‹ Notes servant à l'étude des préceptes de rhétoriqueChapitre 16 sur 38 · TION DE L'ELOCUTION ET QUALITES 7' ■"":..:. IX IT .-.VCIR · texte numérisé non relu

TION DE L'ELOCUTION ET QUALITES 7' ■"":..:. IX IT .-.VCIR

L'élocution, c'est l'art d'exprimer ses pensées de la manière la plus avantageuse possible dans les circonstances.

Art. Il ne s'agit plus de définir les artifices du style, ce qui est le propre de la science, mais bien de les appliquer à un sujet concret. Pour que cette application soit réellement artistique, il faut qu'elle semble faite sans effort.

D'exprimer. Les pensées les plus lumineuses et les plus sublimes sont parfaitement inutiles, si l'on ne parvient pas à les traduire de telle façon par des paroles, que l'auditoire qui nous écoute puisse les saisir et s'en pénétrer. Une même pensée peut être exprimée de bien des manières, mais, dans un cas donné, il n'y en a qu'une qui soit réellement la bonne.

Ses pensées. D'abord, elles sont plusieurs, mais leur ensemble ne méritera le nom de discours que lorsque cette mosaïque sera coulé en un tout homogène et plein de vie.

N.B. Il est opportun d'insérer ici, quelques notes sur l'emploi des citations.

"Il n'est pas défendu en littérature de ramasser une arme rouillée; l'important est de savoir aiguiser la lame et d'en reforger la poignée à la mesure de sa main.w (Daudet.) Il est permis de se servir de citations, mais il est indispen able de le faire à propos et à bon escient. Autant que possible, il faut I r dr;ne le discours pour que celui-ci soit un tout. Généralement, il est permis d'en changer la forme pour les adapter à son propre style. (Dans un travail historique, cela n'est pas permis: les documents ne s'inventent pas.) Dans le sermon, il ne faut pas craindre de se servir de l'Ecriture sainte et des écrits des Saints.

De la manière la plus avantageuse possible dans les circonstances.

Chaque genre littéraire a ses lois, l'éloquence a aussi les siennes. Ces lois sont basées sur le but qu'il faut atteindre. Puisque l'orateur, pour persuader, doit viser à instruire, plaire et toucher, les qualités essentielles du e :yle oratoire sont la clarté, la convenance et le pathétique. 'Le chais des termes est un travail ardu mais nécessaire. Plus d'un orateur bien doué1,' pour l'avoir négligé, s'est condamné à une éternelle médiocrité.

Le discours est avant tout une oeuvre de tact, non seulement pour. l'ordonnance des différentes parties, mais aussi pour le choix des expressions et des couleurs. La rhétorique ne saurait se substituer à la nature et donner du tact, à ceux qui n'en ont pas; elle ne saurait donc indiquer d'une manière générale dans quelle proportion il faut doser la clarté, la conv3nar.ee et' le pathétique. Elle peut tout au plus livrer avec' réserve les fruits de ses observations.

L'idéal serait que le style oratoire ait toujours les trois qualités mentionnées plus haut: clarté, convenance et pathétique. L'ordre d'importance de ces qualités varie suivant que l'orateur s'adresse à des auditeurs ou à des lecteurs, suivant qu'il compose à tête reposée ou qu'il s'abandonne aux caprices de l'improvisation.

Pour l'orateur qui parle aux foules, la qualité la plus importante est la clarté. S'il n'est pas compris, tout le reste est inutile, car l'auditoire n'a pas la ressource de consulter le texte ou. le contexte pour s'orienter. En second lieu vient le pathétique, puisqu'il est rarement possible de persuader les foules sans recourir à l'appel des passions. Les convenances viennent en dernier lieu, car, par ses gestes, son ton et sa physionomie, '1' orateur, peut arrondir bien des coins et se faire pardonner bien de; petits accrocs, sans compter que,... s'il lui arrive de manquer gravement aux convenances dans le feu du débit, il peut toujours s'excuser a?ant de finirc (Devant un auditoire d'élite, les convenances primeront sur le pathétique.)

Dans l'improvisation, le pathétique a généralement la première place, parce qu'il est rationnel de supposer que celui qui se lève pour parler absolument sens préparation immédiate doit être sous le coup d'une vive émotion. (11 s -'agit de l' improvi . ation proprement dite.) Dans une telle circonstance, il faudrait être vraiment cruel pour exiger une clarté et une convenance parfaites.

Dans le discours destiné à la lecture, -il faut d'abord la convenance du style et des expressions, parce que, dans ce cas, toute bévue est censée être commise de propos délibéré, et que, une fois écrite, elle demeure. "Scripta manent". De là ces formules si variées, si compliquées qu'exigent les lettres bien faites (surtout les lettres où il s'agit de questions délicates à traiter), La clarté ne vient qu'en second lieu, parce que le lecteur; a entre le? : ins- le texte qu'il peut relire à discrétion. Le" pathétique, s'il y en a, ne \rient qu'en dernier lieu.

Page 1