IX. — Affection diverses
Antoine P. de 7 ans de la bourgade de Solbiate Olona. Il entre à l’Institut le 27 février 1886 avec un ulcère central de la cornée droite infiltrée dans le fond et sur les bords, légère trace d’hypopion; vive injection de périkeratite. Traitement par l’iodoforme ; améliorations au bout de quelques jours ; il sort avec une légère nébulosité cicatricielle le 21 mars.
Pierre C., 12 ans, milanais est reçu le 8 janvier 1886 avec une très grave conjonctivite, purulente bilatérale; ulcère central perforé et infiltré de la cornée gauche et sphacèle de la cornée droite. Il est traité au moyen de l’iodoforme lavages boriques et l’ésérine, quinine à l’intérieur. Il sort le 6 février avec un petit leucome adhérent de l’œil gauche; leucome vascularisé adhérent in toto à l’œil droit.
Joseph M., 27 ans, de Milan. Il est admis à la Clinique le 25 décembre 1885 avec un vaste ulcère entourant la cornée droite - sujet chétif - ozena. La cure se fait par l’iodoforme. Il est congédié le 10 mars avec un mince leucome dans la partie inférieure de la cornée adhérente sur un petit point.
Louis C., de Nova, 45 ans, est reçu le 4 janvier 1886 avec un alciis serpens grave de la cornée droite; hypopion et phtisie du bulbe gauche. Traitement iodoformique. L’hypopion disparait après quatre jours; l’ulcère se répare dans le bas. Le 2 février recrudescence du processus cornéen après avoir suspendu l’iodoforme; on en reprend l’usage. L’œil s’améliore de nouveau; la cornée se réclaircit; encore quelqu’alternative de mieux et de pis. Il est renvoyé avec une léger albugo cornéen le 2 avril.
Pétronille E., 70 ans, milanaise, se présente le 12 décembre avec une conjonctivite granuleuse bilatérale fort aiguë où l’on reconnaît une kératite ulcéreuse périphérique; léger catarrhe à l’œil droit. Médication à l’iodoforme. Le 11 janvier l’ulcère périphérique est déjà réparé, la cornée plus claire; le processus conjonctival très amélioré. Elle sort le 12 février.
Arnaud M., 2 ans */a, entre à l’Etablissement le 22 janvier avec une con-
jonctivite croupale bilatérale; cornées saines. Chémosis excessif de la conjonctive bulbaire. Cure iodoformique. Il sort complètement guéri le lOmars 1888.
Louis S., 36 ans, milanais, admis le 12 décembre. Il présentait une conjonctivite bilatérale granuleuse, inflammation grave et sécrétion purulente abondante. Ulcère central perforant de la cornée droite. L’iodoforme pour traitement. Il sort avec un très petit leucome adhérent central; conjonctives pâles.
Thomas R., âge de 29 ans, milanais. Il fait son entrée à l’Institut le 28 décembre 1885 avec une conjonctivite purulente des deux cotés. Ulcère central conique de la cornée gauche et très fortes névralgies récurrentes. Emploi de l’iodoforme comme médication: paracentèse. Il sort le 23 février guéri de l’affection conjonctivale et avec un simple et léger leucome central adhérent de la cornée gauche.
X. — Conjonctivite trachomateuse avec acutisation croupale et ulcère des deux cornées.
Le cas suivant se rapporte à un nommé Pierre Macabruni de Greco Milanese, palfrénier, âgé de 19 ans.
Il n’avait jamais souffert d’ophtalmie jusqu’à 17 ans, époque à la quelle il sentit les premières atteintes d’une conjonctivite trachomateuse qui fut soignée par les touches de la pierre bleue. Il éprouva de fréquentes alternatives de calme et de recrudescence: il se trouvait à cette époque dans une période de quiétude. Le 30 du mois de mai, à peine éveillé il s’apperçut d’une forte tuméfaction aux paupières, larmoîment. cararrhe et photophobie. Vers le soir la turgescence augmente et la sécrétion se fait plus abondante. Le lendemain il se rend chez le médecin qui lui ordonne des bain d’eau végéto minérale. Il n’en obtint aucun avantage. Le l.er juin il arrive au Dispensaire où on lui fait une première médication. Le mal augmentant on le fait entrer à la clinique le 4 juin. C’est un individu de constitution robuste il n’éprouva jamais de maladie grave, ni aucune dyscrasie.
Il présente dans les deirx yeux congestion des veines, paupières tuméfiées qu’il est difficile d’entrouvrir; sécrétion purulente copieuse. La conjonctive palpébrale renversée se présente couverte par une pseudo-membrane jaunâtre à mailles serrées, adhérente au tissu placé au dessons, saignant au toucher. — La conjonctive bulbaire est chémotique; les cornées toute fois encore saines; la chambre antérieure suffisamment ample.
Le patient ne sait aucunement trouver une cause quelconque à ce processus morbide.
La médication qu’on adopte de prime abord se compose de lavages au sublimé corrosif à 0.5 per 1000, collyre d’ésérine et abondantes pulvérisations de poudre iodoformique réitérées, basant le traitement du processus purulent sur ces moyens. En effet, tandisque par suite de l’etranglement du chémosis sur la cornée celle-ci dès les premiers jours commença à compliquer le pro-
cessus croupal, surtout du coté droit, où le mal était plus grave, on vit au contraire depuis le second jour de traitement décroître la sécrétion purulente et devenir moins dense.
Le 9 de ce même mois, c’est-à-dire quatre jours après l’entrée du sujet à l’Institut, la sécrétion jusques là assez abondande commença à diminuer et à devenir liquide et à disparaître complètement le 15e jour après le début du traitement pour le quel on avait employé presque exclusivement l’iodoforme. Ayant ainsi atteint le but de faire cesser la purulence on mit de préférence en usage les autres expédients pour combattre les complications cornéennes et iriennes et le processus trachomateux primitif, en basant le traitement d’une manière spéciale sur les irrigations de sublimé porté alors à la dose de 2 per 1000, d’où l’on obtint un avantage presque inespéré, de telle sorte que le malade présente maintenant la cornée gauche parfaitement transparente et se trouve placé en condition de supporter opportunément dans un but optique une iridectomie à droite, là où avait eu lieu la perforation centrale de la cornée, entièrement infiltrée avec avancement de l’iris couvert de productions fongueuses.
Nous n’entendons pas néanmoins parler ici des effets bienfaisants du sublimé, dont nous parlerons dans la Note déjà annoncée et qui suivra bientôt sous forme de lettre ouverte adressée à M.r le D.r Simi, oculiste distingué et directeur du Bulletin d’Oculistique de Florence.