‹ Notes pour servir à l'histoire de l'Englise française de Strasbourg, 1538-1794Chapitre 30 sur 63 · Calvinus Holbraco, 23 mars 4560 (0pp. XVHÏ · texte numérisé non relu

Calvinus Holbraco, 23 mars 4560 (0pp. XVHÏ

et honnêtes^ ; il s'imagine naïvement qu'à l'avenir on va le laisser en repos et déclare que tout est passablement tranquille '. Ce n'est pas Tavis de son correspondant, plus perspicace que lui, et qui reçoit d'autre part des rapports fort inquiétants pour Texislence de TEglise fondée par lui. Il sait de quelle façon Marbach travaille à sa chute, et son inquiétude lui arrache des paroles peu chrétiennes à l'égard de «cette impudente bête fauve'». Il sent que Houbray, sans appui, ne comprenant pas même ses adversaires, quand il siège au milieu d'eux, ne saurait leur tenir tète ni déjouer leurs efforts. Nous savons, en effet, par une lettre de Jean.Sturm, que les professeurs ne venaient plus guère au Couvent ecclésiastique , lassés des éternelles criailleries dogmatiques auxquelles on s'y livrait. Les pasteurs s'y rendaient donc seuls et, les uns par manque de savoir-vivre et par méchanceté, les autres par ignorance, parlaient exclusivement Tallemand, bien que la langue offlcielle dut y être le latin et que les procès- verbaux fussent rédigés dans celte langue'^. Quand Houbray se plaignait, ses collègues le traitaient de barbare. Il fallut que le Magistrat ordonnât aux professeurs de retourner aux séances pour forcer les autres à parler latin ^.

Aussi le ministre de l'Eglise française finit- il par

i . Holbracus Calvino, 3 juillet 1560 {0pp. XVIII, 445).

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