DE U RICHESSE DU PATS
L’antique fécondité et les ressources très-variées du sol algérien, sont trop généralement connues pour que nous croyions nécessaire de consacrer de longs détails a l’examen de cette question ; mais nous croyons cependant devoir en dire quelques mots •
Sur 85G millions d’achats faits par la France en 1845, dans les pays qui ne nous achètent, en général , que des produits d’une valeur bien inférieure , 452 millions s’appliquent aux objets ci-après :
Colons . 108,000,000
Soie . 64,000,000
Laines . 49,000,000
Graines oléagineuses . . . 45,000,000
Peaux brutes . 30,000,000
Tabac en feuille.. . . 28,000,000
Huile d’olive . 22,000,000
Indigo . 21,000,000
Céréales . 15,000,000
À reporter . 382,000,000
Total.... 452,000,000
Il est permis d’avancer comme certain que l’Algérie est susceptible de fournir un jour à la mèrepatrie la totalité de ces produits.
Déjà beaucoup d’entr’eux, le tabac, l’huile et la soie, notamment, sont l'objet d’une attention suivie de la part de quelques colons qui y trouveront prochainement de très-grands bénéfices. Le succès des essais de culture du coton et de la garance ont répondu aux espérances qu’on en avait conçues.
L’élève des bestiaux commence à se généraliser, et l’on ne doute pas que des croisements intelligents et l’intervention de l’autorité, pour imposer des règles conservatrices dans le choix des animaux destinés à l’alimentation des habitants et des troupes, n’apportent bientôt de notables augmentations dans les avantages très-grands de celte industrie.
La belle race chevaline de l’Algérie, qui déjà suffit, et au-delà, à la remonte des quatre régiments de chasseurs d’Afrique, des trois régiments de spahis, des cavaliers arabes et des colons, fournira également d’immenses bénéfices. L’administration, sentant toute l’importance d’encourager, à cet égard, les efforts des propriétaires, a fait établir, sur divers points, des dépôts d’étalons de choix, et les croisements que cette mesure facilite, donnent déjà quelques sujets de très-belle espérance.
Les hostilités n'ont pas encore permis d’explorer les montagnes sur une large échelle. Néanmoins on y a déjà trouvé quelques mines abondantes qui feront l’objet d’un chapitre spécial.
Les riches salines des trois provinces, et notamment celle d’Arzew, qui est depuis long-temps en pleine exploitation, augmenteront les produits de la colonie. Nous pouvons citer encore les abondants gisements de sel gemme qui s’étendent depuis la mer jusqu’au désert, et qui doivent nécessairement devenir un jour la source d’un commerce considérable.
Avant de terminer ce chapitre, nous sommes heureux de signaler dans l’état ci-après, les résultats progressifs de la culture du tabac.
Le tabac est indigène en Algérie, et le sol est parfaitement propre à sa culture ; les Arabes ne le eu 1 livaient que pour les usages de la consommation locale : la qualité était sans énergie et son arôme fade .
Les renseignements fournis à l’administration des tabacs en France, la déterminèrent à faire quelques essais : à cet effet, elle envoya à Alger un agent intelligent, pour reconnaître les qualités du sol, enseigner et propager les bonnes méthodes de culture. Les résultats furent heureux; et, sur le compte favorable qu’il en rendit à la régie, elle le chargea de faire des achats pour le compte de l’État.
Grâce à celte décision, et au prix avantageux qui fut fixé pour les achats, les colons et les Arabes se livrèrent avec ardeur à la culture de la plante, et au séchage de la feuille ; il est désormais démontré, par des résultats acquis, que l’Algérie est dotée d’un nouvel élément de richesse agricole.
Jusqu’à présent, on n’a cultivé que la qualité appelée Philippin, mais on est fondé à, croire que les qualités de la Havane et de la Virginie, qui entrent dans la confection des cigarres d’Alger, si
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Chevaux .
Bestiaux .
Fonte brute .
Sparlérie .
Lin .
Fruits .
Suifs . . . . .
Riz .
Chanvre .
Cochenille .
Fromage .
Beurre .
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appréciés des consommateurs , réussiraient parfaitement bien en Algérie ; et il serait à désirer qu’il fût fait quelques essais, pour la production de ces espèces, avec des graines bien conservées , dont nos consuls seraient chargés de faire les envois.
L’état suivant fait connaître la progression vraiment remarquable de la culture du tabac dans la province d’Alger et le cercle de Bône; déjà cette nouvelle industrie, pleine d’avenir, a jeté, en peu d’années, une somme de F. 811,384 dans le mouvement commercial : c’est d’un heureux augure.