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MINOTERIE

Il existe au faubourg Bab-el-Oued d’Alger et dans la commune de la Pointe* Pescade, qui en est la prolongation, quelques usines pour les moutures qu’il est intéressant de faire connaître, parce qu’elles sont les premiers jalons posés par ce genre d’industrie.

La maison Lichtinlin et Vialar, de Montpellier, a fait construire un moulin à vapeur à haute pression , de la force de 30 chevaux, monté de huit paires de meules, dont six paires pour la mouture des blés et deux paires pour celle de l’orge et du café, et pourvu d'un blutoir épuratoire.

Ce moulin fonctionne pour le compte de l’administration de la guerre, avec réserve par les propriétaires de moudre aussi pour le commerce dans les inlervales où les moutures militaires le permettront.

L’importance des produits de l’usine est de 250 quint, mét. de farine brute par 24 heures, et de 180 quint, mét. de farine minot, aussi par 24 heures.

Cette maison possède en outre sur le ruisseau El-Oued, à proximité du moulin à vapeur, deux moulins à eau, avec chute, l’une, de 8 m. 50, et l’autre de 13 m. 50, ayant deux paires de meules et pouvant moudre ensemble de 3,000 à 5,000 quint, de farine brute pendant la saison des eaux et selon leur abondance.

La maison Laya et Compagnie , d’Alger , commanditée par une forte association d’industriels du département de la Sarthc, possède au faubourg Bab-el-Oued un moulin à vapeur de la force de 20 chevaux, monté de cinq paires de meules à l’anglaise, avec un blutoir épuratoire ; les produits peuvent s’élever à 60 balles de 122 k. 50 c. par jour. L’intention des fondateurs est de doubler l’importance de celle minoterie en la portant à 10 paires de meules aussitôt que les besoins du pays l’exigeront. Cette maison, qui a obtenu une grande concession près de Philippeville, en a disposé les terres pour la culture des céréales, afin d’alimenter le moulin à vapeur dont nous venons de parler.

Le sieur de Villalba, maire de la Pointe-Pescade, a fait construire dans cette commune un moulin à vent muni de quatre paires de meules, destiné à la mouture pour la boulangerie et la vermicellerie de la ville d’Alger. Ce moulin, établi d’après un système nouveau, peut moudre en moyenne 30 quint, mét. de farine par 24 heures.

Mais la concurrence de la minoterie marseillaise et italienne et l'insuffisance de blé indigène depuis deux ans, exercent une influence de calme sur les produits des établissements dont nous venons de

parler. Nous espérons la voir disparaître par les mesures d’encouragement que l’administration a l’intention de prendre pour favoriser la culture européenne ; et déjà des dispositions protectrices, qui produiront les meilleurs résultats, ont été prises.

L’administration doit voir avec intérêt les établissements de minoterie dans le pays ; la concurrence qu’ils feront aux farines du dehors, tournera au profit de l’agriculture et amènera l’abaissement du prix du pain , résultat précieux pour la classe pauvre.

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