‹ Notes pour servir à lh́istoire de lÉxposition de la Jeunesse qui avait lieu chaque année à ParisChapitre 7 sur 10 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

SUR l'exposition des TABLEAUX DANS LA PLACE DAUPHINK, LE JOUR DE l'octave de la FÉTE-DlEU.

Monsieur,

Si les gens de lettres et les artistes doivent rendre hommage aux talents faits et précieux que renferme la capitale, il est sans doute plus digne d'eux encore d'encourager les jeunes gens qui cherchent à pénétrer dans la carrière dont leurs maîtres ont déjà atteint le but. Je veux parler des élèves qui, tous les ans, le jour de l'octave de la Fête-Dieu, apportent et suspendent leurs tableaux aux tapisseries qui décorent l'angle de l'aile droite de la place Dauphine.

C'est un tableau bien intéressant que de voir ce jour-là, sur les neuf heures du matin, une foule de jeunes artistes, à peine au sortir de l'enfance, s'assembler dans cette place; l'un porte lui-même ses ouvrages sous son bras, l'autre suit avec attention un crocheteur qui porte toute sa fortune, et qu'il ne perd pas de vue ; tous accrochent leurs tableaux avec précaution et les abandonnent ainsi à la critique et au jugement des curieux. Les grands maîtres, les académiciens sont à des croisées au-dessus des tapisseries et leur présence pique encore l'émulation des jeunes gens.

Vous voyez, dans le bas, ceux-ci aller, venir, examiner toutes les physionomies, interroger tous les yeux et retenir les avis in-

à la Place Danphine, en 1788.

H. Bellier de la Chavignerie, dans ses Notes pour servir à TExposition de la Jeunesse (Voy. Rev, univ, des Arts, tome XIX, p. 58 et suiv.) a rassemblé tout ce que les journaux du temps lui avaient fourni sur cette exposition de peinture et de sculpture, en plein air, qui ne durait qu'un jour et qui par conséquent laissait à peine un souvenir vague et bientôt effacé. Nous ne pensions pas qu'on pût ajouter aucun détail nouveau à ces notes recueillies avec patience et coordonnées avec soin ; mais le cbamp des livres imprimés est inépuisable, et nous y avons rencontré un petit recueil que M. Bellier de la Chavignerie ne paraît pas avoir eu entre les mains et qui nous donne des renseignements précieux sur la dernière Exposition de la Jeunesse à la place Dauphine en 1788.

C'est le Panthéon littéraire, contenant, soiis Vinvocation des neuf Muses, de Thémis, d'Esculape et des trois Gh^âces, des discours didactiques et réflexions curieuses sur les sciences et tous les arts utiles et agréables, etc., année 1789, A Memphis et se trouve à Paris, chez Maradan, in-18, fig. M. Bellier de la Chavignerie a bien cité, parmi les sources auxquelles il renvoie, une seconde édition du Panthéon littéraire (Paris et Neuwied sur le Rhin, chez la société typographique, 1792, in-12); mais comme il semble n'en avoir pas fait usage dans son travail, qui présente même des différences marquées avec les indications données par le Patiihéon littéraire, nous présumons qu'il n'a pas eu l'occasion de dépouiller ce recueil. Ainsi, n'a-t-il pas signalé les ouvrages de Boilly, de Babonot, de Desfontaines, etc.; il nomme Meunier

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