LOISEAU
Officier tm canbinien.
Bruxelles, 10 février 1867.
De la tenue de l'officier.
Les tenues militaires doivent être à la fois élégantes et commodes ; il est surtout indispensable qu elles remplissent la seconde condition, car la tenue de garnison doit être aussi celle de campagne.
Pas de vêtements étriqués, usés en quinze jours et gênant horriblement Thomme qui les porte.
La tenue des officiers de la légion belge constituait^ déjà un notable progrès ; elle reçut, à notre passage en France, l'approbation unanime des officiers français, experts en la matière, et qui nous manifestèrent toute leur surprise de nous voir mieux habillés qu eux-mêmes.
La tenue que nous portions alors ne manquait certes pas d'élégance, et son ampleur permettait de se vêtir par-dessous aussi chaudement qu'il était nécessaire ; on pouvait,* en outre, se ceindre le corps d'une écharpe (1), dont le double tour protégeait le bas-ventre contre les dyssenteries, et les hanches contre la fatigue du ceinturon. Il faut que la tunique laisse le cou assez à l'aise pour permettre de porter à volonté la cravate ou le col.
(4) Accessoire indispensable dans tous les pays et par tous les temps.
Le pantalon doit être assez large pour ne gêner Thomme, ni dans la marche, ni au bivac, ni dans le service de tirailleurs.
La coiffure doit être légère ; Finconvénient des coiffures lourdes se fait vivement sentir sur les yeux : le képi, se rapprochant du modèle français, est la seule coiffure possible pour Tinfanterie en campagne.
On peut avoir, en garnison, un chapeau ou shako léger et coquet. Autant que possible, qu il ne soit pas en feutre, matière difficile à entretenir et qui se déforme en peu de temps.
Quant au manteau, le modèle en usage dans nos régiments de ligne est bon (1). Il ne faut pas que le par-dessus soit trop lourde car cet inconvénient s aggrave considérablement en temps de pluie. Il serait bon cependant dadjoindre au manteau un capuchon mobile,- dont Futilité se fait sentir, surtout pendant la nuit.
Les manteaux imperméables ont parfaitement résisté au Mexique et nous ont rendu de grands services. Ils se transportent sans embarras et sont très-commodes pour la marcher
Rien ne mérite plus l'attention de lofficier que le choix de sa chaussure. En marche, pas de bottes, mais des bottines en bon cuir, dans lesquelles la plante du pied s étale à Taise. La bt)tte mouillée blesse le pied, tandis que la bottine peut se desserrer à volonté. Le talon doit être peu élevé et de la grandeur du talon du pied. Joignez à la bottine une guêtre bien faite, d'une étoffe solide, serrant le cou-de-pied et le bas du mollet, et lofficier fera sans fatigue les étapes les plus longues.
Le fourreau du sabre doit être de cuir pour les officiers
(i) Je crois cependant que si le manteau avait la coupe du par-dessus, dit Mac Farlane, avec manches, il n'en serait que plus commode.
non montés ; celui de tôle n'offre que des inconvénients^!). L officier doit compléter son armement par un bon pistwfet revolver du calibre 12, avec 24 cartouches. Cet armement suffit, car Fofficier ne doit jamais faire le coup de feu ': il n'a pas trop de toute son attention et de tout son calme pour maintenir ou pour guider ses soldats.
Quant aux bagages à emporter par ToïScier, ils doivent être réduits au strict nécessaire et ne comporter, ^ au maximum, que les objets suivants ;
P Deux tuniques ;
2^ Un pantalon de drap ;
3® Un pantalon de coutil ;
4° Une cravate ;
5° Deux chemises en flanelle ;
6° Deux gilets, également en flanelle ;
7® Deux caleçons ;
8^ Une ceinture (2) ;
9° Six paires de chaussettes en laine ;
10® Deux paires de souliers ;
IP Une paire de pantoufles en cuir;
12® Un bonnet de nuit en soie noire, pour le bivac ;
13® Quatre serviettes ;
14® Une couverture (ou mieux deux peaux de mouton).
Un,petit nécessaire de toilette, du papier, des plumes et de Fencre ; une livre de biscuits, un peu depices et de conserves, une cuiller, une fourchette, un couteau, une assiette et un gobelet d'étain. Le tout renfermé dans une solide malle en cuir, ou plutôt dans une espèce de coffre qui, démonté, sert de lit, et dont il est parlé plus loin.
(i) Il est lourd, sujet à se rouiller et à se bosseler.
(2) En flanene etfaisant<Meux<ou trois fois le tour de la taille.
Je serais grand partisan de voir lofficier porter le sac, ou sinon la carnassière. Un sac, dit touriste, analogue à celui que portent quelques oflSciers prussiens, renfermerait les objets immédiatement indispensables, ainsi que des vivres ; il permettrait à l'officier de se passer pendant quelque temps de sa malle, si une circonstance fortuite, ce qui se présente souvent, venait à Fen priver.
yn officier d'état-major français m'a raconté que son général et lui, faute d'une précaution semblable, furent souvent en Italie privés de toute ressource, et ne durent qu'à l'obligeance de quelques autres officiers de n'avoir pas souffert cruellement de la faim.
Comme dernière recommandation, que tous les effets soient de bonne qualité et bien confectionnés. Les nôtres résistèrent très-bien au Mexique. Il y a du reste économie réelle à payer un peu cher, afin d'avoir du bon.
De la tenue da soldat.
La tenue du soldat ne doit comporter que les objets suivants :
P Une veste large, avec agrafe dissimulée, ou, ce qui vaut mieux encore, la tunique courte de l'armée française, fendue aux hanches.
Le soldat doit pouvoir mettre^, par-dessous, un gilet de flanelle ;
2^ Un pantalon large se rétrécissant un peu vers le bas ;
3^ Une capote assez large pour être mise par-dessus le
fourniment. Ce vêtement est excellent, surtout pour les marches d été, parce qu il laisse à l'homme une grande aisance de mouvements. Le gilet de flanelle se met dans ce cas immédiatement en dessous. Arrivé à Fétape, Fhomme ôte la capote et endosse la veste ;
4** Un gilet de flanelle. Cet objet peut servir en garnison pour las corvées et les travaux de salle d'armes et de gym nase;
5** Un pantalon en bonne toile pour servir de vêtement de rechange en cas de pluie ;
6° Deux chemises de coton ou de toile ;
7^ Deux caleçons (1) ;
8® Quelques morceaux de toile ou de coton pour remplacer les chaussettes. Avec deux paires de chaussettes seule- , ment, Fhomme en marche est fort exposé à se blesser. Ces objets sont souvent mal réparés, et il est presque impossible de les faire sécher du jour au lendemain ;
9** Deux paires de bottines. La chaussure doit prendre bien la cheville, être solide et aussi légère que possible. Je considère cette partie de Fhabillement comme la plus importante. Si elle est négligée, beaucoup d'hommes resteront en route, et, au moment de Faction^ vous serez privé dune grande partie de vos forces. La bottine pourrait être remplacée avantageusement par le soulier et la guêtre en drap; mais il ne faut pas adopter les jambières. Celles que nous avions emportées au Mexique ne nous ont jamais servi que dans les garnisons. Les Français, qui viennent de les répudier, n'en faisaient usage que dans les mêmes circonstances ;
10^ Un col et une cravate ;
IP Une écharpe comme celle de Fofiicier. Elle est d'autant plus utile que Fhomme est plus chargé de munitions ;
(4) Plus deux essuie-mains, un bonnet de nuit, les brosses, du fil, etc.
12** Un havre-sac renfermant les objets en double et les vivres.
Parfois, au Mexique, nous avions de fortes marches à faire pour surprendre lennemi. L'homme ne portait alors que sa tente, sa couverture et sa besace. Ce dernier objet est une espèce de carnassière de toile dans laquelle on mettait le café, le pain, etc., etc.
13® Une gourde. Cet objet est très-utile. Sa capacité doit être d un derài-litre. Celle en usage en Belgique a l'inconvénient d'être trop fragile. Si le soldat y met du café chaud ou s'il la laisse tomber, elle se brise.
La gourde que nous avions emportée vaut infiniment mieux. Elle est en fer-blanc recouvert d'une étoffe grise. Pendant le§ chaleurs le soldat mouille cette étofie, et le liquide se maintient frais par suite du phénomène physique de l'évaporation.
II ne séjournera du reste pas assez longtemps dans la gourde pour que le métal pruisse lui communiquer un mauvais goût;
14® Une petite marmite en fer-blanc pour contenir la soupe ;
15® Un gobelet également en fer-blanc et muni d'une anse pour l'attacher à la ceinture.
De l'armement.
La question de l'armement est aujourd'hui résolue en faveur des arnjes se chargeant par la culasse.
Pour cette espèce d'armes, il y a avantage à se servir d un calibre plus petit que celui des armes actuelles de Farmée belge. On n'a pas à craindre lencrassement et on diminue la charge du soldat, tout en lui donnant un plus grand nombre de cartouches.
Je voudrais voir adapter à chaque arme une capsule en cuir, attachée par une chaînette au battant de sous-garde. Les armes de la légion autrichienne étaient munies de cet appendice, qui rend de grands services pendant les marches et quand Tarme est chargée.
Si Ton adopte le sabre-baïonnette, quil soit léger. Le sabre-baïonnette du régiment des carabiniers est trop lourd; je crois que Ton pourrait substituer -avec avantage la poignée en corne à la poignée en laiton, qui est trop pesante.
Dans aucun cas, on ne doit adopter le fourreau en tôle, qui est trop lourd, bat contre les jambes et fait trop de bruit, surtout pendant la nuit.
Le ceinturon actuel est bon, quoique un peu large.
La cartouchière ne doit pas être roide. Les Français, en Afrique et au Mexique, se sont toujours servis de deux cartouchières : lune, officielle, placée sur le devant; l'autre, en peau souple et faite par le soldat lui-même, pouvant contenir quatre à cinq paquets de cartouches et portée par derrière. Cet usage se répandit bientôt dans les rangs de la légion belge, et nous pûmes constater les avantages qu'il présentait. Outre le contre-poids qui se produit naturellement, le soldat ne perd pas ses cartouches, ce qui arrive souvent quand une partie des munitions se trouve dans le havre-sac ; on sait que le troupier se débarrasse de cet objet par lassitude ou parce qu'il y est autorisé par le médecin.
Il est plus facile aussi de prendre les cartouches, le soldat n'ayant pas besoin d'ôter son sac ou de recourir à l'assistance de sou voisin.
Les courroies de suspension devraient être supprimées. Elles sont plus gênantes qu utiles et le soldat s en débarrasse à la première occasion.
Des marches.
Quand un soldat est devenu bon marcheur, c est-à-dire quand il est arrivé à 1 étape sans s'être fait porter ou sans avoir quitté son sac, et qu'il est parvenu à faire le café en trois quarts d'heure et la soupe en 2 1/2 heures, on peut dire qu'il est aguerri.
En effet, l'homme qui a assez d'intelligence et de prévoyance pour prendre avec lui ce qui peut lui être nécessaire en route, et qui a assez d'énergie pour surmonter les fatigues de la marche, se battra bien.
Ce n'est guère qu'après trois mois de campagne et après avoir mis de côté les non-valeurs, qu'un régiment se trouve en état.
Je ne puis, à cette occasion, laisser passer sans les flétrir, les coupables complaisances des conseils de milice, parmi lesquels l'élément militaire, c'est-à-dire le seul élément compétent et impartial, est en minorité.
Il arrive fréquemment que ces conseils admettent comme propres au service, des hommes idiots, contrefaits et chétifs; cette manière d'agir est on ne peut plus répréhensible.
La guerre, on le sait, n'est pas un jeu d'enfants ; elle moissonne la jeunesse dans sa force et dans sa fleur. N'augmentez donc pas le contingent de la mort, en soumettant à
des fatigues excessives des gens qui ne pourraient les supporter.
Les fatigues et les maladies enlèvent plus d'hommes que les balles de Fennemi.
Craignons quau moment du danger nous ne puissions opposer à Fenvahisseur qu un nombre d'hommes très-inférieur à celui sur lequel nous croyions pouvoir compter.
Le choix des hommes est bien plus important chez nous que dans les grands pays comme la France, par exemple, où les ressources ne manquent point. Là, quand on forme un corps d'invasion, on en choisit les éléments dans Farmée tout entière. On organise ainsi des régiments de ligne magnifiques, auxquels on adjoint des zouaves et des chasseurs d'Afrique. On forme de la sorte une armée de rudes marcheurs et de soldats aguerris, qui maintiennent toujours intacte la réputation militaire française.
Quand il s'agit de faire route, il suffit d'un intervalle d'une heure entre le réveil et le départ. C'est ce que vous n'obtiendrez pas du premier coup ; mais au bout de quelques temps on s'y fera.
En marche, que tout le monde soit à sa place ; le capitaine en tête de sa compagnie avec un officier ; le lieutenant en queue.
A proximité de l'ennemi, marchez en colonne ; si vous en êtes éloigné, marchez par le flanc, un rang à droite et un rang à gauche de la route, les hommes se suivant à la file. Ne permettez jamais qu'ils se réunissent par deux ; ils seront bientôt par trois, puis par groupe.
Un rossaiyi{l) profitera de la circonstance pour ralentir le pas, et se glissera inaperçu de compagnie en compagnie jusqu'à la queue de la colonne, où il tombera sur les bras du
(i) Qu'on me pardonne cette expression militaire un peu triviale, mais qui rend toute ma pensée.
docteur, qui n'est certes pas Thomme le moins à plaindre pendant la route.
Tant que les hommes marchent en file les uns derrière les autres, ils peuvent choisir les bons passages, s observer, se plaisanter et forcer leur camarade à marcher^ car ce camarade a sur son dos une partie de la tente commune et il doit, arrivé au bivac, faire sa part de corvée. Si un homme tombe malade, donnez-lui un billet pour le docteur.
Entre chaque compagnie, laissez quelques pas d'intervalle, d'abord pour l'ordre et ensuite pour la chaleur et la poussière.
En marchant comme je viens de l'indiquer, vous serez prêt à toute éventualité et vous aurez votre monde sous la main et en ordre, si l'ennemi se présente.
Toutes les heures il faut s'arrêter pendant dix minutes, et, autant que possible, où il y a de l'eau. On forme les faisceaux par rang, et six minutes après on fait sonner le garde à vous, A la dixième minute, on se remet en marche.
Si l'étape est de cinq lieues, on fait une grande halte d'une heure quand on a parcouru environ les deux tiers de la route. Pendant la halte, les hommes font le café. Cette opération ne doit durer que trois quarts d'heure ; louez et encouragez ceux qui ont fini les premiers.
S'il vous restait un long trajet à parcourir, partez la gauche en tête.
Le commandant doit rester parfois à la queue de la colonne, afin de surveiller l'ensemble de la marche ; qu'il exige que les oflSciers donnent l'exemple à la troupe en se tenant chacun à son rang ; que la tête de la colonne ralentisse le pas, car les hommes marchent toujours trop vite et s'essouf fient sans nécessité.
Les officiers montés doivent éviter de traverser les colonnes au galop, (Juand il y a de la boue ou de la poussière ;
rien n est plus insupportable et ne fait plus maugréer le troupier.
Il faut veiller avec soin à ce que les hommes qui accompagnent les bagages ne brutalisent pas les conducteurs, car ceux qui ne sont pas propriétaires de la voiture qu'ils conduisent, disparaîtraient à la première occasion.
Rien nest plus utile en route que de bonnes cantinières. Elles doivent être robustes, actives et surtout peu nombreuses, attendu qu'il est indispensable de leur donner un cheval ou une voiture, et que les moyens de transport doivent être limités au strict nécessaire. Ces femmes ne peuvent en campagne laver le linge du troupier ; leur rôle doit se borner exclusivement au débit des rafraîchissements et desdenrées. Les bataillons français comptent au plus une cantinière ; elle a une petite voiture traînée par un cheval ou deux mulets et contenant dli vin, des liqueurs, des œufs, des conserves, etc. ; le régiment lui fait une avance, qu'elle rembourse mensuellement.
De la nourriture.
L'officier ne doit rien négliger pour sa nourriture ; qu'il prenne du vin le plus souvent possible. Rien de tel qu'un verre de vin après une longue marche, pour chasser la fatigue, donner du ton à l'estomac et rendre du calme à l'esprit trop tendu. Que l'officier ait toujours au moins une croûte de pain dans sa carnassière et une goutte dans sa gourde, car il faut qu'il puisse, ainsi que le soldat, déjeuner au moins frugalement dès qu'il' arrive à la grande halte, ou
bien, s'il n'a pu le faire alors, aussitôt qu'il arrive à l'étape. Ce léger repas lui donne le temps d'attendre la soupe et le réconforte momentanément.
Il faut toujours que l'officier se souvienne que l'estomac est la base première de la santé, et que sans la santé il lui sera impossible d'accomplir une campagne jusqu'au bout.
Nous ne pouvons songer à adopter en Belgique le système français relatif au transport des provisions à emporter par les officiers. En Afrique et au- Mexique, deux mulets sont alloués aux officiers par compagnie ; l^un de ces mulets porte les bagages, l'autre est chargé de deux cantines contenant les objets de cuisine et les provisions. Quand les trois officiers sont présents à la compagnie, ils louent ou achètent d'ordinaire un troisième mulet. Dans notre pays, ces animaux sont fort rares et distraieraient en outre du combat les hommes chargés de les conduire. Le mode le plus simple à suivre serait de distribuer, au jour le jour, les vivres des officiers, qui feraient la soupe avec leurs soldats, en ayant soin, de temps à autre, de leur donner un pour-boire. L'officier n'aurait alors qu'à emporter son couvert.
Les officiers montés, qui ont deux chevaux, pourraient faire porter quelques ustensiles par le cheval que conduit leur ordonnance.
Il y aurait cependant avantage pour les officiers de pouvoir faire leur soupe en commun. Je crois que le meilleur parti à prendre serait d'adopter le système suivant, qui est léger et peu encombrant : une marmite ronde, renfermée dans une armature en bois qui la garantit des chocs, et sert de seau au besoin.
La marmite renfermerait en route les couverts, etc. Il y en aurait une pour l'état-major du bataillon et une pour chaque compagnie.
Pour ce qui concerne la troupe, les officiers doivent veiller à ce que leurs hommes se nourrissent bien ; c'est la con-
dition première pour qu ils puissent supporter les fatigues et éviter les maladies.
Le soldat doit prendre le café avant le départ et en faire encore à la halte. Deux ou trois heures après Farrivée à retape, il mange la soupe à la viande, ou, si Von arrive trèstard, une bonne soupe à Foignon, qui se prépare en moins d'une heure. Pendant qu il avale la soupe à Foignon, il doit préparer sa viande sous forme de carbonnades ou bien avec le riz. Ce n'est que dans des cas exceptionnels que Fon doit autoriser les soldats à manger la viande autrement que bouillie.
Presque toujours les hommes de la légion belge prenaient une troisième fois le café avant de se coucher. Cela les réchauffait et les entretenait dans un certain état de surexcitation nécessaire en route.
Lors du premier siège de Puebla, les soldats de marine, sans doute trop habitués à leurs cambusiers, négligèrent un peu leur nourriture, ce qui fut cause qu'ils perdirent beaucoup de monde.
Il y avait plaisir à voir les soldats français et les nôtres en campagne. Toujours gais autour de la gamelle, ils sacrifiaient leur solde à leur estomac, se réunissaient, se cotisaient, inventant des mets nouveaux qu au besoin ils assaisonnaient de plaisanteries. Cest ei^ partie à leur gaieté et à leur goût prononcé pour le fristi, que les soldats français doivent d'être de solides marcheurs et d'excellents troupiers.
M. le général Jeariningros, le promoteur des jardins militaires dans les fortifications (1), nous reçut àPueblaen nous faisant les recommandations les plus pressantes au sujet de la nourriture. Messieurs, nous dit-il, « dès que vos hommes ♦» arriveront à la halte, recommandez-leur la soupe à Foi- » gnon et toujours la soupe à Foignon. »♦
(i) Innovation des plus atiles, car elle permet de donner au soldat, presque sans frais, d'excellents légumes.
En campagne, il y aurait avantage pour TÉtat, à donner double ration aux hommes. Voici ce que les nôtres avaient au Mexique, et encore achetaient-ils un supplément.
750 grammes de pain ou 550 grammes de biscuit.
60 — de riz ou 12 centilitres de haricots.
16,66 — de sel.
25 — de sucre.
25 — de café.
12,05 — de tabac.
06,255 litres d'eau-de-vie.
300 grammes de viande.
1 kil. 200 grammes de bois.
L'État donnait également la même ration à l'officier.
Les jours de marche, la ration de viande était de 350 grammes, et, en terre chaude, les rations de café, de sucre et de riz étaient doublées.
En outre, la solde était de 52 centimes par jour pour le soldat, plus 12 centimes de supplément.
Selon les marches à faire et les ressources offertes par les pays à parcourir, l'homme portait pour environ quatre jours de pain, ou trois jours de pain et un de biscuit, son café, etc. Tous les* quatre ou cinq jours nous nous arrêtions pendant vingt-quatre heures pour confectionner du pain.
Outre ses effets, l'homme doit pouvoir mettre un pain dans son sac pour le garantir contre la pluie, car le pain mouillé ne vaut pas grand'chose.
La nourriture de nos soldats était composée, en garnison et en campagne, de la manière que je viens d'indiquer. En garnison on mangeait la soupe deux fois par jour, ou bien le troisième repas se composait de carbonnades et de riz. Ce mode d'alimentation nous était imposé par le manque de pommes de terre.
En garnison, un cuisinier et un aide suffisaient par com-
pagnie. En route chaque escouade avait son cuisinier, et ses aides se partageaient à tour de rôle les petites corvées.
Un caporal par compagnie en garnison, ou un par escouade en route, recevait une avance du sergent- major pour acheter les légumes et les petits suppléments.
Une escouade ne peut guère dépasser douze hommes, sans cela le bidon serait insuffisant. Il faut que cet objet soit en bonne tôle et confectionné de manière à se porter sur la partie supérieure du sac. On doit y ajoutei; une cuiller et une fourchette par peloton et deux petites haches légères et une scie par compagnie. Le moulin à café est également nécessaire ; il faut qu'il soit petit et qu'il puisse se clouer sur une planche. Le café se grille dans le couvercle d un des bidons. Si Ton n a pas de moulin à café, on est forcé de recourir au moyen un peu primitif d envelopper le café dans un essuie-mains et de le broyer à coups de crosse ou de pierre. Il est bon de joindre à cet attirail une gamelle plate par escouade. Cette gamelle sert pour les petits suppléments. Du reste, au bout de peu de temps, quelques-uns de ces objets manqueront ou seront détériorés. Il est donc nécessaire d'en avoir suffisamment.
En Belgique, la manière de faire l'ordinaire est trèsbonne et très -économique, mais il ne serait pas inutile d'habituer un peu les troupes à vivre comme en campagne. On pourrait désigner, pendant les camps de manœuvres, un bataillon à tour de rôle, dans chaque brigade, pour aller camper. Ces bataillons emporteraient tout leur attirail, leurs vivres, leur bois, en un mot, leur nécessaire. Je crois, du reste, qu'une mesure analogue est adoptée, en France, pour l'instruction des troupes au camp de Châlons.
De la maraude.
Il est à remarquer que le troupier aime à marauder. Donnez-lui de tout, même au delà de ses besoins, et il satisfera encore, quand il le pourra, sa passion pour la maraude en dérobant un petit cochon,' un poiflet ou un lapin. Les prétextes ne lui manqueront pas pour vous prouver que ces innocentes victimes sont venues d*elles-mêmes solliciter rhonneur de lui servir d'extra.
Rien cependant n'est plus pernicieux que la maraude pour la discipline et la sécurité des troupes. Si vous êtes dans votre pays, il y a quelque chose de répugnant à dévaliser des gens que vous avez charge de défendre. Si vous êtes en pays ennemi où la guerre doit nourrir la guerre, il est préférable de se faire payer un impôt, que vous ferez prélever par les municipalités. La vexation est moindre et les habitants s y soumettent plus aisément, parce que les charges sont supportées par tous. Quand le soldat pille, il détruit plus qu'il ne faut pour sa consommation et il mange tout indistinctement. S'il tombe sur un verger, il se bourre de fruits verts ou mûrs et finit par gagner la dyssenterie. Ces pilleries désordonnées finissent par relâcher considérablement les liens de la discipline, et les vexations qui en sont la suite ont pour conséquence de vous aliéner tellement les populations, qu'elles ne manquent pas, le cas échéant, de donner à l'ennemi tous les renseignements possibles sur votre situation.
Réprimez donc sévèrement toute tentative de ce genre. Écoutez les réclamations des habitants; quand elles sont fondées, punissez fortement le délinquant et faites rem-
bourser même le double de la valeur. S'il vous est impossible de trouver au juste le coupable, faites payer par tout le monde.
Quand les habitants connaîtront votre justice, ils laisseront leurs magasins ouverts ; vos soldats y gagneront en bienêtre, vos traînards ne seront pas assassinés et vous pourrez espérer que les populations resteront au moins neutres entre vous et vos adversaires.
Du campement.
Chaque fois que la sécurité de la route est assurée (1), on envoie en ^van4; ladjudant-major, les fourriers et le fournisseur. Quand la colonne est forte, il est nécessaire d'adjoindre au campement un officier d etat-major, pour régler l'ensemble.
Il faut avoir soin que le campement ait un représentant de chaque arme, afin qu'aucune ne soit négligée.
L'officier chargé de commander le campement reconnaît l'endroit le plus convenable, tant au point de vue de la sécurité qu'au point de vue de la salubrité et de la proximité de l'eau et du bois. L'emplacement reconnu, l'officier détermine la place de chaque corps ou fraction de corps, de manière que chacun, à l'arrivée de la colonne, puisse se rendre immédiatement où il doit être.
A l'arrivée, le commandant juge si les dispositions ont été
(1) On trouvera à la fin de ce travail un itinéraire de la route de San-Luis- Potosi à Monterey.
bien prises. Une derai-Jieure après, il doit avoir reconnu les environs et fait placer les avant-postes.
Rien de plus simple que le campement dun bataillon. Aussitôt qu'il est arrivé sur l'emplacement qu*il doit occuper, on le forme en carré. Les bagages se placent au centre; les escouades commandées de garde se portent en avant de chaque face suivant les accidents du terrain ; elles servent d avant-postes et placent un factionnaire à une vingtaine' de pas. Ces "avant-postes doivent pendant le jour être placés assez loin pour que lennemi ne puisse de là tirer sur le camp, ainsi que cela est arrivé un jour à un lieutenant-colonel français, qui avait négligé une seule fois de faire le tour dç ses postes pour juger de leur position.
Ne craignez rien pour la sécurité de ces petits postes. Les officiers français qui, en Afrique, les ont vu employer, m ont affirmé qu'on ne les a jamais enlevés. Ces postes peuvent voir et entendre de loin ; en cas d attaque, ils se glissent inaperçus et rejoignent. S'ils se font surprendre, la perte n'est pas grande ; le principal est qu'ils vous avertissent par une décharge. ,
J'ai constaté qu'il faut dix minutes à deux bataillons pour se réunir derrière les faisceaux. Mais comme l'ennemi ne peut pas marcher très-vite pendant la nuit, surtout quand il fait obscur, vous pouvez d'après cela juger du plus ou moins d'éloignement à donner aux avant-postes dans leur emplacement de nuit.
Il est nécessaire de les former de fractions constituées ; elles ont ainsi avec elles leurs ustensiles de campement, et vous évitez les corvées pour leur porter à manger.
Aussitôt que le bataillon est en carré, les hommes forment les faisceaux et pendent à leur arme le ceinturon, la cartouchière et le sabre. ^
On place une sentinelle devant les armes de chaque face ; elle a pour mission de surveiller l'intérieur du camp et de
répéter les cris d alarme qui pourraient venir de lextérieur. La garde de police est établie au centre. Elle place un factionnaire pour surveiller les prisonniers ou les bagages. Si vous campez à proximité d'un village, mettez, en outre, une sentinelle dans le clocher.
Cette manière de camper n'exige pas beaucoup de place. Un bataillon peut se former dans un cimetière, dans une cour, dans un enclos quelconque.
Aussitôt les faisceaux formés, les hommes rompent les rangs et dressent leurs tentes. La tente-abri a été inventée par Tarmée d'Afrique. C'est tout ce qu'on peut imaginer de plus simple : trois, quatre ou cinq hommes réunissent leui*s tentes et se trouvent parfaitement à couvert.
Lorsque le terrain n'est pas sec, on cherche à se mettre à l'abri de l'humidité au moyen de paille, de foin, etc. Les piquets destinés à supporter et à retenir la tente doivent être réduits à leur plus petit volume. Pour les bien conserver, le soldat les place dans un petit carquois en cuir attaché sur un des côtés du sac.
Souvent au Mexique nous donnions la ration de viande la veille, afin de pouvoir la mettre immédiatement dans la marmite à l'arrivée au lieu de l'étape. On sait que la viande entièrement fraîche exige pour la cuisson plus de temps que celle d'un animal abattu la veille.
En même temps que les hommes préparent leur couchage, les cuisiniers et leurs aides vont à l'eau, aux provisions, et font leurs feux en avant des faisceaux , de façon à ne pas enfumer le camp.
Le commandant fait son rapport le plus tôt possible. Tous les chefs de service y assistent, y compris l'employé aux vivres, qui indique l'heure et le lieu où les distributions pourront se faire. Autant que possible le bois doit être distribué immédiatement.
Voici une excellente manière ,de faire le rapport que j'ai
vu employer dans la division du général Douay, et qui fut adoptée par le colonel Van der Smissen.
Au bivac, une demi-heure après larrivée ; en garnison ou pendant les séjours, à huit heures et demie, les pièces étaient envoyées au chef d'état-major, qui les classait. Une heure après, tous les chefs de service se réunissaient ; le commandant supérieur leur demandait tous les renseignements dont il avait besoin et soumettait à leur appréciation les demandes concernant leur spécialité. Le général donnait ensuite ses ordres ; le tout durait dix minutes. Il paraît qu'à Paris, les adjudants-majors assistent au rapport du commandant supérieur, et vont ensuite communiquer dans les casernes ce qu'il y a déplus urgent, avant même de se rendre chez leurs chefs de corps.
Le service commandé et les distributions faites, laissez fricoter le soldat.
Si l'étape n'a pas été longue, ordonnez vers quatre heures une inspection des armes par les officiers de semaine.
Quand on craint l'humidité ou la pluie , ces officiers font placer les armes sous les tentes, et ils veillent à ce que les hommes aient à côté d'eux leur cartouchière, leur ceinturon et leur baïonnette. Ils recommandent en outre à leurs hommes d'être prêts à se former en cas d'alerte.
Si l'ennemi attaque le camp, les hommes de la face attaquée se forment rapidement derrière les faisceaux, pendant que sur les autres faces on organise de petites colonnes tournantes, ce qui est le meilleur moyen pour déconcerter l'assaillant.
Il faut défendre formellement aux hommes de faire feu en cas d'attaque nocturne. Ces feux de nuit jettent la terreur dans l'âme des soldats, font peu de mal à l'ennemi et souvent beaucoup aux troupes qui les emploient. Je puis en parler en connaissance de cause.
Un fait analogue m'a été rapporté au sujet d'une division
mexicaine. L'empereur Iturbide, apprenant qu'il allait être attaqué dans la place qu'il occupait, fit prendre les armes pendant la nuit à 1,500 hommes, et leur fit traverser le camp ennemi sans tirer un coup de fusil. Ses adversaires crièrent aux armes, se levèrent en tumulte et firent feu dans toutes les directions. Quelques heures après, l'empereur rentrait en ville sans avoir perdu un seul homme, tandis que l'ennemi venait de se mettre par son propre feu 1,600 hommes hors de combat.
Comme mesure de précaution, il faut aussi, en arrivant au campement, se faire donner des renseignements par le cHef de l'autorité municipale, et les vérifier si c'est possible ; il faut, de plus, se ménager des intelligences avec les habitants, afin d'être averti par eux de la marche de l'ennemi.
On doit, en pays ennemi, menacer les habitants d'employer à leur égard des mesures de rigueur, telles que l'incendie de leurs maisons, etc., s'ils ne préviennent pas au moins deux heures d'avance de l'approche de l'ennemi.
En tout cas, prenez toujours toutes les précautions nécessaires pour ne pas être surpris, car c'est une faute qui ne se pardonne pas.
Chaque commandant de face doit avoir ses instructions. Tout doit se faire sans bruit et de manière à ne pas alarmer inutilement le soldat. Le meilleur moyen serait d'adopter, en tout temps et surtout au commencement d'une campagne, les précautions mentionnées ci-dessus.
Il faut que les officiers campent toujours près de leurs hommes et couchent tout habillés. Ce sont eux qui doivent être les premiers en avant des faisceaux, car ils doivent empêcher le désordre et assurer ainsi le succès.
Quand l'ennemi était à proximité, j'ai vu parfois adopter les mesures suivantes : deux heures avant le'jour, la moitié de chaque face se levait sans bruit et se plaçait aux faisceaux pour être prête à tout événement. Le restant conti-
nuait à se reposer. Si le lendemain pareille mesure devait être adoptée, c'était au tour de la seconde moitié, etc. Pour laisser plus de repos aux troupes, voici une autre manière qu'employait parfois le colonel Van der Smissen : il faisait donner un coup de langue une demi-heure avant le réveil. A ce signal, les cuisiniers se levaient pour préparer le café. Ainsi, par exemple, àtroisheures et demie, coup de langue; à quatre heures, réveil; à quatre heures trente-cinq minutes, boute charge (1); à cinq heures, départ, sans aucun retard. Cette mesure avait été adoptée en Afrique sous le commandement du général Saint-Arnaud. Si la colonne se compose de différentes armes, rétat-maj or, le génie, lartillerie, Fambulance et les bagages sont au centre. La cavalerie forme une des faces et fournit, en outre, pendant le jour, des petits postes pour éclairer au loin.
Pendant la nuit, la cavalerie ennemie est peu à craindre, car elle est embarrassée pour conduire ses chevaux et elle ne peut charger.
Autant que possible on choisit des habitations pour y installer Tétat-major et surtout Tambulance.
Quand il fait froid et humide, on allume de grands feux autour desquels les hommes se chauffent en s'entourant de leurs couvertures. Une fois bien réchauffés, ils vont se fourrer sous leurs tentes, dès que le sommeil se fait sentir.
Il ne faut pas oublier, quand on doit séjourner, de désigner aux hommes un endroit sous le vent où il leur sera permis de satisfaire leurs besoins. \
L ofBcier devrait toujours être abrité. Son âge, ses services, sa constitution qui est souvent moins robuste que celle des soldats, exigent qu'il soit entoi^ré dun certain bien-être qu'il peut, d'ailleurs, se procurer sans augmenter
(1) On fait les sacs et on charge les bagages.
beaucoup les bagages. Il suffira qu'il ait, au lieu dune malle assez lourde, un lit de campagne très-solide, mais léger, qui puisse se replier sur lui-même et dans lequel il mettra une peau de mouton ouverte par le milieu et formant sac. Pendant la nuit, cet objet lui sert de matelas et de couverture ; pendant le jour, il y met ses effets. La tenue de rechange lui tient lieu d oreiller, et le manteau de couverture (1). ^
Le lit, dont les pieds se replient vers Fintérieur, est composé de trois parties. Le tout s'enferme dans une espèce de sac muni d'un cadenas. Ce sac, déplié, doit servir à recouvrir le lit pendant la nuit, comme la tête des berceaux d'enfants, et faire ainsi l'office de tente. Le tout, bagages compris, ne pèse pas plus de treûte-cinq livres (2).
Quant à l'officier supérieur, il doit avoir une tente plus spacieuse.
De Tadministration.
L'administration est très-bien réglée en Belgique, mais elle est trop compliquée et trop volumineuse pour pouvoir être tenue de la même façon en campagne.
Il est impossible de donner chez nous un mulet aux comptables d'une compagnie, comme cela se pratiquait au Mexique. Il est donc de toute nécessité de réduire le nombre des registres d'une compagnie à un registre unique, qui puisse se mettre dans le sac du sergent-major. .
(i) Voir les figures.
(2) Parmi les bagages, figure un pliant du poids d'une livre et demie. — Cet objet est indispensable.
On ne peut guère songer à supprimer la masse des hommes. L*essai en a été fait an Mexique et nous ayons pu en reconnaître tous les incouTénients. Les soldats soignent moins leurs effets, les vendent et vontmèmejusquà les jeter. On est donc forcé de conserver le livre de dettes ; quant au livret, rien ne s oppose à ce qu il soit supprimé. Les hommes signeraient leur compte tous les trimestres dans le livre de dettes. En campagne, ce livre serait envoyé au dépôt, et les comptes ne seraient régularisés qu'à la fin de l'expédition. Cette mesure est nécessaire, car en route leç pièces ne parviennent que fort difficilement. Le décompte sera, du reste, aisé, si les sergents-majors tiennent bien au courant leur unique registre, qui renfermerait les états suivants :
P Un état des mouvements opérés par la compagnie, avec indication des hommes qui ont marché.
Exemple : du 1*"^ janvier au 31 mars inclus, caserne à
Bruxelles. Les n*** , ont marché de telle à telle
date(l);
2° Un contrôle de la forme suivante :
si
NOMS et
PRÉROMS.