Ibid., du 21 juUlet
2. La difGculté de trouver des prédicateurs de langue française qui consentissent à se rendre au Ban-de-la-Jloche avait poussé un moment le magistrat à décréter que les habitants de la vallée devaient tous apprendre Tallemand. (Arrêté du 21 octobre 1737.)
compter une année passée au Ban- de -la-Roche pour deux années de ministère, afin de stimuler le zèle des candidats strasbourgeois. Reinbold, lui aussi, n'avait point impunément vécu quelques années dans ces gorges sauvages de nos Vosges, où les bises d'hiver sont mortelles pour les poitrines délicates, et où cependant les devoirs d'un bon berger souvent ne permettent guère au pasteur de songer à lui-même. Il en rapporta les germes d'une maladie mortelle et s'éteignit deux ans, presque jour par jour, après son prédécesseur, le 15 janvier 1744. La tâche de maître d'école, combinée avec les fatigues de l'aumônerie, n'avait pas peu contribué^ sans doute, à épuiser si vite un organisme déjà miné, mais les revenus provenant de l'écolage étaient trop nécessaires au ministre français pour qu*il pût songer à renoncer à cette partie de sa tâche ^ Reinbold laissait un 61s en bas-âge, qui s'appelait Jean-Philippe comme lui, fut plus tard pasteur à Fiirdenheim (1773), devint aumônier des hospices en 1788 et termina sa carrière en 1809, après avoir été, de 1764 à la Révolution, le précepteur ordinaire de la jeunesse strasbourgeoise des deux sexes^ pour l'enseignement du français.
A la mort de Reinbold le père, les curateurs de l'hôpital civil déclarèrent qu'il ne pouvait plus être question de cumuler dorénavant les deux fonctions d'aumônier et de prédicateur. Les médecins surtout trouvaient, parait-il — et cette préoccupation leur
1. Extrait des procès-verbaux du Couveut» 26 avrils dO mai 1742, manuscrit déjà cité.
fait honneur — que les besoins religieux des ma** lades des hospices n'étaient point assez attentivement satisfaits par des hommes sollicités de tant de côtés divers. Pour indemniser les aumôniers futurs de la perte matérielle que leur causait cette interdiction» le magistrat augmenta leur traitement de cent rixdalers. On en peut conclure que c'était là, d'une manière approximative du moins, le modeste traitement du prédicateur français, dont le casuel, d!autre part, était absolument nul, ainsi que nous le verrons bientôt.
On ne trouva point immédiatement de candidat capable de remplacer le défunt. Sans doute, les scolarques hésitaient à faire venir, comme autrefois, des candidats de nationalité étrangère, depuis que le gouvernement avait, à plusieurs reprises déjà, présenté des observations à ce sujet. Encore récemment, le maréchal comte Du Bourg, gouverneur de l'Alsace, avait fait rédiger pour la Cour un mémoire sur la matière ^ D'autre part, les jeunes théologiens, bien qu'ils fussent alors aussi nombreux à Strasbourg qu'ils sont clair-semés aujourd'hui, ne se souciaient point de perdre leur temps dans un poste qui ne promettait guère d'avancement, tout en exigeant des connaissances qui n'étaient point encore possédées par tout le monde. Un séminariste d'origine strasbourgeoise *, George -Frédéric