CHAPITRE IIT
Les récoltes.
Disons un mot des cultures dont on craint la concurrence pour nos produits indigènes.
Les céréules.— Le « froment »,la plus intéressante des céréales pour nous, parce que c'est la grande culture d'exportation, est produit surtout dans le Minnesota, les deux Dakotas, puis l'Ohio, l'Indiana, le Kansas, la Californie ; c’est lui, également, qui constitue presque toutes les cultures de céréales du Washington et de l'Orégon (t).
On en cultive un grand nombre de variétés. Les blés d'hiver sont de loin les plus répandus. La valeur du grain varie selon divers facteurs et notamment la provenance. Le grain de Californie à la meilleure réputation commerciale, le blé d'Orégon occupe le second rang. La qualité des blés des divers États tend à s'égaliser.
Il y à lieu de remarquer que la superficie emblavée n’augmente guère, tandis que la population augmente. Des auteurs en concluent que la concurrence du froment américain cessera un Jour.
Plusieurs causes ont provoqué cet arrêt de la culture du froment; les prix sont trop peu rémunérateurs, divers cryptogames et insectes causent de grands ravages, le sol s’épuise en beaucoup d’'endroits, enfin on a appris à cultiver des plantes plus rémunératrices.
Toutefois il serait facile d'augmenter les rendements, surtout en améliorant la culture des terres fertiles de la prairie.
Des labours plus profonds et le nettoyage du sol pourraient produire des récoltes doubles de celles qu’on obtient actuellement. Lorsque toutes les terres seront occupées, les emblavures en froment pourront être doublées.
Il est donc difficile de se prononcer sur l'avenir de la concurrence du froment américain.
L’« avoine » est cultivée surtout dans les États riverains des Grands Lacs, Wisconsin, Michigan, Illinois, Ohio, New-York et Pennsylvanie.
L'« orge » et le « seigle » sont des cultures de peu d'importance.
(1) PrëRRE LeRoy-BeauLieu, Les États-Unis au XX° siècle.
De LE
La betterave à sucre. — La consommation du sucre atteint un chiffre énorme aux États-Unis, et les Américains se sont dit que s'ils parvenaient à créer l'industrie sucrière de la betterave, ils pourraient conserver, du moins en partie, les sommes considérables qu'ils paient à l'étranger pour l'importation du sucre.
Ils se sont mis à l'œuvre avec l’aide du gouvernement. Dans certains États, ils ont à leur disposition d'excellentes terres pour y cultiver la betterave, mais la main-d'œuvre est fort chère. C’est là le grand obstacle, sinon l'unique difficulté. On est cependant parvenu à mettre en marche un certain nombre de sucreries qui semblent prospères. En 1891, elles produisirent 12,000,000 de livres de sucre et en 1896 elles arrivèrent déjà à 27,000,000. On déploie de grands efforts pour consolider l'œuvre; on fait venir d'Europe les meilleures graines; au début de 1897, le département de l’agriculture en a distribué 27,000 paquets ; on tâche de perfectionner les machines qui servent à cultiver la betterave et il semble que cette industrie est en train de faire son chemin. Jusqu'ici les Américains ont fait venir de l’Europe une grande partie de l’outillage nécessaire pour monter des sucreries. [ls espèrent se familiariser avec les divers appareils, pour les perfectionner plus tard.
Le tableau suivant suffit à nous indiquer les progrès réalisés dans l'industrie du sucre de betteraves et la situation où elle se trouve :
ÉTATS. Nombre Fee Tonnes | Nombre Acres Tonnes CA ER Mere à 40 0e. re NA 9 940 yen
New-York 2 6,900 2,799 2 7,000 4,479 Wisconsin . | ] 3,400 3,463 l 9,800 AO OO EN 1 2,450 | 1,473 l 2,500 | 2,009 MÉchigan PE NE M TI E 98,000 | 48,848 | 20 |117,100 | 57,064 Minnesota . . . ù 4,500 | 3,054 1 3,800 | 3,125 Nébraska. . . . 3 9,980 | 9,430 3 11,400 | 8,669 Colorado : 5 | 30,449] 346231 8 | 52,300 | 39,566 Utah . 6 18,600 | 16,987 7 18,700 | 20,670 Oropon MORT ee À 1 3,100 1,641 l 1,800 1,250 Washington. . | 2,300 1,641 1 4,400 LATE Idehgée TETE ee nes ] 5,300 | 3,571
Caltérnien (Vu À 7284 071,170 ri 62,195 | 60,608
T'OtAUX SES 44 259,513 | 195,129 D3 292,295 | 208,135