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CONSTRUCTIONS RURALES

En général, les bâtiments des fermes américaines se distinguent par leur côté pratique et par le souci de l’économie. Partout, on remarque la tendance à obtenir un rendement maximum avec une mise de fonds minimum. Gela ne veut pas dire que le nécessaire et l’utile soient négligés ; au contraire, pour diminuer la main-d'œuvre, on n'hésite pas à faire des.installations assez coûteuses. C’est ainsi qu'en beaucoup d’endroits, on a construit, au moyen de terrassements, des plans inclinés permettant aux attelages d'arriver à l'étage dans les étables, les granges, etc. Cela procure de grandes facilités d'accès.

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Ordinairement les bâtiments sont mal entretenus, car on ne s'occupe pas beaucoup des questions de détail. En fait de propreté on se borne à l’indispensable. On cherche plutôt par des dispositions ingénieuses à se dispenser de bien des besognes accessoires. Dans les étables, par exemple, il y a parfois des sous-s0ls dans lesquels on jette directement le fumier. Ge sont des sortes de caves auxquelles on a accès du dehors, toujours au moyen de plans inclinés, pour y charger le famier en vue du transport à distance.

Les constructions sont en bois avec des soubassements en pierres ou en briques.

Ce qu'il y a de caractéristique dans les bâtiments, ce sont les ventilateurs très originaux, qui surmontent très esthétiquement le faîte des toits. On n’y voit pas, comme chez nous, des cheminées d'aération; elles seraient bien insuffisantes dans des logements en bois lorsque le soleil darde ses rayons sur les planches. En Amérique, on perce la toiture d’une très large ouverture et pour empêcher l'entrée de la pluie, on la surmonte d’un toit à une certaine hauteur. Sur les côtés, l'air vicié peut s'échapper par des sortes de fenêtres cloisonnées, dans le genre de persiennes fixes. C'est là un système dont l'application en Belgique devrait ètre étudiée, car il peut rendre des services précieux. En effet, chez nous, l’aération des étables est souvent négligée.

Une autre particularité des écuries, des laiteries et en général des locaux à tenir frais, c’est la présence d'arbres qu'on a plantés tout près des bâtiments afin de les ombrager en été. Si cela peut présenter des inconvénients, ce système offre aussi des avantages considérables. En Belgique, on pourrait ainsi trouver souvent place pour un noyer, essence qui supporte bien le purin et qui est d'un bon rapport, notamment dans les Flandres.

Les constructions américaines sont d’ailleurs d’une grande simplicité, j'allais dire que ce sont de vraies baraques mais elles sont commodes. On tâche de réunir tous les locaux sous le même toit et fréquemment l’ensemble forme un carré, pour avoir une surface maximafavecune quantité de matériaux déterminée. Les animaux y sont bien à l'aise, car on y établit même des boxes avec des parois en claire-voie démontables. Les crèches et les râteliers sont souvent pendus simplement à ces parois et peuvent ainsi être changés de place. Cela procure de grandes facilités pour les réparations, le nettoyage et la transformation au besoin d'un bâtiment en vue d’une autre destination. Cependant les crèches et les râteliers ne rendent pas tant de services que dans nos contrées. En effet, pendant la morte-saison, on envoie fréquemment le bétail manger directement à des meules de fourrages. Toutefois, pour bien utiliser l'aliment et pour ne pas trop laisser piétiner le foin, on construit les meules d’une manière spéciale. On commence par établir sur le sol des échafaudages en perches sur lesquelles on entasse les fourrages. On forme ainsi des abris pour le bétail contre la neige et la pluie. Ge dernier se trouve donc à l'aise et comme les perches forment en même temps râtelier, les animaux peuvent manger sans qu'on s’en OCCupe.

Le fourrage descend au fur et à mesure qu’il est utilisé.

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Dans les poulaillers, on constate également le souci de la simplicité et de l’'utile. Les grandes installations sont divisées par des cloisons rayonnant d'un point central et les compartiments se prolongent par des cours spacieuses et ombragées. En hiver, quand il fait froid, on chaufïe les locaux, ce qui est une chose très avantageuse pour la ponte, au moment où les œufs sont chers. Ce point doit attirer l’attention des aviculteurs belges. Le chauffage n’a pas lieu au moyen de thermosiphons ou autres installations coûteuses. On construit un simple four en briques, en forme de grande niche à chien et, à l'intérieur, on ménage des séparations au moyen de cloisons métalliques, de façon à faire suivre à: la famée un long parcours autour des parois. La chaleur se trouve ainsi bien absorbée par la maçonnerie qui la répand dans le poulailler, de manière à y maintenir pendant longtemps une température douce et régulière.

Dans beaucoup de nos fermes belges, on éprouve de grandes difficultés pour l’abreuvage des animaux, surtout dans les contrées où l'alimentation consiste principalement en fourrages secs. En Amérique, on rencontre fréquemment des distributions d’eau dans les fermes. Une pompe, actionnée par un aërmotor, alimente les réservoirs ; elle peut v introduire, en vingt-quatre heures, lorsque le vent a une force moyenne, 25 mètres cubes d'eau.

Parfois 1ls servent à fournir une force motrice peu considérable, il est vrai, mais très régulière et de longue durée. I! suffit de faire arriver l’eau sous pression dans une petite turbine qui se met en mouvement et restitue sous forme de force presque toute l'énergie que la chute du liquide peut dégager. Ces sortes d'appareils coûtent encore un peu cher et il ne faut les installer qu'à bon escient, mais dans beaucoup de cas, ils sont bien plus avantageux que d’autres moteurs.

Dans les pâturages américains, ont fait des séparations, afin d'obtenir une meilleure utilisation des herbages. En même temps, on construit des logements où les animaux sont à l'abri des intempéries. Tout cela est disposé très pratiquement : l'abri se trouve au milieu du pâturage et les divisions rayonnent comme d'un point central. Dans la construction, 1l y a diverses portes qui sont toutes fermées, sauf une, laquelle donne accès à la partie de l’herbage que l'on veut faire pâturer.

Chez nous dans beaucoup de contrées, où l'on n'emploie pas le bois pour le chauffage, on ne sait pas fumer les viandes. Dans la plus grande partie des Flandres, pour conserver les aliments, on les plonge pendant des mois dans de la saumure très forte, puis on les suspend au plafond dans la cuisine pour sécher, ce qui en déprécie la qualité. |

En Amérique, pour fumer les viandes à la ferme, on fait des constructions spéciales, très simples d’ailleurs et en bois. Ce sont des chambres où l'on pend, les viandes salées, et où s'ouvrent des bouches de foyer où l’on brüle des ramilles de pin préférablement.

En Pensylvanie, on emploie des foyers intérieurs à la construction, afin de mieux utiliser la chaleur produite. Ils rappellent les fours cités plus haut pour le chauffage des poulaillers, avec cette différence que les produits de la com-

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bustion sortent de la maçonnerie par de nombreuses ouvertures et se répandent dans la sälle où sont suspendues les viandes. Lorsqu'il y a des pièces qui tombent, elles ne se salissent pas dans les cendres.

A défaut d'installation spéciale pour fumer, on se sert simplement d’un très grand tonneau où l’on fait entrer de la fumée.

Le gouvernement américain publie des tracts afin de propager la connaissance des bonnes dispositions pour les constructions rurales. Un de ces tracts(1) nous a fourni beaucoup d'indications quant aux données qui précèdent, de même que l'ouvrage « Barn Plans and Outbuildings » (?).

En Belgique, des tracts dans le même genre sont également appelés à rendre des services; mais 1l importerait qu'ils soient abondamment illustrés.

(1) Farmers’ bulletin, n° 216 : « Practical suggestions for farm buildings. » (2) New-York, Orange Judd Company, 1903.

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