Diarium, fol. 85b-86a
défense, qu'à la séance du 19 octobre ; mais quand il eut déclaré que ses opinions dogmatiques étaient en effet celles qu'on lui reprochait et qu'il voulut à son tour entrer dans des explications personnelles au sujet des mutins de sa paroisse, le Couvent lui dit de ne point s'engager sur ce terrain, mais de revenir le 23 octobre pour discuter la question de l'Eucharistie ^
Ce jour-là Garnier déclare à son tour qu'il refuse toute discussion jusqu'au moment où l'on aura dit à sa paroisse ce que signifient toutes ces citations à comparaître, et quels sont les individus dont la dénonciation l'amène dans cette enceinte. Puis il quitte la salle, mais pas avant que Marbach ait eu le temps de lui rappeler que le Couvent était en droit d'étendre sa juridiction sur toutes les églises de Strasbourg et «qu'il ne permettrait pas qu'on fit la moindre offense aux témoins qui étaient venus déposer ici'.» Ces paroles, au moins imprudentes, puisque le Couvent ne pouvait savoir encore si tous leurs dires étaient également véridiques^ montrent avec quelle ardeur le parti luthérien prenait fait et cause contre Garnier. On alla bien plus loin, quelques jours plus tard. Le Couvent chargea les cinq mécontents de lui dénoncer immédiatement leur ministre, s'il laissait échapper de nouveau quelque parole blessante, et le président de ce corps, accompagné de Rabus, ne rougit pas d'aller en personne s'entendre à domicile avec les dénonciateurs, sur l'organisation de cet espionnage si peu