CHE
Ces sociétés constituent une sauvegarde contre divers périls, notamment contre la monopolisation des chemins de fer; elles émettent des vœux, cherchent, par leur influence, à les faire réaliser par les pouvoirs publics. On peut dire, en un mot, quelles procurent à leurs membres des avantages intellectuels, moraux et matériels.
Remarquons que souvent ces sociétés semblent tenir secrets leurs agissements, pensant que c’est là un moyen d'atteindre leurs vues avec plus de facilité, mais 1l paraît, d'autre part, que ces prétendus mystères servent simplement à attirer les masses.
Les Granges tiennent des réunions généralement mensuelles, parfois hebdomadaires. L'ordre du jour comporte fréquemment, à côté des questions agricoles, des questions historiques et littéraires. On ne néglige pas ce qui peut amuser l'assemblée et contribuer au développement du savoir-vivre.
Dans le but d'attirer des membres, certaines sociétés s'efforcent .de s'attacher les personnes qui, dans la région, sont reconnues comme des maîtres intellectuels et littéraires.
Malheureusement, les Granges présentent des défauts : les leaders sont souvent des politiciens ou des égoïstes exploitant la société à leur profit.
Les intérêts de l'horticulture, à l'instar de ceux de lagriculture, ont fait surgir un grand nombre d'associations, dont les unes ne constituent que de petits clubs locaux, dont les autres s'étendent sur un État tout entier et se subdivisent en associations locales.
Leur but est de faire des observations et des recherches, de stimuler les membres à des opérations lucratives, de les instruire, etc.
S1 elles s'occupent principalement d’horticulture, elles ne négligent pas une foule de branches connexes, telles que l'agriculture, la sylviculture, la météorologié, la législation, l'économie sociale et politique, etc.
Leur organisation technique est souvent très intéressante. La société générale d'horticulture de l’État d'Iowa a constitué des commissions qui ont respectivement pour tâche l'étude de la culture des arbres fruitiers en général, l'étude des arbres fruitiers à pépins, l'étude des arbres fruitiers à noyaux, l'étude des soins à donner à la vigne, aux arbres fruitiers à baies, aux légumes, aux pépinières, aux arbustes d'ornement; les croisements de variétés, l’acclimatation des arbres exotiques, etc.
D'autres commissions ont des missions spéciales; l’une d'elles est en relation avec la division d'arboriculture du département de l’agriculture de Washington, une autre distribue des semences et des plantes, d'autres encore s'occupent de l’organisation des expositions de la société.
Les sociétés d’horticulture publient chaque année un rapport sur leurs travaux, lequel constitue toujours une publication fort utile.
Les réunions ordinaires de ces sociétés ont généralement lieu une fois par mois ; mais il se tient des séances extraordinaires si les circonstances l’exigent.
Le discours du président, à l’ouverture des séances, est généralement un chef-d'œuvre d'éloquence qui provoque l'enthousiasme de l'auditoire. Les Américains ont reconnu que c'est là un moyen de favoriser singulièrement la prospérité des associations; aussi ne choisissent-ils, comme présidents, que des hommes bien doués dans l'art de la parole.
* KV
Les associations rurales les plus remarquables des États-Unis sont les syndicats de vente des produits agricoles. L'organisation de l’agriculture américaine diffère sous ce rapport du groupement des cultivateurs belges qui vise en ordre principal l'achat en commun de matières premières.
Un des objectifs des syndicats de vente américains, c'est la recherche des meilleurs centres de consommation tant à l'intérieur qu’à l'étranger, et l’expédition vers ces centres des produits de leurs membres, surtout des fruits.
Ces sociétés sont répandues sur tout le territoire de l’Union, mais elles se rencontrent particulièrement le long de la côte de l'océan Pacifique; elles sont si nombreuses que le gouvernement, malgré les moyens d'investigation dont il dispose, n'a osé-entreprendre jusqu'ici leur recensement.
Les associations de vente les plus prospères sont les syndicats d'arboriculteurs de la Californie, pays où la culture des arbres fruitiers est une des branches agricoles les plus importantes.
Citons en première ligne la California Fruit Distributors Association dont le bureau est établi à Sacramento et qui à pour but la vente collective des fruits frais, sujets à se gâter facilement.
Ce qui caractérise cet organisme, c'est l'ingéniosité de son service d’informations sûres et rapides concernant les débouchés. Les renseignements sont transmis chaque jour, pendant toute la durée de la récolte, par des agents établis dans les principaux centres de vente. Grâce à ce service, le bureau est informé journellement de l'état de la demande et des prix cotés, ce qui lui permet d'expédier, vers les marchés les plus avantageux, les chargements de fruits signalés par les producteurs.
Au cours de 1905, il a été vendu, par l'intermédiaire du bureau de la California fruit distributors Association : 1,719 wagons de poires, 1,857 wagons de pêches, 1,804 wagons de raisins, 1,145 wagons de prunes, 241 wagons d'abricots, 211 wagons de cerises, 19 wagons de comgs, 4 wagons de fruits divers ; soit au total 6,999 wagons de 20 tonnes, représentant 90 p. ce. de la totalité des envois de fruits. |
Il importe aussi de faire mention des syndicats californiens pour la vente collective des fruits pouvant être conservés pendant longtemps avant leur arrivée sur le marché, tels que les prunes, les raisins secs et les oranges.
Le but principal de ces sociétés est la fixation des prix de vente minima audessous desquels les syndiqués s'engagent réciproquement à ne pas vendre. C'est ainsi qu'en 1903, les principaux producteurs de prunes s’engagèrent à ne pas les céder à moins de 2 cents 3/4 par livre et à ne pas consentir des ventes en gros sans l'autorisation du bureau syndical.
L'Association des producteurs de raisins de Californie a pris de son côté, dans une assemblée tenue le 13 janvier 1904, les résolutions suivantes : « Nous nous engageons par les présentes à maintenir comme prix minimum de vente, pendanttoute lasaison, le prix actuel des raisins secs. Nous invitons nos directeurs à notifier aux marchands que les prix actuels ne pourront être baissés et qu’au contraire, moyennant un avis signifié trois Jours à l'avance, ils pourront être augmentés.
« Nous décidons en outre que si les stocks de raisins secs, qui sont en ce moment entre les mains de nos directeurs,ne sont pas encore vendus au commencement de la récolte de 1904, l'excécent sera livré aux distilleries ou à l'étranger au plus haut prix possible et sous cette condition qu'il ne pourra être réimporté sur le marché américain. Enfin, nous décidons de signer tous un contrat de trois ans avec le syndicat à partir du 4% mai 1904. »
L'assemblée souscrivit un capital de 100,000 dollars pour couvrir les frais de publicité.
Des institutions de ce genre ont été créées pour des producteurs d’autres espèces de fruits, notamment le Syndicat des cultivateurs d'oranges, qui, au mois de janvier 1904, engagea ses membres à cesser la cueillette de ces fruits et leur expédition en raison de l'encombrement des marchés.
Il existe en Amérique peu de sociétés d'assurances agricoles. On en trouve le plus dans la vallée septentrionale du Mississipi. Ces sociétés se distinguent des mutualités d'assurance belges par leur objet social, qui s'étend à la fois aux risques d’incendie, de mortalité du bétail et des chevaux et de destruction des récoltes dans des cas fortuits.