‹ Notes pour servir à l'histoire de l'empereur Maximilien [microforme]Chapitre 12 sur 33 · ET · texte numérisé non relu

ET

| calcula le sort de la ;ilace : il se vit alors au | pouvgir d’un ennemi qui lui ferait payer, par le- | dernier supplice, les services rendus à l’Inter- | .vention française et les exécutions qu’il avait

fanes des républicains tombés en son rouvoir. on esprit étroit, son cœur sans noblesse, ne lui permirent pas d'envisager une mort prochaine avec sang-froid et de se dévouer comme le firent les généraux Miramon, Méjia et Mendès. En trahissant, Lopez avait la vie sauve et de l'or.

L'empereur venait de projeter une sortie.

Lopez le savait et il résolut de livrer la place de suite.

Dans le jardin de la Cruz, entre le Panthéon et le couvent s’élevaient des plate-formes garnies d'artillerie : leurs embrasures se trouvaient à une faible distance des avant-postes ennemis.

Lopez: fit retirer de l’une d’elles un peloton de la garde municipale de Mexico qui.la.garnissait pour y placer une troupe irrégulière d’explorateurs commandés par un certain YVäblowsky, son homme de confiance. En même temps, il ordonna au sous-lieutenant Domet de la garde municipale, d'éloigner ces hommes dans la direction du Panthéon, les-explorateurs démontés de Yablowsky suffisant pour défendre la plate-forme.

mn cn A RER CEA)

ER eme 2

A Ja demande de Domet qui, dans son zèle voulait faire monter sur cette p'ate-forme déjà occupée par les hommes de VYablowsky, un obusier sans servants qui se trouvait là provisoirement sous sa garde, Lopez répondit que c'était inutile.

Puis il s’éloigna.

La nuit était très fraîche, l'obscurité profonde, le silence complet.

Pour vaincre le sommeil, je marchaïs sur la plate-forme, cherchant à voir si les sentinelles ne dormaient pas. Puis, voyant que le jour n'allait pas tarder à venir, je m’assis sur l'affût d’une pièce de huit et en combattant la faim qui devenait de plus en plus criarde, j’attendis avec une émotion impatiente le moment de répondre au feu de nos adversaires qui éclaterait certainement sur toute la ligne, dès le commen-

cement de la sortie.

Tout-à:coup, il me sembla entendre des pas

rapides se dirigeant vers la plate-forme. Et aussitôt le colonel Lopez, que je reconnus à son uniforme brodé d'argent, apparut devant moi.

Je le saluai,

Il me dit rapidement, en me désignant la troupe qui suivait :

—Voici un renfort d'infanterie : reveillez promptement vos artilleurs : faites retirer cette pièce de son embrasure et obliquez là sur la gauche, mais faites vite !

Pensant que le moment de la sortie était venu, je réveillai promptement les artilleurs : mais le sergent Guzman, vieux, malade, épuisé de fatigues ne se leva pas assez vite au gré de Lopez qui, sans doute, voulait voir comment j'exécuterais ses ordres, et paraissait très pressé Le colonel s’emporta contre Guzman et l’accabla d’injures.

Le pauvre sergent si maltraité se leva ahuri.

Lopez me réitéra ses ordres, dont l’étrangeté avait lieu de me surprendre, et partit précipitamment.

Néanmoins, j'obéis ponctuellement. Dans la prévision que l'ennemi allait pénétrer sur la gauche, comme l'avait indiqué le colonel, je fis ajouter un paquet de mitraille à la charge qui

se trouvait déjà dans la pièce et je donnai moimême à celle-ci la direction voulue,

Le peloton d'infanterie commandé par un officier et amené par Lopez se rangea derrière la pièce.

Tout étant prêt, je voulus ceindre mon épée que j'avais laissée à terre pour obéir plus promptement. Elle n’y était plus.

Ne doutant pas que les soldats du peloton d'infanterie fussent les auteurs de ce vol, je la réclamai à leur officier. Celui-ci me répondit vaguement et me parut peu communicatif,

Je me mis a l’observer avec soin. Il m'était inconnu et la tenue de ses soldats me parut des plus négligée. Cependant je pensais que ce devait être la 8* ou la 9° compagnie d’un de nos bataillons.

Sur ces entrefaites un artilleur s’adressa à moi, en me disant :

—Mon lieutenant, on m’a pris mon mous-

queton.

—Et à moi aussi, reprit un autre,

Ne comprenant rien à cette façon d'agir, je demandai à l'officier à quel corps il appartenait. Il me répondit avec aplomb qu’il faisait partie de la brigade Mendez.

A ces mots mon étonnement redoubla ; quoique ayant fait longtemps partie de la brigade Mendez et en connaissant tous les officiers, je ne me rappelais pas avoir jamais vu mon interlocuteur.

Voyant que quelque chose d’étrange se passait, je le priai de me dire la vraie cause de sa présence à mon poste.

Il me raconta qu’un des bataillons garnissant la Cruz devait se soulever et laisser l'ennemi pénétrer dans la place, mais que heureusement la conspiration ayant été éventée, on faisait relever immédiatement tous les postes par son corps.

Cette idée d’une trahison à l’intérieur me causa une vague crainte. J’essayai d’en douter, mais rapprochant ce que l'officier achevait de me dire, de la visite précipitée du colonel Lopez, commandant de notre ligne, et des allées et

Page 1