‹ Notes pour servir à l'histoire des classifications dans les espèces du genre rosaChapitre 7 sur 18 · CG · texte numérisé non relu

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lise sont assez nettement cai’actérisées par l’absence de ces petits orf>’anos ainsi que la section appelée par Grépin Ebratealæ (Rosa sericea). Dans un autre cas, au contraire, elles prennent un développement considérable et semblent entourer la fleur comme d’une enveloppe {Bracteatæ : Rosa bracteala et hi,voluc7'aia).

Nous venons de passer en revue les organes de la végétation au point de vue de la valeur des caractères qu’ils présentent pour la classification : il nous reste maintenant à dire quelques mots des organes de la floraison.

Le réceptacle fructifère tout en ayant une certaine importance ne peut être pris comme point de départ : une mémo espèce peut môme présenter des réceptacles de forme différente sur le môme sujet : ainsi le Rosa Rvinelonm. Dans la descrii)tion des espèces, il est une particulaiâté dont il faut tenir compte, c’est que dans une inflorescence en cyme ou en coryrnbe le fruit conlral e.st généralement (liftèrent de forme, ])lus gros, plus glanduleux ((ue les latéraux.

La manière d’être de la chair au moment de la maturité peut également varier dans de larges limites ; dure dans quehjues fruits, pulpeuse dans d’autres : de plus sur le môme individu on peut fréquemment observer des fruits durs et cassants, d’autres pulpeux normalement.

L’époque de la maturité est également une considération dont il faut tenir compte : les Pimpinelli-

foliæ, les Villeuses, les Sabiniæ mûrissent bien avant les Canines. Dans les Orientales, nous avons remarqué le Rosa Ser'aphini à fruits presque mûrs dès le mois de juillet.-Le goût du fruit mûr varie suivant les espèces le R. Rubiginosa présente un arrièregoût amer, tandis que le R. Micrantha^ est franchement acidulé. Peut-être pourrait-on tirer de là ([uelques notes distinctives intéressantes ?

Le fruit peut être glabre, glanduleux, ou même velu [R. Microphylla). Dans la même espèce il peut être glanduleux et glabre [R. Mollis). Ce que nous venons de dire du fruit peut s’appliquer au pédoncule fructifère.

Le réceptacle florifère présente les mômes caractères que le fructifère. Les akènes contenus dans l’urcéoleow réceptacle ont joué dans quelques ouvrages un rôle de premier ordre : ils peuvent être sessiles ou pédicellés. Mais ces caractères sans valeur dé])endent uniquement de la forme du fruit, forme très variable comme nous venons de le voir. Si le fi-iiit est réti-éci à la base, les akènes inférieurs seront pédicellés ; si le fruit est arrondi, ils seront sessiles. La forme des akènes peut encore dépendre de leur nombre dans un fruit : petits s’ils sont comprimés, développés au contraire s’ils sont en petite quantité. Une particularité importante de ces organes se trouve dans les Doses de la section Microcarpæ : [R. Reggeriana). Au moment de la maturité, les sépales en se détachant emportent circulairement la portion

supérieure de l’urcéole et alors les akènes paraissent à nu : ce caractère rappelle la rupture analogue ((ui a lieu dans le fruit des Rliaphiolepis du groupe des Pomacées.

Le fruit a servi longtemps de base de classification; tous les essais de la fin du siècle dernier et des jjremières années de celui-ci sont fondés sur ce cai-actère.

De cet organe, il serait impossible d’éloigner l’étude des sépales. Dans le genre Kosa, deux cas l)euvent être considérés, ils sont entiers ou plus ou moins laciniés. Walrolh et Rafinesque ont utilisé ces considérations ; on ne saurait en tirer de caractère important. Il n’en est pas de môme de leur persistance ou de leur caducité; après la floraison, on remar<iue que les sépales peuvent se relever sur le fi'uit, devenir connivents, puis tomber lors de la maturité, ou bien ils se réfléchissent et tombent rapidement, ou bien encore ils se redressent, persistent et vivent d’une vie propre. Il y a dans ce fait un jdiénomène biologique de premier ordre, de la plus haute importance dans rétude du genre Dosa; il s’en suit que, dans un groupe, les espèces qui présentent l’un ou l’autre de ces caractères doivent former des sections séparées : c’est ainsi que les Villosæ peuvent être séparées des Tomenlosæ, dans les({uelles il n’y a pas de persistance véritable, mais seulement temporaire; les Montanæ se distingueront des 6’anime en ce ([ue les sépales se redressent et derneu-

relit en couronnant le fruit jusqu’à la maturité, sans qu’ils puissent pour cela être dits persistants. Fries est le premier qui ait fait ressortir toute la valeur de ce caractère. Il divisait ainsi les Caninse :

* Sepalis reflexis deciduis :

R. Dumetorum, canina, collina.

** Sepalis palenlibus subdeciduis

R. Inodora, rubiginosa, tomentosa.

Sepalis erectis persistentibus :

R. Goriifolia, pomifera, mollissima.

Cette division n’est pas complètement exacte, car le II. Coriifolia n’a certainement pas les sépales persistants.

Les sépales peuvent être plus ou moins chargés de poils ou de glandes en quantité variable, suivant d’ailleurs en cela les folioles et les stipules. Accidentellement, les sépales peuvent se redresser quand les feuilles ont été mangées par les chenilles et deviennent souvent foliacées.

Les pétales ne peuvent donner que des caractères spécifiques : leur coloration peut être des plus variables, depuis le blanc pur jusqu’au rouge le plus foncé et au jaune d’or.

Dans un même groupe la fleur peut présenter des colorations bien différentes : ainsi les Indicæ et particulièrement le Rosa indica donnent des fleurs à couleur blanche, rose, rouge, jaune en passant par toutes les nuances. En général le jaune est rare dans

le genre Rosa, on le trouve dans le B. Berberifolia et son hybride Bosa Ilardyi^ B. Banksiæ; Indicæ, Luteæ. On a cité des formes à fleurs jaunes du B. Spiiiosissima : mais il est probable qu’il y a eu là, confusion ou détermination erronée.

Dans certains groupes la coloration delà fleur peutêtre assez constante : ainsi les Gallicanæ veræ, les (Uandulemes qui ne doivent être considérées que comme des hybrides de Gallicanes^ et les Montanæ présentent des fleurs habituellement foncées. Le groupe deHPimpinellifoliæles a très rarement roses, il est même probable qu’elles ne sont ainsi colorées que par hybridation avec des Alpinæ ; elles sont habituellement blanches avec l’onglet Jaune.

La forme des boutons floraux peut également varier légèrement. C’est surtout en liorticulture (|ue l’on peut en tirer profit. Rarement les pétales sont ciliés. On cite le B. Mollissima {Bosa ciliatopetala) comme pourvu de ces caractères ; encore est-il nié parla plupai't des auteurs.

Les étamines sans avoir une grande valeur distinctive, dans la plupart des groupes, peuvent cependant donner une bonne note dans certaines sections : ainsi \e%lHmpinellifoliiv ont des étamines à anthères longues et presque sagittées, ce qui les distingue dos A Ipinæ et de^Elymaüicæ. ’ldiory avait caractérisé les Indicæ par les étamines allongées, contournées, se renversant sur les styles. La structure des grains de pollen, doit être oliservéo toutes les fois qu’on pourra

Je faire, surtout si l’on a quelques doutes sur l’origine hybride d’une forme obscure : dans ce cas le pollen sera mal conformé ; l’émission des boyaux polliniques ne se fera pas au contact d’un liquide sur le porte-objet.

S’il est un organe dont les rhodologues se sont servis et ont même abusé, surtout dans ces derniers temps, c’est du style. Les styles dans le genre Rosa peuvent en effet être glabres, velus ou hérissés plus ou moins ; bien souvent, on est dans le plus grand embarras quand il faut choisir entre ces deux derniers termes ; de plus si ce caractère peut être facilement observé sur l’échantillon vivant, il est moins aisé de le faire sur l’herbier. Les styles peuvent également être plus ou moins courts dans la même espèce. Pour nous, nous pensons que les distinctions tirées de ces organes ont été bien exagérées car nous avons fréquemment trouvé sur un même buisson des fleurs dont les styles étaient velus et hérissés. La coalescence des styles, ou leur division, présente au contraire une importance de premier ordre (|uand elle est naturelle, car fréquemment les Roses en se desséchant contractent leur fruit et les styles tendent à devenir ex.sertes et à se réunir en colonne : de là, une source d’erreurs considérable. Si les styles sont fortement comprimés daits le col du réceptacle, ils paraissent unis, mais non agglutinés :ils forment un capitule stigmatique. C’est probablement par confusion avec des formes présentant ce caractère.

que l’on a décrit des Caninæ,, des Ruhiginosæ à styles en colonne [U. Synirichoslyla, Rosa canina v. Synslyla (Bouteiller) R. Klukii^ etc.).

Cette fausse union des styles peut tenir ù deux causes : la contraction du réceptacle en se desséchant qui détermine l’exsertion des styles : une autre cause, c’est l’atrophie plus ou moins profonde des ovaires sur des rameaux foliifères devenus accidentellement florifères. Grépin a pu s’assurer du fait sur un échantillon de R. Elymaïtica rapporté d’Asie par Haussknecht. Au centre du l’éceptacle florifère, existe une très petite foliole faisant saillie au milieu des styles exserts et atteignant leur hauteur au moyen d’un pédoncule; ce qui corrobore encore la nature de ce rameau foliifère, c’est la forme des stipules de dimensions semblables, la largeur des fleurs et leur disposition qui semblent indiquer un état de souffrance dans le développement.

C’est en se basant sur le caractère tiré de la coalescence des styles ou de leur distinction qu’on a pu séparer nettement toutes les Roses connues en deux grandes classes : dans l’une que De Gandolle a appeléeces styles sont unis en colonne longue; dans l’autre qui comprend tontes les autres sections sauf celle des Slylosæ, les styles sont séparés, quelquefois rapprochés, jamais réunis [Asynstijlæ). Le groupe des Slylosæ à styles exserts en colonne de faible dimension, semble réunir ces deux classes. Dans les fleurs atteintes de tératologie (fleurs

doubles) les styles peuvent rester séparés : c’est ce que nous avons pu constater' dans des R. Multiflora et dans une autre forme du R. Arvensis. Dans ces fleurs dites doubles, les styles peuvent disparaître entièrement ainsi que les étamines, ce qui explique le manque de fruits fréquent dans les espèces cultivées dans nos jardins : ils participent également à la transformation foliacée en tout ou en partie, avec les autres verticilles floraux dans les phénomènes dits de virescence [Rose verte, R. semper/lorens v. Viridiflora).

Un dernier caractère floral mis en lumière dès 1824 par l’illustre Dumortier, réside dans le disque de l’urcéole (nectaire, Dum.) suivant les espèces, le col du réceptacle fructifère est contracté de diverses manières. Dans leRosaspinosissimaVouyerture pour le passage des styles est relativement large, l’étranglement est formé par le réceptacle lui-même qui s’épaissit plus ou moins au sommet pour resserrer l’orifice central : cet étranglement prend toutes les dimensions du R. spinosissima au R. pomifera, mais on ne saurait invoquerde différences morphologiques. Chez le Rosa repens, l’étranglement réceptaculaire forme un petit plateau plan de niveau avec les cicatrices des sépales caducs : il n’y a pas de dépression.

Dans les Caninæ, il existe une grande variété de formes : le disque peut se présenter parfaitement plan, ou bien légèrement déprimé; quelquefois, il peut être relevé en mamelon conique, et par suite

canaliculé tout autour. Dans les Strylosæ, le disque est conique et très saillant.

Dans les cas où le calice est persistant, le disque paraît déprimé, jamais relevé.

L’orifice qui sert de passage aux styles présente une particularité intéressante dans lesPimpinellifolioùei tes Luteæ : les poils qui garnissent les parois internes du réceptacle s’avancent jusqu’à cet orifice et le tapissent; ils le dépassent même dans le premier de ces groupes. Ce caractère est excellent et peut servir de note diagnostique à ces deux sections du genre Rosa.

Un caractère commun à toutes les espèces du genre Rosa, c’est l’influence de la température, et surtout de l’état hygrométrique de l’air : ainsi, la sécheresse des contrées méridionales exagère la glandulosité, réduit les dimensions de la corolle et tend à donner un grand développement aux aiguillons. Dans notre région du nord-est, l’influence des terrains produit le même effet; l’ombre des bois tend au contraire à développer les fleurs et les folioles, mais en môme temps à affaiblir la coloration des pétales; la môme forme peut donc varier en d’assez larges limites, suivant l’exposition où elle croît. Dans les Ccmimv^ la sécheresse des basses régions produit un raccourcissement de l’inflorescence, de même que dans certaines espèces du groupe des Montanæ l’influence des montagnes.

A toutes ces considérations doivent s’en joindre

d’autres qui les priment toutes; nous voulons parler des variations parallèles et de la solidarité des caractères^ qu’on peut résumer ainsi :

Dans des groupes distincts, des formes sujettes aux mêmes modifications peuvent exister parallèlement les unes aux autres; les modifications opérées sur un organe tendent à s’opérer également sur tous les autres. Gomme exemple du premier principe, nous pouvons citer les groupes des Stylosæ et des Caninæ.

Dans chacun de ces groupes, les mêmes formes produites par les mêmes modifications existent : nous trouverons d’après l’étude des folioles, des pédoncules, de la glandulosité, de la pubescence des Caninæ et des Stylosæ nudæ à folioles uni-serrées, liserratæ^ pubescentes^ Collinæ, hispidæ^ glandulosæ tomentellæ^ de sorte que nous devons avoir dos Stylosæ tomentellæ^ etc.; aussi bien que des Caninæ tomentellæ. Cette considération des variations peut s’étendre à d’autres groupes, aux Alpinæ, Pimpinellifoliæ^ Cinnanomeæ par exemple, dont elle aidera d’une manière éclatante le classement des formes.

L’autre principe repose sur des faits non moins intéressants : si les folioles sont glanduleuses ou ])ul)escentes, il est très probable que les stipules, les bractées, les pédoncules, les sépales le seront également. C’est d’après des considérations fondées sur cet ordre de choses qu’on a pu conclure les faits suivants qui se vérifient avec une rigueur inaltérable :

Les roses à sépales persistants ont des styles velus, jamais glabres; si dans un môme type on a des espèces à sépales redressés et à sépales réfléchis, on aura des styles correspondants velus ou glabres. Ainsi dans le R. Pouzini la forme à sépales connivents présente des styles villeux {R. Leptoclada (lloullu). — Quant au contraire une fonne k sépales normalement dressés, perd ce caractère, ses styles deviennent glabres et réciproquement.

Quand une rose a les nervures latérales glanduleuses, ses folioles sont biserréesglanduleuses; mais la récipropre n'existe pas, ainsi le Rosa tomentella à folioles biserrées, composées, présente de nombreuses formes glabres ou seulement pubescentes ((uelquefois mais peu abondamment glanduleuses en dessous. Dans un même type, il arrive que la forme à dents simples n’est pas glanduleuse {R. Spinosissima) celle à dents composées l’est plus ou moins {R. Riparlü).

Les types des roses à dentelures simples peuvent varier à folioles biserrées ou irrégulièrement dentées {Caninte transitoriæ), sauf les R. Sempervirens et R. Dumelorwn^ et très rarement dans le/L Arvensis; ([liant aux types à dentelure double, les folioles sont rarement uniserri'ïes, sauf les Alpmæoi les Tomenlosæ.

Les espèces à pédoncules nus, peuvent varier à pédoncules hispides-glanduleux (excepté dans les Sepiaccæ) : quand les pédoncules sont habituellement

hispides-glanduleux, il est beaucoup plus rare qu’ils deviennent nus (sauf le Ji. Pouzini^ le Posa Rotundlfolia \ quelques formes de Glandulosæ : R. Trachyphijlla^ R. Rlandœana (à peine glanduleux), R. Pugeti (complètement églanduleux dans les. échantillons récoltés dans le département de l’Aube.

J^es styles ont leur grandeur en rapport avec le raccourcissement ou la longueur des ])édoncules : les Montana} dont les pédoncules floraux sont habituellement peu développés, présentent des styles courts. Il est vrai que ce caractère est bien sujet à variation et que la môme forme de Caninæ peut ])résenter indifféremment des styles longs ou i)eu développés.

Voilà, aussi rapidement (jue nous avons pu le faire, énumérés les caractères dont les variations ont successivement servi à classer les nombreuses formes de ce genre inextricable : chaque tloriste s’est attaché à telle note plutôt qu’à toile autre, cherchant souvent mais presque toujours en vain à fonder une classification sur l’unité des caractères : ce serait certes là qu’il faudrait arriver, mais tous les efforts opérés jusqu’à ce jour dans ce sens n’ont pu donner encore de résultats satisfaisants. Dumortier a pensé <iue \e nectaire envisagé dans ses formes lui permettait d’atteindre ce but, mais l’éminent botaniste s’est bien certainement fait illusion : c’est donc d’après l’ensemble sagement combiné des différents organesétudiés ci-dessus que nous devons classer les roses ;

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admettant les uns comme caractères de premier ordre : persistance des sépales, présence ou absence des bractées, direction des tiges, etc.; les autres serviront alors comme indicateurs des subdivisions : pubescence ou glandulosité, inermité ou armature, dentelure des feuilles, etc. ; il va sans dire, ainsi que nous l’avons indiqué, que la coalescence ou la divisibilité des styles primera toute autre note.

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