‹ Notes sur de vieux manuscrits abénakis [microforme]Chapitre 1 sur 6 · QUELQUES NOTES · texte numérisé non relu

QUELQUES NOTES

‘“ 1, Quoique les infinitifs ne soient guères en usage en Âbnaquis en tant qu'infinitifs cependant pour plus grande facilité de chercher et trouver toutes les dérivations des verbes selon leurs voix, leurs modes, leurs temps, je marque l'infinitif, lequel infinitif est en usage comm'impersonnel. V. g. abandonner, pakitans8, paxir8ann, c'est-à-dire on abandonne cette chose noble ou ignoble.

‘ 2. Quand il y a un ; c'est une marque que c'est une chose ignoble, et une # que c’est une chose noble,

‘3, Comme le génie de la langue est et de composer et de dériver des verbes les uns des autres, il suffit d’avoir indiqué quelques verbes pour chaque mot françois marqué, afin de donner jour à en former une multitude d’autres non marqués qui seront nécessaires pour signifier d’autres choses, et cela peut beaucoup servir le petit dictionnaire des racines tant adverbiales, que médiantes et finales que j'ay fait, comm'aussi le rudiment abnaquis.

‘4. Quoique j'aye tâché d'exprimer les mots abnaquis dans le vray sens de leur signification par rapport aux mots françois, (ce que je n'aurais pas entrepris de faire avant plus de dix ans de réflexions sur les mots de cette langue) je puis et même je crois avoir encore manqué à certains mots, comme d'oiseaux ou autres choses semblables dont les mots françois ne m'ont pas esté connus assez pour y mettre le vray mot abnaquis qui y responde, mais je crois que cela va à peu de chose.

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VIEUX MANUSCRITS ABÉNARIS, 5

“5. Si quelque fois on trouve la lettre P., c'est une ‘ marque que: le mot est d’une autre langue que du “ pur abnaquis. (1)

“6. L’infinitif selon le génie de la langue, ou “plustost l’impersonel se prend pour le nom subs- “tantif et de plus il est aisé de former le substantif “de cet infinitif selon qu’il est marqué dans les élé- ‘“ ments, ainsi souvent on formera les substantifs des “infinitifs qui sont les seuls presques marqués. V. g. “ d'abandonner une personne, pakir8Sann, se forme ‘“ pakir8é8angan, l'abandon qu'on fait de quelqu'un, ‘‘ ces deux mots se mettent également pour le subs- ‘ tantif, et le rer qui est verbe forme aisément le 2me, “ainsi faudra-t-il faire des autres mots.”

Puis suit le Dictionnaire commençant au mot &bandonner, paki, pakitans8, et se terminant par le mot zone, nekStsi-tsebakkamighé, à la page 540. A la dernière moitié de cette page, se trouve une déclaration de l’auteur écrite en abénakis et que voici :

Ni étto méttanaskirranæ kr8&i-kidoïé arenand8aï-ketôangani-kidoïé :

8an8iba ga a8éni neman ari 8tanbédaghé !

8tsi tai arokkandamag8ants ketsiniSésk8ar Sdantsinannek8iteghir8érmegSsirin : tai ga 8i8in8ansitsi, ankk8anbèkki mikk8érdnants kisa8ikamatsin | Josrhum À. & Soc. Jesu.

Arsikanteg8k dari 18 augusti, anni 1715.

editio 2da haec est.

(1) Le manuscrit porte bien la lettre P, bien qu’elle figure dans nombre de mots.

La traduction que je dois surtout à M. Joseph Laurent, l’un des chefs Abénakis actuels, et aussi un peu à M. Elizah Wazomimett et aux dictionnaires eux-mêmes, peut s'en faire comme suit: Voici donc la fin de ce dictionnaire rudimentaire de la langue sauvage (abénakise): puisse-t:il être utile à ceux qui l'étudieront du commencement jusqu'à la fin! Et aussi qu’ils y travaillent pour la plus grande gloire de Dieu, et que dans leurs prières ils se souviennent au moins quelquefois de celui qui l’a écrit.

JosepH AUBÉRY, de la Société de Jésus,

À Arsikantegouk, ce 18 d'août de l'an 1715.

cette édition est la 2de.

Ce dictionnaire est un ouvrage qui a demandé un travail immense et une patience de bénédictin, et on peut en dire autant du dictionnaire Abnaquis-François ci-après mentionné bien qu'il ne paraisse pas aussi complet.

Pour donner une idée de l'ouvrage et de sa valeur, j'ouvre au hasard et je prends le mot 7embe où on lit ce qui suit :

‘ JAMBE : kant... ma... ta... sa... ne ke >kant.

“ nabari-kanté, il n’en a qu’une.

“ temi-kanté, il en a une rompue.

‘: kerikantébiran, il est attaché par la jambe; métaph., il est arresté par quelq. présent où il est.

“ kerikantébrigan, est aussi ce avec quoi on attache à la barre d’un canot le bas d’une voile.

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‘ mez8sk8igans, l'os de la jambe.

‘“ bébang8anak8tek, le petit os ;

béban&i, esebanigi.

‘ merann, le gras de la jambe.

“ peskirann8, mal qu'on ressent dans le gras de la jambe ; qui est dans le nerf.

‘ pimesk8ir8ganapin, estre assis sur les jambes com. les femmes.

‘* atsideg£akképin, l’estre ainsi à genoux.

“ Sansad8pin, sassad8pin, l’estre les jambes estendues, allongées.

“ 8i8ibapin, nanippenapin, estre assis sur ses jambes retirées, non estendues.

“ &8derigandéhasinda! dit-on à un enfant qui remue ses jambes peu décemment.”

| le long proche.

Au mot ‘* PRÉDESTINATION, kada8i avec le mot de “ la chose à laquelle on est prédestiné, et c’est comme

‘ une espèce de destin, { Men l il doit mourir ;

‘ kadaëi 8ramatsidé, s’il doit se mieux porter.

‘{ Cette manière de parler parmi les sauvages est “ d'autant plus dangereuse qu’elle est fréquente ; il “ semble qu'ils mettent une espèce de destin à toutes “les choses et même à ce qu'ils font de bien et de ‘mal moralement, 4ada8i annétsiannétsi nedannétsi, ‘ce qui est cause d’une très grande indolence parmi ‘les sauvages, et ce qui est un obstacle entièrement ‘opposé aux actes qu’ils doivent faire de foi, de con- “ trition, d'espérance, etc.”

Ce signe d’une croix “+” en usage parmi les Jésuites, même de nos jours, paraît-il, se trouve en

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