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en route! Je commence à croire que j'ai le droit de me plaindre, car vous ne m'écrivez plus aussi souvent que jadis.
Je vois d'ici nos gens des colonies réunis. Comme ils doivent s’en donner! N'est-ce pas que nous sommes tous le sujet de leurs conversations? Je voudrais voir la tête de mes amis les Zoyalistes; ils doivent avoir la figure longue. Et nos patriotes, comme ils doivent jubiler !
Le temps est toujours au beau, si beau même que nous avons descendu par eau, de Montréal à Québec, notre artillerie et nos provisions. En ville, on est sur le qui-vive, et avec raison. Carleton, nous dit-on, ne peut compter entièrement sur sa petite garnison, et le nombre de ses troupes ne suffit pas pour couvrir l'étendue de ses fortifications. Je voudrais de tout mon cœur que cette guerre fût terminée, et je soupire après mon humble chez moi de la Nouvelle- Angleterre.
Certes, je n’oublierai pas notre descente de lit en peau de castor, et si je me retire sain et sauf de cette expédition j'y joindrai des peaux de martre pour votre mère, Présentezlui mes respectueux hommages, et
dites-lui de ne pas se monter la tête à propos de Henri.
Il ne m'a nullement offensé ; il m'a seulement causé quelque inquiétude en commettant une légère imprudence, Je suis heureux d'apprendre que notre maison est à la veille d'être terminée. Puissé-je avoir la joie et la consolation de vous revoir bientôt |
Jusqu’à cet heureux moment, adieu !
Croyez-moi votre affectueux, RICHARD MoNTGOMERY.
‘“ Jusqu'à cet heureux moment, adieu !”
tels furent les derniers mots de Montgomery
à sa femme. Vingt et un jours après avoir écrit cette dernière lettre, il mourait au
champ d'honneur |
GENERAL RICHARD MONTGOMERY 5t
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En quittant son commandement Schuyler écrivait : “ Je ne saurais trop recommander les services que le général Montgomery m'a rendu et me rends tous les jours. Je lui étais de peu d'utilité depuis mon départ du fort Georges. Je n’ai pas eu un mois de répit au point de vue de la santé. Je suis si faible en ce moment que j'ai toutes la peine du monde à tenir la plume qui vous écrit.” La santé du général Schuyler l'avait forcé à remettre son commandement entre
les mains de Montgomery, ainsi que l’indi-
quaient les lettres de ce dernier. Tout de même il avait laissé à son successeur une terrible responsabilité. L'insubordination régnait parmi les troupes placées sous ses ordres.
Les recrues de la Nouvelle-Angleterre lui causaient les plus grandes anxiétés :
‘“ Ce sont les plus tristes soldats que j'ai vu au monde, écrivait-il. Les meilleurs sont atteints de nostalgie. Leurs régiments se fondent et disparaissent à vue d'œil, sans qu'il y ait eu parmi eux un seul homme tué aufeu. Ils sont tellement arrogants que leurs officiers n’ont pas la moindre autorité sur eux. Îl y a très peu de personnes parmi ces gens-là à qui je puisse me confier. Toutes ces recrues se croient des généraux et non pas des soldats. Elles sont tellement jalouses, tellement envieuses, qu’il est impossible, même quant on risque sa tête chaque jour, de ne pas être soupçonné de trahison par elles.”
Voilà le jugement que Montgomery porte sur ses propres troupes.
Un autre jour, il écrit à l’un de ses amis :