‹ Notes pour servir à l'histoire de GrenobleChapitre 2 sur 10 · AN 10 DE LA RÉPUBLIQUE F · texte numérisé non relu

AN 10 DE LA RÉPUBLIQUE F

premier consul Bonaparte ,

2"' et 3"® CONSULS

Cambacérës ET Lebrun.

(1) Il avait été le professeur de mathématiques de Bonaparte, à rÉcole d'artillerie de Valence, et avait été nommé professeur d'éléments de mathématiques à TEcole centrale de Tlsère, par arrêté de T Administration centrale du département, du 13 mars

(2) On trouvera un éloge de ce préfet dans le Journal de Grenoble^ n9* 26 et 27, tiré de la brochure suivante : Eloge de Gabriel-'Joseph-Xavier Ricard, préfet du département de V Isère ^ décédé le 12 pluviôse an X (par J.-J.-R. Maurel, conseiller de préfecture). Grenoble, Giroud, an X , in-8®, 44 pages.

iS avril iS02. — Installation de Jean-Baptiste-Joseph Fonrier, second préfet du département, nommé par arrêté du 23 pluviôse an X (12 février 1802).

Fourier, qu'ont rendu célèbre ses travaux scientifiques, était né à Auxerre, en 1768. Admis à TEcole normale de Paris, lors de la création de cet établissement, il ne tarda pas à être remarqué par Lagrange et par Monge, qui le firent entrer, comme professeur-adjoint d'analyse appliquée à la mécanique et au calcul de Teffet des machines, â l'Ecole polytechnique, et le firent ensuite comprendre parmi les savants de Texpédition d'Egypte. Là, il joua le rôle le plus actif, et Bonaparte lui confia l'administration de la justice, et le nomma commissaire français près du divan du Caire. En 1802, il devint préfet de l'Isère, fut décoré de la Légion d'honneur, en décembre 1803^ comme membre de l'Institut d'Egypte, et, quelques années après, nommé baron avec dotation. Lorsque Napoléon, à son retour de l'île d'Elbe, arriva à Grenoble, le 7 mars 1815, Fourier se trouvait absent de cette ville, d'où il était furtivement parti quelques heures auparavant ; aussi l'Empereur chargea-t-il de l'intérim de la préfecture Claude Golaud de la Salcette. Cependant, quelques jours après, Fourier alla se présenter à Napoléon, à son passage à Bourgoin, et accepta le titre de comte et l'administration de la préfecture du Rhône.

Gomme administrateur et comme savant^ Fourier a laissé dans le département de l'Isère de nombreux et de précieux souvenirs, en attachant son nom à presque tout ce qui a été fait de beau et de grand pendant son administration, qui a eu une durée de plus de douze ans.

Après la rentrée des Bourbons, Fourier cessa d'être employé, et Louis XYIII refusa môme sa sanction à la nomination que l'Académie des sciences avait faite de lui. L'année suivante, le 12 mai 1817, il fut élu de nouveau membre de la même Académie, pour la section de mathématiques, et devint ensuite secrétaire perpétuel de ce

corps. L'Académie française, à son tour, l'appela dans son sein en 1827, et, quelque temps après, succéda à Laplace dans la présidence du Conseil de perfectionnement de l'Ecole polytechnique. Il mourut subitement à Paris, le 16 mai 1830.

Le buste en marbre de Fourier, par Fessard, et portant la date de 1839, a été donné, cette année-là, par le gouvernement à la ville de Grenoble; il est actuellement placé dans la salle de la bibliothèque publique réservée aux bustes et portraits des Dauphinois célèbres. Depuis 1867 , l'une des rues de Grenoble porte le nom de Fourier.

i*' juin 1802. — Installation, par le préfet et les autorités civiles, de la Société d'agriculture. Primitivement fondée par arrêté de l'Administration centrale du département de l'Isère, le 18 décembre 1798, sous le nom de Société d'Agriculture et d* Histoire naturelle (1), elle venait d'être réorganisée par un arrêté du préfet de risère, du 22 mars 1802 (2), sous le nom de Société libre d'agriculture du département de l'Isère.

Le but de l'institution de cette société, d'après l'article 3 de ses statuts, était de vivifier et de perfectionner toutes les branches de l'économie rurale, de propager les lumières parmi le peuple, de détruire les erreurs, les abus, les préjugés de la routine et de l'ignorance; de contribuer à l'adoption des instruments aratoires les plus parfaits, des méthodes de culture et d'assolement les plus convenables à la qualité du terrain et du climat ; de faire disparaître du sol du département les marais infects et

(1) Arrêté de V Administration centrale du département d& Vhère, concernant V établissement d'une Société d* agriculture et: d'histoire naturelle. Grenoble, in-8 de 16 p.

(2) Cet arrêté a 'été imprimé à Grenoble, chez J.-L.-A. Giroud, in-4 de 4 pp.

les kades stériles; d*j multiplier les canaux d*irrigatiun; de remédier à la dévastation des bois ; de perfectionner les racés de toutes les espèces d*anima!i3|J utiles ; de diriger, enfin, par tous les moyens, Témulation et Tintérôt des habitants vers les objets d'économie rurale qui pou- Taient accroître la prospérité publique et particulière.

Les personnes appelées à former le nojau de la nouvelle société furent : Joseph-Marie de Barrai; Louis- François Belluard (1), à Glaix; Jean-Baptiste Blanc (2), i Seyssins ; Bovier, des Angonnes ; Charles Bressan- Ros8et(3); Gurten, pépiniériste â Grenoble; Jean-Henri- Ghristophe Dausse (4), ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Grenoble; Ducros, bibliothécaire delà ville; André Faure (5), propriétaire à Seyssins; Etienne Faure (6), propriétaire à Saint-Ismier ; Henri-Sébastien Dupuys, professeur de mathématiques à l'Ecole centrale; Liotard (7), jardinier-botaniste à Grenoble; Martin, propriétaire â la Tronche ; Alexis-François Pison du Galand,

(1) Il avait été administrateur du district de Grenoble, et ensuite membre de T Administration centrale du département, du 27 vendémiaire an VI à germinal an VIL

(2) Avait été maire de Seyssins, administrateur du district de Gr^Qoble, et avait été nommé membre de TAssemblée administrative du département, le 27 juin 1793, par arrêté des représentants du peuple Dubois-Crancé, Albitte et Gauthier. Mort à Seyssins, le 17 janvier 1814.

(3) Membre du corps municipal de Grenoble, du mois de février 1790 au mois de juillet 1793.

(4) Décédé à Grenoble, le 13 mars 1816. membre de la Légion d'honneur et inspecteur de la 7® division.

(5) Il fut maire de Pariset et membre de l'Assemblée admiïùstrative dii département, en 1790. Décédé le 10 janvier 1815.

(6) Ancien commis des receveurs généraux des finances du Dauphiné, membre du Conseil d'arrondissement, maire de Saint-Ismier, père de Félix Faure, qui devint premier président à la Cour de Grenoble, député et pair de Fiance.

(7) Fils du botaniste dauphinois Pierre Liotard.

à la Terrasse; Jacques Falqaet-Planta (1), à FontaÎDe ; Prié aîné (2), à MejJan ; Renaaldon^ maire de Grenoble; Koadet dit Gomeillcy pépiniériste à la Tronche; Louis Rojer (3); Schreiber (4), directeor des mines d'AUemont; Camille Teisseire; Etienne Trousset, professeur

(1) D'abord receveur général des domaines et bois de la Généralité de Grenoble, puis, cooseiller-maltre à la Chambre des Comptes de la même ville, le 29 juillet 1778, il devint juge de paix à Sas^eoage, lors de la Révolution, dont il embrassa la cause avec ardeur. Il fut élu notable de la commune de Grenoble, en février 1790 ; membre de l'Assemblée administrative du département, en 1791 ; président de cette assemblée, du 26 novembre de la même année à sa suppression, en Tan II; membre du Directoire du département, le 7 nivôse an II (27 décembre 1793). Il remplit ces dernières fonctions jusqu'au 27 mai 1794, époque où il fut destitué par un arrêté des représentants Laporte et Albitte. Il a été maire de Sassenage et membre du Conseil général du département, qu'il a présidé de 1800 à 1804. Il est mort dans sa propriété de Fontaine, le 23 juin 1815.

(2) Ancien directeur des étapes et convois militaires ; membre de la Société des sciences et arts de Grenoble.

(3) I^uis Royer, frère aîné d'Alexandre Royer-Deloche , naquit à Grenoble le 20 octobre 1749. Il fut avocat au Parlement, membre de l'Assemblée administrative et du Directoire du département de l'Isère en 1790; suspendu de ses fonctions comme fédéraliste le 27 juin 1793 parles représentants Dubois- Crancé, Albitte et Gauthier; nommé procureur général syndic près du Directoire de l'Isère, par arrêté du représentant Borel, le 8 prairial an III ; commissaire du même Directoire près l'Administration centrale du 9 brumaire an IV au 27 frimaire suivant ; président de l'Administration centrale du 6 nivôse de la même année au 12 brumaire an VI ; en 1800, il refusa d^étre maire de Grenoble; il fut ensuite Conseiller de préfecture de risère, du 19 mai 1804 à 1822, et membre du Conseil général, de 1800 à 1824. Il est mort à Grenoble le 11 mai

(4) Ancien inspecteur général honoraire des mines du roi, devenu depuis inspecteur divisionnaire au corps des mines.

de chimie à Grenoble, et Dominique Villar père, profeslear d'histoire naturelle à TEcole centrale.

£4 juillet 1802. — Inauguration du musée de peinture et de sculpture qui, des bâtiments de l'ancien évôcbé, où il avait été primitivement installé, avait été transféré dans ceux de Técole centrale qui Tannée sui- Tante devenait le lycée actuel.

La date de cette inauguration est constatée par l'inscription qu'on lisait au-dessus de la porte d'entrée qui faisait communiquer l'ancien musée avec les salles de la bibliothèque publique (1) :

ANNO GONDIT^ REIPUBLIG^ GALLIG^ NONO

GONSULIBUS

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