‹ Notes servant à l'étude des préceptes de rhétoriqueChapitre 17 sur 38 · LA. COMPOSITION · texte numérisé non relu

LA. COMPOSITION

"L'inspiration", "Les Muses", "Le petit Lutin" de Corneille, ne sont que des figures de mots et des manières de parler, car les choses extérieures ne peuvent avoir qu'une influence indirecte et bien secondaire sur le travail de l'esprit humain. C'est de lui-même, de son travail, de son effort intellectuel, que l'homme qui compose tire sa .véritable inspiration. Quiconque a assez de maîtrise sur ses facultés pour les appliquer tout entières à un sujet donné, et pour s'astreindre à un sérieux travail de réflexioii finira nécessairement par s'enflammer; c'est une loi physique. "La culture de l'attention est le secret de l'entraînement intellectuel." (Goyau.) "L'homme qui est tout entier à son métier, s'il a du génie devient un prodige; s'il n'en a point, une application opiniâtre l'élève au-dessus de la médiocrité." (Diderot.)

Ceux qui se plaignent le plus volontiers de leur manque d'inspiration sont des papillons, constamment agités par mille pensées folles, ou de "gros pâteux" incapables du moindre effort intellectuel. Evidemment, tous les métaux n'entrent pas en ébullition à la même température. Pour certaines natures, il faudra une plus longue réflexion que pour d'autres; mais, si l'on veut y mettre le prix, l'inspiration viendra infailliblement dans la mesure de son talent.

Page 1