FORÊTS
Jusqu’à ce que des explorations, suivies avec persévérance, ou qu’un heureux coup de sonde fasse découvrir un terrain carbonifère, objet de tant de vœux et que rien n’a encore signalé d’une manière significative , les produits forestiers fourniront seuls le combustible nécessaire pour l’exploitation des mines. Il est donc important de rechercher si les forêts du pays pourront suffire aux besoins, sans le secours de la houille.
En l’état actuel des choses, nous pensons pouvoir répondre affirmativement; car, par un heureux hasard, les mines concédées sont situées dans le voisinage de forêts en général bien peuplées d’essences possédant de bonnes conditions de combustion et de proximité, et tout fait espérer qu’un bon
aménagement des forêts déjà reconnues, assurera, pour quelques années, en en empêchant l’épuisement, les ressources nécessaires pour exploiter les usines et pour traiter le minerai dans tous les lieux.
Nous emprunterons les renseignements qui suivent, sur les richesses forestières de notre colonie, aux tableaux faisant connaître la situation des établissements français dans l’Algérie, dressés par les soins du ministère de la guerre, travail important, distribué annuellement aux chambres et aux principaux chefs de service en Afrique, mais peu counu en France.
Pendant l’année 1846, le service forestier, quoique réduit à une action très-incomplète par l'insuffisance de son personnel et l’exiguilé de ses moyens d’exéculion, a continué à se livrer à la reconnaissance des forêts, et à préparer, dans quelques-unes des plus voisines du littoral, les opérations qui doivent précéder les exploitations, conformément aux règles ordinaires des aménagements.
Ainsi, les forêts de la Calle, de FÉdoug, depuis Bône jusqu’au cap de Fer, des Beni-Salah, des duues de la Mafrag, des rives de l’Oued-el-Kebir (sud de la Calle) ; de Dréan , de Fedj-el-Makra , ont été l’objet d’études destinées à faire connaître leur possibilité annuelle.
Dans la forêt delà Calle, trois séries d’exploitations, de 2,000 hectares chacune, et divisées en coupes qui doivent être exploitées dans le but de la reproduction et de la récolte du liège, sont exploitées, la première par le service forestier lui-même, les deux autres ont été concédées pour 46 années, moyennant redevances fixées envers l’État, sous la surveillance des agens forestiers.
L’exploitation, en 8 années successives, et moyennant redevances, des rives boisées de l’Oued-el- Kebir, au sud de la Calle, a été, en outre, concédée à l’industrie privée, au point de vue de l’aménagement ordinaire.
Il en a été de même pour une partie de la forêt des dunes de la Mafrag, à exploiter aussi en 8 années.
La forêt de Zeranma, située près de Philippeville, a été destinée pour être l’objet d’une exploitation au point de vue de la production du liège, sur des bases analogues à celles adoptées pour les forêts de la Calle.
Dans la forêt de l’Édoug, deux grandes séries d’exploitation ont été affectées à fournir, pendant 40 années, moyennant redevances, le combustible nécessaire aux usines métallurgiques qui seront établies pour traiter les minerais de fer provenant des concessions faites dans les environs de Bône.
De nouvelles études ont été ordonnées pour préparer la mise en valeur d’autres forêts, dont l’exploitation pourra être confiée aux ressources de l’industrie privée.
Si les fonds nécessaires sont alloués pour donner une extension convenable au personnel et aux travaux du service forestier, les années qui suivront seront employées plus utilement pour les intérêts du trésor, en même temps que pour ceux de l’Algérie.
Les forêts seront délimitées et arpentées ; des routes d’exploitation seront ouvertes ; enfin les travaux de reboisement, si nécessaires sous le rapport climatérique , et sous celui d’une alimentation régulière des cours d’eau, seront entrepris sur une grande échelle, au moyen de semis d’essences résineuses et autres.
On a pu dresser une statistique générale, bien qu’elle ne soit encore qu’approximative, des forêts de l’Algérie. Cette statistique, dont les tableaux sont ci-après, a été établie de manière à présenter les forêts par province, en commençant par les forêts qui sont les plus rapprochées de la mer.
On a désigné dans ces tableaux, sous le nom de forêt, les masses boisées qui ont le plus d’importance, et qui offrent notamment des arbres de futaie propres aux constructions,
Le nom de bois a été donné aux surfaces boisées qui offrent moins d’importance, soit par leur faible étendue, soit par la nature des essences qui ne peuvent fournir que du bois de chauffage.
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