LE CHAPITRE DE LA MÉTROPOLE
Le 23 novembre 1790, le doyen de Sens, M. Lhermitte de Champbertrand, annonce aux chanoines l'exécution imminente de la Constitution civile du clergé et de ce qu il appelle l'arrêt de destruction du Chapitre. Aussitôt les chanoines rédigent une protestation énergique que le doy'»n lira aux membres du directoire lorsqu'ils viendront notifier le décret de dissolution. Le lendemain, les exécuteurs de la loi se présentent et le doyen leur adresse ces fières paroles : « Messieurs, Texistence des chapitres des églises métropolitaines et des cathédrales est tellement liée à Tordre établi pour le gouvernement de TEglise de Jésus-Christ, qu'il n'est pas dans notre pouvoir de renoncer au rang et à la juridiction dont le Chapitre est en possession, sans le concours de l'autorité ecclésiastique, que nous réclamons, et sani^ lequel tout consentement de notre part serait de nul effet. C'est pourquoi, messieurs, il n'y aura que l'impossibilité absolue de remplir nos devoirs qui pourra nous en faire suspendre l'exercice. ■
Les membres du directoire ayant alors refusé d'entendrqla lecture de la déclaration capitulaire, les chanoines protestent et déclarent qu'ils se rendront à la cathédrale aux heures ordinaires pour l'office canonial. Le 25, les membres délégués se présentent en habit de chœur aux portes de la cathédrale ; ils les trouvent fermées et se retirent, n'ayant ainsi, comme ils l'avaient déclaré, cédé qu'à la force. (V. Semaine religieuse, 4 et 11 juillet 1891 )
M. J. Perrin, dans son ouvrage sur Loménie de Brienne, cite en entier l'arrêté du 9 avril 1793, par lequel Turreau et Garnier, commissaires de la Convention ordonnaient la mise en réclusion des prêtres non fonctionnaires. Cet arrêté fut exécuté le 14 avril 1793. Les officiers municipaux et la population sénonaise blâmaient ces persécutions; aussi, le 19 juin, le département ordonna-t-ii la mise en liberté des ecclésiastiques, à l'exception des citoyens Champbortrand, Séguier et Roger. (Perrin, op, cit.j p. 112.)
Mais en l'an II, le citoyen Maure, représentant du peuple, ranime le zèle du comité de surveillance de Sens et réclame l'exécution stricte des lois. Pendant un séjour qu'il fait à Sens, il se fait représenter parle district la protestation du Chapitre à laquelle il attache une grande importance. A la suite de cette visite, le comité de surveillance ordonne, le 8 messidor II, l'arrestation de tous les signataires suspects. (Exlr. d'un cahier concernant le comité de aurveillance de Sens.)
Dans ce cahier, il est dit que plusieurs chanoines ont rétracté
leur protestation par devant notaire. (Bénard et Tuénard, notaires.) •
Jean-Cliarles-Joseph Roulin de Launay de Vaudricourt, né le 15 septembre 1748, à Saiiit-Germain-en-Laye/chanoine en i767, arc!iidiacre de Sens en 1789, prête, le 14 septembre 1792, le serment de liberté. Emprisonné du mois d'avril au mois de juin 1793, il est de nouveau arrêté en Tan II. (P.R.)
M. de Vaudricourt, muni de pouvoirs réguliers, émanant du Souverain Pontife, administra le diocèse vers 1795. (Perrin, o/>. cit , p. 113.) Devenu vicaire général, après le rétablissement de Tarchevêché de Sens, il mourut le 7 novembre 1842. (V. Semaine religieuse à\x 19 novembre 1892.)
Pierre de Biencour, de Sens, chanoine en 1771, trésorier en 1793, et abbé de Saint-Jacques de Provins, prête, le 14 septembre 1792, le serment de liberté. Il est mis en élat d'arrestation le 14 avril 1793, puis en l'an II. (P.R.)
Louis-Claude L'Hermitte de Champbbrtrand, né à Sens vers 1734 chanoine en 1752, doyen et président du Chapitre en 1778. Arrêté le 14 avril 1793, il est excepté de l'arrêté d'élargissement pris par le département. Il en est de même de MM. Séguier et Roger. (Perrin, op, cit, y p. ll2.) M. Perrin dit que ces trois ecclésiastiques n'étaient peut-être pas en règle à Tégard du serment de Hberté. C'est vrai pour M. de Champbertrand, mais les deux autres figurent dans la liste des prêtres qui ont prêté ce serment.
Dès le commencement du schisme, M. de Champbertrand, muni de pouvoirs émanant du Saint-Siège, communiquait avec les prêtres. Les ennemis de la religion ne pouvaient oublier l'énergie de sa protestation lors de la suppression du Chapitre. Il fut guillotiné, à Pans, avec Madame Elisabeth de Franco, le 10 mai 1794. (V. Perrin, op. cit; Semaine religieuse, 4 mai 1878.)
Pierre-Jacques de Condé, de Paris, chanoine en 1766, préchantre en 1774 et chanoine de Saint-Laurent (archevêché) en 17^5, prête serment de liberté le 14 septembre 1792 et est arrêté le 14 avril 1793. (P.R.) Il est condamné à la déportation le 22 fructidor VI. Le 6 vendémiaire VII, le département ordonne de le transférer au plus tôt de la maison d'arrêt d'Auxerre dans la forteresse de l'île de Ré. (Dép.) Il demeure dans cette île du 25 novembre 1798 au 14 décembre 1799. Revenu à Sens, il y mourut en 1804.
M. de Condé, muni de pouvoirs réguliers, avait administré le diocèse pondant plusieurs années. Les Affiches de Sens de 1798 l'appellent, en effet, éoêque in partibus du département de l'Yonne. (Monceaux, La Réoolution, n° 3154.)
(V. Perrin, op. cit., p. 113; Bullet. de la Société arch. de Sens, t. xvr, p. 76.)
Mathieu-François Caquia de Montbourg, du Mans, chanoine en 1757, •èellérier et théologal en 1778, prête sermeht de liberté le 14 septembre 1792. Arrêté le 14 avril 1793, puis en Tan II, Condamné à la déportation le 14 brumaire VII (P.R.) Les Affiches de Sens du 15 frimaire VII annoncent «. Tarrestation, le 11 frimaire VII, de Caquia-Montbourg, successeur de Véoêque Condé, déporté il y a plusieurs décades. » (MontcbauX; id.)
François Gigot de Boisbernier^ né à Sens, en 1736. chanoine en 1761, archidiacre du Gâtinais en 1772, abbé de Longuay, vicaire général.
Après la suppression du Chapitre, il se retire à Paris, prend Thabit séculier et se tient caché. Arrêté en Tan II, il subit la détention plus longtemps que ne Tindiquent les Mémoires historiques de Bouoyer, récemment publiés par M. Perrin. (Bul. Soc. arch. Sens, t. XVIII, p. 271.)
Le 22 messidor II, Tagent national du district écrit au comité de surveillance de Sens que Gigot est depuis trois mois en état d'arrestation, à Paris, et qu'il a été mis en jugement. (Cahier concernant le com. de surv. de Sens.)
Condamné à la guillotine, M. de Boisbernier est exécuté le 6 thermidor II (24 juillet 1*94), sur la place du Trône. (V. Sem. rel. 26 janvier 1867 et 20 juillet 1878.)
François Séguier, archidiacre de Melun, chanoine en 1782, et René Roger, archidiacre de Provins, chanoine en 1788, prêtent serment de libertéle 14 septembre 1792. Arrêtés au mois d'avril 1793, ils ne sont pas compris dans l'arrêté du département, qui, deux mois plus tard, rend la liberté aux ecclésiastiques détenus avec eux. (Perrin, op, cit. p. 112.)
M. Perrin se demande quelle est la cause de cet ostracisme. La voici exposée par les archidiacres eux-mêmes.
Déjà détenus Roger et Séguier sont assignés, le 27 septembre 1793, à l'occasion d'un passeport qui les autorisait à se rendre de Nangis à Sens et qu'on les accusait d'avoir altéré.
Le huitième jour de la T» décade du deuxième mois de l'an II do la République, on présente au comité de surveillance de Sens un mémoire du c* Roger, ci-devant chanoine, détenu à la maison d'arrêt de Sens, comme suspect, depuis sept mois.
Roger rappelle qu'il été arrêté, ainsi que le c^ Séguier, pour être parti, le 14 avril, de Sens, avec un passeport dont la date avait été surchargée. Il affirme que cette surcharge n'est pas de son fait. Après quatre mois de détention, on les a interrogés Un mois plus tard, ils ont paru devant le tribunal qui a donné des conclusions favorables, et cependant le jugement demeure suspendu. On leur a répondu que Salgues (l'auteur de leur longue infortune) avait sous-
trait Tarrétô du département qui renvoyait à la police de Sens la levée de leur arrestation. Il prie le comité de se faire présenter l'arrêté du département. Roger entre ensuite dans de longs détails sur la conduite de Salgues « dont la haine aveugle est cause de leur détention. » A la suite de ce mémoire vient une protestation de M. Séguier. (P. R.)
Je me permets de signaler cette pièce curieuse à l'attention de M. Perrin, dont les travaux sont si goûtés des amateurs d'histoire locale. Il semble, d'après le mémoire que je viens d^analyser, que Roger et Séguier ont cherché à se soustraire le 14 avril à l'arrêté pris le 6 avril contre les prêtres par Turreau et Garnier. Je me demande si, parmi les prêtres portés sur la liste publiée par M. Perrin, p. 246, il n'en est pas qui ont échappé à l'arrestation. Les listes des prêtres arrêtés en 1793 sont conservées aux archives de TYonne.
Le mémoire de Roger montre aussi qu'il y eut malheureusement à Sens un de ces délateurs qui s'employaient à livrer leurs frères. (V. Perrin, Op. cit. page 103.)
En 1802, Séguier et Roger furent nommés directeurs au Sémi naire-collègo de Sens. Le premier mouri^ chanoine de Troyes en
LssTORâ , de Lorris, chanoine en 1754, archidiacre d'Etampes en 1783, absent au moment de la suppression du chapitre, donne plus tard son adhésion à la protestation. (Affiches de Sens, citées par Monceaux, op, cit. n« 455.) L'almanach Tarbé de 1790 et 1791 le nomme résidant;à Paris.
Daxtvergnb, de Lorris, chanoine en 1751, ne figure pas dans la liste des prêtres qui ont prêté serment de liberté. Il est arrêté en avril 1793 et en l'an II.
JoRRB DB S. JoRRB, do Qulmpor, chanoine en 1758.
Lb Pbllbrin, de Coutances, chanoine en 1760, chanoine de Saint- Laurent (archevêché) en 1764.
Mallbt, de Cliàlons, abbé de Chalive, chanoine en 1763, prête serment de liberté le 14 septembre 1792. Arrêté le 14 avril 1793, il l'est de nouveau le^ 10 nivôse II, pour incivisme et protestation du chapitre. (Cté de surveillance de Sens.)
GoRBT, d'Etampes , prête serment de liberté le 14 septembre 1792. Il est arrêté le 14 avril 1793 et en Tan II.
Mbnu de la Fontaine, de Villeneuve-le-Roi , chanoine en 1766, ne signe pas la protestation du chapitre. Le 30 janvier 1791, il prête serment comme administrateur de l'Hôtel-Dieu.
GuiCHABD, de Sens , chanoine en 1767, ne signe pas la protesta» tion du chapitre. Je pense que c'est lui qui prête serment de liberté le 14 septembre 1792, comme administrateur du collège.
Edme-Nicolas Andouillé , de Traînel , chanoine en 1767 et chanoine de Saint-Laurent (archevêché) en 1779, arrêté en avril 1793 et en Tan II. (V. Bul. Sens XVI, p. 87.)
La GuÉRiNiÊRE , de Paris, chanoine en 1767, chanoine de Saint- Laurent en 1764, prête le serment de liberté le 14 septembre 1792 ; il est arrêté en avril 1793 et en Tan II.
Gauthier , de Sens, chanoine en 1770, prête le serment de liberté le 14 septembre 1792. Le 14 septembre 1793, le comité de surveillance de Sens décide l'arrestation de Gauthier, ex-chanoine, domicilié à Courtois.
Ce comité, écrit le 16 au Conseil général de la commune : a Citoyens frères et amis, le Comité général de surveillance de la ville de Sens vous invite au nom de la loi et de la sûreté de tous, de faire arrêter sur le champ le nommé Gauthier, cidevant chanoine, regardé par les vrais républicains comme suspect et dangereux. C'est Tindividu le plus détestable de la République. Gauthier fut en effet arrêté peu après. (Comité de Sens.) Dès Tan II, il dépose ses lettres de prêtrise et rentre dans le siècle. (V. Perrin, op. cit., p. 163.)
De Bouy de la Vergnhi de Limoges, chanoine en 1772, prête le serment de liberté le 14 septembre 1792. Il est arrêté en avril 1793 et en Tan II.
WousTHOURM, de Paris, chanoine en 1772.
De Treignac, de Sens, chanoine en 1774, arrêté en avril 1793. BouRJOT, de Meaux, chanoine en 1775, résidait au petit Séminaire. Je parle plus loin d'un nommé Bourgeois, professeur au séminaire, qui a prêté serment le 30 janvier 1791. Ne serait-ce pas le même personnage ?
Massien, de Pontoise, chanoine en 1777, titulaire de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste de Champigny-sur- Yonne (Dép., 18 août 1791), prête serment, comme préfet du collège, le 30 janvier 1791. Il prête le serment de liberté le 14 septembre 1792, à Saint-Juliendu-Sault. Arrêté en avril 1793.
Verrier, de Provins, chanoine en ^1779, prêtejle^serment de liberté le 14 septembre 1792; il est arrêté en avril 1793. Chanoine de Sens on 1822, il meurt en 1828.
Anne-Nicolas-Charles Saulnier, de Joigny (qu'il ne faut pas confondre avec Jean-Baptiste Saulnier, prêtre, principal du collège de Joigny), chanoine en 1779. Emigné. Ses biens sont mis en vente le 29 novembre 1793, (Monceaux, op.ctt, n® 1888.)
TuET, de Ham, chanoine en 1780, prête le serment de liberté le 14 septembre 1792. Arrêté en avril 1793 et remis en liberté au mois de juin, il écrit au mois de septembre à la municipalité pour « porter son adhésion et ses vœux à la nouvelle constitution Arrêté de
nouveau en Tan II, il écrit le 30 fructidor II, à Merlin, ministre de la justice, pour demander à être jugé immédiatement et remis en liberté» (Bull. Soc. se, 1874, p. 48.)
Legris, de Villeneuve-le-Roi, chanoine en 1780, proteste dans deux publications contre la suppression du Chapitre. (Monceaux, n°« 507 et 508.) Il meurt chanoine de Troyes en 1811.
AuGER, de Troyes, chanoine en 1783. Sans doute le môme que Nicolas Auger, né à TAisne-aux-Bois (Aube), accusé de propos tendant à empêcher le progrès de la Révolution dans la c^* de Sens, il est acquitté à Paris, le 17 nivôse II.
JuTEAU, de Noyon, chanoine en 1785, prête le serment de liberté le 14 septembre 1792, est arrêté en avril 1793 et en Tan II. Il redevient chanoine de Sens en 1822 et meurt en 1825 à Page de 79 ans.
Yarin db la Mare de Québec, chanoine en 1785, prête serment de liberté le 14 septembre 1792 ; il est arrêté en avril 1793. Il mourut paisiblement après la Révolution, dans son ermitage de Sainte- Béate. ^Perrin, o/). cit., p. 109.)
CHANOINES A l'aUTEL DB NOTRE-DAMB
RoY, de Sens, chanoine en 1737, mort le 2 mai 1791.
Leblanc, de Souppes, chanoine en 1753, arrêté en avril 1793 et eu l'an IL
Poitevin- DuLiMON, de Reims, chanoine en 1780, arrêté le 14 avril
Thierriat, de St-Florentin, chanoine en 1788, arrête en avril 1793.
CHANOINES ou TRÉSOR
André Grasset de Saint-Sauveur, de Québec, chanoine en 1783. Arrêté à Paris, dans la maison des Eudistes où il s'était réfugié, il fut massacré aux Carmes, le 2 septembre 1792. Son inscription, dans la crypte des Carmes, le qualifie : Hospes domûs Eudistarum. (V. Sem. relig. 7 février 1867 et 31 août 1878.)
Tesson, de Sens, prête serment de liberté le 14 septembre 1792, Arrêté le 14 avril 1793. Après la Révolution, vicaire de la Métropole.
chanoines a l'autel saint JEAN
Dalmières, de Paris, chanoine en 1778, prête serment de liberté, le 14 septembre 1792. (V. Monceaux, n° 3003.)
Varin, de Metz, chanoine en 1779, arrêté en avril 1793.
Hédiard, de Sens, chanoine en 1780, et Hardy, de Sens, chanoine en 1784, prêtent serment le 14 septembre 1792. Arrêtés en avril 1793. Après la Révolution, vicaires de la Métropole.
chanoines de saint-pierre et saint -PAUL
Thouzard, de Sens, chanoine en 1782. Serment le 14 septi>rel792. Arnoult, d'Etampes, chanoine en 1784. Peut-être est-ce lui qui prête serment le 30 janvier 1791, comme vicaire de Saint-Hilaire, Wancranbmburg, de Sens, chanoine en 1787.
Bardou Jean - Baptiste, chanoine en 1789, prête serment le 14 septembre 1792. Arrêté en avril 1793. Condamné à la déportation le 14 brumaire VII. (P.R.) -- Après la Révolution, vicaire de la Métropole.
Ferrand, de Sens, haut-vicaire en 1792. Un Ferrand prête serment le 14 septembre 1792 comme chapelain de Saint-Symphorien.
Je n^ai aucun renseignement sur Clément, de Sens, haut-vicaire en 1760; Barbier, chanoine de Saint-Laurent (archevêché en 1759; Chevalier, id., 1785, et Leduc, id., 1786.
CLERGé DBS PAROISSES DE LA VILLE
Saint-Pierre. — Louis-Cl. Chaumard, curé depuis 1750, puis vicaire épiscopal, assermenté le 30 janvier 1791 et le 14 septembre 1792.
Saint-Hilaire. — Charles Besnard, curé depuis 1766, puis vicaire épiscopal, assermenté le 30 janvier 1791 et 14 septembre 1792. En 1803, vicaire de la cathédrale.
Arnould, vicaire, assermenté le 30 janvier 1791.
Sainte-Colombe. — Nicolas Heuriot, curé depuis 1787, puis vicaire épiscopal, assermenté le 30 janvier 1791.
Saint-Maximin. — Nicolas-Th.Godinot, curé depuis 1780, assermenté le 30 janvier 1791. Quelques semaines plus tard, il refuse fièrement d'être vicaire épiscopal. (Perrin, op, cit., 74.)
Saint-Romain. — Pierre-Etienne Planson, curé en 1789, assermenté le 30 janvier 1791 et le 14 septembre 1792, vicaire épiscopal. Plus tard, il dépose ses lettres de piétrise et fonde une imprimerie à Saint-Florentin. (Voir pour plus de détails : Mont • CEAUX, op. cit., n» 2344 ; Perrin, op, cit., p. 163.)
Sainte-Croix. — Simon-Phil. Cormont, curé depuis 1781, assermenté le 30 janvier 1791, vicaire épiscopal.
Saint-Savinien.— Demoulins, curé en 1790, assermenté le 30 janvier 1791, vicaire épiscopal.
Brévignon, vicaire (ancien vicaire de Villiers-Bonneux), prête serment de liberté le 14 septembre 1772.
Saint -Nicolas. — Jean-Baptiste-Antoine-Pascal Dauby, curé depuis 1787, assermenté le 30 janvier 1791, devient vicaire épiscopal. Le 14 septembre 1792, il prête le serment de liberté comme curé de Saint-Savinien, et, en l'an II, il dépose ses lettres de prêtrise. Condamné à la déportation le 14 brumaire VII. (P.R.)
Notre-Dame-du-Charnier ou la Madeleine. — François Boudrot, curé depuis 1782, assermenté le 30 janvier 1791 et le 14 septembre 1792, vicaire épiscopal.
Saint-Pregts. — Bellaguet, curé en 1789, assermenté le 30 janvier 1791 et le 14 septembre 1792.
Saint-Cartaut-Saint-Paul. — Pierre-Marie Ballin,c. depuis 1780, assermenté le 30 janvier 1791 et le 14 sept^re 1792, vicaire épiscopal.
Saint-Symphorien. — André Dervin, curé en 1790, assermenté le
30 janvier 1791, vicaire épiscopal. Il prête, comme curé de Saint-Martin-d'Ordon', le serment de liberté, le 14 septembre 1792 .
Ferrand, chapelain de Saint-Symphorien, prête le serment de liberté le 14 septembre 1*^92.
Saint Maurice. — Jean-Louis Corot, curé en 1788 et chanoine de Saint-Cyr, assermenté le 30 janvier 1791.
Le 14 ventôse II, on ordonne son arrestation par mesure de sûreté générale, parce qu'il « fait des offices de confréries et qu'il fanatise une partie de ses paroissiens. » (Arch. Y. Cahier sur Sens.)
Saint-Didier. — Claude-Frahçois Bureau, né à Meluo, le 29 octobre 1747, curé de Saint-Didier, en 1776, assermenté le 30 janvier 1791, vicaire épiscopal.
Pendant les mauvais jours de la Révolution, Bureau se retire à Fleurigny et y exerce le ministère. Bientôt il est signalé comme fanatique et dangereux et on l'arrête le 13 mars 1798. Condamné à la déportation le 16 germinal VI, il arrive à l'île de Ré le 13 prairial. Le 16 thermidor, il est embarqué sur la Vaillante, à destination de la Guyane. Mais bientôt le navire est capturé sur les côtes d'Espagne, par les Anglais, et emmené à Plymouth. Rendu à la liberté, Bureau devient plus tard curé de Saint-Denis et Courtois, puis vicaire de la métropole et chanoine honoraire. Il meurt en 1827. (V. Courgenay, et Sem. relig. du 7 août 1880.)
Villard, chapelain de Saint-Didier, prêta le serment de liberté le 14 septembre 1792.
Hochereau, assermenté le 30 janvier 1791 comme vicaire de Saint-Pierre, devient curé de Saint-Didier. Mais bientôt on refuse de payer son traitement sous prétexte que Tévêque peut envoyer à Saint-Didier un de ses vicaires. (Dép. 2 août 1791).
divers
Montault, supérieur du grand séminaire, assermenté le 30 janvier 1791 et le 14 septembre 1792. Il exerça, au point de vue de la prestation de serment, une fâcheuse influence sur le clergé du district.
Pierre-Marie-Claude Michée, professeur au grand séminaire, assermenté le 30 janvier 1791 et le 18 septembre 1792. Arrêté en avril 1793. En Tan II, il dépose ses lettres de prêtrise.
Charles Desmoulins, directeur au grand séminaire, prête serment à la mairie le 31 décembre 1791.
Charles Rupied, directeur au grand séminaire, prête serment le
31 décembre 1791 et le 14 septembre 1792.
Bourjot, chanoine, supérieur du petit séminaire, assermenté le 30 janvier 1791.
Louis-Jean Faule et Jacques-Alexandre Gilbert, professeurs au petit séminaire, ont prêté le serment de liberté le 14 septembre 1792; en avril 1793, ils sont mis en état d'arrestation. En Tan IV, il sont dénoncés comme ne pouvant donner aucune preuve de leur soumission aux lois. On constate, d'ailleurs, le 28 floréal IV, qu'ils sont en fuite et que c'est impossible de découvrir leur retraite. Tous les deux sont condamnés à la déportation le 14 brumaire Vil. (P.R.)
Charles-François Râteau, diacre, et Jean-Louis-Omer Bourry,* sous-diacre, tous deux directeurs au petit séminaire, assermentés le 30 décembre 1791.
Aydes (est-ce lui qui était curé de Bois-le-Roi en 1790) est arrêté en avril 1793. Le 28 floréal IV, on fait savoir qu'il a retracée ses serments et que toutes les démarches faites pour s'assurer de sa personne ont été inutiles. (P.R.)
Barthélémy-Jacques Salgues, né à Sens, en 1760, professeur au collège, prête serment le 30 janvier 1791. Très partisan des idées nouvelles, il écrit, le 8 février, au rédacteur des Affiches de Sens :
• Monsieur. Votre journal étant particulièrement destiné à ren- « dre publics les événements les plus intéressants de notre ville, « j'espère que vous vous empresserez d'insérer dans votre pro- « chaîne feuille les noms des ecclésiastiques fonctionnaires pu- « blics qui ont prêté le serment prescrit par le décret du 27 no- « vembre dernier. Cet acte de patriotisme et de vraie religion ne « doit point rester inconnu.
« J'ai l'honneur.
« Salgues, substitut. » (Afflches du 10 février 1791.)
Nommé vicaire épiscopal le 4 mars 1791, il est délégué le 27 mai à Auxerre pour la délimitation des paroisses. (Mté Aux.) Le 14 septembre 1792, il prête le serment de liberté.
Salgues, que M. Perrin appelle » un arrivé, un satisfait doublé d'un autoritaire, » se fait le persécuteur de ses frères dans le sacerdoce. (V. chanoines Roger et Séguier.) En l'an II, il renonce à toutes fonctions ecclésiastiques. Pou:» des motifs plutôt politiques et personnels que religieux, il est obligé de se cacher pendant la Terreur. Il est condamné à la déportation le 19 brumaire VI. (V. Monceaux, la Réoolution, n^» 266, 494, 520, 2858 et 2987.— Pbrrin, op. cit., p. 96, t25 et 136 )
Billy etBardin, professeurs au collège,^assermentés le 30 janvier
De Marsangy, administrateur du collège, abbé de Sainte-Marguerite, au diocèse d'Autun, gouverneur de l'Hôtel -Dieu, prête, le 14 septembre 1792, le serment de liberté.
^Hiut^-<
Belclaude, administrateur de THôtel-Dieu, assermenté le 30 janvier 1791.
Laire, bibliothécaire, serment de liberté le 14 septembre 1792.
Taboureau, ex-évéque de Sidon, prête le serment de liberté le 14 septembre 1792 et est arrêté en avril 1793.
Etienne Lavenu, prête serment le 16 janvier 1791, à Joigny, comme prieur de l'hôpital, et le serment de liberté le 18 septembre
1792, à Sens, comme vicaire épiscopal. ^P. R.)
Berton, principal de l'école militaire de Brienne, ci-devant minime, vicaire épiscopal, assermenté 9 mars 1791 et 14 septembre
Patraud, secrétaire de l'Archevêché, vicaire épiscopal, assermenté 13 mars 1791 et 14 septembre 1792.
Wagniart Stanislas-Joseph, capucin, assermenté 22 mars 1791 et 14 septembre 1792.
Wagniart Louis-François, assermenté 30 décembre 1791 et 14 septembre 1792.
Denis Paillette, ex-cordelier, assermenté 16 mars 1791 et 14 septembre 1792.
Jean -Charles Pillé, bénédictin, vicaire épiscopal, assermenté 30 octobre 1791 et 14 septembre 1792, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
Ont aussi fait le serment de liberté, à Sens, le 14 septembre 1792 : François-Louis Martin, condamné à la déportation le 12 prairial VI; Joseph Martin, ex-religieux, arrêté en avril 1793; Damelincourt, arrête en avril 1793 ; Candeloup et Prudhomme, ex-religieux, arrêtés en l'anll; Potelle, religieux cistercien à Fouchères, qui dépose ses lettres de prêtrise en l'an II ; Mourouval, Hardy, ex-génovéfain ; Savary, ex-curé, arrêté en avril 1793 ; Bourable, arrêté en
1793. (V. Saint-Sérotin.)
Mgr de la Pinte de Livry, évêque de Callinique, abbé de Sainte- Colombe- lès-Sens en 1776, est arrête en avril 1793 et dépose ses lettres de prêtrise en Tan II. Il avait alors près de 80 ans; il parait avoir signé malgré lui une pièce écrite à l'avance par un autre. (Perrin, op. cit.^ p. 163, note.)
Jean-Bapiiste-Edme Chauveau, ancien curé de Saint-Sulpice d'Eiampes, s'était retiré au Chesnois, commune de Paron. Il y prête le serment de liberté. Arrêté vers la fia de 1793, il était depuis quatre mois en prison, lorsque, le 14 floréal II, il demanda à n'être pas déporté à cause de ses infirmités. (P. R.)
La liste des prêtres arrêtés, à Sens, en 1793, comprend, outre ceux dont j'ai parlé : Biel, vicaire de Villeneuve-la-Guyard ; Robinet, ex-lazariste; Bauchène; Niaré, curé d'Egriselles ; Rousselat, ex-curé ; Jabot ; Harand, curé de Nogent-sur-Seine ; Faisant, curé
de Vernoîs, arrêté de nouveau en l'an II; Delaplaoe, ex-chanoine, arrêté de nouveau en Tan II ; Hamard, ex-chanoine ; Pastoris , curé-desservant à Taingy.
Canton de Ghéroy Ce canton comprenait : Chéroy, Brannay^ DoUot, Fouchères,
la Belliole\ Montacher^ Saint-Valèrien, Vallery, Villebougis
et Villegardin.
Chéroy. — Pierre-Louis Pitois, assermenté le 30 janvier 1791. Il est arrêté, le 6 octobre 1793, pour avoir prêché d'une manière séditieuse et contre-révolutionnaire. (P. R., Cté de sur«« de Sens.)
Edme-Antoine Fron, vicaire. Le 30 janvier 1791, il prête serment, mais aeec restriction II est arrêté le 13 octobre 1793, pour avoir, comme son curé, fait des sermons séditieux et contre-révolutionnaires. (Id.)
En Tan III, Fron cesse ses fonctions, se retire à Champignelles, près de son père, et s'y livre au commerce. Mais la persécution le trouve dans sa retraite. Le 27 ventôse IV, le c" Collet soumet au département des pièces venant de Chéroy. Il en résulte que Fron a prêté serment avec une restriction qui équivaut à une véritable rétractation et qu'il est atteint par la loi du 3 brumaire. Le département ordonne de Tarrêter provisoirement, on examinera ensuite sa déclaration.
Fron se défend. Il excipe une lettre du 30 germinal IV, émanant du ministre de la police, qui n'incrimine pas sa déclaration, et s'étonne que dans une lettre du 17 on approuve le département de vouloir le faire arrêter. Il demande que la question soit étudiée ; le père joint ses réclamations à celles de son fils et le ministre renvoie de nouveau l'affaire au département. (P. R.)]
Grâce à ces délais, Fron a-t-il pu éviter la détention? Je ne le
Brannay.— Bruchaut, prieur-curé, assermenté le 6 février 1791
DoLLOT. — Paul-Jules Clicquot, natif de Reims, chanoine régulier de la Congrégation de France, de Tordre de Sainte-Geneviève, prieur-curé, assermenté le 23 janvier 1791. Il fut assassiné le 28 octobre 1791, ainsi que sa domestique Catherine Garand. (V. Lixy.)
Préau, curé en 1792. Un prêtre nommé Jacques-Martin-Gabriel Préau, prête le serment de Tan V à Pont-sur- Yonne.
FoucHÈRES. — Joseph Boucher, assermenté le 23 janvier 1791.
La Belliolb. — Jean Delagneau, assermenté le 20 février 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan IL
MoNTACHER. — Edmc Fransureau, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
Saint-Valérien. — Cl.-Gabriel Béranger, curé, et Edme-François Nardau, vicaire, assermentés le 30 janvier 1791.
Vallery. — Toussaint Tuaud, assermenté le 30 janvier 1791. A la suite de l'arrestation de Bédane, curé de Lixy, il est chargé de a desserte de cette paroisse.
Nicolas Gatien Piot et Jean-Baptiste Marmouget, chapelains assermentés.
ViLLEBOUGis. — Antoine Dorsin, ^assermenté le 20 février 1791.
Beaufils, demeurant à Villebougis, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II. (V. S. Sérotin.)
ViLLEGARDiN. — Frauçois-Laurcnt Thibault, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
Canton d^Bgriselles-le-Bocage
Ce canton comprenait : Egri$elleSy Cqllemiers, Cornant, Courtoin DomatSy Gron^ Saoigny, Suhligny , Vernoy^ Villeneuee^la-Dondagre, Vernoy,
Egriselles. — Niaré, assermenté le 23 janvier 1791, arrêté à Sens en avril 1793.
CoLLEMiERS. — Outrebou, assermenté le 23 janvier 1791.
Cornant. — Houy Charles-François» assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
CoQRTOiN. — Augustin Millet, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
DoMATS - Maurice-Etienne Soret, 'assermenté le 23 janvier
Gron. — Charles Maugé, assermenté le 30 janvier 1791.
Savigny. — Poissant (?}. — Jean-Baptiste Pinteau, vicaire, assermenté le 6 février 1791.
SuBLiGNY. — Pierre Parisot, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
Vernoy. — Acault, assermenté le 6 février 1791.
Villeneuve -L A- DoNDAGRE. — Gérard Clicquot, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
ViLLEROY. — Beauvais, assermenté le 30 janvier 1791.
Canton de Pont-sur- Yonne
Ce canton comprenait : Pont^ Guy, Eory^ Gisy^ Michery, Nailly^ Saint'Sérotiny Serhonnes^ Villemanôche, Vilienaootte et Villeperroi.
PoNT-suR-YoNNE. — Jeau-Frauçois Belhomme, curé, prête serment le 23 janvier 1791. Comme beaucoup d'autres, il s'arrêta sans doute bientôt dans la voie des concessions et fut emprisonné. Le 4 brumaire III, il écrivit, de la maison d*arrêt de Sens, un mémoire justificatif pour répondre aux griefs contenus dans le procès -ver-
bal de son arrestation. (Monceaux, n<>2387). Il fut condamné à la déportation le 4 ventôse VI. (P.R.) Maintenu à Pont après la Révolution.
Pierre-Jean Boivin, vicaire, prête serment le 23 janvier 1791. En Tan VI, à Vallières, il fut dénoncé pour avoir sonné ce qu'on appelle la messe, (P.R )
Le 4 mai 1793, le tribunal de Sens condamne à deux ans de détention le citoyen Demorges, qu'on traite de prêtre factieux et turbulent et qui, ayant cabale lors des élections de 1792, s'est fait nommer maiie de Pont-sur-Yonne. fDép. 11 juin 1793.)
Jacques-Martin-Gabriel Préau, et Jean-Baptiste-Martin Jarry prêtent, à Pont-sur- Yonne, le serment de Tan V.
CuY. — Louis-Michel Perrier, né à Sens, le 6 janvier 1750, curé de Villenavotte en 1790, puis curé de Guy, assermenté le 27 décembre 1790. En 1793, il devient curé de Thorigny. Signalé comme fanatique et dangereux, il est arrêté le 12 prairial VI et condamné à la déportation le 19 du même mois. Il est détenu à Tile de Ré du 5 août 1798 au 10 juin 1800. (P.R.) Curé de Venizy en 1803, il meurt en. 1833.
EvRY. — : Etienne Bourdos prête serment le 30 janvier 1791 et se retire au Grand-Mâlay, son pays natal. (V. Mâlay-le-Grand.)
GiSY. — Jacquin, assermenté le 2 février 1791.
MiCHERY. ^ Isidore - Honoré Douay. assermenté le 26 janvier 1791, prête encore, à Michery, le serment de l'an V.
Antoine Paulard, vicaire, assermenté le 6 mars 1791. Le l**" février 1792, il répond à un personnage qui lui avait écrit le 4 novembre 1791 au sujet de son serment. Il lui envoie copie de ce serment, à la formule duquel il avait ajouté : « et cependant (je jure) de vivre et de mourir dans le sein de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, soumis dans l'ordro du salut au seul supérieur qu'elle reconnaisse de Tautorité spirituelle. » Dans cette lettre, qui est une véritable rétractation, il dit encore ; « Le désir d*expier jusqu'à Tombre de mes fautes, et encore plus la crainte de trahir ma religion, me fait rompre le silence. En vous envoyant l'acte cijoint, je crains qu'il ne renferme pas encore assez d'attachement à la foi de mes pères. (P.R.) »
Bien des lettres de ce gouve ont, sans aucun doute, été perdues. Elles suffiraient à rassurer ceux qui sont trop prompts à se scandaliser de l'attitude du clergé de TYonne. Je le redis encore; s'il y eut un moment de surprise facile à comprendre, la plupart des prêtres ont, soit par des lettres, soit par des actes, largement ré • paré une faiblesse de quelques jours.
Alexis-Joseph Duvey prête, à Michery, le serment de Tau V.
Nailly. — Jean-Charles Hérard, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en l'an IL
Saint-Sérotin. — Antoine-François Beaufils, ci-devant jacobin, assermenté le 30 janvier 1790.
François Boucher et François Erart prêtent, à Saint-Sèrotin, lo serment de Tan V.
Auguste Bourable arrêté à Sens en 1793, devient ministre du culte à Saint-Sérotin, et fait, le 19 thermidor VIII, la déclaration pour exercer ses fonctions dans son presbytère.
Serbonnes. — Michel Langlet, assermenté le 30 janvier 1791.
André Lamy, prête le serment de Tan V et déclare, le 14 thermidor VII, qu*il exercera le culte dans son presbytère.
ViLLBMANÔCHE. - Jcan-Frauçois Domange, assermenté le 23 janvier 1791. Le 23 frimaire VII, le ministre de la police générale signale à l'administration le citoyen Domange qui, le 30 messidor VI, s'est opposé à la célébration de la fête décadaire et, depuis, a fait une quête de vin. On recommande de le surveiller. (P.R.)
ViLLENAVOTTE. - Porrior. (V Cuv.)
ViLLEPERROT. — Fctit ne figure pas sur la liste des assermentés.
Canton de Saint-Clément
Ce canton comprenait : Saint-Clément, Courtois, Fontaine-la^ Gaillarde, Maillot, Paron, Saint-Denis, Saint-Martin-du^ Tertre, Saligny, Soucy et VillterS' Louis,
Saint-Clément. — Guillaume-Nicolas Pâtissier, prête serment le 2 février 1791. Bientôt il le rétracte. Sur le registre, il efface ces mots : « Sur Torganisation civile du clergé, » et y substitue ceuxci : « Sauf ce qui serait reconnu nuire à la religion catholique. » Quelqu'un voulut sans doute soustraire le curé à la persécution en supprimant cette restriction : mais le département continua à le regarder comme rétractaire. Détenu à la maison d'arrêt d'Auxerre, il fut condamné à la déportation le 7 floréal VI. (Dép.) V. Courgenay, lettre.)
Un nommé Jean-François Noizet, prête serment en prenant le titre de « fonctionnaire on cas d'absence du curé. »
Courtois. — Jacques-François Denis, assermenté lé 2 février 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
Fontaine. — Dauvé, assermenté le 16 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en l'an IL (Pour plus de détails, v. Perrin, op. cit., 169.)
Maillot. — Nicolas Hennequin, assermenté le 2 février 1791, dépose ses lettres de prêtrise en l'an II.
Paron. ~ Louis Soriot, assermenté le 30 janvier 1791.
Saint-Denis. — Guérard, assermenté le 30 janvier 1791 dépose
ses lettres de prêtrise en l'an II. Plus tard, il reprend ses fonctions et mérite de souffrir pour la bonne causé. On l'accuse d'entraver, par son incivisme, les progrès de l'esprit public dans le canton. N'avait-il pas commis le crime de sonner les cloches jusqu'au 18 fructidor y? Comme il est sourd, on ne le condamne pas à la déportation ; mais on le suspend de ses fonctions d'officier municipal le 13 nivôse VI. (Dép.)
Saint-Martin-du-Tertre. — SafFroy, assermenté le 30 janvier
Salignt. — Louis Leblanc, assermenté le 16 janvier 1791 , dépose ses lettres de prêtrise en Tan II.
SoucY. — Jean-Baptiste Gilbert, assermenté le 30 janvier 1791, est plus tard détenu par ordre du comité de surveillance de Sens. Les habitants de Soucy réclament sa mise en liberté. (Cté surv. Sens.)
ViLLiERS-Louis. — François Mignoquet, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan IL
Canton de Sergines
Ce canton comprenait : Sergin%Sy Compigny, CounceauXy Courlon^ Pailly, Ptessis^du'Mèey Plessis^Saint-Jean, Vertilly, Vinneuf,
Sergines. — Guillaume Gibert, curé, et Edme Paquet, vicaire, assermentés le 6 février 1791.
Plus tard, on trouve à Sergines un ministre du culte nommé Jean-Bapiiste Hébert. D'abord vicaire de Granchamp, il y avait prêté les divers serments requis, le 30 janvier 1790, le 21 septembre 1792 et le 15 brumaire IV. A Sergines, il prête le 3® compl.' V, le serment de Tan V. Néanmoins il se montre très ardent pour défendre les droits de la religion.
Le 15 fructidor VI, le ministre de îa police générale écrit que des fanatiques insultent les ouvriers qui travaillent les ci- devant fêtes et dimanches et ont fait un charivari devant la porte d'un ex-prêtre (Bourbon). Il dénonce Hébert comme l'instigateur de ces prétendus désordres. De son côté, le commissaire du directoire du canton déclare que si le fanatisme est arrivé à son comble, c'est au c^ Hébert qu'on le doit. Ce prêtre, écrit-il, est aussi fin que dissimulé. En conséquence, deux mois après, Hébert est poursuivi et, le 12 brumaire VII, condamné à la déportation. (P. R.)
CoMPiGNY. — Edme Brice, assermenté le 6 février 1791.
CouRCEAUx. — Léguillon, assermenté le 30 janvier 1791.
CouRLON. — Pierre Simon de la Noue, curé, et Jean-Nicolas Devinât, vicaire, assermentés le 13 février 1791.
Le 6 mai 1792, Delanoue se prés ente revêtu de l'aube et de l'étole
à la porte du chœur. Après avoir rappelé les principaux motifs qui Ton décidé à prêter serment, il expose ceux qu'il a maintenant de désavouer rengagement pris en 1791 et base sa rétractation sur l'autorité de l'Eglise oui désapprouve la constitution. Il déclare donc à haute et intelligible voix qu'il rétracte et répudie son serment, et qu'il désavoue aussi le consentement qu'il a pu donner aux serments collectifs prêtés au nom des assemblées primaires et électorales dont il a été membre.
La municipalité fait un rapport à ce sujet et le 25 mai 1792, le directoire arrête qu'il sera pourvu au remplacement de Delanoue. Il déclare que Delanoue cessera ses fonctions, quittera le presbytère et ne recevra plus ni traitement ni pension. (P. R. et Dép.)
Déporté, ses biens sont mis en adjudication le 3 brumaire III. (Monceau, n« 2379.)
Maintenu à Gourion en 1803.
Pailly. — Jean-Louis Robert, assermenté le 2 février 1791.
Plessis-du-Mêe. — Alexandre- Laurent Chervaux, assermenté le 6 février 1791.
Plessis-Saint-Jean. «- Pierre-Nicolas Marquât, assermenté le 23 janvier 1791.
Vertilly. — Claude Priou, chanoine régulier de la congrégation de France, dite de Sainte-Geneviève, curé de Vertilly, assermenté aoec restriction le 6 février 1791. Ayant appris que le procès-verbal ne faisait pas mention de la réserve du spirituel qui complétait son serment, il monte en chaire le 20 mai 1792 et, en présence de ses paroissiens, il rétracte son serment. Il fait cet acte pour réparer le scandale que l'omission de ses réserves pouvait causer ; il requiert procès-verbal de cette rétractation et les officiers municipaux lui en délivrent copie.
Ceux-ci n'avaient eu pour but que de sauver leur curé, en omettant ses restrictions. Plus tard, le 22 août 1792, ils le défendent encore et protestent contre les accusations portées contre lui. Il n'est pas vrai, assurent-ils, que M. Priou rassemble dans sa maison des ecclésiastiques et les engage à rétracter leur serment. Ils demandent son maintien et répondent de lui.
Mais M. Priou ne tenant pas compte de la prudence de ses paroissiens, prête le nouveau serment (1®' septembre 1792) en maintenant ses réserves. Ce qui lui vaut d'être enfermé le 13 septembre 1792, dans la maison d'arrêt d'Auxerre au ci-devant séminaire. (P. R. et Dép.)
Conduit à Rochefort et embarqué sur le Washington^ M. Priou meurt le 16 octobre 1794 en rade de Pile d'Aix et est enterré à l'ile Madame.
Vinneuf. — Nicolas Bonneville, curé, et Louis -Félix- Victor
jrmentés le 30 janvier 1791. Morin rétracte pour des raisons de conscience en ce qui re- 3 20 mai 1792, les officiers municipaux sem- [ise de Morin, et Bonneville atteste les senti- 5 son vicaire. Disposé sans doute à l'imiter Bonneville fait remarquer que cette restrieil ne lui semble pas contraire aux nouvelles R.)
Canton de Thorigny
enait : Thorigny , Fleurigny et Vallières , a Chapelle -sur Oreuse, la Postolle, Saint- Saint- Maurice-aux-RicheS' Hommes^ Sognes^ Voisines.
er, assermenté le 23 janvier 1791. — Perrier,
tion est lancé le 4 germinal VII, contre Jac- )is, ministre du cuite à Thorigny. Il est arrêté damné à la déportation le 11 messidor Vil ècrou a lieu pour lui le 16 du même mois, par I la police .générale. (Reg. écrou Aux.) Sans iduit à la frontière.
.lÈRBS. — Jean-Baptiste-Louis Protin, asservi. Le 24 juillet 1792, il rétracte son serment nce de|ses paroissiens. Il déclare qu'il s'était par .obéissance à la loi, quoique avec crainte 1 science. Maintenant que l'Eglise condamne mt obéir à deux maîtres; et comme prêtre il dans la foi de l'Eglise catholique, apostolique èquence il rétracte son serment... 11 affirme dns le, légitime pasteur de la paroisse. ^P. R.) on, il se présente au district pour avoir un étirer à Douvres. 11 avait alors 62 ans. Mais lais et il se voit contraint de demander asile [•e d'Auxerre. 11 y est autoiisé le 23 février lermidor 11, l'administration départementale ue Protin, reclus pour infirmités, est décédé* )ie le commissaire au séminaire pour apposer 3ts. (District.) ieurigny, M. Laplanche.
is Bureau. (V. Sens, Saint-Didier et Cour-
Lguste Protêt, desservant de Vallières , ci-
devant cordelier dans lejressort de Provins, assermenté le 30 janvier 1791.
En Tan VI^ Pierre-Jean Boivin. (V. Pont-sur- Yonne.)
Grange. — Charles Savary, assermenté le 23 janvier 1791, arrêté à Sens en 1793. (V. Sens : divers.)
En J*an III, Guillaume, ministre du culte, demande à ce qu'on lui laisse la jouissance du presbytère. Refusé. (Dép. 19 vendémiaire III.)
La Chapellb-sur-Oreuse. — Louis-Jacques Odidier, assermenté 23 janvier 1791. En l'an VI, il se signale par son zèle et mérite d'être dénoncé par les ennemis de l'Eglise, comme fanatique et dangereux. (P.R.)
La Postole. — Jean-Etienne Crespin, assermenté le 23 janvier
Saint-Martin-sur-Oreuse. — Jacques-François Denizot, assermenté le 23 janvier 1791. En Tan VI, il a l'honneur d'être signalé comme fanatique et dangereux, ce qui prouve son dévouement pour ses paroissiens. (P.R.)
Saint-Maurice-aux-Riches- Hommes. — Jean - Dominique Brun, assermenté le 2 février 1791. En Tan VI, on le signale comme ne paraissant pas très républicain (P.R.) Il est déféré au tribunal pour avoir célébré à Gourgenay, sans déclaration, le 13 thermidor IV. (Ad®" c^® Villeneuve-sur- Vanne.)
Georges Pierre, vicaire, assermenté le 20 mars 1791. (V. Arces.)
SooNBS. ~ Nicaise. (Aucun renseigement.)
ViLLiERS-BoNNBUx. — SiMON Brévionon, vicairo, assermenté le 6 février 1791, devient vicaire de Saint-Savinien.
Jean-Julien Bourcier, ministre du culte est signalé, en Tan VI, comme fanatique et dangereux. Bonne note (P.R.)
Voisines. — Martin -Nicolas Lemaître, assermenté le 2 février 1791, dépose ses lettres de prêtrise en l'an II.
Canton de Véron
Ce canton comprenait : Véron, Etigny^ Mâlay-le-Grand Mâlay-le-Petit, Marsangis, Noé, Rosoy et Vaumort
Véron. — Jean Poisson, curé, et Jean-Joseph Phélan, vicaire, assermentés le 23 janvier 1791. Le second dépose ses lettres de prêtrise en l'an II.
Etigny. — Naison, assermenté le 4 mars 1791. Le 23 germinal II, il est dénoncé au tribunal criminel ainsi que le maire Charles Bouissant et deux autres citoyens, à l'occasion de la vente des biens de la fabrique. (Dép.)
Malay-lb-Grand. — Savignat, assermenté le 6 février 1791. L©
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22 juillet 1792, les oflBlciers muuicipaux dressent procès- verbal de la déclaration du curé Savignat, qui affirme avoir rétracté son serment à la grand'messe et sans regret, ne Tayant prêté que par obéissance à son prince. (P.R.) A la suite de cette communication, le département considérant que Savignat a encouru la peine de la déportation arrête que> faute par lui de sortir du royaume dans le délai prescrit, il sera déporté à la Guyane. (Dép. 17 sept. 1792 J En 1795, il était encore en exil et Tadjudication de ses biens fut fixée au 11 messidor III. (Monceaux, op. cit., no2447.) Maintenu à Mâlay en 1803, curé de Saint- Savinien en 1814, mort en 1826.
Edme Gouère, vicaire, assermenté le 6 février 1791. Le 2 août 1792, Berlin, sergent royal à Sens, reçoit d'Edme Gouère, domicilié à ce moment chez son père, à Janine, une déclaration d'après laquelle il regrette de ne pouvoir rétracter publiquement, e^ en chaire à la messe paroissiale de Mâlay, le serment qu'il a prêté. Il affirme qu'il l'a prêté précipitamment, comme fonctionnaire public^ sans qu'alors il ait pu en prévoir les suites. Attendu que ledit serment porte atteinte à. la religion dans laquelle il veut vivre et mourir, il le rétracte par cette lettre. (P.R.)
Pierre-Etienne Bourdos, curé d'Evry, assermenté, s'était retiré à Mâlay, son pays natal, sans doute après avoir rétracté son serment. Le 29 brumaire VI surgit entre le curé et l'instituteur une difficulté qui devait aboutir à la déportation de M. Bourdos.
Le matin, le maître d^école avait assisté à la messe; puis, à la prière de douze à quinze citoyens, il avait commencé le culte théophilanthropique. Le soir il revint aux vêpres et comme il causait du trouble, le curé quitta sa place, lui fit remarquer que lui curé ne l'avait pas gêné dans l'exercice de son culte théophilanthropique, et le pria de ne pas troubler l'office.
Le commissaire est chargé de faire une enquête. Le maître d'école avoue qu'il est allé aux vêpres, mais prétend qu'il n'a fait que chanter comme les autres. Puis il prend l'offensive, et, dauïj une lettre, il accuse le curé et sou père de l'avoir traité de renégat, d'avoir excité contre lui la foule qui criait : « C'est la religion qui a fait sa fortune et tous ceux qui quittent leur culte sont des coquins' et des voleurs. » Le maître d'école ajoute^ et c'est là que se montre le bout de l'oreille, que le curé s'ingère d'instruire les enfants et fait déserter les écoles primaires. ^ (C'est de l'histoire actuelle, tant il est vrai qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil I)
Cette première dénonciation ne produisant pas assez vite son effet, le maître d'école revient â la charge dans une lettre d'un style pompeux. Il se plaint à Tadministration départementale du curé Bourdos, officier du culte catholique ;. fait valoir que lui est instituteur depuis trente ans, et accuse le curé d'avoir fait le 6 fri-
maire un sermon contre-révolutionnaire, appelant les républicains des loups cerviers. Puis le dénonciateur s'en prend à l'agent national qu'il accuse de garder le silence et qui souffre que plusieurs enfants parcourent les rues de la commune avee une sonnette pour convoquer les citoyens au culte catholique. (P. R.)
Bourdos fut condamné à la déportation le 24 ventôse VI. Arrivé à l'ile de Ré le 1®' juin 1798, il fut embarqué sur la Vaillante pour Cayenne le 3 août 1798. Le navire ayant été pris par les Anglais, les prêtres furent conduits à Londres et rendus à la liberté. (V. Courgenay, lettre.)
MalaY'LE-Petit. — Louis-Jean Larcher, assermenté le 23 janvier i791.
Marsangis. — Jacques-François Poisson, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en Tan IL
NoÉ. — Louis-Nicolas Plard, assermenté le 23 janvier 1791.
RosoY. — Doré, assermenté le 9 janvier 1791.
En 1793, curé Macé.
Vaumort. — Loigeret, assermenté le 23 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en l'an II
Canton de Villeneuve-la-Guyard
Ce canton comprenait Villeneuoe et la Chapelotte, Chaniplgny, Chaumont, Lixy, Saint •Agnan^Villebleo in et Villethierry,
En frimaire an VII, les prêtres du canton de Villeneuve-la-Guyard refusent de transporter les cérémonies du dimanche aux décades exclusivement. (Monceaux, op. cit., n^ 3154.)
ViLLENEDVE-LA-GuYARD. — Jeau-Baptiste Michel, assermenté le 30 janvier 1791.
Nicolas Biel, vicaire, assermenté le 30 janvier 1791, condamné à la déportation le 22 fructidor VI. (P. R.)
La Chapelotte. — Dessaignes, assermenté le 2 janvier 1791, dépose ses lettres de prêtrise en l'an II.
Champigny. — Veluard, curé, Veluard, vicaire, et Viel, vicaire, assermentés le 20 février 1791.
Chaumont. — Stourm, curé, et Fresneau, vicaire, assermentés le 28 janvier 1791.
LixY. — Laurent-Bazile Bédane, assermenté le 30 janvier 1791 (né sur la paroisse Saint-Pierre d'Angers). Emprisonné en 1791, sous le coup d'une grave accusation, mais non condamné faute do preuves, Bédane réussit à s'évader le 25 brumaire III. On le maintenait en prison, jusqu'à plus ample informe. Bédane trouva, avec raison, que trois années de prison préventive étaient plus que suffisantes. (V. Dollot.).
sa rétractalion, ei Prunay, son vicaire, déposèrent leurs lettres de prêtrise en Tan II. Le premier prononça, le 7 février 1793, une oraison funèbre de Louis-Michel Lepelletier. (Monceaux, n~ 1610 et 2 04.)
Baoneaux. — Jean-Baptiste Foloppe, assermenté le 23 janvier
Chigy. — Savinien- Louis Lengrand, assermenté le 23 janvier 1*^91, dépose ses lettres de prêtrise en Pan IL
CouRGENAY. — Louis Petit des Rochettes, rétracte bientôt son serment, et subit une première détention pendant plus de treize mois. La commune de Courgenay réclame contre son arrestation. (Monceaux, n« 20-21.)
Rendu à la liberté, il remplit de nouveau avec zèle les fonctions de son ministère et fut condamné à la déportation le 8 germinal VI. Mis aussitôt en détention à Auxerre, il demande quelques livres. Le département, considérant qu'il va être déporté dans quelques jours, autorise le juge de paix de Villeneuve à lui envoyer le peu d'argent qu'il y a dans son secrétaire, ses bréviaires et une Imitation de Jésus-Christ. (Dép. 7 floréal VI.)
Sept jours plus lard, il était en route pour Tile de Ré ; et de Joigny, le 3 mai 1798, il écrivait à M. Tricher, son paroissien, une lettre empreinte de chariié et de résignation. L'original de cette lettre était, il y a quelques années entre les mains de madame Simonnet, de Courgenay. Quoique la copie que j'en al me paraisse imparfaite, jo la reproduis en donnant le nom des curés dont M. Petit fait mention.
« Que pensez vous, mon cher Tricher, des absents ou plutôt qu'en pcnse-t-on ici. Nous voilà en route peut-être pour ne nous revoir jamais. J'ai su qu'on avait mis dans les journaux du département que c'était pour la mémo chose qui m'avait déjà fait pendant treize mois et demi priver de ma liberté. Il faut convenir que le Directoire a été bien trompé par mes calomniateurs^ Je dis aujourd'hui calomniateurs, parce qu'ayant subi tout ce qu'on a voulu et autant qu'on a voulu une fois et pendant très longtemps, on ne pouvait y revenir sans injustice, à moins d'une récidive. Dieu le permet, que son saint nom soit béni. Je lui demande la grâce d'en protiter, et que tous mes ennemis soient tellement touchés de repentir que cela puisse opérer leur conversion et leur salut.
(Il lui recommande ensuite \& paucre mère Caillât, sa servante.)
« Maintenant que nous voilà en route avec une livre et demie de pain d'étape et une demi livre de viande, nous nous portons passablement, moi avec un peu rhume et beaucoup de toux. Nous sommes quatre, savoir monsieur lu curé de Saint-Didier de Sens , desservant do Flcurigny (M. Bureau', M. le curé d'Evry, desser-
vant du Grand Malay (M. Bourdos) — (le troisième est omis, au moins dans la copie que je possède; c'était M. Fouinât, curé de Sormery. V. Semaine religieuse du 7 août 1880.) — et voire curé ; le cinquième M. le curé de Pringy, desservant de Saint-Aubin- Châteauneuf, vallée d'Aillant (M. Henry) est tombé malade à Auxerre où nous Tavons laissé et où je crains bien qu'il ne reste. Il désirait nous accompagner et on a demandé qu'il n'eût pas cette mortelle consolation. M. le curé de Saint-Clément dont je vous avais parlé (M. Pâtissier) était encore à Auxerre et est ce matin transféré on exil sur les frontières de la Suisse. Pour nous, au lieu d'aller à Rochefort, comme on le disait, nous allons en dépôt à File de Ré, à deux lieues de La Rochelle, en attendant mieux.
(Il prie M. Tricher de lui écrire )
« Nous couchons demain sur la paille à ce qu'on nous dit d'avance. Courtenay est le plus mauvais de nos logements. Samedi à Moniargis, dimanche à Bellegarde, lundi à Châteauneuf, mardi à Orléans, mercredi à Beaugcncy, jeudi à Blois, à moins qu'on ne nous fasse séjourner à Orléans, ce qu'on croit. (Après avoir prié M. Tricher d'envoyer sa lettre à Blois ou à Tours , il termine ainsi :)
« Adieu donc, mon cher Tricher. Oh I combien je vous recommande ma mère Caillât. Faites-lui bien mes compliments, à tous nos amis, à tous nos voisins et à tous ceux qui s'intéressent à moi. A ceux qui par pure curiosité, môme par dérision ou pour satisfaire leur passion s'occupent do moi, eh bien, faites leur mes compliments.
« Je suis avec amitié votre curé,
« Petit. *»
M. Petit reste dans Tile de Ré jusqu'au 24 janvier 1800.
Après le départ de M. Petit, M. Brun, curé de Saint-Mauriceaux-Riches-Hommes, vint donner les secours de la religion à Courgenay, et le maître d'école, Simon Bonard, réunissait les fidèles pour certains exercices du culte. Tous les deux furent déférés, le 18 vendémiaire VII, au tribunal criminel, pour l'avoir fait sans la déclaration exigée par la loi. (Ad*»*^ c^ de Villeneuve-sur- Vanne.)
Flacy. — Jean Savinien Poney, assermenté le 23 janvier 1791.
FoissY. — Claude-Marie Costel. Une note d'un fonctionnairo d'Auxerre expose ainsi l'attitude du curé de Foissy : •• Costel, curé de Foissy, député à la Constituante, se montra d'abord avec courage pour la majorité contre les évêques. Il récalcitra ensuite, ne se conforma pas à la loi du serment et se démit de sa cure. » Ce blâme renferme le plus bel éloge. Costel refusa, en effet, le serment et fut remplacé à Foissy par Musquin. (V. Pont-sur- Vanne.)
Le 23 avril 1793, le district de Joigny informe le département que Costel s'est retiré à Chaumot, chez le curé son neveu. La municipalité lui a refusé nn passeport et le district donne Tordre de s'assurer de sa personne. Le 1®' mai, les gardes nationaux se présentent chez le curé de Chaumot et réclament son oncle. Le curé ne leur donne que des réponses équivoques ; Claude Costel avait disparu. Le 4 juillet, le Directoire ordonne à la gendarmerie de le rechercher d^ns tout le département. (Dép.) Ses biens sont mis en adjudication le 13 germinal IIL (Monceaux, n® 2419.)
Lors de Texécution de la loi du 3 brumaire IV, Costel se présente à l'administration centrale et, comme il est septuagénaire, il demande à être renfermé dans la maison de réclusion du chef-lieu. La maison qu'on destinait à recevoir les prêtres n'étant pas en état, on le renvoie. Il se retire alors à Coursan, dans l'Aube. (Dép.) Là il vit oublié, et, lorsque les jours redeviennent mauvais, il demeure caché dans un tas de douze cents fagots au milieu desquels on lui a ménagé une retraite. (Annuaire d'Ervy, 1866 )
Mais il demeure toujours sous le coup des lois du 26 août 1792 et 3 brumaire IV; il est sujet à la déportation. En l'an VI, il est signalé de nouveau et arrêté. A cause de son âge, il échappe à la déportation et demeure en réclusion à Auxerre jusqu'au 27 nivôse VIII. (Dép.) A cette époque on l'autorise à se retirera Coursan, auprès de sa tdmille.
M. Costel devint curé de Coursan en 1808, mourut le 3 avril 1813 et fut inhumé dans l'église. Une dalle placée devant le maître-autel porte l'inscription suivante :
« Ci gît Claude-Marc Costel, curé de Foissy (Yonne), doyen de la t; Vanne, député aux Etats généraux en-1789^ décédé à Coursan, le « 3 avril 1813, à l'âge de 84 ans.
c; Voilà que je me suis éloigné en prenant la fuite et je suis de- « meure dans la solitude parce que j'ai vu l'iniquité ei la contra- « diction,— dans la France. » (Communiquée par M. Jacotin, curé de Coursan.)
Les Clérimois. — Grenon.
Lailly. — Nicolas Desvimes, assermenté le 2 février 1791.
MoLiNONS. — Marc-Antoine Delautrec, assermenté le 6 février
Pont-sur- Vanne. — Pierre-Benoit Musquin, né à Provins, assermenté le 23 janvier 1791. Devenu curé de Foissy, il dépose ses lettres de prêtrise en Tan IL Cependant, il mérite plus tard l'honneur de la persécution. Déporté à Cayenne à l'âge de 42 ans, il y meurt le 26 novembre 1798.
Les Sièges. — Julien-Marcel Dausson, assermenté le 23 janvier 1791. Dénoncé à faux comme insermenté par l'administration de
les déclaratioiiîs nécessaires pour exercer le culte dans les églises de Sainl-Jean et de Saint-Thibault.
Saint-Thibault. — René Prignot, assermenté, d'abord vicaire de Saint-Thibault de Joigny, fut .élu curé ^e la même paroisse le 18 novembre 1792 et institué canoniquement par Tévêque du département le 27 du même mois. (Dép.)
Le 27 vendémiaire IV, il fait les déclarations nécessaires pour exercer le ministère dans les églises de Saint-Thibault et, de Saint- Jean, et prête, le 25 fructidor, le serment de Tan V.
Il résiste à la loi sur les décadis et, à cause de cela, cesse ses fonctions le 13 ventôse VI.
Il se propose de les reprendre d'ailleurs le 19; mais ment semble y mettre opposition. (V. plus haut : M. H
Saint- André. — Biot, curé assermenté.
Hunot, vicaire assermenté. Une accusation poi lui montre à quelles niaiseries s'arrêtait parfois Tj tion. On lui reprochait d'avoir arraché le bonnet de de dessus le cierge pascal. Heureusement pour Hunot, I surveillance de Joigny prit sa défense le 12 fructidor II, pas se compromettre, justifia ainsi sa sentence : - Le ( tendu qu'il ne lui est pas possible de lire dans le fond; déclare qu'il ne peut constater si, lorsqu'il a arraché U il l'a fait avec mauvaise intention, ou s'il n'a eu d'autr d'ôter un morceau de papier qui excitait les rires des e semblés autour. (Comité de surv*'» de Joigny.)
Michel Joseph Fromentot, né le 18 mars 1767, à Chai fesseur au collège de Joigny, prête serment à Chamvrei 1791 et devient vicaire de Saint -Pierre d'Auxerre. (V. . Pierre.) Bientôt il rétracte sont serment. En l'an IV il avec quelques prêtres, par la lettre suivante :
w Auxerre, 22 pr
u Le commissaire du Directoire exécutif prés Tadmini département de l'Yonne,
«Aux commandants de la gendarmerie nationale et i res près les administrations municipales,
« Je vous adresse, citoyens, les .signalements de c réfractaires. Il importe, vous le savez, pour la tranqu que, que ces | erfidcs ennemis de l'ordre général ne je plus longtemps de la liberté qu'ils ne doivent qu'au dans lesquelles ils s'ensevelissent et dont ils se couvrcn ter plus sûrement encore les co'ips qu'ils préparent i S'ils osent paraître un instant, si vous parvenez à déc repaire, j'attends avec assurance de votre activité et d
iriotisme qu'ils seront à Tinstant livrés à la justice nationale.
« Vous me ferez part de vos découvertes à ce sujet.
« Collet. »
Ces signalements sont ceux de :
Jean-Baptiste Marchand, ex-moine, ex-curé de Saint-Germain des-Champs, âgé d'environ 55 ans, réfractaire.
EdmeLancôme, prêtre déporté, natif de Brienon, environ 60 ans.
Jean-François Saint-Jean, prêtre déporté, natif de Saint-Paul (Artois), ex-chanoine de Brienon, environ 40 ans.
M. Joseph Fromentot, né à Chamvres, environ 30 ans.
Géraud Deluc, prêtre sujet à la déporiation, évadé de la maison de réclusion d'Agen, natif d'Aiguillon (Lot-et-Garonne), âgé de 42 ans.
(Chablis, collect. de M. Chauvin.)
Fromentot fut quelque temps en prison à Sens. Condammné à la déportation, il resta à Tîle de Ré, du 29 septembre 1798 au 23 janvier 1800.
A son retour, il fut curé de Saint-André de Joigny, puis de Saint-Fargeau et enfin à Brienon (1820-1834). Ayant donné sa démission, il se retira à Tours où il mourut en 1836.
Jean-Baptiste Saulnier, prêtre, principal du collège de Joigny, et Barat, diacre, régent de cinquième et de sixième, prêtent d'abord serment puis le rétractent par acte authentique le 2 et le 3 mai 1792, parce que l'Eglise Ta condamné. Le 5 mai la municipalité fait un rapport sur ces rétractations et le 15 juin le département destitue ces deux fonctionnaires, qui d'ailleurs disparaissent de la commune. (Dép. et P. R.)
Le 21 mars 1793, le département déclare que Saulnier doit être considéré comme émigré et ses biens séquestrés. (Dép.) Ils sont mis en vente la même année. (Monceaux, 1453, 1540.)
Louis-Philippe Berguesse, qui résida quelque temps à la Celle- Saint-Cyr, devint instituteur au collège, et fit, le 1^' brumaire IV, ainsi que Jean- Baptiste-Hubert Moncarré, son collègue, les déclarations voulues pour exercer le culte dans les trois églises de Joigny. Moncarré prête aussi le serment de Tan V (29 fructidpr). (Arch. Joigny. Dossier 47.)
Jean-Baptiste Monfils la Brûlerie, né à Joigny, religieux théatin, fait, le 29 vendémiaire IV, les déclarations nécessaires pour exer • cet* le culte à Joigny.
Les citoyens Collibeaux, prêtre ci-devant Bernardin, Couvret et Ployard, curé de Charmoy, avaient été mis en état d'arrestation dans leurs domiciles au mois d'avril 1793; le 18 mai, le conseil général de Joigny demande leur mise en liberté. (Arch. Joigny, dossier 47.)
Canton d* Aillant
Ce canton comprenait : Aillant, Champcallon, Chassy. Ladus, Poilly, Saint-Maurice-le- Vieil, Saint- Maurice-Thisouailles, Senany VilUers^sur-Tholon et Volgré.
Aillant. — Lefebvre 1775-1793.
Claude Niel, ministre du culte à Aillant, déclare, le 9 ventôse VI, qu'il veiit bien chanter une messe les jours de déca-. dis pour la paix et le bien de TEtat, mais qu'il maintiendra la célébration des dimanches et des fêtes.
Plus tard Niel réside à Saint-Aubin et est condamné à la déportation le 18 frimaire VIL (P. R.)
Champvallon. — Piat est encore curé en 1803.
Chassy. — Barbier.
Claude-Mathieu Ribière, ministre du culte à Chassy, fait, le 9 ventôse VI, la même déclaration que Niel à Aillant.
Laduz. — Denis-Hugues Chabassol, né à Sens le 5 août 1750. Le 4 juillet 1793, Chabassol porte plainte contre le maire qui cherche querelle au curé au sujet du pain bénit et prétend avoir le droit de disposer des offrandes faites à l'autel. Le directoire, considérant que la loi du 7 septembre dernier défend expressément aux curés de recevoir aucun casuel sous quelque dénomination que ce soit, considérant « qu'il est temps enfin de secouer le joug sacerdotal et de s'éliver à la hauteur des vertus républicaines qui ne peuvent se concilier avec cet esprit de cupidité qui dirigeait tous les actes du ci-devant clergé, que la prétention du curé d'avoir dans le pain bénit une portion plus forle que les autres citoyens choque non seulement Tégalité, mais est absurde, arrête qu'il est fait défense au curé de recevoir aucun casuel. ■
Le 17 pluviôse IV, l'administration départementale blâme de nouveau le citoyen Chabassol, ministre du culte et agent municipal à Laduz, pour avoir attaqué le commissaire du directoire du canton d'Aillant à propos de l'arrestation de Truchy, curé insermenté de 8aint-Maurice-Thizouaille. (Dép.)
Le 9 ventôse VI, il consent à célébrer les décadis une messe solennelle pour la paix et le bien de l'Etat; mais il déclare en même temps qu'il maintiendra la célébration des dimanches et fêtes. (P. R.)
Quelques jours plus tard, le 17 ventôse, il est condamné à la déportation. (P R.) Conduit sur la Bayonnaise à Cayenne, il passe quelque temps à la Martinique. Revenu en 1802, il devient curé de Seignelay, où il meurt le 12 juin 1818. (Voir Sem.. relig. du 5 avril 1879.) Poilly -sur-TholoxN. — Bisson est encore curé en 1803.
RiCE Thizouaille et Saint- Maurice -LE-ViBiL. — Truchy i serment en 1792. Il est envoyé en réclusion à Au- )luviôse IV. Le 21, il demande à prendre avec lui sa !-muette, âgée de 67 ans et sans ressources. On lui ac- 3ermission ; mais la nourriture de sa sœur sera à sa chy reste en réclusion à Auxerre jusqu'au 27 nivôse \ à laquelle on l'autorise à se retirer à Joigny, sous la de Tadministration.
'ruchy avait été remplacé par Chandelier, curé consii- -devant cordelier à Auxerre.
Belval.
;ur-Tholon. — P. Guy condamné à mort pour délits iutionnaircs, par jugement du tribunal rév" le 1®' theravait alors 45 ans. (Dép. 7 th«' II.)
- Delaigne, assermenté, ci-devant dominicain à Sens.
Canton de Gézy
comprenait : Cé^y, Béon, ChamoreSy Paroy-sur^ holon^ Saint' Aubin sur-Yonne et ViUecien.
*restet.
omat, assermenté.
— Léonard Poulain, ci-devant jacobin, assermenté, a à Précy-sur-Vrin.
Bertheau ost encore curé en 1803.
tiN. — Edme Blanchard, assermenté. Il fait, le 13 brudéclaralion pour exercer le culte à Joigny et y prête le Tan V, le 29 fructidor V.(Arch. Joigny.)
— Malherbe rétracte son serment et est remplacé par
Canton de Charny
comprenait : Charny, Chambcûyle, Chêne-Arnoult, tenouille, la Motte-auxAulnais, Saint- Ma rtin-sur - Ville franche.
- Gilon.