‹ Notes statistiques sur l'Algérie et considérations sur l'origine et les effets de la crise actuelleChapitre 62 sur 64 · ÉLÈVE DES VERS A SOIE · texte numérisé non relu

ÉLÈVE DES VERS A SOIE

Cette industrie a fait peu de progrès, et cependant le climat se prête admirablement bien à l’élève de l’animal ; les mûriers sont indigènes, et indépendamment de ceux qui ont échappé à la dévastation des arbres depuis la conquête, il a été fait des plantations considérables. Malgré ces conditions favorables, tout s’est borné, jusqu’à ce moment , à des expériences ; on a bien obtenu de la soie qui a été reconnue de bonne qualité par la Chambre de commerce de Lyon, mais en petite quantité et ressortant à un prix trop élevé pour pouvoir soutenir la concurrence sur le marché avec la soie provenant de France et de l’étranger.

L’administration doit venir en aide à cette industrie par des primes. Le travail que cette industrie exige doit-être fait par les familles des cultivateurs ; les femmes et les enfants s’en occuperont plus particulièrement.

La cueillette des feuilles, la formation et la vente des cocons aux fileurs est un bénéfice assuré et d’autant plus appréciable pour les colons, qu’il se réalise toutes les années en peu de mois. C’est ainsi que l’on procède dans les Cévènes et au Piémont.

Nous sommes assurés que si l’industrie des vers-à-soie était enseignée aux familles des colons qui l’ignorent, et surtout au familles maures qui habitent la campagne, et qu’elle fût bien surveillée par les inspecteurs de colonisation, le succès serait complet, au grand avantage du pays.

Et comme il n’y a point encore de fileurs en Algérie, il serait à désirer qu’une compagnie d’actionnaires pût s’organiser dans le but d’acheter les cocons et de les faire filer. L’administration, de son côté, contribuerait à cette exploitation, en mettant à la disposition de la compagnie, les appareils de filature qu’elle possède dans un des locaux du jardin d’essai d’Alger.

Du moment que les familles seront assurées de vendre leurs cocons, elles s’occuperont sérieusement de l’éducation des vers-h-soie ; on sera amené à multiplier les plantations des mûriers et l’industrie séricicole s’étendra dans les campagnes; plus tard, des magnaneries s’établiront, et la soie d’Alger se présentera en abondance dans les fabriques de la métropole, en concurrence avec les soies étrangères.

Si nous parlons de la création d’une compagnie d’actionnaires, c’est au point de vue de rallier entr’elles les personnes qui s’intéressent véritablement au progrès de la colonisation, car un capital très-modéré suffira pour donner l’élan à l’industrie dont nous venons de parler, surtout dans les commencements.

Nous nous dispenserons d’énumérer quelques autres établissements que les progrès de la colonisation, sur lesquels nous comptons par conviction, rendront nécessaires, et que l’administration encouragera en temps opportun.

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