Compte de
6. a a Anthoine Le Rouge, Noël Le Blon, Jehan Trippier, Roger Carpentier et Jehan Le Roy, joueurs d’instrumens de ceste ville, la somme de cxx livres parisis pour par eulx avoir par noeuf diverses journées continuelles joué d’instrumens à la solemnité de la ville le jour de Madame S*e Thérèse aux pères Carmélites » (Compte du 1023, f° 330). — « Aux cinq joueurs de cornets et haubois sermentez de ceste ville sur requeste preseutee a Mess, du Magistrat sur ce qu’ils avoient la nuict dé l’an dernier esté prius deux hommes avecq eulx pour attacher plusieurs blazous et jouer des haubois et cornets aux maisons de Messrs pour leur souhaiter le bon au et bonne prospérité, xv florins carolus » (Compte de 1630, f° 344).
qu’ils n'entraînaient pas la suspension de leur traitementL
Après la conquête, les joueurs d’instruments, ménestriers et maîtres à danser eurent la faculté de donner, les dimanches et fêtes, à leur domicile ou en ville, dans les cabarets et hôtelleries, chez ceux tenant billard, traiteurs, vendeurs de chocolat et de liqueurs, des réunions dansantes ou autres divertissements du même genre ; une ordonnance du 16 août 1690, interdit de faire ces assemblées pendant les heures des offices, les jeudis ou samedis de la semaine sainte et passé dix heures du soir tous les jours de l’année On défend aussi, le 13 février 1702, à ceux qui sont ou ont été du magistrat, d’aller aux bals « en masquarades avec leurs robbes, ny de les prêter à qui que ce soit, à peine de cent escus d’amende. » 1 2
Une innovation vint mettre leur existence en jeu vers la fin du XVII e siècle. A cette époque, il s’était fixé à Lille des musiciens français dont les talents professionnels avaient été fort appréciés par la société bourgeoise ; peu à peu, grâce à de hautes protections, ils se substituèrent à nos joueurs sermentés dans les circonstances qui procuraient à ceux-ci des gratifications supplémentaires. De ce fait, les hautbois de la ville, tout en n’étant pas supprimés, virent diminuer leur casuel.
Les académies étaient devenues à la mode et Lille possédait des instrumentistes capables de former une symphonie le cas échéant. Les Français avaient introduit le goût des réunions et des collations en musique. Le nouveau gouverneur de Lille, le maréchal Grevant d’Humières, montra l’exemple en exprimant le désir de voir le magistrat donner un bal le mardi-gras, 6 février 1684 3 . L’année suivante, au carnaval, nouvelle réunion, le 6 mars, suivie d’une collation offerte par le commandant de la Rablière, lieutenant du
1. Eu 1491, ils exposent, dans une requête, que leur « gaignage » est fort diminué à cause des guerres et de la suspension de la fête de PEpinette, où ils avaient de grands profits, « comme aussi àjueraux neupces qui se faisoient en la ville, ce qui n’a plus lieu, o — Reg. aux Mémoires, 14 avril 1578: suspension des salaires des joueurs de hautbois, par la calamité du temps (la peste).— « Le 24 novembre 1600, les quatre joueurs de hautbois sont suspendus en raison du démolissement du beffroy. » (Reg. aux Résolutions, n° 6, f° 52.) — Voir aussi Archives historiques et littéraires , 3° série, tome V, 1855, page 61.