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province de Québec. Au moment de la mission du colonel Livingston, il était dangereusement malade. Il lui fit écrire, néanmoins, une lettre fort délicate, dans laquelle il exprimait tout son regret de ne pouvoir recevoir comme il le méritait le parent d’un mort aussi illustre.
Sir John donna ensuite l’ordre de remettre privément à la mission de New-York les reste du général Montgomery.
À Whitehall, un escadron de cavalerie placé sous les ordres du colonel Van Rensselaer attendait le cortège funèbre. Le gouverneur Clinton avait donné l’ordre à cet officier supérieur et à l’adjudant-général de prendre commandement de cette escorte qui devait servir de garde d'honneur jusqu'à New-York.
L'arrivée des restes mortels de Montgomery, à Albany, était fixée pour le 4 juillet, jour de la fête de l'Indépendance. Toute la
ville était sur pied pour honorer dignement la mémoire du héros. La milice formait une haie qui se prolongeait à un mille en dehors d'Albany. Les porteurs des coins du poêle étaient tous d'anciens officiers de la guerre de la Révolution. Les restes mortels de
Montgomery furent placés en chapelle
ardente au Capitole. De semblables hon-
neurs—ils n'étaient pas aussi magnifiques peut-être, mais ils étaient tout aussi spontanés—avaient été rendus à Montgomery par les villes et par les villages tout le long de la route suivie par le convoi.
Le 6 juillet, à 9 heures du matin, l’ordre fut donné de transborder le cercueil sur le bateau à vapeur, le Rékmond. Le colonel Livingston, ses deux aides de camp et une forte escorte militaire reçurent la consigne de conduire le funèbre cortège jusqu’à
New-York, et là de se mettre aux ordres de -Ja Société de Cincinnatus, à l’hôtel-de-ville.
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Le passage du Richmond était salué sur chaque rive de l’'Hudson par le canon.
Le gouverneur Clinton avait prévenu Mme Montgomery que tout ce qui restait sur terre de celui qu’elle avait tant aimé, passerait à telle heure devant Monigomery Place, près de Barrytown.
Laissons la parole à cette veuve inconsolable. Elle écrit à sa mère cette scène d’une
. façon fort touchante :
“ Enfin, le voilà! Il vient; il passe!
Voilà donc tout ce qui me reste maintenant de celui qui m'a quittée dans la force de sa virilité pour aller s'immoler à ce qu'il aimait encore plus que moi, son pays ! Il est près de moi enfin ! Mon cœur se gonfle ; il bat d'angoisse, et pourtant cette angoisse qui me fait mal i’est pas une douleur. Je ne saurais vous décrire tout ce que j'ai ressenti quand son cercueil a passé devant ma
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