‹ Notes pour servir à l'histoire du clergé de l'Yonne pendant la révolutionChapitre 3 sur 9 · CANTON DE VERMENTON · texte numérisé non relu

CANTON DE VERMENTON

Ce canton comprenait : Vermenion, Aigreniont, Arcy, Bessy, BoiS'd'Arcy, Essert, Lichères, Luc y -sur-Cure, Sacy,

En Tan IV, les prêtres de ce canton avaient reçu des supérieurs ecclésiastiques légitimes des pouvoirs réguliers. {Continuateurs de Leheuf, II, 385.)

Vermenton. — Michel-André Girault, né à Orléans en 1732, avait été nommé chanoine d'Auxerre en 1789. En A790, il expose que Tannée de son option étant près d'expirer, il préfère son bénéfice de Vermenton. Le département lui en donne acte le 28 octobre

Le 7 avril 1791. le maire de Vermenton écrit que le curé ne vaut pas signer son acte de prestation de serment comme fonctionnaire. Il a empêché le chapelain de signer le sien. :P. R.^

Prévenu et arrêté en l'an II pour une adresse « tendant au fédéralisme en provoquant une force départementale pour marcher sur Paris, » Girault est soumis à un interrogatoire de Maire juge au tribunal révolutionnaire de Paris. (23 ventôse II.)

Deux autres citoyens avaient été arrêtés pour le même fait, ils furent rendus à la liberté par arrêté du comité de surveillance générale les 1" et 4 tVuciidor II ; Girault ne fut acquitté à Paris par le tribunal révolutionnaire que le 18 vendémiaire III, le délit n'ayant pas un caractère contre-révolutionnaire. Après cinq mois de détention, Girault reçoit un passo-poi't pour Vermenton. (P. R )

Plus lard, Girault est encore persécuté. Il est condamné à la déportation le 2 nivôse VI; le 11 du même mois, on ordonne de l'arrêter et He le conduire à la maison d'arrêt d'Auxorre, en attendant son transfert à Rochcfort (Dép.)

M Girault a dû se soustraire par la fuite aux recherches de la police.

M. Legris^ prêtre, fut maire de Vermenton.

AiGREMONT. — Dans l'analyse des procès-verbaux du département, M. Molard parle d'un sieur Trubert, ci-devant desservant d'Aigremont. Sans doute il avait refusé le serment, car il demande et obtient le payement de son traitement jusqu'au 4 juin 1791 seulement. (Dép., 25 août 1791.) Le 8 septembre 1791, sur la demande du conseil général d'Aigrement, le Directoire arrête que M. l'Evêque du Département sera invité à envoyer à Aigrement un desservant. C'est sans doute à la suite de cette demande que Jean-Louis - Toussaint Grandpcrrin, né à Mussy, vint à Aigrement. Il était vicaire d'Annay sur-Serein et Perrigny. Grandperrin avait prêté serment, puis l'avait rétracté. Mais le 20 août 1792, il déclare qu'il ne persiste pas dans sa rétractation et qu'il s'en tient à s^^on premier

serment. Il échappe ainsi à Texil, et le département arrête qu'il n'est pas dans le cas de déportation. (Dép. 27 avril 1793 )

Richard, vicaire de Chablis, a exercé, je crois, pendant quelques mois à Aigremont. (V. Chablis)

Arcy-sur-Cure. — Fauleau, maire en 1791, assermenté.

Bessy. — Malingrey, assermenté.

Bois-d'Arcy. — Jacquin, prête serment avec restriction. En 1791, il devient curé de Coulangeron, puis de Beines. (V. Beines.) Il est remplacé à Bois-d'Arcy par Regnault, curé constitutionnel.

EssERT. — Ronde est remplacé, dès 1791, par Maheux, ci-devant religieux de Reigny, curé constitutionnel.

LicHÈREs (près Aigremont). — La paroisse de Lichères était succursale de Nitry. Tocquot est ind'qué comme desservant de Lichères dès 1790. Dans la délibération du départem jnt du 16 avril 1791, il est dit que le serment du curé de Lichères est invalidé. Je crois qu'il est question, non pas du serment de Tocquot, mais de celui de Louvricr, qui avait le titrv3 de curé de Nitr/ et Lichères. En effet, Louvrier est obligé do cesser ses fonctions en juin 1791, parce que son serment n'est pas valable, tandis que Tocquot est encore indiqué comme curé en 1793 et touche régulièrement son traitement. (Dép. 25 août 1791.)

LucY-suR-CuRE. - Antoine Louvrier, né à Arcy, le 31 août 1723, était curé de Lucy depuis 1760. En 1790, il est élu maire par 36 voix sur 42.

Le 2 février 1791, Louvrier monte en chaire et déclare qu'il lui semble inutile de prêter serment quand on aime vraiment sa patrie. Il rappelle qu'il a donné une preuve de son patriotisme en offrant au gouvernement, avant môme la convocation de l'assemblée nationale, 200 « tous les ans, c'est-à-dire plus du quart de tout son revenu, jusqu'à ce que le gouvernement fût entièrement quitte de ses dettes. Puis il jure d'être fidèle à la nation, à la loi et au roy et à la constitution civile du clergé en tout ce qui concerne le temporel.

Il renouvelle l'offre qu'il a faite du quart de son revenu, et il ajoute : « Que tous ceux qui ont prêté le serment d'être fidèles à la nation à la loi et au roy en fassent autant et bientôt la patrie n'aura plus besoin de serment : l'amour de tous ses enfants suffira et rélèvera à la plus haute prospérité où elle puisse parvenir. »

Sachant que son serment a été rejeté, parce qu'il n'a pas été prêté dans les termes voulus, Louvrier le prête de nouveau le 15 mai et jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui lui est confiée et d'être fidèle à la nation, à la loi et au roy, et de mainte • nir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale, mais il ajoute encore : en ce qui concerne le pouooir temporel. (Arcli. locales.)

Le lendemain 16 m'ai, le département annulait le serment du curé de Lucy-sur-Cure comme contraire au texte de la loi. (Dép.) Peut-être, avant de prendre cette décision, le département n'avaitil pas eu communicalion de ce second serment.

Le 23 septembre 1792, Louvrier fait le serment de liberté.

Le 7 novembre 1793. la municipalité lui délivre un certificat de civisme. Le 21 ventôse II, Louvrier exhibe ses lettres de prêtrise pour être mises en dépôt au secrétg^riat. A cette occasion, les officiers municipaux attestent qu'il a été pendant trente quatre-ans et* trois mois « leur vray et cher pasteur, o

Le 11 nivôse III, le conseil général arrête, qu'en exécution de la loi, Téglise sera fermée; le culte aura lieu dans les maisons particulières. En même temps il donne à Louvrier un nouveau certificat de civisme et insiste pour qu'on le maintienne dans la commune où il remplit avec dévouement les fonctions de greffier.

Grâce à cette bienveillance de l'administration , le curé peut demeurer dans la paroisse et dès le 6 messidor III, il reprend les exercices du culte pour répondre aux vœux de toute la commune.

Le 1 brumaire IV « la plus nombreuse partie des habitants déclarent qu'ils choisissent l'église » pour l'exercice de leur culte. Le lendemain Louvrier fait le serment de soumission aux lois et à la souveraineté du peuple et continue de remplir son ministère.

Il meurt peu après le 2 frimaire IV, âgé de soixante et quinze ans. (Arch. locales.)

(Notes communiquées par M. l'abbé Girardot, professeur au petit Séminaire.)

Sacy. — Curé en 1790, Piron. Il est remplacé par Quatre vaux qui est encore curé en 1793. Je n'ai sur eux aucun renseignement.

En l'an V, les femmes de Sac/ arrachent les portes et les fenêtres du presbytère pour en empêcher la vente.

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