec éclat, je m'empresse de vous donner cet « avis pour que, si vous n'ôtes déjà informé, vous puisse siez donner les ordres que vous jugerez convenables « en pareille circonstance. » *
A la réception de cette lettre, le Préfet de l'Isère, dont la santé était chancelante, chargea « à cause de son état maladifs M. Golaud de la Salcette, conseiller de préfecture, de le remplacer dans ses fonctions.
31 Décembre 1813. — A la date de ce jour, le général de La Roche écrivit au Préfet les deux lettres suivantes :
€ L'annonce de l'entrée des Autrichiens à Genève € m'ajant déterminé à prendre sur moi de changer la « marche de la colonne de troupes italiennes qui traverse
< ma division pour se rendre en Italie, aûn de me mettre « à sa tôte pour aller au devant de l'ennemi ; et cette € circonstance paraissant assez majeure, pour que, sans « différer vous fassiez un appel aux Gardes Nationales
€ qai Yoadraient se réunir aux troupes pour la défense « de leur pays et de leur propriété, j'ai l'honneur de 4: vous donner avis que je vais me rendre à Ghambéry, « où je me propose d'établir mon quartier général. »
« Les chefs de corps de la garnison de Grenoble, « m'observant qu'ayant une quantité énorme d'effets mia litaires dans leurs magasins, ils avaient traité condi- « tionnellement avec des bateliers pour le transport de ces « effets, ainsi que des caisses et pièces de comptabilité 4: de leur régiment, dans le cas seulement où ils seraient « contraints à un déplacement, et que ces mômes bateliers « avaient rompu leurs engagements pour traiter avec des <c habitants de la ville, comme il est important, dans « cette circonstance, que les bateaux et les voitures qui « TOUS seront demandés par M. le commissaire ordonna-
< teur soient constamment à sa disposition Je vous invite, « M. le Préfet, à vouloir bien donner des ordres, pour € faire remonter les bateaux qui peuvent se trouver le d long de risère et faire placer des gardes sur chacun « d'eux, afin d'éviter que les bateliers né partant avant « d'y avoir été autorisés.
« Il faudra également, en cas d'évacuation, fournir des
< bateaux et des voitures pour le transport des militaires « malades, celui du matériel de l'artillerie, en vous « priant aussi de prescrire les mesures que vous croirez « nécessaires pour qu'il y ait toujours, outre les ba- « teaux et les voitures, deux cents chevaux harnachés € pour pouvoir traîner les pièces de canon qui sont sus- « ceptibles d'être mises en route, dans le cas où les « circonstances viendraient nécessiter cette dernière me- « sure. >
A cette dernière lettre le général ajoute ce post-scriptum :
« Le général Jordis m'annonce qu'il va être attaqué <x. dans la place de Genève et qu'on lui a fait des proposim tiens de se rendre. >
A la réception de cette dernière lettre, et de deux autres da môme jour, par leqaelles le commissaire des guerres demandait quarante-cinq voitures pouvant contenir chacune dix hommes pour évacuer les militaires malades de l'hôpital de Grenoble, ainsi que deux cents chevaux et cent bœufs pour l'évacuation de l'artillerie, le Préfet prit immédiatement l'arrôté suivant :
<c 1. Il sera requis dans l'arrondissement' de Grenoble, « par les soins du Sous-Préfet, 50 voitures^ 200 chevaux
< 0^50 paires de bœufs pour transporter les militaires € malades aux hôpitaux et traîner les pièces d'artillerie
< susceptibles d'être mises en route.
< 2. Il sera requis dans la ville de Grenoble et dans € les communes de St-Quentin, Veurey et Voreppe, un
< nombre de bateaux et barques suffisant pour transport
< ter les magasins de l'arsenal de cette ville et des diffé- « rents corps qui y sont stationnés.
« 3. Le capitaine Duchon est nommé commissaire « chargé de la surveillance et mise en ordre de tous les « moyens de transport réunis à Grenoble.»
2 Janvier 1814. — L'administration départementale prend un arrêté ordonnant la saisie des exemplaires de la Oazette de France qui parviendraient à Grenoble et de toutes proclamations provenant des pays occupés par Tennemi.
Le même jour arrive la nouvelle certaine que Genève était occupée par les Autrichiens depuis le 30 décembre 1818. Tous les habitants^ à cette nouvelle, furent dans la consternation, et l'on s'occupa avec la plus fiévreuse activité de la mise en défense de la ville ; des palissades furent posées aux portes, deux pièces de canon furent placées sur la porte Saint-Laurent^ et deux autres furent montées au sommet de la Bastille.
3 Janvier i^i 4.— Diverses lettres parvenues à Gre-
nflhici âwniîreit aux wtaritA «t six ^ahitiali d'intériwinri datais war îa nurcÎLs ^ lai gaëtina àm FaBncmi ; de lear oumbre, ooiis rapradaireii» ka «ifiiff^^ :
Lettre êtm génértd Jktttmca tm Préfet de T Itère, en
date <hê 3Jwmisier.
< Ce matiiL, j^if reça mu Lettre de M. le général de 4 dÎTÎfloiL, que sH ûmt ajoutor ââ aox differoiti ra^iorts « ^H a^ rcnaerni n'a à CrCBère qa'ane trè»-£nb]a gar- « mion et fodfnea partis qui eoorrent aax eavirons. On
< eroit qoe le £ort FEelnae n'ert pas encore en «m poo-
< Tdir ; il ûint done qoe Tenneoii ai fidt ion movrement
< tout entier mr Le d^crtanoit de TAin^ ee qni fidt,
< M. le PréÊBt, qne Ton dcût doaUer de ureillance le
< long du Rhône. Le g&iénl Jardin est resté malade a « Génère ; la Garde Nationale de eette Tille monte la
< garde à sa porte.»
Lettre du Préfet du MotU-BloÊ^e à celui de tJsére,
en date du 3 Janeier.
< La position de Tennemi, relatÎTement i mon d^»arte-
< ment, est toojonrs la même. Il n*a point dépassé
< Frangji commune placée sor la limite. Gfenooge est € oecnpé par des forces eonsidâraliles.
€ Tons les rapports s^aecordent a dire qn'ane colonne « trds-forte mardie sor Ljon ; qu'elle se diyise en deux « parties ; qne l'une se dirige par Bourg et Mâcon, et « Tautre par SainWRambert. Gela mérite confirma- « tion* »
Lettre du Maire de Seyssel au SouÈ^Préfety du
2 janvier (1).
€ Trente hussards hongrois sont arrivés à Frangj, à
(1) Cette lettre parrint à Grenoble par rintermédiaire du. maire do Pont^de-BeanToisin, M. Flandriu, qui la tenait du directeur des Douanes.
€ une heure après minait, et aujourd'hui 2, à 9 heures « 1/2| nous avons eu leur visite. Cette marche précipitée € n'a pas été prévue, etYon prétend que le mouvement « rétrograde de l'ennemi du côté de Nion et des Rousses
< a été fait pour couvrir cette manœuvre. Je n'ai été ins-
< truit qu'au moment où ils se sont présentés. D'ailleurs « mille hommes doivent arriver ce soir ; autant demain.
€ Je suis dans le plus grand emharras On dit que les
€ Suisses ne sont plus neutres et qu'ils sont arrivé» à t Genève et dans les environs ; ils ont 40,000 , hommes « sous les armes.
« Le capitaine que j'ai vu et à qui j'ai parlé fort long- € temps> a été extrêmement honnête ; sa petite troupe a € bu Teau-de-vie sur la place et tout s'est passé sans
< aucun accident Tout va à Ghfttillon ; c'est du moins
< la route qu'à prise le détachement »
Qaant à l'administration, soit civile, soit militaire, elle ne restait point dans Tinaction, et prescrivait les mesures les plus urgentes que commandaient les circonstanees : le 3, le général de La Roche écrivait de Ghambéry^ au général Daumas, commandant le département de risère, à Grenoble, de presser les approvisionnements des places des Hautes-Alpes. En même temps, le Préfet donnait Tordre aux maires de Grenoble, de Bernîn, de Montbonnot, de La Terrasse, de Sainte-Marie et de Barraux, de réquisitionner des chars attelés «de bœufs, en quantité suffisante, pour le transport des bois destinés à palissader le fort Barraux. De son cOté^ le général Daumas écrivait au Préfet :
« Il est instant que vous donniez des ordres aux maires
< de Yoreppe, de Yoiron et sur toute la route du Pontée de-Beauvoisin, de faire une garde exacte et active pour
< être prévenu des mouven^ents de l'ennemi et pour en € avoir des nouvelles à chaque instant. Il paraît que les
< précautions prises par M. le Maire du Pont-de-Beauf voisin sont celles que comudande la circonstance, et
€ môme j'ajouterai qae vous devriez ordonner de brûler « tons ces bateaux, ce qui serait beaucoup plus sûr, at- € tendu que l'ennemi peut les faire repasser de force sur « la rive où il se trouve ; pour cela il faudrait en donner « Tordre au Sous-Préfet de La Tour-du-Pin.
€ P.^S. — Il faudrait avoir des hommes à cheval sur m toute la route, pour ôtre prévenu à temps. Il est ur- « gent de faire brûler toutes les barques. »
Enfin le 4 janvier, le Préfet réquisitionnait toutes les scies à eau de la commune de Pontoharra, pour faciliter la confection des palissades du fort Barraux ; et invitait, par un autre arrêté, le Maire de Grenoble à pourvoir au logement de quatre-vingts mariniers réunis dans cette ville.
5 janvier 1814, — Le préfet de Tlsôre qui à la réception de la lettre du général Daumas, que nous avons .reproduite précédemment, s'était empressé de donner Tordre au sous-préfet de La Tour-du-Pin et au maire du Pont-de-6eauvoisin, de faire brûler les barques et bateaux qui se trouvaient sur le Rhône, reçoit de ce dernier fonctionnaire une lettre ainsi conçue :
« J'ai reçu hier à quatre heures du soir votre lettre « du 3. D'après vos instructions, je suis parti de suite en « poste pour La Tour-du-Pin, à Teffet de me concerter « avec M. le fious-préfet pour l'exécution des mesures 4( que vous avez ordonnées. Je me suis permis de lui ob- « server que le brûlement des barques et bateaux sur la
< rive gauche du Rhône depuis Saint-Didier jusqu'à « Loyette, ligne exacte des limites de son arrondisse- « ment, demanderait beaucoup de temps et une force t armée pour chaque point où les bateaux sont amarrés,
< que nous n'avons pas ; d'aiUeurs cette mesure exécutée
< à la lettre, ne produirait point Teffet que vous en at- « tendez, tant que les bacs et barques qui existent depuis <k Saint-Didier jusqu'à La Balme sous Pierre-Ghfttel et
« même jusqu'à Seyssel, resteraient intacts, vu que toute « cette ligne sur la rive gauche appartient au Mont- « Blanc cù Tautorité civile ne peut pas donner des ordres « directs sans inconvénients. Il nj aurait que M. leijré- « néral divisionnaire qui pourrait la faire exécuter en y « envoyant une force armée suffisante, car il pourrait « encore éprouver de la résistance de la part des pro- « priétaires des bacs et bateaux stationnés sur la rive « opposée, vu qu'elle appartient à une autre division.
« Vous pourrez, Monsieur, vous édifier de cet obstacle « par les pièces qui vous seront envoyées, aujourd'hui, « par M. le sous-préfet. Vous y trouverez l'opposition « formelle de M. de Gordon, ainsi que du fermier du bac < de La Balme, à la mesure ffue j'ai prise, depuis deux « jours, de concert avec M. le Directeur des douanes, « pour amener, enchaîner et garder sur Ja rive gauche « du Rhône les trois bacs et autres bateaux stationnés « sur ce fieuve depuis La Balme jusqu'à Saint-Didier, « toujours sur le département du Mont-Blanc et venant « tous aboutir à la grande route de Saint-Genis au « Pont-de-Beau voisin.
« J'avoue que j'ai outrepassé mes pouvoirs en prenant
< cette mesure provisoire de précaution et de sûreté gé-
^ nérale J'ai été merveilleusement secondé par M. le
« Directeur des douanes et ses préposés dont la conduite « et le dévouement sont dignes d'éloges
« J'ai proposé à M. le sous-préfet de suppléer â la « mesure du brûlement en ordonnant de suite à tous les « maires riverains de son arrondissement de faire descen- « dre jusqu'au port de Loyette tous les bacs et bateaux « qui sont placés sur les deux rives à partir de Saint- « Didier ; une fois rassemblés sur ce point extrême, vous « pourrez en ordonner le brûlement, si les circonstances
< Texigent ; mais je dois encore vous observer, que cette a mesure serait illusoire, si elle n'était pas exécutée de- € puis Saint-Didier jusqu'à La Balme et môme jusqu'à
€ SeTFsel. Je cràit pareîIlemeLt devoir Ton» dMxrer que € cee meBUTeê de rgueur De peovcnt ét?e rarfaitement # exécatées que j^ar un chef iLfl'>aire ajant la trorpe de < ligne â ses ordres ou la ^rrrde nationale d'un arrondis- € Bernent étranger.. .. >
Le niéme jour, 5 janvier, le sous-iTéfet de La Tourdu- Pin écrÎTait au préfet une lettre qui n'e*t, â peu de chcBe près, que la reprodcction de la précéd^ite, et le général de La Roche, qui s'était vu contraint d'appeler à lui touB les ouvriers des dépôts des différents corps de sa divisioo, invitait 1^ même fonctiounaire àùâre fournir de fuite an majors des 5* et 11* de ligne et 18* léger, à Grenoble, tous le» ouvrier? qu'ils réclameraient ; la même Tîrière était adressée pour mettre des ouvriers cordonniers et tailleurs à la disposition des dépôts du 8« léger, 23* et 60* de ligne, qui de Genève étaient dirigés sur la ville de Vienne.
Quelques heures plus tard, le préfet recevait communication d'une dépêche, en date du 4 janvier, par laquelle l'inspecteur des douanes, qui gardait le pont de la Balme avec une centaine de douaniers, informait son directeur au Porit-ce-Beau voisin, que Tennemi qui était à Sejssel, le 2 au soir, au nombre de 160 fantassins et de 50 hussards, s'était roplié, le 3, s-ir Fr»ngj et, qu'en conséquence, il se mettait lui-même en route avec sa petife troupe pour Belley. Le préfet reçut en outre, le même jour, de son collègue du Mont-Blanc, les nouvelles suivantes : € L'ennemi a retiré les reconnaissances qu'il « avait envoyées sur Annecy. On assure qu'il n'a laissé « que quelques vedettes à Gurseille et à Ghaumont, sur « la route de Fraugy ; on dit môme que Genève n'est « plus occupé que par 600 hommes et que les communi- € cations sont libres. M. le sénateur Ghaptal est arrivé à € Lyon. Il paraît que cette ville se prépare à faire résis- « tance. J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint un m exemplaire de l'arrêté que j'ai pris pour provoquer une « levée en masse dans mon département. >
6 janvier 1814. — Le général Daumas, en suite d'ordres reçus du ministre de la guerre, prie lo préfet de donner des ordres pour que Grenoble soit approvisionné pour trois mois, pour 1,200 hommes et 50 cliovaux (1). Dans une autre lettre, il apprend que le général Jordis était arrivé de Genève à Ghambéry, que la ])remière de ces villes n'avait plus qu'tne garnison de 800 hommes et que l'ennemi paraissait s'être replié sur la Suisse, < ce qui, ajoutait-il, ferait croire qu'il a éprouvé un échec. »
Ge fut encore, le 6 janvier, que le sénateur, comte de Saint- Vallier, commissaire extraordinaire dans la 7* division militaire, fit son entrée à Grenoble. Il rédigea immédiatement une proclamation qui fut placardée le lendemain sur les murs de la ville.
€ Le sénateur G'^mte de l'Empire, commandant de la € Légion d'honneur, grand'croix de l'ordre impérial de t la Réunion, commissaire extraordinaire de Sa Majesté,
€ Aux habit ans et propriétaires de toutes les « classes de la 7* division militaire.
€ Je viens, braves habitans de la 7* division militaire, € mes chers compatriotes, vous apporter des consola- « tiens e't des espérances de paix qui ne tarderont pas à € se réaliser, et dont le succès tient à votre conduite, et t à f attitude que vous aurez dans la circonstance cri-
< tique où se trouve unq partie de cette division mili- « taire.
« La paix est le vœu général de la France. L'Empec reur la désire aussi vivement que vous, et fera tous les
< sacriâces compatibles avec la dignité de la nation et
< celle de sa couronne. Vous vous rappelez que dans son
< discours au Gorps Législatif, il a dit : « Monarque et
(1) Aussitôt le préfet prit un arrêté, nommant M. Savoy e- Desgrangettes, conseiller de préfecture, commissaire spécial pour recevoir les denrées requises.
« père, je sens ce que la paix ajoote à la sécurité des « trônes et à celle des familles. > Yoos ne poaTes donc € pas douter qne les tœox da prince ne soient d'accord « avec les nôtres. Avons de la confiance, et rendons-nous € dignes de ce bienfait.
< Les bases préliminaires de paix ont été proposées < par nos ennemis ; ils ont donc jugé «qu'elles ne leur € étaient pas défavorables. Peut-être espéraient-ils que « l'Empereur les refuserait ; maLi la France, au contraire, « les a acceptées sans discussion, sans modification. « Réunissez donc tous vos efiorts, mes chers compa- « triotes ; la patrie, Thonneur vous appellent ; vous ne « souffrirez point que votre territoire devienne la proie * de l'étranger. Ralliez-vous à la voix de vos fonction- « naires civils et militaires qui jouissent à juste titre de « la confiance du Gouvernement, de la vôtre et de la « mienne ; empressez-vous d^offrir tous les sacrifices « qu'exige la défense de la frontière.
« A Grenoble, le Ô janvier 18i4«
< Lie comte de Saint-Yallisr, 4L L* auditeur au Conseil d*Etat, de Beyle. >
8 janvier 1814. — Un arrêté du préfet autorise le conservateur des eaux et forêts à faire marteler, chez les propriétaires les pins voisins des places fortes de Grenoble et de Barraux, 2,160 mètres cubes de bois dur nécessaires pour établir des barrières et des blindages^ ainsi e que 8 pièces chêne des plus fortes dimensions pour flèches de pont-levis. Le même arrêté réquisitionnait le nombre de bras et de bestiaux nécessaires à l'abbattage et au transport de ces bois. Le lendemain un nouvel arrêté nommait M. de Linage, maire de Voreppe, M. Imbert des Granges, et M. Bravet, maire de Barraux, commissaires spéciaux pour désigner dans les propriétés particulières, les arbres à abattre.
ÎO janvier 1814, — Ensuite des instructions du comte de Saint- Vallier, le baron Fourier, préfet de l'Isère, fait publier l'arrêté suivant :
« Art. l*'. — Tous les anciens Militaire?, jouissant de pensions de retraites ou munis de congés, sont spécialement appelés à concourir, par leurs efforts et leur expérience, à la défense du territoire départemental, ils sont invités et requis^ si besoin est, de se rendre, sans aucun délai, à Grenoble en l'hôtel de la Préfecture, ils recevront les orde M. le général de division, comte Marchand, commandant en chef la levée en mass .
« MM. les Officiers de tout grade, jusqu'à celui de colonel inclusivement, sont compris dans cet appel, ils seront présentés par nous à M. le Sénateur, commissaire extraordinaire de Sa Majesté,
€ Art. 2. — Toutes les personnes comprises dans le présent appel recevront une indemnité de route, elle leur sera acquittée d'avance au moment de leur départ, par les soins du Maire de leur commune.
« Art. 3. — Les Militaires pensionnés ou réformés à qui leurs infirmités ou leur âge ne permettraient point un service actif, seront autorisés à retourner dans le lieu de leur résidence et concourront, selon leur grade, à l'organisation et à l'instruction des Gardes natioEales sédentaires ; les Militaires les plus valides concourront à la formation des corps de partisans ou des compagnies franches employées en première ligne pour la défense du territoire dans le Départemenf.
« Art. 4. — Les anciens Militaires qui occuperaient actuellement des places civiles quelconques, et qui seraient moment anément employés dans les différons corps de lïi levée en masse conserveront lesdites places, et en reprendront l'exercice aussitôt qu'ils auront rempli le noble but qui leur est proposé, celui de concourir à repousser Tennemi de nos frontières.
« Art. 5. — Le présent Arrêté sera exécuté sous la
survoiîUnce de M. le Sons-Préfet de rarrondiggement, par MM. U's Maires des communfs. Ces fonctionnaires a'1res"?o:vij*, sa: s ilëlai, a tons jcs Militaires en retraite ou on conîrl^ rê>id.int dans le'ir commune, l'invitation de so rondre à <^ri noble. »
La niosuro précédente ne put recevoir entièrement son extVution, et lo 17 janvier une nouvelle circulaire du pivfot prei>ovivit, au contraire, aux anciens militaires de restar dans leur^ communes pour j diriger les gardes nationale*, vu Curgence des circonstances. C'est qu'en eâVt Tinvasion de Tennemi était aloi's un fait accompli.
Î2 janvier Î8Î4, — Le général Daumas annonce au préfet que les palissades vont manquer au fort Barraux et que, comme les travaux sont très-urgents dans les circonstances actuelles, il le prie de presser autant qu'il sera on son pouvoir l'envoi des bois nécessaires à ce fort et le plus qu'il pourra ; il le prie en môme temps de faire arriver à Grenoble toutes les barques du département et les bateliers aûn d'avoir sous la main les moyens d'évacuer l'arsenal, le cas échéant. — Le même général, par un autre lettre du même jour, informe le préfet que lo L.iaistre de la guerre, par une lettre du 26 décembre pri^cêdent, ordonne de réquisitionner dans l'étendue' des divisions militaires autant de chevaux qu'il y a dans les dépôts de cavalerie d'hommes non montés, et qu'en conî^équence, comme il est urgent de prendre des mesures pour garantir les frontières, il invite le préfet à prendre pour le service de l'armée tous les chevaux des particuliers, propres au service militaire.
De son côté, le maire du Pont-de-Beauvoisin écrit au préfet qu'il est nécessaire de faire donner des ordres dans le département du Mont-Blanc pour que tous les bateaux qui se trouvent sur les deux rives du Rhône, depuis Seyssel jusqu'à Saint-Di-îier , soient descendus au port de Loyette, et ajoute que l'ennemi s'était présenté dans les environs de Bourg.
Le sous-préfet de La Toar-du-Pin, dans une lettre daté du môme jour, deman^le des secours : « La route de Seyssel à La Balrae est très-étroite ; un petit détachement pourrait y arrêter un régiment, surtout s'il avait une ou deux pièces d'artillerie ; ce détachement placé vis-à-yis lo bac à traille de La Balme préserverait notre pays du danger d'une invasion soit par Belley, soit par Genève. »
Gomme dans toutes le.^ circonstances identiques, Tesprit égaré des populations crut voir des espions de toute part ; le passage suivant d*une lettre de M. Guillermoz, maire de Voiron, au préfet de l'Isère, en est la preuve :
« Le bruit se répandit hier dans cette commune qu'un individu vêtu en paysan avait été aperçu sur les hauteurs de Miribel, po&té derrière un buisson, tenant à la main un papier, une règle et un crayon et qu'il avait déclaré aux personnes qui l'avaient rencontré, aux uns qu'il était forgeron, aux autres qu'il était domestique, et l'on tirait la conséquence que cet individu était un espion qui traçait le plan des environs des Echelles et des gorges de Grossey. Ce bruit me parut digne de la plus sérieuse at tention et je résolus de me roadre de euite à Miribel avec le brigadier de gendarmerie pour prendre des renseignements positifs sur cette aflfaire Cependant pour faciliter mes recherches je jugeai convenable d'aller autant que possible à la source de ces bruits et je me suis convaincu qu'ils étaient absolument con trouvés. »
i 3 janvier 1814, — Le maire du Pont-de-Beauvoisin, M. Flandrin, fait parvenir au préfet les renseignements qu'il avait sur la marche des ennemis :
« Je m'empresse de vous transmettre les renseignements que je viens de recueillir de la bouche d'un garçon, homme de confiance envoyé de Versoix par trois femmes des officiers des douanes à leurs maris au Pont-de-Beau- Toisin.
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T:iâsii2£. nu. aiiTS »*âx:ï "Tnrfrfïif»Tik sont parts pour GhitiLi(n?-af-'ATi-/!:n :]n ; .t» lairiiEiiiifl!:^ uf SeyaBfil M oat dr niHr c^ ô^arTtfTuen: aLai: se Tvnnfir àis cette eommum :e gtieigii» cnin* ne ±al dh^hl in Frait tiré \êl FemniitE pz-rfseôfiiiiE.
« 'Die: TTurnnr ^ ^fliiL emi??tHr je mfisnp mnt à Gale, £ vs^ mer isr ]B£liF7. xsnncht x Ijt BahDe «t ii^est ar- Trr± jEi rr*ainDiirc!'iiiL È une Lbec* ne rijipw-amâi. il jLi affinrt nue J'ennfiiii: i'ethiî ot'smrîrnL ±.^0Q bomaies i ^fliiêvf^ -irH i ûiBronrfL, 4I»I' ï Fraurj, 23(i> an Poiftr**wî»»-"jj"^iX- snr i£ T-nitif Dt MBè^re a Anfiaty «t «siTÎraa B ot 4 Jl SET f autrsf i»rmn&. pazTm: tonî Baia un botI régi- -ntpir*. âe îmsBLrûf : T>^y-^ uut tnL$ jfls iimzï ^a âêtadie-
jtffflf ta- TèpËjÈÛBiBLi âHzs j£ sBnxTOtr&e pcnir raioasser 1 des iP": l 't^înnTH: £x iDEie ustcTe un* Ton fûsùt «ntrv ; Ô£iif ^^iKTe : ri>e Le fzinai»che î* il met Ta 2ÛD mflitaij-e§ rrd Trrrxîljiei: TirTTrrensflmfitî i frrtrScT la tîUs ^.t: î^*t^ du y cŒl-BLiitDr e: eue Je ioii 10, 400 paT^aas ^^i-^rî empirT-éî ra zoàmss triTm, ont» ΀S miliîafr«§. J
< J'ai appr», ^ J * 5ecx jjotts, par jœ vitre Toie ï%r*r fl[tt% /rîîiVTffiî a-radt 5<!>3 ♦iv>sTï>eg â Sîoa et 200 sqp -a 2<«te dn 5iîiit-3ejT.iri et çne î'eQ se $«Tait da minifr- 1^* c^ :>T4îre« i^îsp eitcDiirairer lfi« LaicUats du Yalaia
4^ ViUsieuTS lettres de Lvon ont annoncé, ce matin^ -
qae Tennemi éttit entré à Bonrg ; si cette nouveUe est Traie, yons sentez, Monsienr, qu'il est de la dernière urgence de prendre des mesares de sûreté et de défense sur toote la ligne du RhOne depais Seyssel jusqu'à Lyon pour garantir le département du Mont-Blanc ainsi que celni de liséré.
< Le détachement des préposés des douanes qui était à Ckile s'est replié sur La Balme ; on a envoyé 25 hommes i Ghanas au débouché du lac du Bourget, 50 à Yenne et le surplus garde le déûlé de La Balme.
< Ces nouvelles dispositions sont absolument illusoires si Ton ne prend pas d'autres mesures.
€ Il est de mon devoir, Monsieur, de vous informer que l'esprit public chancelle et faiblit i mesure que le danger augmente ; il ne faudrait que la présence de la troupe de ligne pour le ranimer. L'on crie hautement contre la lenteur que l'on a mise à défendre. Genève, et surtout de ce que l'on a laissé partir la division italienne.
4L Je rassure et encourage les habitants autant qu'il dépend de moi, mais je ne puis malheureusement rien £ûre de plus. »
14 janmer 1814. — Le général Daumas écrit au préfet pour l'informer que le Ministre de la guerre, par uie dépêche du 9 janvier, exigeait, vu les circonstances, que les approvisionnements de siège des places de Grenoble et de Barraux fussent portés au complet. Il termi- Bait sa lettre en ajoutant : « S. Excellence invite le général de division à se concerter avec vous dans le cas où vous rencontreriez des difficultés à l'exécution de cette mesure et à employer sans balancer la force armée si le cas l'exigeait et si ces approvisionnements éprouvaient quelques retards. >
Le môme jour un arrêté du préfet fixa à 4,460 hommes le contingent que le département de l'Isère devait fournir tant pour satisfaire tant au décret du 17 décembre 1813
qui créait à Grenoble une cohorte de première classe de 500 hommes et à Vienne et Voiron une cohorte de deuxième classe, chacune de 300 hommes, qu'à celui du 5 janvier 1814 qui ordonnait la levée de 18 brigades de gardes nationales mises en activité pour la défense des divisions militaires de Grenoble et de Lyon. Sur ces 4,460 hommes l'arrondissement de Grenoble devait contribuer pour 1,695 hommes, celui de Vienne pour 1,070, celui de La Tour-du-Pin pour 981 et celui de Saint- Marcellin pour 714.
Les deux lettres suivantes adressées à M.Aymé, directeur des droits réunis â Grenoble, par les contrôleurs principaux de Vienne et de Bourgoin, démontrent toute la perturbation qu'éprouvaient déjà les divers services publics dans toute l'étendue du département, et c'est à ce titre que croyons devoir en donner la reproduction :
« Vienne, le 14 janvier 1814.
€ Hier soir à trois heures et demie, j'ai reçu de M. le Maire de la ville de Vienne, l'ordre de pourvoir sans délai et sous ma responsabilité personnelle à la mise en sûreté et à l'immédiatti évacuation des deniers de l'Etat, pièces de comptabilité et papiers importants. Get ordre lui est parvenu, dit-il, par la voie de M. le Sous-Préfet.
« Je l'ai communiqué de suite à Messieurs les Contrôleurs ambulants de ville et d'Octroi, Receveurs à cheval et Receveur principal pour l'exécuter ou faire exécuter chacun selon ses attributions.
« J'ai donné l'ordre (^e retirer les fonds dx^s buralistes pour les verser cumulativement avec les recettes particulières à M. le Receveur principal, et ce dernier à M. le Receveur particulier des Contributions.
« Ce matin, à cinq heures, M. le Contrôleur de ville et M. le R ceveur principal étaient partis. MM. les employés paraissent s'occuper de leur sûreté personnelle; je reste seul avec MM. les Contrôleurs de l'Octroi. Le
service est totalement désorganisé; hier les cabaretiers et autres a sajettis ont menacé les Employés qui ont été obligés de se retirer pour éviter les voies de fait. La ville est toute en mouvement, les négociants emballent leurs marchandises^ les moyens de transport sont à des prix excessifs. Il est impossible de se procurer des hommes de peino pour emballer les registres et pièces de comptabilité. Ils préfèrent travailler pour les négociants. J'ai eu le bonheur de me procurer une barque pour l'évacuation des tabacs de l'Entrepôt particulier; M. le Procureur fondé de TEntreposeur et moi y avons travaillé toute la nuit ; je les ai dirigés avec un acquit-â-caution et lettre de voiture, sur l'Entrepôt principal de Valence ; M. le Procureur fondé les accompagne.
€ Je suis obligé moi-même d'emballer mes états et pièces de comptabilité, j'en mettrai en sûreté le plus que je pourrai. J'aurais désiré que Ton m'eût désigné le lieu sur lequel je dois me replier, mais l'ordre que j'ai reçu ne l'indique pas ; M. le Receveur principal étant parti je n'ai aucun fonds à ma disposition.
« A mesure que les Receveurs particuliers arriveront je leur donnerai l'ordre de verser entre les mains de M. le Receveur particulier des Contributions et de s'en faire délivrer des rt^cépissés.
< J'étais loin de m'attendre à de pareils événements depuis votre lettre du 7, n° 4. J'avais, au contraire, invité tous les Receveurs et Employés de tout grade a reprendre leur service avec sécurité et fermeté.
< Je ne sais si je pourrai tenir longtemps à mon poste. La populace devient insolente, et je ne puis sortir sans entendre des propos désagréables. Le service étant complètement bas, je ne puis plus m'occuper que de la régularisation des versements des Receveurs particuliers à cheval, si toutefois ils viennent apporter leur cojaptabilité et leurs fonds.
€ Si la présente vous parvient et que vous puissiez me
t5 ierfffar 1^14.
Tmn-rryggj im is sbuijubc me 1a -lîrettias da
poRBB 1 J •^'^■"' —"*^*-^" m'-slff i*svalt aacniL vtsji
niL •»*aHf°iT s . sacsaoL a j^s aire ei sir T^cr^dt T^"i*rn»i, ^mï #»rtr^ écËbs <îe LagMB Ajxi . i çisrs Tpgfl» fîc* JDnançBit ^ulibb cnfann€ d0 '{«JCCi inTTTwn^j xtn iTSffiir snicné js 13 i MffvÎ9HMO, à ine iiffliff ie 7jg^fT, îsvsL le "ffliiffflTBHiiy se prl^eiLter îffTsic Ljnn. at'iTiir i^eh. fétHrarani à proidre ce psrti; jarsTie if«r mr i iix iteures» m lanftont de ce paT»-€i xr^tr-i ie r vrm 3ir -a îiliaBice ▼int noiiB appreniire qa'oii a'^i'Hiisic. aaroniM' onu i Lyon, quatre mille bâmiiiea de jSL 2sr^e Hn oaH^git* {smiiaiis par Aii£<eFeBa qvi s'était annciLcé ie R.Tgnrr.» za^ xi dstardcse. H ncoa iît acâsi qae des â}r«s b^meoup IlOs zicmlireases sâTTsiait îmm^diatament ce renâart ; alcn je (Stls feToir contrymander les Tritures çie j'aTsis ccmmamié ({ixeL{aes henes auparaTsnt.
« Fi7 Totre lettire^ toos me dites que si le danger était imminent, je d'^ preiL«±re les ordres de M. le Sons-préfiet. J'aurai i'homienr de tqos obsorery Monaienr le IMrectefxr, <pie ma poeitioa doit me mettre dans le cas de ne pas me conduire d'après Isl régie giâiéraley puisque, d'une part, ma r^iëence n'est pas la même que celle de M. le SooS'Préfet, et que de Fantre, je snia placé, par rapport i Tennemi, de manière à être pins prés du danger qne lai. S'il fallait attendre ses ordres, comment ensnite anrai'Je le temps de les soomcttre â mes subordonnés, et à
sonstrajre toutes les pièces de comptabilité et toas les registres de perception ?
« Il est donc urgent, Monsieur le Directeur, que tous
me donniez des instructions particulières, et que vous
m'autorisiez, en cas d'urgence, à me replojer auprès de
- vous, avec tout ce qui peut être utile aux intérêts de la
Régie.
m Quant au serrice^ la stagnation est complète et je ne connais aucun moyen de persuasion qui puisse déterminer le redevable à venir acquitter les droits constatés. Depuis le 6 janvier, il n'y a eu dans la Recette de Bourgoin qu'un seul enregistrement pour le droit de détail^ et il y a près de 4,000 fr. à recouvrer sur le trimestre passé. Si les employés demandent, ils sont insultés, s'ils veulent prendre le ton doucereux de la persuasion on se moque d'eux. On ne peut, sous ce rapport rien espérer, jusqu'à ee que la face des choses ait changé. Je crois vous avoir dit aussi, qu'il est presqulmpossible de pouvoir constater par la voie des Exercices, attendu que les redevables ont presque tous caché des boissons pour les soustraire à l'ennemi ; et que, sous ce prétexte, il n'y a plus moyen de trouer des ventes chez eux. >
15 janvier 18 14. — Le maire Renauldon fait placarder sur les murs de la ville l'affîche suivante :
« Le maire de Grenoble, chevalier de la Légion d'honneur, baron de l'Empire , aux babitans de la ville de Grenoble :
€ Divers bruits se répandent parmi vous ; la malveillance cherche à vous alarmer ; votre magistrat immédiat doit vous rassurer en vous donnant connaissance de tous les événements qui peuvent intéresser la Cité et le Département.
€ Des moyens sont organisés sur les frontières du Département, pour être instruit promptement de tout ce qui 6*y passe. On a journellement le détail des événements
qui ont lien «ar le front de l'aniée, qui est placée en aTint de Chambérr, et à IjqaeUe se font joints les Employés des Donane? . Qoarit à la rire raccbe 6a Rhône, on a établi dans les Communes limitroi.'bes des estafettes qui font leor ëervice avec beaaooap de zè]e. M. le Préfet a re^ cette nuit, â deax heures, de M. le maire de la commune da Pont-de-BeanToisiny une lettre partie â cinq boires du coir, rapportée ci-après, n* l*"". **
< Une antre lettre datée de Ljon, le 14^ adressée a M. le Sénateur comte de Saint-Yallier, imprimée à la suite de la présente, n* 2, tous fera connaître la situation de cette ville. J'ajouterai que M. Gruau, capitaine, parti de Ljon à cinq heures après midi, a annoncé à M. le comte Marchand, qu'il a tu arriTcr la tête des colonnes da maréchal Angereau, dont on porte les forces à 20,000 hommes ; qne le peuple se portait en foule pour voir entrer ses libéral ears. M. le maréchal Angereau était attendu le soir. Voyez la note ci-après, n^ 3.
€ Les habitants de Gbâlons ont pensé qu'il était prudent de couper le pont sur la Saône, mais l'ennemi n'a pas paru ; on tient ces faits d'an témoin oculaire.
€ Habitans de Grenoble, ne tous laissez pas entraîner par des bruits Tagues et mal fondés, je Tons ferai connaître tous les deux joars les nouvelles officielles qui me seront communiquées. »
< Le ReceTeur des douanes du Tillage du Simplon^ qui avait battu en retraite sur Verceil avec 35 gendarmes, tant à pied qu'à cheval, placés sur cette ligne ou dans les environs, est parti le 8 janvier, au matin de Verceil, et vient d'arriver ici à Tinritant; il m'a assuré qu'ayant dîné le 7 janvier avec le Commissaire des guerres de Verceil et le Capitaine de la gendarmerie, il tenait pour certain, de la bouclie de ces Messieurs, qu'un corps de troupes d'environ 6,000 hommes, rassemblés du côté
de Milan, ëtait en route pour le grand Saint-Bernard et devait descendre r?ans le Vîltais ; que 3 ou 400 gendarmes étaient déjà réunis dans les environs de Verceil, pour la môme destination.
« J'ai cru, Monsieur, devoir vous donner de suite un avis aussi Fatisfaisant.
« P.'S. Nous n'avons plus de douaniers armés dans ma conimune, ils viennent de partir au nombre de 83 pour Rumillj, où il y a eu une petite affaire d'avantposte. »