‹ Notes pour servir à l'histoire de GrenobleChapitre 3 sur 10 · INCITAMENTUM · texte numérisé non relu

INCITAMENTUM

CIVIBUS QUIBUSGUMQUE OBLBCTAMENTUM

^DIFICATUM EST.

Le musée occupa C3 local jusqu'au jour où il fut transporté dans le splendide monument que la ville de Grenoble a fait élever sur la place de la Gonstitution. G'est durant son séjour dans les bâtiments du lycée que c'est surtout enrichie cette collection par des acquisitions faites par la ville et des dons faits par le gouvernement et quelques particuliers.

Par un décret du 15 février 1811, deux cent neuf

(1) Pour installer le musée à côté de la bibliothèque, on le plaça dans les combles de Tancienne église du collège des jésuites, au milieu de laquelle on créa un plancher reposant sur les pilastres.

tableaHX, provenant la plupart de nos conquêtes, forent donnés par Fempereur aux villes de Ljon^ Dijon, Grenoble, Bruxelles^ Gaen et Toulouse. Notre ville eut pour sa part trente-un tableaux fort remarquables et qui sont d*une grande valeur (1). En voici du reste l'énumération :

L'Adoration des rois, par Bloemaert, provenant de Vienne ; — Les Disciples d* Emmaûs et la fraction du paifij par Strozzi, dit il Gapucino, provenant de la collection du prince Braschi, à Rome; — Le Christ giùéris^ sant la femme hémoroïsse^ par Galiari, dit Paul Véronèse, provenant de Versailles , — Le Christ portant sa croix y attribué à Suardi, dit Btamentino, venant de Vienne ; — Saint Sébastien, par Vannuci, dit le Péru gin, venant de Pérouse; — une Hérodiade (2), par Allori, de Berlin ; — La continence de Scipion, par Bourdon, du duc de Penthiôvre ; — Annibal devant le Sénat de Carthage (3), par Aman, venant de l'ancienne Académie; — Saint Grégoire ^ pape, entouré de saints, par Rubens, de Tabbaye de Saint-Michel d'Anvers; — Cérémonie de l'ordre du Saint-Esprit, par Philippe de Ghampaigne , provenant de l'ëmigre Montmorency ; — Le Christ parmi les docteurs , par Vignon, du musée Napoléon; — Samson défait les Philistins (4), par Guide Ganlassi, de l'ancienne collec-

(1) La lettre d^envoi du ministre de Tintérieur est datée du 21 mars.

(2) Ce tableau, qui faisait partie de ceux déposés dans les^ églises de la ville, se trouve encore dans la chapelle de sain^C Joseph de Téglise paroissiale de Saint- André.

(3) Ce tableau a disparu du musée vers la fin du premie-^a empire.

(4) D'après la notice d'envoi, au lieu de ce tableau on aura^^idû recevoir une toile qui lui faisait pendant, représentant M.^ Supplice de [*rométhée, t

tion des tableaux du roi ; — Ex-voto à la Vierge, par Grajer, venant de la Belgique ; — Louis XIV passant sur le Pont-Neufy par Van-der-MeuIen , du musée Napoléon; — Saint Jean-Baptiste dans le désert ^ par Ghampaigne, du musée Napoléon ; — Le Christ arrêté au jardin (1), peint sur bois, de Técole allemande, provenant de Gassel ; — La Vierge, V enfant Jésus et saint Jean^ attribué, dans la notice d*envoi| à Andréa del Sarto, et, depuis, à Puligo , provenant de Vienne; — deux toiles faisant pendant et représentant y Hiver et le Printemps j par Bassan, de l'ancienne collection des tableaux du roi ; — La sainte Famille^ par Vasari, de Vienne ; — Perroquets et autres oi^ seaux j par Snyders, de Vienne ; — Sainte Famille et sainte Marguerite (1), sur bois, de l'école de Raphaël, provenant de Berlin; — Les noces de Thétis et de Pelée (1), sur cuivre, par un maître allemand, provenant de Gassel ; — L Ange Gabriel (1), par Baroche, et h Vierge (1), du môme auteur, provenant du palais Pitti; — Tête de christ couronnée d'épines^ de Garlo Bolci, de l'ancienne collection des tableaux du roi ; — Le repos de la sainte-Famille , par l'Albano , et Jésus^Christ servi par les anges, du môme auteur, provenant de Milan; — Une sainte Famille^ de l'école ^n Gorrège, attribué depuis à Procaccini , provenant du cabinet d'Angivillers ; — La mort d'Abel, i^slv Tuvchi Ou Alexandre Veronèse, venant de l'église de Saint- Louis-des-Français, à Rome; — enfin, une Vue de la place Saint-Marc à Venise, attribué dans la notice ^ 'envoi à Ganaletti et depuis à Quardi, provenant d'un ^rnigré.

Aujourd'hui, le musée de peinture compte trois cent ^cinquante-sept tableaux dont la provenance est ainsi départie : cent quatorze eiistaient dans le musée primitif,

(l) Ces tableaux ont disparu du musée.

vingt-sept ont été donnés par le premier empire^ dixsept par les divers gouvernements qui se sont succédé de 1815 à 1850; vingt-trois sont des dons du second empire et vingt-deux ont été offerts par le gouvernement actuel; soixante-cinq proviennent de dons particuliers et sur ce nombre dix ont été donnés par les auteurs euxmêmes ; enfin , soixante-dix-neuf ont été acquis par la vIUq ^ les dix derniers lui sont échus dans des loteries.

15 août 1802. — Première séance du Tribunal criminel spécial du département de Tlsère, séant à Grenoble, créé par la loi du 13 floréal an X (3 mai), pour connaître des crimes de faux, d'incendie et de contrebande à main armée. Il était composé du président de la Cour de justice criminelle et de celui du Tribunal de première instance, du commissaire du gouvernement et du grefiîef près la Cour criminelle. La première condamnation qu'il prononça fut celle de quatre ans de fers et de six heures d'exposition publique contre un habitant de Vinay, convaincu du crime de faux en écriture privée.

17 août 1802. — Proclamation dans la salle du musée, en présence de toutes les autorités, du sénatusconsulte nommant Napoléon Bonaparte consul à vie. Le son des cloches annonça l'ouverture et la fin de la céré-. monie, et le soir tous les édifices publics furent illuminés (1).

30 août 1802. — Le général Molitor (2), commandant la division, et le chef do brigade Maçon, remettent à. la 6® demi-brigade d'infanterie légère, en garnison ài

(1) Journal de Grenoble y w° 82.

(2) Gabriel-Jean- Joseph Molitor, commanda la ?« divisi( de 1802 à 1805.

Grenoble, les drapeaux que Bonaparte lui avait accordé et qu'on détachement spécial était allé recevoir à Paris; plusieurs fusils, baguettes et sabres d'iionneur furent distribués en môme temps aux officiers et aux hommes du même corps.

3î Octobre 1802, — Installation de Tévêque Glande Simon, qui fut conduit processionnellement de ThôtbliOÛ il était descendu la veille, à la cathédrale, où il offlcia pontificalement.

Né à Semur (Côte-d'Or), le 15 novembre 1744, il avait été avant 1790 chanoine d'Avallon, au diocèse de Sens. Appelé à Tévôché de Grenoble le 29 juin 1802, il fut sacré le 8 août suivant; nommé dans la suite chevalier de la Légion d'honneur (juillet 1804) et baron de l'Empire, il est mort à Grenoble le 3 octobre 1825.

15 Décembre 1802 (24 frimaire an XI). — Arrête du préfet de l'Isère rétablissant l'ancienne école de chirurgie qu'avaient créée, en 1771, les Pères do la Charité.

Il fut fait un appel à tous les médecins praticiens de la ville pour concourir gratuitement de leurs talents à l'enseignement, et pour ne froisser personne dans le choix des professeurs, on le confia à la Société de médecine, laquelle s'étant assemblée le 8 nivôse (29 décembre), procéda aussitôt à cette élection avec un Inxe de professeurs égal à celui des écoles spéciales de médecine. En effet, il y eut douze chaires et douze professeurs titulaire?, plus deux suppléants et trois directeurs, et toute cette richesse scientifique, ajoute le 1)"^ Billerey dans une lettre à M. le préfet du département de risèrc, du 12 mai 1831 (1), ne fut que la montagne en travail,

(l) Lettre du />'' Billerey, etc. Grenoble, Allier, 1831, p. 12.

elle ne produisit pas même une leçon^ et Von devait s*y attendre^ vu que tout renseignement était gra^ tuit.

Nouf ajouterons que les cours de cette écolo ne furent ouverts que le 7 décembre 1803 et n'eurent qu'une courte durée.

Voici l'extrait de la séance de la Société de médecine (1) :

c La Société de médecine de Grenoble, voulant donner au citoyen préfet des preuves non équivoques de son sèle et seconder ses vues philanthropiques en rétablissant une école de chirurgie qui assure aux habitants de ce département les moyens d'instruction dans les diverses branches de Tart de guérir et la prompte jouissance des bienfaits qu'aile promet ;

« Considérant qu'on ne peut parvenir à donner de suite A cet établissement le perfectionnement dont il est susocptiblo, et que ce n'est que progressivement qu'on peut atteindre le but désiré ;

« Qu'il importe essentiellement à cette cité de ne pas retarder Tinstallation de cette école, vu qu'elle sera la souKs dans la grande distance de Montpellier à Paris, qui puisse oifk'ir des secours aux départements environnant celui derisère;

« Considérant enfin qu'un plus grand nombre de professeurs assure davantage les succès de cet établissemont, rend complète rinstruction désirée et la met^ dès ce momont, i la disposition du citoyen préfet; propose |>our directeurs de Técole : Gagnon, Laugier, Mouchet ; pour pix>fes$eurs : Fournier (2) (an-atomie descriptive); Bilon tîls (physiologie et opérations chirurgicales) ;

(l) Arcbiv<« de Tlsère,

($) l^rnwvi Fournier, tké k Grenoble le 4 juillet 1768, décédé <îans U imome N*iUe le 10 août lî^:i?9, 11 est Fauteur de divers ouvrages et opuscules sur la médecine et U chirurgie.

Rlonpère (pathologie générale) ; 3 ean-Baptiste Sjlvi (pathologie partictUière) ; Villar fils (maladies des 0*, bandages); Billerey (principes 4e médecine); Tronsset et Villar père (médecine clinique) ; Desconteaa (maladies aiguës et chroniques) ; Comte (manière médicale) ; Pi erre-Poly carpe Chanoine (médecine légale) ; Trousset (chimie médicale) ; enfin, pour suppléants : Poncet et Rej. »

24 Décembre 1802. — Décès, à Grenoble, d'Anne- Prançoise Dupuy-Saint- Vincent, nëe en 1740, et veuve depuis 1775 de M. de Valbonne de Châteaudouble. L'évêque, le clergé, les autorités et une foule immense assistèrent à ses obsèques, qui eurent lieu le 26 dé- COTibre (1).

Les vers suivants, insérés dans le Journal de Gre^ noble quelques jours après sa mort, feront connaître mieux que nous le ferions nous-même les sentiments charitables dont cette dame était animée envers les malheureux, et les regrets qu'elle laissa parmi la population :

Elle n'est plus, cette femme sensible,

Uappui de tous les malheureux !

Malgré nos cris, le sort trop inflexible

Vient de la ravir à nos vœux.

Elle montra, dès sa plus tendre enfance.

Son mépris poui* les faux plaisirs.

Chercher partout, secourir Tindigence,

Furent ses uniques désirs.

Pourquoi faut-il que la Parque cruelle

Ait terminé sitôt ses jours?

Ah ! des vertus le plus rare modèle

Aurait dû subsister toujours.

(1) Journal de Grenoble, n®» 138 et 139.

5 Fèfjrier iS03. ^ Dâîli^rthni ûb b ■Hudpiditf ordonnant <f arracher les Tieox artres ^ tegeueit ITsére, an delHirs de la Porte de France, et ëe tractr, niyeltf et planter la promenade artaeUe de I*lEs|daBad6. Lee allées plantées (|ni relient cette pmmeBade è la route nationale de Grenoble à Ljœi ne forait créées qu*eir 1807 . Mentionnons «leore qne c'est dvrsnt le mois de février 1803 qu'a été placée la grille <{iii sépare le Ja^din de Yille de la me da Quai j le devis de ce dernier trayail s'éleva à 11^165 franes et «pralqnes ceatiBies.

22 et 23 Février 1803. — Des rixes grares s'élevèrent^ pour qaelqncs prétextes futiles, ealre les habitants de la ville et les soldats de la 6^ deim-4irigade lég^ère ; elles eurent principalement lien dams la me Saint' Laarent et dans les débits de boissons de La Troncbe. Divers habitants et militaires forent grièT^asent blessée ; qnelqncs-QDS même succombèrent. La présence et les soins de M. Renaaldon^ maire de Grenoble, dn généra): Morangié, commandant d'armes, et àeii chefs de corps calmèrent enfin les esprits et les firent rentrer dans 1^ devoir. Cependant, quelques joitrs phis tard, pour évitei de nouveaux désordres, le maire crut deroir Êiire afficha la proclamation suivante ^1) :

« Citoyens j des rixes dangereuses ont eu lieuj c^ jours derniers y entre quelques habitants et des mil^ t aires de la 6^ demi-hriçiade d^ infanterie légère Malheureusement, elles ont eu des suites très-fot^ cheuses.

< Le commandant d^ armes de la place et les che^ du corps ont pris les précautions les plus sages ^ donné les ordres les plus rigoureux potcr prévenu toute agression de la part des militaires.

(1) Cette proclamation se trouve imprimée dans le Joum^^ de Grenoble, n" 170.

€ Je vou» invite instamment, citoyens, non^seu" lement à vous abstenir de tout propos qui pourrait donner lieu à quelque nouvelle dispute^ mais encore à concourir tous au rétablissement de la bonne intelligence qui a toujours régné dans cette ville entre Ut habitans et les militaires. »

i7 avril 1803, -*• Les ouvriers gantiers de Grenoble, an nombre de cent hait, s'assemblent à l'hôtel de Belmont, pour jeter les bases et arrêter le premier règlement d'un bureau de bienfaisance qu'ils avaient Tintention de former entre eux. Les trente articles du règlement ayant été trouvés très-sages et avantageux, furent tous adoptés. On procéda ensuite à rélection des premiers membres qui devaient diriger la Société : André Chevalier fut nommé infirmier général ; Jean Hellion, trésorier î François Michon, Pierre G oncelin, Joseph Vejret, François Avril, Nicolas Hudry et Alexandre Martelet, commissaires de quartier, et enfin Etienne Gbabroy, secrétaire.

L'autorisation de tenir cette réunion avait été demandée, quelques jours auparavant, au maire Renauldon, par André Chevalier, en ces termes :

< Le citoyen Chevalier a l'honneur d'exposer, au nom

< de quelques ouvriers gantiers de la même commune, que « les revers funestes que le commerce delà ganterie vient € d'éprouver depuis peu de temps, ont enlevé à plusieurs

< d'entre eux les moyens d'exister et de se procurer les « secours nécessaires quand ils sont malades.

« La plupart des ouvriers ont témoigné le désir qu'ils « ont de concourir, par une souscription volontaire, à « rétablissement d'une Caisse de bienfaisance, dont l'u- € nique destination serait de secourir ceux de leurs con-

< frères qui seraient dans le besoin.

« A cet effet, ils vous supplient, citoyen Maire, de « vouloir bien leur accorder votre autorisation pour s'as-

€ sembler dimanche prochain, et arrêter le plan de leur « Bureau de bienfaisance; protestant que, toujours atten- € tifs à se conformer i la loi et à obéir à Tautoriléy ils ne « s'écarteront jamais des règles qu'elle prescrit, ni des € ordres que vous jugerez à propos de leur donner (i). »

C'est pour perpétuer le souvenir de celte première demande concernant l'établissement des Sociétés de secours mutuels, que la municipalité de Grenoble a cru devoir, en 1867, donner le nom d* André Chevalier à la percée qui fait communiquer la rue Saint*Laurent au quai Xavier-Jouvîn.

La création du Bureau de bienfaisance des ouvriers gantiers, après avoir reçu un avis favorable du maire, le 29 germinal an XI, fut approuvée par le préfet le l*' floréal suivant, et définitivement autorisée par arrêté municipal du 2 du même mois.

La plupart des marchands-gantiers se firent un plaisir de contribuer à la prospérité de cette institution ouvrière, dont le seul objet que se proposaient les ouvriers en le créant^ était de procurer des secours à ceux de leurs confrères qui pouvaient tomber malades et se trouver dans l'indigence. Aussi, nous faisons-nous un Revoir de reproduire ici les noms de ceux qui y contribuèrent le plus largement : Belin, Marc Noël, Massu, Jacques Fugier, M™* Dumoulin, Riolat, Bouillon, Barde, Perrequin et Achard.

Le 22 avril de l'année suivante, eut lieu la seconde réunion générale de la Société ; on y entendit un rapport d'André Chevalier, sur la situation de la Société, qui relatait que les recettes avaient atteint 762 francs 15 centimes, et les dépenses, 367 francs 25 centimes. Les administrateurs furent tous réélus par acclamation, et, le

(1) Etablissement (Tan bureau de bienfaisance en faveur des ouvriei^s gantiers de Grenoble. Pétition et Règlement, Grenoble, J.-H. Peyronard; in-4, de 16 pp.

8oir, on banquet de quatre-vingts couverts réunissait la plupart des membres; des toasts furent pointés à Bonaparte, i la prospérité du commerce, au maire Renauldon et i André Chevalier, qui, les premiers, avaient donné l'idée de Tinstitution.

L'exemple donné par les ouvriers gantiers ne tarda pas i être suivi par ceux des autres métiers, et quatre autres bareanx de bienfaisance mutuelle se formèrent bientôt ; ce forent : le 3 juin 1804, celui des ouvriers cordonniers, autorisé par le maire, le 26 juin, et approuvé par le préfet, le 28 du môme mois ; le 8 juillet 1804, celui des ouvriers pei^eurs de chanvre, autorisé par le maire, le 9 du même mois, et approuvé le lendemain par le préfet ; le 26 décembre 1805, celui des charpentiers, maçons, tailleurs de pierre et plâtriers, approuvé et autorisé le 14 février 1806; enfin, le 14 juin 1807, celui des ouvriers chamoiseurs, blanchers, tanneurs et corrojeur?, autorisé par le inaire, le 16 join, et approuvé par le préfet, le 5 juillet suivant (1). Les règlements de toutes ces sociétés, furent, à peu de chose près, textuellement copiés sur celui des ouvriers gantiers.

Nous croyons devoir rapporter ici un passage d'un rapport, sur les Sociétés de secours mutuels, que M. Dupont de Nemours, vice-président de la Société philan tropique de France, a lu à l'assemblée générale de cetto société, le 11 février 1809 (2) :

€ En juillet 1808, deux Sociétés (ou Bureaux de < bienfaisance) se sont formées à Grenoble ; Tune, entre « les ouvriers tisserands^ drapiers, tapissiers, passe-i mentiers et teinturiers ; l'autre, entre les menui-

(1) Règlements, pour ces divers bureaux de bienfaisance mutuelle, imprimés à Grenoble, chez J.-H. Peyronard.

(2) Bapport de M, du Pont de Nemours^ vice-président de la Société philanlropiquc^ au nom de la commission des Sociétés ^t prévoyance, etc. In-8, de 16 pp.

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< seurt^ blancher^y. tanneurs et carroifeurs^

< yoiiâ donc sept Société de préYoram» ^ d*kaHia* 4 nité, comprsiiant aept cent ({aaraiit0-aa ■aaèreSy for-

< mée» en âix ans. dans une TilLs d« raigt mille âmes, 4 par les y^toâ de son prunier laagistrat^ qni a inToqué ^ celles ({ne la raison peut iasj^ôer aux classes laborieuses « de la soei^té.

4 Yoas ares regardé comme on prodige ce qu'il a £alla 4 de boiK^ p^TiéTérante et longtemps proarêe par les

# ùntêj poor qu'an magistrat pdt amener plus de la trea-

# tféme partie de ses administrés, et celle chez qui les € besoins même excitent le plas de défiance^ à prendre la 4f r^lotion unanime d'adopter les règlements qu'il leur 4 d proposai, et de se soumettre à des contributions jonr- 4r nâlières dont le bénéfice, quoiqa'assuré, ne se présente € qa'à âeë époques ou lointaines ou incertaines. >

tO avril 1803. — Sur l'invitation du général Maretiind/ commandant le département de Tlsère, le Gonsei'

lOAAicîpal de Grenoble décide qae l'Arbre de la Liberté aarait transféré sur la place Neaye du département. Cet arbre avait été solennellement planté, le dimanche 24 juin 1783, sur la place Grenette, qui, pendant la Révolution, ayadt pria le nom de place de la Liberté.

6 Mat 1803. — Arrêt du gouvernement qui ordonne l'établissement à Grenoble d*un lycée. Le conseiller d'Ëtat Fourcroj, chargé de la direction de Tinstruction publique, dans sa lettre d'avis adressée au préfet de risére, s'exprimait ainsi au sujet de cette institution : € L*ap7^ès Vemp^ressement que cette ville a montré et les offres quelle a faites pour fournir aux frais de premier établissement, je ne doute pas quelle ne r^çoive avec joie et reconnaissance le bienfait qui vient de lui être accordé, C*est une juste récompense du prix qu*elle attache à l'instruction publique et aiuc progrés des lumières, »

De son côté le préfet, en adressant au maire copie de Tarrôté du gouvernement, lui écrivait, entre autres, les lignes suivantes : € L'empressement avec lequel la ville de Grenoble a sollicité cette disposition du gotù^ vernement en sa faveur^ le prix quelle a toujours attaché à V instruction et le goût naturel de ses habi^ tants pour les sciences et les beaux^arts, me font es^ pérer qu'elle va redoubler de zèle pour accélérer la mise en activité d'un établissement qui la place au centre d'un arrondissement d'instruction publique composé de quatre départements (1). >

Le conseil municipal, convoqué à l'effet de délibérer sur les moyens les plus prompts do procurer à l'administration municipale les fonds nécessaires pour les réparations des bâtiments, l'achat du mobilier et autres

(l) Ces quatre départements étaient ceux de Tlsère, de la Brome, des Hautes-Alpes et de TArdôche.

frais de premier établissement (1), décida Temprant d'otie somme de 60,000 francs, par actions de 300 francs remboursables sans intérêts sur le produit des octrois. Le préfet Fourier souscrivit pour quatre actions.

Claude-Marie Gattel fut nommé proviseur par décret du 17 novembre 1803. Le même décret nommait censeur des études Faguet, ancien professeur de rhétorique de la Congrégation de Saint-Joseph, à Orange. Les professeurs, nommés le 26 mars suivant, furent : pour les belleslettres, Lesbros, ex-joséphiste, ancien professeur de logique au Collège de Grenoble; pour le latin, Jamet, exjoséphiste et ancien régent au même collège ; Baston- Lacroix et Durand, ancien professeur à TEcole centrale ; pour les mathématiques, Bret, ancien élève de rEcole pol technique, et Ghabert, qui tous deux devinrent professeurs à la Faculté des sciences de Grenoble et chevalier de la Légion d'honneur, enfin David et Lambert.

Quoique étranger à Grenoble par sa naissance, nous croyons néanmoins devoir consacrer à l'abbé Gattel une courte notice biographique^ car notre ville était devenue pour cet homme estimable une seconde patrie^ dans laquelle il termina ses jours .

Claude-Marie Gattel naquit à Lyon le 20 avril 1743, de parents peu favorisés de la fortune, qui le destinèrent à Tétat ecclésiastique. Après avoir commencé ses études au collège des jésuites de Lyon et les avoir continuées à rUniversité de Paris, il entra au Séminaire de Saint- Sulpice, et dès lors se voua à l'instruction publique, à laquelle il consacra le reste de son existence. Il fut professeur de philosophie au Séminaire de Saint-Irénée d^ Lyon, de 1764 à 1766, maître de conférences de théolo—

(1) Le Lycée fut installé dans les bâtiments que les jésuitesi avaient fait construire pour leur collège, vers le milieu dis XVII* siècle, et où avait été installé, en 1795, TEcole centrale du département de Tlsôre.

gie an Grand-Sëminaire de Saint-Salpioe de Paris pendant une année, professeur de philosophie, de physique et de mathématiques, et succe^tsivement sous-principal dp Collège de Grenoble, de 1767 à 1786. Reçu ensuite aYocat au Parlement deDauphiné, il remplit depuis 1786 jusqu'à la Révolution les fonctions de secrétaire en chef de la première présidence de cette cour et d'agent des fermes. Il rédigea ensuite les Affiches et annonces de Grenoble^ que publiait l'imprimeur Giroud, ce qui lui valut d'être arrêté comme suspect le 6 mai 1793 et enfermé dans les prisons de Sainte-Marie-d'en-Haut, où il sabit une détention de dix-huit mois.

Après avoir été employé dans une administralion des subsistances militaires, il 'fut élu professeur de grammaire générale à l'Ecole centrale du département de risère, le 25 février 1796, emploi qu'il occupa jusqu'au jour où il fut nommé proviseur du Lycée de Grenoble. Mis à la retraite le 1*' janvier 1810, il mourut à Grenoble le 19 juin 1812, étant officier de l'Université impériale et membre du Conseil académique de Grenoble. Il a légué à cette dernière ville sa bibliothèque, composée de six cents volumes anglais, italiens, espagnols ou portugais ; les tableaux et les dessins qu'il possédait. Du nombre des anecdotes que l'on rapporte sur l'abbé Gattel, il en est une que nous relaterons : le baron Fourier, préfet du département de l'Isère, avait rassemblé dans une fête avec les principaux citoyens les dames les plus distinguées delà ville ; toutes s'entendirent adresser à chacune d'elles par M. Gattel des madrigaux et des couplets pleins de Bel, ( ù, louées avec finesses, elles se trouvaient caractérisées par le genre de mérite ou d'agrément qui les distinguait; ausâi Tauteur, répandu dans les meilleures sociétés, y était-il reçu et recherché avec un égal empressement.

Gattel est l'auteur des ouvrages suivants :

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