Diarium, fol. 8ib
Après avoir présenté ces plaintes générales, chacun des délégués expose encore des griefs particuliers. Hubert von der Rosen se plaint de ce que Garnier Tait appelé anabaptiste, puisqu'il ne fréquentait que peu le culte français et suivait de préférence les prédications allemandes. Il a déclaré de plus en chaire, que ceux qui n'enseignaient pas la doctrine de TEucharistie comme Zwingle étaient des hérétiques et des séducteurs. Le plaignant lui faisant remarquer qu'il ne fallait point employer des expressions aussi violentes, il aurait répondu qu'il était de son devoir de protéger ses brebis contre les loups. Thiébaut Schepffel, de Metz, raconte que Garnier l'a traité de coquin et d'usurier« Un autre Messin, nommé Gilles, dépose qu'il avait proposé Gobelet à Garnier pour l'assister dans l'administration de la cène, le diacre étant malade de la fièvre. Mais bien que Gobelet fut un homme docte et eut occupé jadis des fonctions ecclésiastiques, le ministre lui avait répondu qu'il n'emploierait jamais ce personnage pour une aussi respectable besogne. Sur l'observation de Gilles, que pareille conduite n'était point chrétienne, Garnier, de plus en plus en colère, aurait répondu : Çà m'est bien égal * !
C'étaient, on le voit, des récriminations personnelles, de simples propos rancuneux qui venaient s'étaler devant le Couvent ecclésiastique, et l'on pourrait s'étonner de la complaisance avec lequel ce corps vénérable écoutait, en l'absence de Garnier, des bavardages pareils. On ne le cita, pour sa