‹ Notes pour servir à l'histoire de l'Englise française de Strasbourg, 1538-1794Chapitre 4 sur 63 · GymonnsBUS Calvino, 28 avril ilii^(Opp. XII · texte numérisé non relu

GymonnsBUS Calvino, 28 avril ilii^(Opp. XII

tallé cette année même dans Téglise Saint-André ^ le culte s'y développa d'une façon régulière et normale^. On nous permettra d'entrer ici dans quelques détails rétrospectifs. Strasbourg avait eu, Tun des premiers peut-être, son recueil de psaumes et de cantiques. Alors que Clément Marot, dont le travail avait duré jusqu'en 1539, n'avait encore livré lui-même à l'impression aucun de ses psaumes traduits depuis 1833, Calvin faisait déjà paraître à Strasbourg un premier fascicule de chants sacrés» empruntés à des copies manuscrites de Marot, ou composés par lui-même. Ce rarissime volume — on n'en connaît qu'un seul exemplaire à la Bibliothèque royale de Munich — était intitulé : Aulcuns pseaulmes et cantiques mys en chant. A Strasburg, 4589. C'est une brochure in-16 de 63 pages, renfermant dix-huit psaumes et trois cantiques, avec les mélodies Ogurées au premier verset, mélodies d*origine allemande pour la plupart. S'il y eut, au dehors, des paroisses de langue française qui chantèrent ces psaumes de Marot encore avant

1. Rôhrich, Gesch» der Reform, II, 67. — Le culte avait eu lieu jusqu'alors dans le chœur de rancienne éfliso des Dominicains, qui devint plus tard le Temple-Neuf et périt pendant le bombardement de 1870.

2. Nous entrons ici dans quelques détails qui se rattachent» à vrai dire, à une époque antérieure de cette histoire. Mais nous tenons à corriger une erreur qui se trouve dans notre travail sur Brully, au sujet du premier recueil de cantiques en usage dans la paroisse française. Nous n'avions pu profiter encore du beau travail de M. 0. Douen sur Clément Marot et le Psautier Huguenot , auquel nous empruntons les détails qui suivent, en remerciant pour notre part le savant et consciencieux auteur des renseignements nombreux et inédits que renferme son premier volume, dont la suite, nous l'espérons, ne tardera point à paraître.

celle de Strasbourg S aucune n'en posséda de recueil imprimé plus tôt que la nôtre^ si nous acceptons le résultat des longues recherches de M. Douen.

Après le départ de Calvin et pendant le ministère de Brully, une seconde édition, revue etaugmentée, de ce recueil avait été publiée dans nos murs. Destinée sans doute à être introduite en Lorraine, en Flandres et peut-être en France, on avait essayé d'en masquer le caractère hérétique en y mettant un lieu d'impression fictif, qui devait servir de laisser-passer à Touvrage. On lit, en effet, an dernier feuillet: «Imprimé à Rome, par le commandement du pape, par Théodore Briîsz, allemant*.» La liturgie qui accompagne les psaumes et les cantiques donne à ce recueil un caractère luthérien, au dire de M. Douen. Nous devons rappeler à cette occasion que Strasbourg, en 1542, ne se rattachait pas encore d'une façon si étroite à la doctrine luthérienne et que les détails cités par le savant auteur — les seuls que nous connaissions» il est vrai — ne nous semblent pas avoir un caractère confessionnel si nettement tranché. La préface de ce second recueil est de la main de Calvin, comme aussi les appendices doctrinaux qui s'y rencontrent ; c'est du moins l'opinion qui prévaut généralement aujourd'hui *. Il y avait donc, dès

1. Cela semble ressortir d'une lettre de Calvin à Farel^ du 19 décembre 4539 (Opp. X, p. 435).

2. Douen, Psautier huguenot, l, 333. Nous ferons seulement remarquer que le nom de Briisz n'est pas nécessairement un pseudonyme pour Knobloch. Il y avait au commencement du seizième siècle un imprimeur du nom de Priisz à Strasbourg; peut-être un de ses fils vivait-il encore en 4o42.

3. Douen, op. cit ^ p. 343. Nous devons dire que les éditeurs des Oeuvres complètes de Calvin ont émis un avis absolument contraire.

aiorSt une «manière et fasson» de célébrer le culte nettement déterminée par Tusage^ et Garnier, en succédant à Poulain, n'eut plus à créer cette liturgie» comme on l'admettait avant les fructueuses recherches de M. Douen, et comme nous Tavions dit autrefois nous-méme. Garnierne fît autre chose que donner une nouvelle édition du travail antérieur ^

La présence d'un certain nombre de personnages éminents par leur science ou leur position sociale*, et qui, durant leur séjour à Strasbourg, se rattachaient à la paroisse réformée française, contribuait aussi à donner à cette dernière une importance qu'elle n'avait point sous le rapport numérique, ainsi que nous 1 avons établi dans la biographie de Brully*.

Malheureusement, la funeste issue de la lutte engagée contre Charles-Quint par la ligue de Smalkalde mit fîn à un état de choses qu'on pouvait considérer comme satisfaisant. Quand la nouvelle de la bataille de Muhiberg parvint à Strasbourg, la terreur y fut grande, surtout parmi les réfugiés de la

i , La forme des prières et chants ecclésiastiques avec la manière d'administrer les sacrements, etc. Imprimé à Strasbourg en l'imprimerie de Jehan Knobloch. L'an 1545, in-8. Voy. pour les détails, Douen, op. cit., p. 454-453.

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