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Notes pour servir a ur^ descri Oro»' l Stanford University Librai
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DES UONTAGNBS ROCHBliSBS. /
partie de l'Amérique du Nord (Annales des mines, el Comptes rendus de l'Académie des sciences, avril 1855).
Geology of Norlh America; wilh two reports on the prairies ofArkansas and Texas ^ the Rocky Mountains of New Mexico^ and tlie Sierra Nevada of California^ originally made for the United States government^ avril 1858*).
Les découvertes que j'ai faites dans cette longue expédition ne sont pas sans importance pour la géologie américaine, et je vais les rappeler ici d'une manière très-sommaire. Cette série de roches se trouve dans les Montagnes Rocheuses des environs de Santa-Fé et d'Albuquerque, au LIano Estacado, dans la Sierra Madré, et dans les prairies des bords de la Canadian River el du Rio Colorado Chiquilo.
La partie centrale et principale des Rocky Mountains d'AIbuquerque et de Santa-Fé, est formée par une masse granitique ayant une à deux lieues de largeur. Ce granit contient de gros cristaux de feldspath rosâtre, qui donne à toute la roche celte couleur.
En superposition sur ce granit, on a la série suivante de strates en allant de bas en haut.
1** Des roches schisto-serpentineuses, métamorphiques^ fortement soulevées, appartenant peut-être k l'époque dévonienne ou bien au carbonifère inférieur.
2^ Une série de calcaires bleu noirâtre, avec intercalation d'argiles schisteuses, noires, d'une faible épaisseur. Les cal-
^ Ce volume in-4®, avec sept planches de fossiles nouveaux et trois cartes géologiques, et qui réunit toutes les autres publications de M . Marcou sur les Montagnes Rocheuses, vient de paraître à Zurich, où M. Marcou occupe depuis trois années la chaire de géologie paléontologique à l'École polytechnique fédérale. Indépendamment de son mérite scientitique, il est très-remarquable que cet ouvrage, écrit en anglais, ait pu ôtre imprime dans une ville de la Suisse allemande. Une publication de cette importance, dans une langue étrangère et accompagnée de planches, est un tour de force qui fait honneur à l'auteur ainsi qu'aux presses de Zurich.
{Red.)
8 DÉSClItPfiUM C^ËÛLÛt;iQlJB
eaires sont bien Btratifiés, par assises ayant d'un dernî-pied a trois pieds d'épaisseur ; toute la série aUeînt une épaisseur totale de sept cents pieds. Les fossiles qui se trouvent dans cette « série de strates sont; Produoius semi-reiiculatm^ P. cora, P. | flemingii^ P. punctaiuHy P, pmtalQsuîi^ P, pyxidiformis^ P, sca- i briculm; Terebraiida ptano-sukata^ 7\ mbtiliîa^ T. Rovbj' \ monlana; Spirifer striatus, S. iineaius^ S, Rockymonlani; Zapkrentis Stanshuryi^ Z. ûylindrica ; Amplexun coralloides^ etc; et ils indiquent, sans aucun doute^ que toutes ces couches ap- par tiennent au Mountain Limestone ou Carbonifère inférieur,
3^ En superposition, on trouve des schistes argileux noirs, renfermant près du pueblo de Manzana des assises de Louille grasse et d'anthracite. Epaisseur moyenne : 150 li 300 pieds* Ce groupe de slmtes représente le Carbonifère supérieur ou terrain kouiUer proprement dit*
i^ Des strates très-réguliers, ayant d*nn demi à un pied d'épaisseur, d'un calcaire très-dolomitiquei et contenant des débris fossiles assez mal conservés, et dont je n'ai pu déterminer ni les espèces, ni même les genres avec certitude. Epaisseur de 300 a 500 pieds. Cette formation s'observe surtout au Canon diablo, entre le Rio Colorado Cliiquito et la sierra de San-FraneisGo. D'après sa position stratigraphique et la composition minéralogique des rocbes, il est presque certain que cette série de strates correspond an Magnman Limesione de TAngleterre, ou à ce que Ton a appelé d'une manière assoz impropre la formation permimne,
5*» Une série très-puissante, 5 a 6000 pieds, de couches de grès rouge, contenant intercalés des argiles rouges, jaunes, grises, blanches, vertes, en un mot, des argiles irisées, des couches de dolomîes, des amas de gypses, des argiles sali— fères, c'esl-k'dire toutes les roches qui constituent en Europe la grande rormalion triasique* J'ai divisé ce trias américain en trois étages correspondant U ceux de l'Europe, savoir ; la division inférieure ou grcs bigarré^ qui comprend les jrës du ia<
DES MONTAGNES UOCHBUSES. ^
Supérieur, et ilonl répaisseur est de 2 a 3000 pieds; la division moyenne correspond au Muschelkalk et atteint une épaisseur d'au moins 1500 pieds ; c'est elle qui renferme les grands massifs de gypse ; enfin, la division supérieure atteint une épaisseur de 1 500 pieds, et correspond au Keuper ou marnea irisées d'Europe.
Les fossiles sont très-rares dans toute cette formation, exactement comme en Europe, et ce qui parait être le plus commun, sont des bois silicifiés, appartenant à de véritables arbres fossiles. J'ai trouvé dans les grès des marnes irisées près du Rio Colorado Chiquilo, plusieurs valves d'une Cardinia. Il est probable qu'on trouvera quelques fossiles dans cette série; mais on peut dire qu'ils ne seront jamais en très-grand nombre.
6^ Au-dessus du Permien et du Trias, constituant la grande formation du nouveau grès rouge, se trouvent des grès blancs et surtout jaunes, avec des intercalations de calcaires blancs, compactes, quelquefois oolitiques, et une assise de marnes bleues. J'ai trouvé dans ces marnes bleues, au mont de la Pyramide, au Tucumcari et sur le LIano Estacado, les fossiles suivants : Gryphœa dilaiaia var. Tmumcarii, Oslrea Marshii, Trigonia et Astarte. L'épaisseur totale est de 4 à 500 pieds. Ces assises appartiennent au terrain jurassique^ et représentent aux Etats-Unis les formations de mon pays natal, les monts Jura.
Les formations 1, 2, 3, 4, 5 et 6 sont toutes en concordance de stratification, et elles ont été relevées et disloquées en même temps par l'apparition des Rocky Mountains, dont l'âge relatif est ainsi fixé à la fin de la période jurassique d'Amérique.
7® Sur les bords de la False Washita, près de Comet Creek, se trouvent des calcaires ayant de 8 à 10 pieds d'épaisseur, reposant en discordance de stratification sur le trias, et contenant une immense quantité de Gryphœa Pilcheri. Cette formation est évidemment de l'époque crétacée, et elle représente le terrain néocomien.
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8'^ Alix CEviroas il'AHiuqucrque, Je Sanlo-Domiago ci iliî Galisteo se ironve une série d'assises reposant en bîmlificaiion discordante et horizontalement^ sur les assises soulevées du trias, du jurassique, et même du carbonifère. Ces assises sont formées, à la base de grès blancs friables, ayant 500 pieds d'épaisseur, et contenant quelques fossiles tels que : Ammonites Nom Mexicani^ Hamites et Inoceramus; dans la partie supérieure ces grès sont remplacés par des argiles grises, sablonneuses, contenant des débris A' Ammoniies, le Ptyclwdus Whipplei^ Inoceramus Cripsii et YOsitrea congesta. D'abord, il est évident que toutes ces assises sont de l'époque crétacée ; mais bien plus leurs positions et les fossiles qu'on y trouve, surtout la dent de poisson du Ptychodus IVIiipplei^ semblent indiquer que cette formation correspond à la craie blanche d'Europe.
9® Entre le Rio Colorado de l'ouest et le village mormon (le San-Bernardino, en Californie, j'ai rencontré plusieurs séries de strates, calcaires ou grès, qui appartiennent à l'époque tertiaire^ et les grès et poudingues du Cajon Pass, dans la Sierra Nevada, sont certainement moins anciens que l'époque éocène, et probablement de l'âge du miocène.
10^ Enfin, le terrain quaternaire se rencontre sur beaucoup de points de mon exploration, surtout sur les bords de la Canadienne, des Rios Galinas, Pecos, Grande del Norte, Colorado Cbiquito, Colorado de Californie, le Bill William Fork, le Mohavie River, etc. Mais je n'ai trouvé nulle part des traces d'anciens glaciers ou de passages des glaces flottantes.
Les géologues ont reçu ces observations avec beaucoup de bienveillance, bien plus, je pense, à cause des difficultés que j'ai eu à surmonter dans une pareille exploration, que pour leur valeur intrinsèque, car je suis convaincu que tout autre géologue placé dans les mêmes circonstances eût fait de meilleures observations que les miennes.
Dans les diverses publications que j'ai faites, j'ai essayé d'exposer ces découvertes avec clarté, précision, et d'une ma-
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DBS MONTAGNES ROCHEUSES.
nière concise; et si je n'ai pas réussi, je puis dire du moins que j'ai fait de mon mieux. Quelle que soit leur valeur, trois ou quatre personnes, qui ont la modeste prétention de monopoliser la géologie de l'Amérique du Nord, ont cru devoir protester, au nom, disent-ils, de lotUe la science américaine^ contre ces observations ; et, dans une série d'articles assez vifs publiés tous dans le Silliman's Journal of Science and Arts^ ils ont prouvé : 1® que mes faibles travaux ne valaient rien; 2^ que je n'avais fait aucune découverte ; et enfin 3^ que les géologues en général, et sir Roderick I. Murcbison en particulier, ne devaient pas accepter mes recherches comme des choses sérieuses, mais bien comme des caricatures et des absurdités.
Je ne me suis nullement inquiété de ces critiques : convaincu que, si mes observations ne valaient rien, des réponses ne les rendraient pas meilleures, et que, si au contraire elles étaient exactes, ces attaques ne pouvaient ni les changer ni les almoindrir.
Comme exemple des objections qu'on a bien voulu me faire dans ces articles du Silliman's Journal^ j'en prends deux au hasard, en mettant vis-à-vis les réponses ; réponses que je ne fais pas moi-même, mais queje copie d'autorités plus compétentes.
e Orthis Vemeuili. C'est la premilre fois que ce fossile est indiqué comme n'ayant jamais été trouvé en Amérique; et comme l'auteur ne donne pas de localité, nous sommes autorisés à dire qu*il n'est pas vrai qu'il se trouve dans ce pays.»
(James Hall, Marcous Geological Map, dans le n° 50 du Silliman's Journal, p. 201, mars 1854 )
« Orthis Vemeuili, Eichw. C'est avec un sentiment de plaisir que nous avons reconnu cette belle espèce des couches siluriennes inférieures de Russie dans les magnifiques collections de M. Logan, à Montréal. Ce savant distingué l'avait trouvé à Jes* seps Rappids, sur la rivière Ottawa, dans des couches du même âge que celle deTrenton.»
(Edouard de Verneuil , Note sur le parallélisme des dépôts paléozoï^ qucs de l'Amérique, etc., dans le Bulletin de la Société géolog. de France, S™" série, tome IV, p. 703, séance du 19 avril 1847.)
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DESCRIPTION GiOLOglttlJl^
■ Ndus Irouvons indiqué sur la carie de Marcou une cliaîne de mon* lagiies nommée Black kilh(CoUinc& nuire$), qu'il a colonise géologlqucnienl comme étant formée de roches graniliquei et tarbumfhre^^ Une exploration récente de celle région, par le lieutenant G- K. Warren, de ]*armde des États-Unis, prouve que celte chaîne de monlagnes est p«remeni imaginaire^ el qu'elle ne doit ]ias eiisler sur les cartes.»
(WilHam P. Blakc, Marcou's Geologicai Map of ihe Uniled S taies, dans le n^ 66 du SiUimans Journal, jr. 3y&. novemhrelSSS.)
* Explorations du Nebraska. — -A MM. les Éditeurs du National /ntûUigencer. — Pendant f année dernière, le H' F, V, Haydcn, géologfuo de l'expédilion chargée d'explorer la chaîne de montagnes des liiack hîlls du Nehraska, ei qui avait été placée sous mes ordres par le ministre do la guerre, a fait de nouvelles et trèsinlÉressanlcs collections de fossiïes et de minéraux de cette région des Black hiilB, elc.^
(G, K. Warren, lieutenant des ingénicurs topographes^ dans le Dailtf Naiiofial IntelHtjmccr . Wasfjfng* ton, March 18, 1858.)
Les autres critiques et objections sont à peu près loules du même genre et de la même force; aus^i je suis loin de m'en plaindre, et même je remercie les rédacteurs dn SiilimaiVs Journal pour rimnneur loul exceptionnel qu'ils ont bien voulu me faire, car il est très-rare que ce savant recueil consacre un si grand nomlne de pages à des articles de critique sur la géologie améncaiDê. Quant aux pcrsonnalilcs et aux remarques oJTeusantos qui se trouvent dans ces articles, je décline d'y répondre et je laisse celte spécialité à mes honorables critiques, n'aimaut pas îi m'en gager sur un pareil terrain, d'abord, parce que les progrès de la science n'ont rien de commun avec des peraonnaiilés, el aussi, parce que plusieurs de ces insinuations malveillantes ont été faites bravement sous le couvert de lanonyme.
Ces objections et négations de mes découvertes, faites avec taul de persistance pendant plusieurs années par Hall, Blake et Dana, n'ont pas manqué d'avoir une certaine influence sur le jugement de |>lusieurs géologues. Il y aviùt surtout contre moi ropiiiion de deu\ savants géologues t*t jniléuntologisles, MM,
MotAS pour servir a une d@»
Stanford Univer sjty LU
F.-V. Hayden et F.-B. Meek qui, ayant explorés pendant trois années de suite, de 1853 k 1856, une partie des bords du haut Missouri et des Mauvaises Terres de Nebraska, refusaient complètement de reconnaître les terrains et formations que j'avais indiqués devoir exister dans ces régions. Voici comment ces savants s'exprimaient : a M. Jules Marcou a publié, dans le Bulletin de la Société géologique de France^ un mémoire sur la géologie des Etats-Unis et des provinces anglaises^ accompagné d'une carte, sur laquelle il a coloré presque toute la contrée qui se trouve près des sources du Missouri, comme étant occupée par les strates du nouveau grès rouge^ sur lesquels sont superposées le long du côté occidentale de cette rivière quelques plaques crétacées. A l'ouest de la rivière Blanche {white river) il place une bande de roches jurassiques^ et le long de la position supposée des Black hills il a fait courir une bande étroite de roches éruptives ei métamorphiques^ flanquées à l'est et a l'ouest par des roches de la formation carbonifère. Sur le côté occidental des Black hills il colore une autre grande surface du pays comme étant de l'époque jurassique. Dans tout ceci M. Marcou s'est certainement trompé^ excepté pour les roches éruptives et métamorphiques des Black hills; et peut-être aussi que la formation carbonifère y existe, quoique cette formation n'ait pas encore été reconnue aussi au nord qu'il l'a indiquée, et qu'une distance de deux k trois cents milles la sépare des points où cette formation a été trouvée.» ( Voir Descriptions of new species of Acepliala and Gasleropoda, from ihe tertiary formations of Nebraska Territory^ mth some gênerai remarks on the Geology of the country about the sources of the Missouri River; par F.-B. Meek et F.-V. Hayden; dans les Proceedings of tlie Academy of natural Sciences of Pliiladelphia^ vol. VIII, p. 101 et suiv.; mémoire reproduit in extenso dans le Sillimans Journal ^ n® 66, p. 423, 424, etc., novembre 1856.) N'ayant pas visité les mêmes régions que MM. Hayden et
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Meek, je ne me trouvais pas en état de réfuler leurs opinions par des observations directes. Aussi, tout en coloriant celle partie de ma carte géologique, j'avais eu grand soin dans le texte de prévenir qu'en dehors des limites de la roule que j'avais exploré par le 35™® degré de latitude, les contours dos formations n'étaient qn approadmatives ; mais que je croyais, d'après des inductions puisées dans mon expérience et dans des conversations nombreuses avec le guide Antoine Leroux, que le jurassique , le nowoeau grès rouge ^ le carbonifère et le granit se trouvaient dans les Black hills et sur les bords du haut Missouri et du Yellow Stone River.
Malgré le positivisme si absolu des négations de MM. Hayden et Meek, je ne pouvais admettre que j'avais pu me tromper à un pareil point ; et tout en reconnaissant la valeur de leurs bonnes et intéressantes observations, je ne pouvais m'empécher de penser, ou que ces géologues avaient été influencés par des opinions préconçues, ou qu'ils n'avaient pas rencontrés de localités favorables pour bien voir les superpositions des strates et les points de contact des roches, ou que, enfin, ayant surtout suivi le cours du Missouri et de ses affluents, ils n'avaient pas abordé une véritable chaîne des Montagnes Rocheuses ; et que toutes ces circonstances peut-être réunies étaient les raisons qui les faisaient rejeter d'une manière si absolue l'existence des formations jurassiques et du nouveau grès rouge dans cette région. Je m'attendais donc à ce que d'autres observateurs finiraient par y trouver aussi la même série que celle que j'avais indiquée devoir y exister ; mais comme ces contrées sont peu abordables, malgré l'activité et la bravoure de la race américaine, je ne pensais pas que cela put arriver avant dix ou quinze années, et j'avoue franchement que j'attendais ce terme avec la conviction que j'avais fait mon devoir de géologue voyageur, et que si j'avais pu me tromper dans quelques détails peu importants, je ne m'étais pas trompé pour les masses, surtout au sujet des âges relatifs des formations.
DES MONTAGNES BOCIIEUSBS. 15
Le 25 mars 1858, j'ai reçu^par la posle, de la pari de mon ami le capitaine Â.-W. Whipple, Tancien commandant de notre expédition dans les Montagnes Rocheuses, une brochure intitulée : Notes explanatory of a Map and Section illm-^ trating the geological structure of ihe country bordering on the Missouri River ^ from the Moût h oftlie Platte River io fort Benton, par F.-Y. Hayden, Philadelphie, 1857, et dans laquelle se trouve le passage suivant : « Dans une publication récente faite avec la sanction de la Société géologique de France, l'auteur (Jules Marcou), ayant en sa possession tous les documents géologiques qui ont été imprimés sur cette contrée, a coloré sur sa carie presque tout ce pays comme étant recouvert des roches jurassiques et triasiques^ tandis qu'à présent, il est très-bien et positivement reconnu que ce sont des formalions crétacées et tertiaires. » Après cette nouvelle, récente et dernière protestation contre l'existence de mon jurassique et de mon nou/veau grès rouge^ quelle n'a pas été ma surprise lorsque, quinze jours après, c'est-à-dire le 12 avril, je reçus une lettre de ce même docteur Hayden, contenant la communication suivante, que je traduis textuellement :
« Smithsonian Institution, Washington, le 24 mars 1858.
« Cher Monsieur,
c< Je vous envoie ci*inclus une copie des résultats géologiques auxquels j'ai été conduit au retour d'une expédition dans les Black hilU de Mebraska. Je suis sûr que ces résultats vous intéresseront beaucoup, et M. Meek et moi regarderons comme une grande faveur de votre part si vous voulez bien avoir l'obligeance de les faire publier dans un journal scientifique du pays où vous habitez actuellement, ou en France.
« Croyez-moi votre dévoué serviteur.
« F.-V. Hayden. »
« Après une élude attentive et détaillée des fossiles et autres
écbanlillons géologiques recueillis pendant Télé dernier dans la région des Black hills de Nebraska, nous sommes arrivés a reconnaître pour celle contrée les formations géologiques suivantes savoir :
a Premièrement. Le corps principal ou centre des Black hills est principalement formé d'un granité à gros grains de feldspath, qui a été élevé par des forces souterraines trèspuissantes depuis la fin de la période crétacée, et cependant antérieurement aux dépôts des formations tertiaires qui se trouvent dans le pays environnant.
a Superposé sur le granit dont nous venons de parler, nous avons la série de roches stratifiées qui suit en allant de bas en haut :
c( 10 Un groupe de formations sédimentaires anciennes très-fortement métamorphiques , et qui généralement est placé presque verticalement.
« 2^ On trouve ensuite, reposant en stratification discordante sur le groupe précédent , un grès rougeâtre et gris cendré, ayant de 30 à 50 pieds d'épaisseur, et qui est l'équivalent du Potsdam sandstone de la série de l'état de New-York; ou, en un mot, qui est la division la plus ancienne du système silurien. Parmi les échantillons de fossiles trouvés dans ce grès, nous avons reconnu des Lingula antiqua^ un Obolus et des fragments de Trilobites appartenant à des espèces que Ton sait se trouver dans la même formation en Visconsin et dans le Minnesota.
« 3^ Une série de calcaires gris, rougeâtres, et quelquefois blancs sableux, ayant de 60 à 100 pieds d'épaisseur, et contenant des fossiles qui sont, sans le moindre doute, de l'époque carbonifère^ quoique nous n'ayons pas encore été capable, de déterminer avec certitude si ces fossiles ont des formes spéciales au carbonifère supérieur ou inférieur, par suite de la mauvaise conservation de la plupart d'entre eux, et aussi parce qu'ils présentent des types mélangés du terrain houiller proprement dit et du calcaire de montagne.
DKS MONTAGNES BOCHBUSES. 17
«4^ Deux séries de couches d'une roche assez incohérciile, fine, d'un rouge brique, séparées Tune de l'autre par des strates d'un calcaire ayant de 10 à 50 pieds d'épaisseur. Ces calcaires sont bleuâtres, gris et quelquefois rouges sableux ; ils renferment des échantillons d'une très-petite W/ij/nchanella plissée, un petit Pleurotomaria, deux espèces de Macroclieilus et une ou deux espèces de BelUraphon ; tous ces fossiles ayant des formes assez voisines et alliées de celles que l'on rencontre dans le terrain houiller.
<i La série la plus inférieure de cette roche incohérente, de couleur rouge brique, que nous avons mentionnée plus haut, a de 250 à 300 pieds d'épaisseur, et parait être destituée de tous débris organiques, mais contient alors une plus ou moins grande quantité de gypse sous la forme de veines et de lits minces. La série supérieure de ces couches rouges a de 100 à 150 pieds d'épaisseur ; elle est aussi apparemment des*tîtuée de débris organiques, et contient de grandes masses de gypse.
a Ces deux séries de couches rouges, avec les calcaires intercalés, pourraient bien être de l'âge du Permien, quoique les affinités génériques et spécifiques des fossiles trouvés dans les calcaires indiquent plutôt une série du carbonifère supérieur. Il n'est cependant pas improbable que la série supérieure de ces deux groupes de couches rouges ne puisse être triasique ou même jurassique^ car nous n'avons pas de moyens paléon* tologiques à notre disposition pour déterminer sa position dans la colonne géologique*
« Sur quelques points de la base méridionale des Black hills nous avons trouvé quelques blocs dispersés et erratiques d'une roche quartzeuse dure, contenant quelques fossiles de même espèce que ceux découverts par le major F. Hawn , dans la partie nord-est du Kansas, dans des couches qui sont reconnues actuellement comme étant de l'époque Permicme. Ces masses n'ont pas été trouvées en place, et, par conséquent.
18 BESCniPTIÛIN GÉOLOGlOtC
nous ne savons pas leurs posiïions exactes par rapport aux au 1res roches,
ff 5^ Au-dessus de la série supérieure de ces deux groupes de Gouclies dont nous >eiioïis de parler, il y a de 100 à 150 pieds de strates, coiisisiaul en couches d'argiles irisées et hieu cendré, en grès jaune, gris, rougeâlrc cl brun foncé, etc., dans lesquels on rencontre des Lingnla^ Ammla^ Arca^ tiefemnheB cxcenfricualilmiw ^ Ammonites très-voisine de r.4. cordaltis Sow., Peniacriniis acatark Goldf., etc., ayant lous des formes de ré)koque jurassique. Comme on ne trouve dans celle série aucune espèce crélacée, et en tenant aussi compte de sa position slraligrafïhique, nous regardons lous ces strates comme appartenant au système janmique,
« 6» Ensuite vient une série de strates dont renseml)le a quatre cents pieils d'épaisseur, qui soui très-semblables aux (touches précédentes, et donl on ne peul les séparer j>ar aucune ligne de démarcation un peu distlncle. Dans la partie inférieure de ce groupe on trouve une Ammonite^ un Plavùrbû^ une Paludina et une Unio\ mais la plus grande partie de celte série ile couches paraît ne pas renfermer de débris organiques, excepté quelques fragments de malières végélales. Nous regardons ces couches comme appartenant probablement au plus ancien groupe du terrain crétacé {n** 1 des seclions que nous avons déjà |>ubliéessuî les formations crétacées du Nebraska), quoique une grande partie d'entre elles puissent bien être de l'époque jurauRiquc.
« Par-dcssus loutes ces formations, on trouve régulièrement super|)osés les n^» 2, 3, i et 5 de la série crétacée du Nebraska, telle que nous l'avons donnée antérieurement dans les sections que nous avons déj^ publiées.
« Taules ces roches, depuis les grès de Potsdam jusque et y compris les couches crétacées les plus récentes, paraissent reposer en concordance de slratilication les unes sur les autres, et toutes plongent sous des angles élevés, autour des Black
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