Calvin à M. de Falais, avril 4546 (0pp. XII
3. Voy. Pierre Brully, p. 33. Il ne faudrait point se laisser induire en erreur par des exagérations comme celle du chroniqueur ^rasbourgeois Sébald Buheler, qui, dans son récit inédit, consumé par les flammes en 4870, affirmait que le tiers des habitants de Strasbourg étaient français vers 4540 (Rœhrich, Gesch, der Reform., II, 66). Il y eut par moments des milliers de fugitifs, sans doute, mais ce flot s'écoula toujours rapidement et le nombre des réfugiés établis fut toujours relativement peu considérable.
pwr e iMc finuiçaÎM. Si Tempereur traitait ainsi ses sujets allemands, qu'allait-îl fiatre des hérétiques étrangers réunis sur son territoire? La panique fal telle, parait-il, que Bueer écrivit à Garnier d*empécher les Français de sa paroisse de prendre la fuite, en rassurant qu'il n'y avait pour le moment aucun sujet de crainte. Mais le trouble ne cessa point immédiatement, et le ministre qui voyait les plus riches parmi ses ouailles préparer ouvertement leur départ, au grand scandale des pauvres et des infirmes qui ne pouvaient partir, écrivit à Calvin pour le prier d'intervenir et d'empêcher par ses exhortations la dissolution de cette paroisse, ajardin planté jadis par lui avec tant de labeurs, et arrosé depuis par Garnier et ses collègues de tant de larmes et de sueurs ^ . »
Nous n'avons plus la lettre par laquelle Calvin dut répondre à ces pressantes objurgations. Toutes ses paroles d'ailleurs n'auraient point empêché les événements de suivre leur cours et l'empereur triomphant d'écraser «les rebelles». Les protestants d'Allemagne n'ayant point su rester unis en face du péril et n*ayant pas. oser entamer la lutte au moment propice durent payer cher leur indolence et leur aveuglement*. L'intérim fut imposé à Strasbourg, comme à tous ses coreligionnaires dans l'empire, et malgré de longues et pénibles négociations, engagées dans l'espoir de quelques mois de répit, plutôt que dansTattente d'un véritable succès»