‹ Notes statistiques sur l'Algérie et considérations sur l'origine et les effets de la crise actuelleChapitre 13 sur 64 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

DE L’ADmiHISTRATIOH CIVILE.

11 est difficile de se rendre raison de l’ignorance où l’on est généralement en France sur les choses qui concernent l’Algérie.

On sait seulement , et avec un juste sentiment d’orgueil , que l’armée et la marine remplissent leur tâche avec honneur et dévouement; que là se forment par les fatigues et les privations, de bons officiers et de bons soldats, qui y apprennent le métier de la guerre sous des chefs braves, intelligents et expérimentés.

Mais quant à l’organisation de l’administration et à ses travaux ; quant à la colonisation et aux affaires générales du pays, bien peu de personnes en connaissent les premiers éléments ; il en est même qui croient qu’il n’y a point d’administration proprement dite, et que tout se fait, en Algérie, sous l’autorité du sabre. Et cependant les institutions ne manquent pas au pays; il est facile de l’établir par des exemples.

En matière d’ administration proprement dite, il existe : un conseil supérieur d administration ,

siégeant à Alger, sous la présidence du Gouverneur-Général , composé des principaux chefs de service et de commissaires rapporteurs ; il délibère sur toutes les affaires administratives qui présentent de l’importance ;

Un Directeur-Général des affaires civiles ;

Un directeur civil dans chaque province, remplissant des fonctions analogues à celles des préfets en France ;

Des conseillers dedirection remplissant des fonctions semblables à celles de conseiller de préfecture ;

Des sous-directeurs civils à Bône, Philippeviile et Blidah ;

Des conseils municipaux vont être constitués dans les principales villes en vertu de l’ordonnance du 28 septembre 1847.

Et les fonctions des juges des tribunaux de commerce sont dévolues à l’élection par ordonnance du 24 novembre 1847 ;

En matière de culte , il existe en Algérie un évêché, un consistoire protestant , un consistoire hé-braïque, des corporations musulmanes, et, dans chaque localité , des desservants pour les différents cultes, qui tous reçoivent, de la part du gouvernement, une égale protection.

En matière de justice, il existe à Alger une cour royale et un tribunal de première instance; des tribunaux civils h Blidah , Oran, Bône et Philippeviile ; des tribunaux de commerce à Alger et à Oran , et des justices de paix dans presque toutes les villes.

Des juges civils vont être établis dans toutes les villes des territoires mixtes ou les commandants de place ont provisoirement rempli, jusqu’à ce jour, les fonctions judiciaires.

La justice est administrée, dans ces diverses juridictions, par application des codes de la métropole, avec la même intégrité , la même connaissance des affaires et la même célérité qu’en France.

En matière d'instruction publique, il existe à Alger un collège qui est à la veille d’être organisé en collège royal, et dans toutes les villes de nombreux pensionnats pour les enfants des deux sexes , ainsi que des écoles primaires françaises , musulmanes et israélites. Il existe en outre, à Alger, un cours public et gratuit de langue arabe.

En matière d’ établissements de bienfaisance , il existe dans plusieurs villes des hôpitaux civils organisés et administrés comme en France ; des maisons destinées à recevoir des orphelins des deux sexes, des salles d’asile, des sociétés de charité; enfin, à Alger, Oran, Philippeviile et Bône, des établissements où les ouvriers arrivant d’Europe sont nourris et logés en attendant que les comités de patronage, préposés à la surveillance de ces dépôts, aient pu leur trouver de l’ouvrage.

En matière d’établissements commerciaux et agricoles, il existe dans les principales villes, des chambres de commerce et des sociétés agricoles, dont les travaux rendent d’utiles services au commerce, à l’industrie et à l’agriculture.

Enfin, de nouvelles dispositions utiles au pays sont à l’élude, et l’Algérie ne tardera pas à en être dotée.

Nous ne prolongerons pas davantage celte nomenclature, car nous croyons en avoir assez dit, pour démontrer que l’Algérie n’est pas dépourvue d’institutions, et que les besoins essentiels de ses habitants sont en partie satisfaits.

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