LOPEZ LE TRAÎTRE
J'ai eu le triste honneur de connaître Miguel Lopez. Aux dernières nouvelles, il habitait encore une petite maison qu'il possédait dans le faubourg de Santa Maria, à Mexico. C'était un homme grand, mince, basané, ne nous regardant jamais en face. Il portait d'habitude des bottes armées d’éperons formidables, Le tout recouvrait des pieds taillés en spatule, d’une longueur et d’une largeur plus qu’exceptionnelles. Le hasard avait voulu qu’il fut l'officier commandant la première escorte de l'Empereur quand il arriva à la Vera Cruz. Ce fut l’origine de sa fortune et de sa honte militaires. Le front de cet officier était bas, le nez épaté : les yeux bleus, avaient cette teinte livide et glauque de l'œil du poisson quand il a gelé. De la bouche sortaient deux grandes dents qui lui dogaient l'air d’un animal carnassier. Il cherchait en vain à les dissimuler avec ses moustaches blondes.
ce BARRE APR
4 La main était remarquablement fine, petite, effilée ; il lui manquait le pouce de la main
|! gauche. Lopez était d’une servilité extrême ‘| devant Maximilien. Il s’exprimait avec une
grande élégance.
Mais c’est assez causer de ce misérable. Bientôt
vous ferez sa connaissance.
: fl Dernièrement à Paris, un de mes amis et un ‘A témoin oculaire du siége de Queretaro, le lieu- 1! tenant Albert Hans de l'artillerie, aujourd’hui
1 capitaine au 13° territorial régiment d'artillerie | de France, racontait ce qui suit à propos de la | trahison de ce misérable. Je cite textuellement
son récit.
! À ; Re
| C'était pendant le siége de Queretaro, disait M. | Hans. Avec sa vieille expérience militaire, Lopez