RÉPRESSION DE L’USURE
Nous devons signaler les effets déplorables de l’usure, qu’il est impossible de réprimer dans l’état actuel de la législation en Algérie, puisque l’esprit des.dispositions des ordonnances assimile d’argent a la marchandise. Tout le monde en connaît les résultats désastreux par la ruine de nombreuses familles.
Il est urgent de mettre un terme aux effets de cette lèpre : le moyen de répression nous paraît simple : ce serait, selon nous, de maintenir le taux légal de 10 °io actuel, de l’élever même à 12 °10, et d’appliquer la loi française sur la matière dans toutes ses autres dispositions.
Nous ne pensons point que cette mesure, morale en elle-même, et qui fixerait l’intérêt de l’argent à un taux assez élevé, pùt entraver l’importation des capitaux véritablement producteurs en Algérie. Qu’on ne s’y trompe pas, les capitaux rongeurs ne sont pas utiles au pays, au contraire : on en a eu de nombreuses et bien tristes preuves avant et surtout depuis les commencements de la crise actuelle. Quelle est l’opération commerciale, industrielle ou agricole, à Alger, qui n’ait été ruineuse pour celui qui a été forcé de subir les exigences de certaines classes de prêteurs.