‹ Notes pour servir à l'histoire de l'empereur Maximilien [microforme]Chapitre 18 sur 33 · PRE EST · texte numérisé non relu

PRE EST

Riva Palacio et Escobedo traitèrent l'Empereur avec plus de considération.

Il remit son épée au général en chef des républicains, puis pendant quelques minutes ils s’entretinrent à part, et remontant à cheval suivis des officiers impériaux et d’une furte escorte, ils se dirigèrent vers la Cruz en traversant} ville. La population mise au fait était dans l’épouvante et dans la consternation du crime de Lopez.

Arrivés sur la place de Cruz, Maximilien mit pied à terre ainsi que ses fidèles serviteurs. On leur fit abandonner leurs chevaux, leurs armes et ils entrèrent, comme criminels d’État, dans

une prison.

Je n'ai pas besoin de vous raconter les suites de la trahison du traître 2opez, vous les trouverez dans le beau livre que M. Albert Hans va bientôt publier sur le Lopez J'en ai donné une idée dans mon livre De Québec à Mexico. J'y ai dit que dans cette ville de Queretaro souillée par Lopez, le général Ramon Mendez avait été vendu pour six dollars par une prostituée, puis fusillé ! J'ai montré à la postérité le général Thomas Mejia fusillé par Escobedo à qui il avait deux fois sauvé la vie ; le cadavre du général Vidaurri tout bleui de coups de pied et les cheveux blancs maculés d’immondices après avoir été passé par les armes sur un tas de fumier ; le général O’Horan déchiré et mutilé par une populace avinée ; le général Miramon livrée par le médecin qui

l'avait pansé et exécuté malgré une blessure

mortelle ; son frère le général Joaquim Miramon ayant eu un pied mutilé devant l’ennemi mis à mort sans jugement; le colonel Campos commandant de l’escorte particulière de l'Empereur trouvé mourant sur le champ de bataille, adossé à un mur et fusillé sans pitié; Maximilien jugé par les membres d’un soi-disant conseil de guerre dont le plus âgé avait vingt-trois ans et froidement assassiné sur ce même Cerro de las Campanos, où il s'était si bravement défendu !

Assez de ces détails ; assez de cette épouvantable boucherie,

Plus tard, on sût qu'après avoir livré Queretaro, Lopez s'occupa de voler l’équipage, les papiers, le nécessaire d’argent de Maximilien, de cet empereur qui avait été le parrain de son fils, et qui lors de cette occasion, lui avait fait présent d’une maison à Mexico !

Lopez n’en était pas rendu à sa première trahison. Le 8 juillet 1854, le général Santa Anna devenu président de la République flétrissait ainsi la conduite de cet officier pendant l'invasion américaine de 1847.

—« Son Altesse Sérénissime le général Président a ordonné qu’on expédiât un congé absolu—excluant du service—au sousilieutenant du régiment actif de Monterey, Miguel Lopez, désormais rayé pour toujours du cadre, et qui a mérité cette mesure pour son infâme conduite à Tehuacan, où il souleva l’escorte de S. E. le Président, qui commandait les forces opérant contre les Etats-Unis.

« On fera connaître cette mesure à tous les militaires composant l’armée, pour qu’ils se persuadent bien que si le gouvernement suprême récompense les bons serviteurs qui se distinguent par leur patriotisme et leur loyauté, il châtie aussi ceux qui sont indignes d’appartenir à la glorieuse carrière des armes.»

Qu'ajouterai-je au récit donné par mon ami le capitaine Albert Hans ? Quand l’effervescence causée par cette pénible campagne du Mexique fut passée, le monde entier conspua et maudit Lopez.

Déjà, dans une séance solennelle du conseil

de la Légion d'Honneur, le colonel Lopez qui

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