‹ Notes servant à l'étude des préceptes de rhétoriqueChapitre 2 sur 38 · MOYENS D'INSTRUIRE: LES PREUVES · texte numérisé non relu

MOYENS D'INSTRUIRE: LES PREUVES

Preuves et arguments.

On appelle preuve toute raison, quelle qu'en soit la forme, apportée par un orateur pour appuyer ses affirmations et faire partager son opinion aux autres. Les arguments sont des preuves formulées de telle sorte qu'elles imposent aux auditeurs une conclusion logique indiscutable. Tous les arguments sont des preuves, mais toutes les preuves ne sont pas des arguments. L'argument a pour effet de forcer les plus réfractaires à se rendre à l'évidence.

Les preuves sont incontestablement la partie essentielle d'un discours. Cicéron les appelle "la chair, les muscles et les os" et Marmontel dit qu'elles en sont ."le squelette, et la charpente." Elles constituent ce qu'on est convenu d'appeler le fond du discours. Si la preuve est bien faite, lors^méme qu'elle ne serait pas agencée avec art et que le style laisserait à désirer, le discours a toujours une certaine valeur. En général les Anglais s'en contentent et ils' appellent ' debater* tout homme qui accumule des preuves.

m On dit qu'il n'y a rien de brutal comme un fait; on

pourrait dire la même chose de toute conclusion déduite logiquement d'un principe indiscutable. La 'seule différence, c'est que pour saisir un fait il suffit d'avoir l'usage de ses sens, tandis que pour saisir une conclusion, il faut avoir un peu d'intelligence. Un auditeur peut être réfractaire aux charmes du beau langage, de la vertu, des bonnes manières; il peut être cuirassé contre l'influence des passions, mais, a moins d'être un entêté stupide, il lui faut nécessairement se rendre à l'évidence.

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