‹ Notes pour servir à une description géologique des Montagnes RocheusesChapitre 1 sur 14 · IMPRIMERIE RAMBOZ ET SCHUCHARDT · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE RAMBOZ ET SCHUCHARDT

Rne de l'Hôtel-de-VilIe, 78

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UNE DESCRIPTION fiÉOlOClOUE DES MONTAGNES ROCBEÎiSe^;

Par snile de leur position au centre même du coiilinenl de TAmérique du Nord, les Montagnes Bocheuses sont regardées, à juste litre, par les géographes, comme formant Tépine dorsale de cette partie du nouveau monde. Servant de ligne de partage des eaux entre TAtlantique et le Pacifique, on peut les considérer comme le lien qui réunit les diverses parties du vaste empire américain, et elles sont, en réalité, le nœud gigantesque qui rattache et tient en relations plus ou moins directes TEurope occidentale avec l'Asie orientale. L'étude géologique des Montagnes Rocheuses est donc de la plus haute importance, car suivant les résultats qui seront obtenus, on pourra étendre les grands principes auxquels la géologie est arrivée dans la vieille Europe, aux terres qui forment les lointains rivages de l'océan Pacifique.

Jusqu'à ces dernières années, les Montagnes Rocheuses pouvaient être comparées à un volume grand in-folio, qu'on tenait caché dans un des coins les plus obscurs de la bibliothèque terrestre, et dont on vous montrait de loin la forme colossale; sans vous permettre non^seulement de l'ouvrir et d'en tourner les pages, mais bien plus, dont on ne vous laissait pas même considérer avec quelque attention la couverture, ni le titre. Il est vrai que ces Montagnes de roches^ comme les nomment les anciens Canadiens et les marchands de fourrures, ne sont pas très-faciles à aborder, et il est peu de personnes qui n'aient reçu sur elles des notions plus ou moins fantastiques, en lisant les récits toujours un peu brodés des voyageurs, des trappeurs

4 DESCRIPTION GBOLOpr^UB

el (les missionnaires. VA§lifj'if.di^^ Washington Irwing, le; Voyages des capij^ines*'l^ê'*liBrClarke, Pike el Long, le /.c/^m dii-.père'*jé^te*de*Smelh, ont rendu les Montagne RQcheVafis*flussV 'célèbres que les Cordillères du Chili et di •Pérou;' tout en les laissant cependant comme entourées d< nuages, dont Timagination ardente des chasseurs aime à les envelopper pour les cacher aux yeux des profanes. Depuis quelques années, cependant, ces nuages commencent a s'éclaircir, et les recherches géographiques exécutées par des oHi ciers de Tarmée américaine, ont beaucoup dissipé les voile épais dont on les avait drapés, non sans un certain plaisir, biei pardonnable d'ailleurs et commun à tous les premiers explorateurs. Le colonel Frémont d'abord, puis les capitaine; Emory, Stansbury, Abert, Simpson, Marcy, etc., sont venus à quelques années d'intervalle les uns des autres, de i 842 \ 1852, explorer et faire connaître par des publications du plui haut intérêt, des portions considérables de ce grand massif di montagnes. De plus, les expéditions envoyées pour reconnaître les meilleures routes pour l'établissement des chemins de fer chargés de relier la vallée du Mississipi aux côtes du Pa cifique, ont contribué, sur une grande échelle, à étendre les découvertes de Frémont, Emory et Stansbury, et il est probable que la guerre ou plutôt l'expédition militaire contre les Mormons, en voie d'exécution actuellement, achèvera de faire connaître complètement cette terra incognùa de nos pères.

Les premiers explorateurs ont été uniquement des géographes. Ils ont bien recueilli quelques échantillons d'histoire naturelle, surtout des plantes ; mais la géologie n*a pas beaucoup occupé leurs instants, du reste parfaitement employés, comme le prouve surabondamment les beaux et excellents livres qu'ils ont publiés sur ces contrées. Frémont, Vislizenus, Âbert et surtout Stansbury ont rapporté quelques échantillons de roches et de fossiles qui, soumis à des paléontologistes n'ayant jamais visité ces régions, ont pu cependant fournir

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